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 golden age is over (mia)

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MessageSujet: golden age is over (mia)   Ven 21 Juil - 1:12

Un cri, un sanglot.
Les larmes s'écoulent le long des joues creuses tandis que les ombres dansent, de plus en plus nombreuses. L'enfant ne bouge pas ; il ne peut tout simplement pas. Son coeur bat à a chamade et ses jambes tremblent. Son monde entier est sur le point de s'effondrer, face au monstre qui le dévisage.
L'alien possède de trop nombreuses tentacules, une peau luisante et un regard terrifiant.
Assis sur son canapé, les écouteurs - presque aussi gros que sa tête - sur les oreilles, Yakov observe d'un oeil luisant, captivé, les images qui défilent sur l'écran de sa télévision. La nuit est tombée depuis de nombreuses heures, déjà ; Delilah se trouve sous les draps, quelques mètres plus loin. Elle est nue ; il l'a aimé un peu trop fort, avant qu'elle ne s'endorme, et elle n'a pas eu envie de s'habiller pour la nuit. La noirceur est chaleureuse, presque autant que les jours ; alors elle est nue, et si Yavok tourne les yeux pour l'observer, il peut facilement apercevoir le bout de ses mamelons, les courbes de son petit corps, les vergetures qui coulent, douces et tendres, contre la peau de son ventre.
Mais le russe ne détourne pas les yeux de son écran ; il est trop attentif. Trop fasciné, une clope entre les doigts, une bière tiède sur la table basse, par le monstre ignoble sur le point d'attaquer un pauvre gamin malheureux. On pourrait croire qu'il observe un film de science fiction, et la chose pourrait être acceptable, mais la vérité est pire ; l'étrange regarde avec trop d'attention une série documentaire sur des supposés faits véçus, et dans ses veines, son sang circule à pleine vitesse face à l'adrénaline. Il est excité ; la boisson énergisante qu'il a pris plus tôt ne l'aide en rien.
Il dévisage le monstre avec des étoiles dans les yeux et rêve d'en croiser un aussi dégueulasse, aussi affreux un jour. Il déteste ce gamin pleurnichard - maintenant adulte, un mullet sur la tête et des dents un peu sombres dans la gueule - qui a eu l'occasion de rencontrer la créature mytique.
Il déteste encore plus l'info publicitaire qui coupe brusquement son émission pour vendre une ligne de téléphone rose. Un grognement entre les lèvres, Yakov retire ses écouteurs, agrippe sa bière et boit une gorgée. La seconde suivante, il ouvre son cellulaire, recherche des informations sur le dit garçon, et aussi sur l'extraterrestre. Il se perd sur un site - son site, son préféré - à propos des phénomènes surnaturels lorsqu'il entend.
Un cri, un sanglot.
Sur l'écran, le générique tourne, annonce la fin de la pub, mais Yakov se lève et quitte le canapé pour quitter sa chambre, faisant le moins de bruits possibles. Il ne veut pas réveiller Delilah.
La porte grince et le parquet un peu aussi, et il la ferme derrière lui, s'avançant ensuite dans le couloir. Les sanglots résonnent encore, certes un peu plus calmes mais toujours présents, maintenant accompagnés par un petit murmure essayant d'être rassurant.
Il pousse la porte de la chambre de Seth pour apercevoir son neveu pleurnichard et sa soeur, Mia, cernée et toujours en uniforme de travail - femme de ménage, belle et triste soubrette - qui essaie de réconfort son chiard sans réellement y parvenir. Yakov n'est pas étonné.
Il hausse d'un sourcil et pousse un peu plus la porte, pénètre à demi dans la pièce.
- T'as pas la main, Mimi.
Les mots sont durs mais vrais. Le surnom est plus long que le véritable nom, mais bébé Yakov n'aimait pas les A quand il portait des couches, et la merde est restée.
Il dévisage sa soeur encore quelques secondes, des accusations dans les yeux - après tout, il ne pourra pas savoir la suite de son épisode par sa faute - avant de s'asseoir sur le lit, prenant sa place délibérément, ses doigts allant aussitôt dans la crinière sombre de Seth.
- Encore le même cauchemar ? Il hoche de la tête au travers de ses lèvres, et Yakov lui adresse un sourire sincère, rassurant. La seconde suivante, il observe sa pauvre soeur. J'vais m'en occuper. Tu veux faire des sandwichs, j'irais te rejoindre dans deux trois minutes.
Il n'attend pas sa réponse ; déjà, il est face au gamin et lui dit des choses rassurantes. Il a l'habitude de ses vilains rêves, maintenant. Au fil des paroles, le chiard réussit à se glisser sous les draps, et son parrain ajoute d'autres merveilles à ses paroles mensongères, l'observant s'endormir de nouveau. Il lui fout entre les doigts une peluche de Mike Wazovski avant de quitter la chambre pour rejoindre la soeur.
- Seth a trois ans, t'sais. C'est Aleks le bébé. C'pas en lui parlant comme à un bébé qu'il va vaincre ses cauchemars, qu'il lance, aussitôt, en prenant place à la table. Il s'allume une clope - par habitude, celle dans sa chambre étant surement déjà morte - avant de prendre une bouchée de son sandwich. Une grimace déforme brièvement, futilement ses traits; Mia n'est même pas douée pour faire un foutu sandwich. Et pourtant, il dit ; Merci, c'bon.
Avec un sourire d'ange, sur les lèvres.
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MessageSujet: Re: golden age is over (mia)   Dim 23 Juil - 0:28

