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 Dis, Quand Reviendras-tu ?

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MessageSujet: Dis, Quand Reviendras-tu ?   Dim 23 Juil - 22:17




Dis, Quand Reviendras-tu ?
mia & nikita
J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours. J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour.  Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir. Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs,. Je reprendrai la route, le monde m'émerveille. J'irai me réchauffer à un autre soleil.

Mais casse-toi, putain. T'as pas eu assez mal ? T'es maso, c'est ça ? T'as envie de saccager ta vie une nouvelle fois ? T'avais remonté la pente et t'es à nouveau au fond du trou. Juste parce que tu l'as croisé une seconde, tu vas tout foutre en l'air ? Pourquoi ? Pour qu'elle te dise que t'es pas assez bien , que tu vaux pas le coup ? Juste parce que t'as envie d'entendre ton prénom dans sa bouche ? C'est pathétique. Elle est là avec ses mômes et toi qui la file derrière. On dirait un de ces pervers qui attends devant les écoles. Tu roules au pas avec ta moto, si elle se retourne, tu fais quoi ? Tu te barres en trombe ? C'est beau ça, c'est courageux. Ton père serait si fier. D'ailleurs, il doit bien se marrer si il te regarde de là où il est. Ta mère disait qu'on se remettait de tout, un peu de traviole, mais on redécollait. Toi, t'étais à l'horizontale, tu partais pas gagnant. C'est que la souffrance ça rassure, c'est ça ? Au moins, tu sais à quoi t'en tenir avec elle, elle ne te déçoit jamais. Elle est toujours là assisse confortablement entre ton cœur et tes poumons... Elle est rentrée chez elle. Tu fais quoi, maintenant ? Tu casses le verrou et tu terrorises une famille juste pour lui cracher à la gueule que des années auparavant elle t'a massacré l'orgueil et le cœur ? Mais tourne la page, putain. T'as plus vingt-ans. Elle est où ta famille ? Il est où ton porche blanc et ton labrador ? Tu t'es volé ta vie. Et après ça fait des beaux discours à ses clients sur l'art de tourner la page. Je t'en mettrais des claques. Et voilà qu'elle ressort. Elle le fait exprès, c'est ça ? Elle te mène par le bout du nez même inconsciemment. T'étais plus un lion, t'étais une chienne. T'avais le cœur en laisse. Elle se barre en voiture et toi, t'es con, tu la suis. On ne sait jamais, des fois que tu lui rentre dans la carrosserie, vous aurez au moins quelque chose à vous dire. Elle va vite, les rues défilent et bizarrement t'as pas envie qu'elle s'arrête. T'aimerais continuer comme ça, à la suivre de loin, jamais de trop près pour pas te brûler les doigts. Continuer à sentir le vent dans tes cheveux et l'odeur de carburant dans les ruelles. Tu demandais pas beaucoup, qu'on te laisse au moins ça. Garder cette sensation un peu naïve d'appartenir à un moment, de lui appartenir à elle un peu aussi. C'est pas beau l'amour, c'est pitoyable. Surtout celui qu'on conserve comme un vin précieux, mais qu'on ne déguste jamais. Les moteurs s'arrêtent. Elle est sortie de la voiture et va vers les quais. Peut-être qu'elle a rendez-vous. Peut-être qu'un mec l'attends, c'est romantique le port. Au moins, tu pourras le noyer. Ton téléphone sonne. C'est Sylvia, tu as raté un rendez-vous avec un client. C'est vraiment ta journée aujourd'hui. Dieu a décidé de te faire ta fête et il s'éclate, good for him. Tu t'en fous, t'es pas à ça près, alors tu continus ta petite aventure qui ne mène rien et tu lui emboîtes le pas. Elle a l'air triste comme une vieille actrice qu'on ne regarde plus. T'avais envie de lui dire que tout irait bien, mais ça te fais du bien de la voir un peu mal alors tu te la fermes.  Ça te fait du bien parce que tu ne digérais pas cette rupture. Elle était venue de nulle part. Certes, vous vous disputiez des fois, mais tu ne te souvenais même plus des raisons, et au fond, ce n'était pas les raisons factices que vous pouviez trouver qui importaient. C'était ce besoin de se mesurer l'un à l'autre qui vous faisiez sentir vivants. Elle s'arrête, les yeux perdus dans l'eau cachée sous les bateaux. Et toi tu t'approches un peu plus, toujours un peu plus, jusqu'à te retrouver à ses côtés.
«Don't jump, Kroshka, I don't think the sea wants you either. »
Un sourire désabusé se colle sur ta bouche. Tu avais lancé une méchanceté, t'étais incapable de dire laquelle. T'en lancé tellement souvent. Elle avait levé la tête et elle t'avait regardé. Tu l'avais vu trembler et t'avais ricané.T'aurais pu lui dire un mot gentil, mais c'était plus facile de faire naître des larmes à l'orée de ses joues, plus facile de détruire. Bien plus facile que de reconstruire. Et puis t'avais tellement mal, que ça faisait du bien de rendre l'appareil. La tension avait cru d'un cran. Elle était presque palpable.
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MessageSujet: Re: Dis, Quand Reviendras-tu ?   Lun 24 Juil - 0:16

