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 [Eden] Perfect strangers

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MessageSujet: [Eden] Perfect strangers   Sam 1 Juil - 0:31



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Who's gonna rock you
When the sun won't let you sleep?
It ain't me

Y a un truc qui tourne en boucle dans son crâne, comme une vieille rengaine entendue à la radio qui se serait greffée à ses neurones, s’empêtrant dans la mélasse qui lui sert de cervelle. Enchantée.. Octavia, la mère d’Eden. Il voudrait l’entendre avec sa propre voix, en fond, mais c’est celle, féminine et déconcertante, de la concernée qui vient résonner entre ses deux oreilles. Ça l’oblige à tourner, encore et encore, dans ses draps, le matelas, visiblement fait de brique, qui lui abîme un peu plus le squelette. Carcasse douloureuse, il déroule la bobine, lentement, scènettes qu’il observe, spectateur, dans la complicité de l’obscurité totale qui hante sa chambre de motel. Enchantée.. Octavia, la mère d’Eden. Écho douloureux dans tout son être, sans qu’il comprenne pourquoi, sans trouver la raison légitime à ce sentiment de tromperie dégueulasse, de trahison ultime. Ce n’est comme si elle lui avait fais un enfant dans le dos, parce qu’à la seconde où Dan a décidé de partir, sans elle, il lui a offert les clefs d’une liberté dont elle a eu tout le loisir d’abuser pour mener sa vie comme elle le souhaite. C’est lui le fautif, le fuyard. Alors ça tourne en rond, comme une nouvelle façon de compter les moutons pour trouver un sommeil réparateur qui, malgré ses efforts maladroits, ne viendra pas; c’est à l’instant même où Dan arrive enfin à fermer les yeux, paupières lourdes et crâne pesant, qu’un camion décide de passer sous sa fenêtre. Le bruit des bennes à ordures qu’on malmène finit par l’obliger à se faire une raison; ce sera peut être une nouvelle nuit de ratée, une de celles à fixer le plafond dans l’attente de voir la peinture craqueler et la brique s’éventrer, pour trouver dans ce néant terrifiant toutes les réponses aux qu’il se pose, ainsi que celles qu’il ose pas se poser. Enchantée.. Octavia, la mère d’Eden. Trou noir. Absence. Micro-coma. L’usure de la pensée finit surement par avoir raison de son tourment, l’agacement de ne pas saisir ce qui le chiffonne dans cette révélation qui l’assomme, définitivement. Ou au moins pour quelques heures, courtes et intenses, avant qu’il ne s’extirpe d’un sommeil profond pour prendre conscience que le soleil ne s’est pas plus levé qu’à l’instant même où il a sombré. Et si le réveil annonçait quatre heures du matin avant que Dan ne s’avoue vaincu, il clignote désormais sur sept heures. Alors, selon toute logique, s’il se lève maintenant, le monde devrait lui appartenir.

Grincement du sommier, craquement du squelette qu’il déplie, assit, étirant son dos dans un râle d’ours sortant d’une hibernation interrompue. Il n’a même pas le réconfort d’une cigarette, son paquet désespérément vide sur la table de chevet, qui lui indique qu’il va devoir prendre son mal en patience. Comme sa mère le fait déjà, alors qu’il fait trainer la recherche d’un logement plus stable, plus intime; vivre dans une chambre de motel, ça lui laisse encore la sensation d’être de passage, de pouvoir repartir dès le lendemain si l’envie lui reprend. Les choses n’ont pas tellement l’air d’évoluer dans ce sens, mais Dan ne perd pas espoir, quoiqu’à ce stade-là de son retour, il se découvre doucement pris dans un dilemme; l’envie de voir où les choses le mèneront en faisant trainer l’éventualité d’un départ, mais aussi la peur d’un désastre qui le pousse à s’espérer à nouveau capable de prendre son baluchon. Devenu un sac de voyage.

Barbe de quelques jours, cheveux humides d’une douche froide au réveil, il se traine dans les rues, en quête d’un paquet de cigarettes, le regard qui s’abime sur les rues qui, silencieuses et calmes à cette heure-ci, font un vacarme assourdissant dans les débris de sa mémoire. A deux pas d’ici, il s’est pris son plus beau râteau.. Et dans ce coin-ci, il a eu sa première dispute avec un de ses copains.. Puis là-bas, il a annoncé qu’il partait. Il accélère le pas, mais sa démarche pressée ne lui épargne pas les visions de différents Danny, à différentes époques et il ne peut retenir un soupir soulagé en entrant dans le premier tabac qui lui ouvre ses portes. Poison, crayon et carnet, il ressort plus encombré qu’il n’est entré, sa démarche un peu plus lente alors qu’il finit par retrouver la fraîcheur du parc, où il se décide à prendre racine. Observateur silencieux, Dan laisse la vie se répandre, les aboiements des chiens qu’on promène avant de les enfermer pour fuir dans un boulot épuisant, les enfants qui traversent pour donner à un raccourci des airs d’aventure avant l’école.. De son crayon, il tapote la page blanche de son carnet, un soupir suspendu aux lèvres qu’il occupe d’une nouvelle cigarette.

A chaque heure qui passe, une clope se consume, jusqu’à ce qu’il ralentisse sa consommation, en voyant l’état de son paquet neuf.. C’est surtout que l’inspiration lui vient, comme ça, sans prévenir, sans le préparer et il libère sa main pour capturer le crayon et griffonner. Sans regarder ce qu’il fait vraiment, le regard rivé sur l’objet de sa soudaine motivation; un enfant qui fait ses premiers pas, plus loin. Y a quelque chose de triste dans cette vision, qu’il s’explique pas, mais s’il avait été père, Dan sait qu’il n’aurait surement jamais trouvé la volonté de se réjouir en voyant son gosse réussir à enfin marcher.. Ça signifie le début de l’indépendance; faire ses premiers pas seul, apprendre à lire, c’est doucement faire comprendre à ses parents qu’on a plus vraiment besoin d’eux, qu’ils ne sont pas aussi indispensables qu’on a voulu leur faire croire. Alors il sourit, malgré tout et le crayon continue d’abimer le papier, avant qu’il ne remarque que le visage de la jeune femme qu’il observe, a quelques airs d’une créature du passé.. ou du présent. Il sait plus. Secouant la tête, il tourne la page, pour gribouiller autre chose, pour essayer de se focaliser sur un truc qui lui demande pas d’effort de rappel. Puis une voix, devenue presque familière. Fronçant les sourcils, à cause de la lueur du soleil, Dan relève le nez vers le visage du garçon, l’air confus de celui qui a complètement perdu la notion du temps. Depuis quand est-ce qu’il est assit là ? « Hey, kiddo. » qu'il sourit, sans être certain qu'Eden lui ait parlé avant, ou pas, parce qu'il a pas tout ses neurones en place dernièrement.
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