« Shh, shh… Qu’est-ce qu’il s’est passé mon chat ? », elle demande à Seth qui sanglote, et dont elle voit la petite bouille encore toute froissée de sommeil. Mia s’était endormie dans sa chambre en faisant ses comptes, toujours vêtue de sa tenue de ce matin -la librairie était fermée un jour par semaine et c’était celui-ci- et elle avait été réveillée en sursaut par les bruits provenant de la pièce voisine, la chambre de Seth. Alors à pas feutrés elle est passée à côté, elle a ouvert la porte, entrebâillée désormais et qui laisse passer le rai de lumière du plafonnier du couloir. Pour le moment, Aleks dort encore à poings fermés dans son berceau, dans sa chambre à elle, malgré la faible lumière de sa lampe de chevet. Toutefois, Mia parle tout de même à voix basse, comme si les murs étaient en papier mâché, tout en tentant de calmer son premier né. À trois ans, Seth enchaîne les cauchemars, ces derniers jours. Mia sait qu’il faut qu’elle trouve un moment pour aller consulter le pédiatre, mais elle vient de faire les comptes et elle sait qu’elle n’a pas assez d’argent pour ce mois-ci, que tout va partir dans l’électricité, dans la nourriture, dans ce que Yakov la laisse payer dans cet appartement, avec ses deux salaires de misère et son envie de ne pas trop lui peser.

Les pleurs s’apaisent un peu, descendent de plusieurs décibels en tout cas, mais Seth ne se rendort pas pour autant, les yeux ouverts et une terreur nocturne qui ne veut pas foutre le camp. Et pourtant il a ses doudous, dans la chambre, des étoiles fluorescentes au plafond, une veilleuse qu’elle lui allume de temps en temps lorsqu’il le réclame. Elle essaie de faire au mieux, mais peut-être aussi est-ce que l’appartement grince, avec le bois du parquet qui est un peu vieux, ou peut-être est-ce encore le spectre de la menace du père des enfants. Peut-être que Seth en a compris bien plus qu’il ne l’aurait dû à son âge. Peut-être que…

Une voix dans son dos qui s’élève doucement, mais prononce des paroles qui sont dures à entendre. Yakov a probablement raison : elle ne sait pas y faire, elle ne sait plus y faire, en vérité, l’âme et le cœur encore en miettes, et pas de temps pour y penser, pour faire la paix avec elle-même, pour se reposer aussi.
À cent à l’heure, elle vit, en ce moment, celle que le cadet appelle Mimi. Pas le temps de se poser, ou en tout cas pas suffisamment, et toujours cette histoire de fric qui lui serre la gorge et rend tout bien plus compliqué d’un coup.