Une journée de plus surmontée. Tenir, réfréner l’envie de tout plaquer, de tout abandonner, de tout quitter. Défaire les draps de ces chambres où des inconnus ont dormi, en mettre des nouveaux, propres et repassés. Passer l’aspirateur. Fredonner ces vieilles rengaines, ou cette chanson prenante qu’elle a entendu à la radio ce matin, en roulant jusqu’à l’hôtel et spa. Se concentrer sur sa besogne pour ne pas penser aux factures qui s’accumulent, pour ne pas réfléchir au gouffre sans fond qui a l’air d’avaler l’argent plus vite qu’elle ne peut le gagner. Pas trop de pourboires dans le business du nettoyage, pour sûr. Peut-être qu’elle aurait dû plutôt rester serveuse. Ouais. Sauf que non.
Y a des visages qu’elle veut plus voir, des gens qu’elle ne veut pas croiser, des traits qu’elle craint de percuter. Alors elle a laissé tomber le job de nuit, et s’est rabattue sur ses deux salaires de mi-temps, et ça l’aide pas à joindre les deux bouts. Mais elle a encore trop de fierté pour s’adonner au 5e quart historique, ou même essayer de trouver un autre mec, un père de substitution, n’importe quoi. Les enfants n’en ont pas besoin pour le moment, d’un papa : ils ont un oncle, et il est parfait pour eux, attentionné, patient, aimant. Un environnement à peu près sain où grandir, même si elle veut rendre son indépendance à Yakov, à un moment -pas tout de suite, elle est pas encore prête à voler de ses propres ailes une nouvelle fois.

Elle s’est changée avant de quitter l’hôtel, après-midi de pause, et elle est allée récupérer Seth et Aleks à la garderie-crèche. Pas de poussette pour les rentrer à la maison : la force de ses bras pour porter le petit dernier s’il est fatigué, mais là, ils en ont pour quoi, 5 minutes à pieds et, haut comme trois pommes, le petit dernier veut marcher, cramponné à la main de sa mère, qui tient de l’autre main, la menotte de son ainé, qui avance fièrement en regardant partout autour et en s’émerveillant dès qu’il voit une crotte de chien, et en décrivant à haute voix la couleur et la texture apparente de l’excrément. Alors il faut hisser le petit, tirer le grand, éviter que l’un ne tombe et que l’autre ne tâte de son index tendu la merde canine.
Le trajet ne dure que cinq minutes, et parfois il en paraît dix de plus, tant les enfants aspirent l’énergie restante de leur mère, qui a l’air toutefois fière de ses bambins, avec un sourire heureux, alors que les yeux sont tristes et inquiets, sous ses lunettes de soleil. Les enfants ne s’en doutent pas, à leur hauteur, tout va très bien.
Ils atteignent bientôt l’immeuble où ils habitent avec Yaya et Delilah et elle ne les lâche qu’une fois sur le palier, pour ouvrir la porte et les pousser à l’intérieur. Une fois à la maison, Aleks arrête de vouloir marcher, tout fatigué, et roule en galipettes jusqu’au salon, sans laisser sa mère ôter ses chaussures ou son gilet -rien à battre, la jeunesse. Seth est un peu plus discipliné, mais dès qu’il est libéré de son carcan protecteur, il court pour trouver Tonton et lui décrire avec moult détails tous les cacas de chiens qu’il a pu croiser dans son périple de la garderie jusqu’à la maison. Un futur scientifique, probablement.