Machinalement, elle s’écarte quand Yakov s’approche et se pose sur le lit, et elle lui laisse la main, vu qu’il sait y faire avec le petit. Dans un sens, elle est rassurée : Tonton Yaya peut veiller sur ses gamins sans qu’elle n’ait un doute sur ses capacités et sur sa bienveillance. De même, elle ne bronche pas quand il la congédie un peu sèchement : elle part du principe que le bien-être de Seth passe avant, et elle ravale sa fierté de mère rabrouée.
La cuisine l’accueille dans un grésillement alors qu’elle allume la lumière, un vrombissement tandis qu’elle ouvre le frigo, et un grincement de la porte du placard. Elle s’installe, commence à faire des sandwichs nocturnes, pour lui et pour elle. C’est qu’elle a un peu faim, même si son estomac est noué comme à chaque fois qu’un cri strident jaillit de la gorge de ses petits.
Elle regarde la table en se disant qu’elle est même pas foutue de prendre soin de ses fils convenablement quand son frère la rejoint, sans qu’elle sache vraiment depuis combien de temps elle rumine ses torts avec un couteau à beurre dans la main.

Elle a les yeux brillants Mia, de manque de sommeil, de fatigue, de stress, de peur aussi, peur de ne pas y arriver, de ne pas faire comme il faut, de pourrir la vie de ce qu’elle a mis au monde. Elle a les yeux brillants, et Yakov ne le voit pas alors qu’il arrive dans la cuisine et s’installe tout en lui faisant ses remarques constructives et pertinentes. Seth a trois ans, est-ce qu’à trois ans on doit arrêter de parler aux enfants comme si c’était des bébés ? Est-ce qu’elle lui parle vraiment comme à un nourrisson ? Si Yakov le dit, alors il doit avoir raison, probablement… Elle a beau avoir un sandwich posé dans l’assiette devant elle, elle n’y touche pas, le regard rivé sur son cadet, des cascades qui menacent de dévaler la pente de ses joues et de mourir sur la toile cirée sur la table.
« Je… », qu’elle commence, sans vraiment savoir où elle veut aller. « Merci, Yaya. », poursuit-elle d’une voix serrée, les lèvres qui tremblent face au sourire plein de bonté du frère face à elle. Il a tout plaqué pour venir l’aider quand elle a quitté le père des mômes, tout. Elle ne pourra jamais le lui rendre, et elle le sait, et elle se sent mal d’avoir été la raison pour laquelle il a arrêté de faire ce qui lui plaisait, et bosse désormais dans un cinéma, à vendre du popcorn, des confiseries et accessoirement des places de cinoche pour des films qu’elle n’a pas vraiment le temps d’aller voir.
Elle reste là, un peu gauche, à contempler le visage de celui qu’elle considère comme son sauveur, le seul mec avec Pavel -et Papa, mais c’est autre chose- à vraiment valoir la peine dans ce monde de brutes. À essayer de trouver des mots plus forts pour le remercier, encore et encore, de l’avoir choisie elle, contre ses propres intérêts. Et plutôt que de les trouver, elle trouve simplement la force pour pleurer, et les larmes roulent de ses joues sur son sandwich, auquel elle ne touchera probablement pas. La lèvre tremble, et le visage s’enfouit entre ses mains, les épaules tressautent, elle se mord la lèvre pour ne pas sangloter, mais rien n’y fait. Entre les hoquets et les pleurs, quelques mots parviennent à franchir la barrière de chair : « j’suis désolée -- pardon -- j’te pourris la vie -- excuse-moi » Un fouillis d’excuses pour une mère et une sœur exténuée.
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