Mia peine un peu à les amener à la table de la cuisine, mais on lui affirme qu’on s’en occupera très bien, qu’elle peut aller dormir, elle qui est levée depuis 4h du matin -nettoyage du hall d’entrée de l’hotel et des principales salles du spa oblige. Dormir ? Non. Non, là, elle a une fatigue musculaire, d’être allée lentement. Elle a besoin de sentir le vent dans ses cheveux, l’air iodé, de changer d’air peut-être une heure même pas. Alors elle repart, après à peine dix minutes à l’intérieur. Clés de voiture en main, elle laisse la porte se refermer en grinçant derrière elle, s’assure qu’elle est fermée d’un coup d’œil, faut pas que les petits la suivent dans l’escalier, ça serait moche. Elle dévale les escaliers, arrive en bas et fonce vers le parking derrière l’immeuble, pour sortir sa voiture rutilante, une occasion classe mais bruyante, et qui va vite, à son plus grand bonheur. Elle démarre en trombe, abaisse sa vitre et met la radio à fond, n’importe quoi pourvu que ça soit du son, fort, et pas de discussions politiques ou d’actualités. Concentrée sur la route, elle est probablement au dessus des limitations de vitesse, mais qui ne l’est pas sur ces artères-là ? Elle finit par sortir de la grande route et bifurque vers le port, où elle laisse la bagnole en rade dans une ruelle et descend à pied vers les quais. Besoin d’air. Besoin de changement. Besoin d’arrêter de se sentir comme une merde.

Sauf que l’univers a l’air d’avoir voulu lui niquer son temps calme, parce qu’elle regarde l’eau qui tangue sous les coques des bateaux amarrés depuis même pas deux minutes qu’une présence se fait sentir à ses côtés et qu’une voix familière se fait entendre. Elle croit limite avoir entendu des voix, mais quand elle tourne la tête, Mia dévisage bel et bien son premier amour, qui vient de lui dire un truc pas très gentil. Surprise un instant, choquée peut-être de le revoir alors que tout s’effondre autour d’elle, les yeux de la brune deviennent des fentes et elle le fusille du regard en lui balançant un évocateur :  « Fuck you Nika, I ain’t your babe anymore. »
Elle regarde autour, elle lui demanderait bien ce qu’il fout ici, parce qu’il a rien à foutre ici, c’est son moment privilégié, son instant privé, le seul temps de la journée où elle sait qu’elle peut pleurer et que personne ne la verra et que dans tous les cas, c’est pas ici qu’on viendra l’emmerder — et forcément, y a que lui pour venir la faire chier ici, après des années, retomber sur elle comme un coup de tonnerre, un coup de foudre peut-être et, et…
« The fuck you doing here ? You followed me ? » le ton est accusateur, elle est furax et elle ne sait peut-être même plus pourquoi. Ça fait longtemps qu’elle ne l’avait pas vu. Depuis… Ben depuis qu’ils ont rompu, en fait. Elle sait même plus dater ça. C’était avant. C’était avant les autres, avant l’Autre avec qui elle a cru pouvoir être heureuse pour de bon, avant toute cette merde. Elle a mis de la distance entre elle et Nikita, parce qu’elle lui fait pas confiance, là, comme ça, au bord des quais, avec de l’eau sale en bas de la jetée. Elle se fait pas confiance non plus, elle qui a juste envie de taper quelqu’un, de faire la rebelle, de hurler, de— « Shut your fucking mouth and leave me the fuck alone, I’m not in the mood for a fight. Fuck off, Nika, I'm dead serious. », elle poursuit, avec les poings serrés et le corps entier qui est tendu vers une résolution nécessitant des coups de poings, de coudes, de genoux. Sur la défensive, très clairement, parce que peut-être qu’elle sait qu’elle a eu tort, quelque part, de le laisser la plaquer comme ça. Ou de le plaquer comme ça ? Elle-même ne sait plus comment ça s’est fini : ça s’est fini, c’est tout.


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MessageSujet: Re: Dis, Quand Reviendras-tu ?   Lun 24 Juil - 18:55




Dis, Quand Reviendras-tu ?
mia & nikita
"Elle a mis le temps, la valse, pour que tu me voies tel que je suis et pour que tu en déduises des conclusions qui me nuisent... Elle a mis le temps, la valse, tu n'étais qu'une métaphore.  J'ai vu ton vrai visage, bien après ton joli corps. Elle a mis le temps, la valse, à réduire les amants à des ombres sans vie, qui dansent au son de l'ennui. Elle a mis le temps, la valse, à pourrir les sentiments des enfants qui balbutient des "je t'aime pour la vie !"



«  Come on, Malsak, you're not pretty enough to be that mean. »

Je crois que chez elle « fuck » ça remplace la ponctuation... T'avais presque oublié qu'elle avait le verbe fleuri et la verve d'une fille de joie. Dire qu'elle embrasse ses mômes avec ces lèvres vulgaires. Toi, tu glisserais bien ta langue dans cette bouche de charretière, mais ce n'est pas le moment d'y penser. Putain, elle t'incendie comme si t'avais volé sa mère. Toi tu penses « Vas-y, immole-moi. J'ai le corps froid . ». Tu sens plus rien. T'as les jambes sous anesthésie, la tête s'est barré depuis longtemps et le cœur est écrasé au fond de tes bottes... Elle ne manque pas d'air à être en colère. C'est quand même toi qui a été floué dans l'histoire. On t'a arnaqué sur les sentiments. Malsak ce n'était pas une bonne affaire. Ah ouais, parce que t'as pas le droit de l'appeler Kroshka. C'est trop intime, pas de ça entre vous... Putain, mais qu'elle aille se faire foutre. Elle et son corps tendu. Elle et ses poings serrés. Elle et ses manières de fille de la rue élevée par un trottoir. C'est pas beau d'attaquer un homme à terre. C'est sans amour qu'on taillade la chair déjà meurtrie. Elle cherche quoi ? À ce que vous vous tapiez sur la gueule ? Que tu la jettes à la mer comme une bouteille ? C'est pas toi. T'es pas comme ça, mais si elle veut du corps à corps, si elle veut ta colère contre sa rage, ta rancœur sur ses défenses : t'es là. Tu ne te défiles pas.  Ta tête se penche, tes épaules se lèvent, tu lâches pas l'affaire. Tu ne mérites pas ça. Même quand tu oublies tout, tu ne l'oublies pas elle. Et elle, elle en a rien à foutre de tes états d'âme. Elle s'en fout de savoir que, trop souvent, t'as bu la tasse, que tu t'es noyé dans les souvenirs. C'est pas un couteau dans le dos, celui-là, elle te le fout en pleine face. C'est la reine des connasses au pays des cons. Plus elle s'énerve, plus tu te sens vivre...
T'essayes même pas de nier, c'est pas ton style. Bien sûr, que tu l'avais suivi. T'es pas fier de ton idée, mais c'était quand même pas ta faute, si ta tête n'avait opposé aucune résistance à ton plan de merde. Sacré plan d'ailleurs. Tu ne sais pas trop sur quoi c'est censé aboutir, mais tu continus de foncer la tête baissée, prêt à te prendre le mur. T'es plus à un coup près. T'attends que ça,de toute façon. T'es paré, t'as des munitions pour une vie entière. Elle se détache d'un pas. Un petit pas qui te fout bien les nerfs. Elle a peur de quoi ? Elle te prend pour qui ? Là, tout de suite, t'as plus d'amour. T'as trop donné. Il te reste que le feu dans les reins et la haine dans la bouche.

« Well, you look better from behind so … Not really my fault. »

La voix traîne et s'enroule comme un serpent. Tu vois ses yeux qui se plissent, deux fentes noires qui te regardent avec fureur. Toi, tu te trouves particulièrement drôle et t'es un peu offensé qu'elle ne se marre pas. Le public est difficile. C'est pas grave, tu rigoles pour deux. Enfin, tu rigoles pas longtemps, parce que Madame n'est pas d'humeur. Parce que Madame n'a pas envie de se battre. Parce que Madame ne fait aucun effort. Tu ne peux pas te disputer tout seul. Enfin si tu peux, mais tu n'es pas encore assez fou pour le faire. C'est affreux cette indifférence, ça fait un peu mal, mais tu ne le montres pas. Toi, tu voulais une dispute grandiose, des étincelles. Quelque chose qui te fasse palpiter le vieux muscle. Et l'autre, elle t'offre rien. Même pas la charité. Putain d'égoïste. Elle a envie d'être toute seule. Toi, t'es seul depuis des années et tu fais chier personne. T'as envie de lui crier « Putain, mais prends sur toi ! Moi ça me fait du bien. ». Tes lèvres se pincent. C'est pas facile de dialoguer avec une sourde.

« Or what ? You're gonna leave me ? Been there, done that. »

Tu soupires. Tu te rapproches d'un pas. T'aimes pas la distance et puis elle fait moins la fière quand t'es si près. Sa main la démange, tu peux le sentir.

« Ready for round two ? »

Tu l'attrapes par la taille comme elle t'a attrapé par le cœur. T'as le droit aux coups bas. Au moins ça te laisse une chance de gagner.
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MessageSujet: Re: Dis, Quand Reviendras-tu ?   Mar 1 Aoû - 0:40

Tu devrais le savoir, Mia. Tu ne te déferas pas de Vyalitsynov comme ça : ce mec, c’est un chewing-gum collé à la semelle un jour de grande chaleur, plus tenace tu meurs. T’espères quand même, évidemment que t’espères qu’il va te laisser tranquille, repartir comme il est venu, à pieds, en voiture ou à cheval, pour tout ce que ça t’importe. Mais il répond à tes piques avec des traits de son cru, et il cogne là où ça fait mal, évidemment. T’es mal barrée, si tu veux mon avis, Mia, parce qu’il va pas reprendre la route aussi tôt, pas alors qu’il est bien, là, face à toi ; pas alors qu’il a du mal à te tourner le dos et à ne pas te balancer tout ce qu’il n’a pas pu te dire il y a des années, quand vous avez rompu. Tu veux la paix, alors vaut mieux que tu prépares la guerre, parce que le voilà qui met ses armées en formation et qui t’encercle de ses bras, passés autour de ta taille, alors que t’es prise par surprise, et immobile de stupeur.

Pour quelques secondes uniquement. Pour l’heure, tu le fixes, d’un air glacial, et si tes yeux pouvaient tirer des balles, boom boom, bang bang, il serait mort dans la minute, le temps que le sang ne coule et quitte son corps -bien bâti, bien… —reste concentrée.

« Take your hands off me. I mean it. »

Tu fais peur à personne, bae. Vu ta taille, vu tes cernes, vu tes petits poings serrés qui ne l’ont pas encore cogné, parce que t’as peur, parce que ça fait longtemps que tu t’es pas physiquement battue, parce que ça te rappellerait trop l’Autre, cet enfoiré, encore un autre. Normal que Nika te prenne par la taille et te coince contre lui, trop près, assez pour que tu sentes son odeur que t’as pas réussi à oublier, parce que ça a été la première et… Putain, Mia, tu fais de la merde.
Tu te débats, tu veux qu’il te lâche, tu veux qu’il te dise ce qu’il fout ici, à Monterey, et s’il a pas autre chose de mieux à faire que de t’emmerder et de te niquer ta seule heure de répit.

Tu pourrais appeler Yakov. Lui dire. Lui demander de venir te chercher.
Ouais, tu pourrais. Il viendrait probablement, peut-être avec les petits.
Ou Pavel, peut-être, plutôt. Ah, la bonne blague.

Mais t’appelles personne. Tu fusilles du regard Nikita, tu te débats encore pour qu’il te lâche, pour qu’il te laisse, pour qu’il daigne enfin arrêter de faire chier. T’as juste envie de te barrer, de courir entre les conteneurs sur les docks pour le semer. Ça serait une bonne idée, hein, Mia. Jouer à cache-cache avec lui, comme si de rien n’était. Sauf que ça se fait pas, pas avec un ex dans une circonstance pareille. Alors tu réponds comme tu peux, parce que tu veux juste que ça passe. Tu lui donnes ce que tu penses qu’il veut, t’arrêtes de gigoter et d’essayer de virer ses mains de ta taille. À coup bas, coup bas et demi.
T’allonges le cou, tu te hisses sur tes pointes de pied, la veste en cuir crisse un peu, et t’embrasses l’autre abruti, avant de te retirer violemment de son emprise et de remettre quelques pas de distance entre vous, avec un bloc de béton et une amarre en rab, parce qu’on est jamais trop prudents. Tu lui tournes le dos, tu regardes autour et tu fais demi-tour, pour le regarder, mains sur les hanches, pimbêche, fière, désemparée aussi un peu.

« Isn’t it what you wanted ? Round two ? A kiss and you’re gone ? No ? The fuck, Nika ? »

Tu fais chier, crient tes yeux. Et tu sais aussi que tu fais chier, toi aussi, à faire n’importe quoi, à embrasser un ex sans que ça veuille rien dire, alors que tu l’as pas vu. T’as essayé de deviner ce qu’il voulait, mais t’es pas sûre que c’était l’idée du siècle. Tu veux qu’il parle, tu veux qu’il parte, tu veux comprendre mais tu veux rien apprendre de tes erreurs passées.
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