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 protect us from the truth (lloyd)

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Scar Lavon

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ɷ statut : sentimentalement immature, sexuellement éparpillée.
✎ métier : ex-taxidermiste tu vivais en déjouant la mort pour vos amis les bêtes. Aujourd'hui tu bosses dans le gym de ton frangin.
✌ age : trente-huit ans, la quarantaine se dessine sur ton visage impassible.

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MessageSujet: Re: protect us from the truth (lloyd)   Dim 16 Juil - 20:16


EVEN WHEN I DOUBT YOU, I'M NO GOOD WITHOUT YOU
Every breath you take. Every move you make. Every bond you break, every step you take. I'll be watching you. Every single day. Every word you say. Every game you play, every night you stay. I'll be watching you.


Quand bien même il serait un connard à présent, comme il le prétend, il en a le droit. Tu ne peux pas le contredire parce qu’il dit juste, il se comporte toujours de la pire des façons, avec tout le monde, parce que c’est plus facile. Plus facile d’être sarcastique, hargneux, de rejeter en bloc la moindre parcelle de bonheur puisque tout ce qui faisait son monde autrefois est aujourd’hui inatteignable. C’est douloureux de se souvenir, c’est encore pire de devoir accepter que la fin est là, et sienne. Tu lui as jamais reproché d’être un parfait connard, c’est son armure quotidienne pour affronter un monde où sa fille n’existe plus. « Pas moi... » souffles-tu alors que son pouce s’empare de ta larme, t’es pas désolé, qu’il se soit confié, qu’il ait enfin trouvé le courage de rouvrir cette porte, t’es pas désolé qu’il partage un peu de son fardeau avec toi. Parce que ce soir tu découvres l'étrange machinerie de son âme. Elle fonctionne avec un système de coquille protectrice liée à l'abyssal manque de confiance qui l'habite. Une auto-punition se bagarrant avec une détermination hors du commun. Les étincelles qu'il produit sont les éclats de ses propres fêlures. Tu n'as pas encore trouvé l'engrenage cassé en lui. Le code d'entrée de son cœur change tous les soirs. Parfois la coquille est dure comme un roc. T'as beau tenter mille combinaisons en forme de caresses et de mots réconfortants, tu restes tenue à l’écart. Pourtant, t'aimes tant la faire craquer, cette coquille. Entendre ce petit bruit lorsqu'elle se désamorce, voir la fossette qui se creuse au coin de ses lèvres qui semble dire Souffle! Le système de protection qui vole en doux éclats. Ce soir de façon presque involontaire il t’a jugé digne de tenir l’appareillage craintif, sensible à la moindre secousse c’est une bombe à retardement que tu manipules avec minutie.

Tes paumes se détachent lentement de son visage, glissant le long de son cou, finissant agrippées fermement à ses larges épaules. Des épaules carrées et robustes, celles d’un homme mais qui ce soir tremblent, cachant une absence d’estime de soi effrayante entrant en collision avec le poids des secrets. Un ébranlement d’1m91 dont tu tentes de limiter les dégâts, il n’est plus qu’un petit garçon craintif enfermé dans le corps d’un adulte. « Un homme normal. » tu continues de le maintenir fermement, t’as peur de le relâcher et de le voir s’affaisser d’un seul coup « Un être humain qui n’est pas infaillible. T’étais pas un psychologue dans cette histoire Lloyd, t’étais un mari, un père. C’était ta famille pas tes patients. Tu les as traité comme ta famille, c’est comme ça que tu devais les traiter. » lui affirmes-tu d’une voix calme, il n’était pas là pour les analyser, il a pris soin d’eux comme il était censé le faire, en endossant le seul rôle pour lequel il s’était engagé auprès d’elles. « Tu étais trop proche pour voir quoi que ce soit.. » on a tendance à croire que la famille est toujours la mieux placée pour venir en aide mais c’est faux, la famille n’a jamais assez de recul. La famille est la pire conseillère quand il s’agit de ceux qui lui sont proche. C’est pour ça qu’elle se contente de se tenir dans la salle d’attente, même si c’est ça le plus difficile, être la personne dans la salle d’attente. Peut-être qu’Alicia était une erreur, mais s’il ne l’avait pas rencontré, il n’aurait pas eu Harper. Elle lui a donné, et lui a repris, tout aussi arbitrairement. On ne choisit pas. Peut-être préférerait-il ne jamais avoir eu d’enfant, une personne qu’on s’autorise à aimer est une personne qu’on prend le risque de perdre. C’est l’enjeu, ça fait partie du pacte. Peut-être que sa femme aurait pu être soignée. En fait, tout un tas de choses auraient pu se passer différemment, mais les erreurs ne peuvent pas être effacées peu importe combien on peut le vouloir. Elles restent, prennent des proportions démesurées, s’installent. Ce n’est qu’une fois acceptées qu’elles commencent à devenir plus petites, pas plus acceptables, juste moins imposantes, on apprend à vivre avec.

« Je sais.. mais il faut quand même que tu te répètes, que c'était pas ta faute… » t'hésites, tu te coupes en plein milieu de ta phrase. Avant de reprendre. «.. Au début ce sera dur à accepter. Parce que tu te repasses la scène dans la tête, toutes les scènes en fait, jusqu'à la dernière. Et tu vois, tout ce que tu aurais dû faire de plus, de mieux. Tu vois ce que tu ne voyais pas. » prenant une grande inspiration tu t’obliges à replonger dans tes propres méandres, parce que tu sais ce que c’est de perdre un enfant. T’aimerais l’ignorer, mais tu sais. Biologiquement, c’était pas ton enfant, mais ça restait le tien. « Quand Tyson est mort, j'étais en colère. Contre ce flic. Contre le système. Contre mon frère… Plus encore contre moi-même. Parce que j'aurais dû faire plus, j'aurais dû faire mieux. J'ai-j'ai pensé que j'avais échoué. J'arrivais pas à me dire, que c'était pas ma faute. » tout comme lui t’as pas pu faire justice pour ce que tu as perdu, on t’a retiré quelque chose et on t’a renvoyé vivre ta vie comme ça, amputée. Il t’a fallu tout réapprendre, avec ce membre fantôme, invisible à l’œil nu mais dont on peut encore sentir la présence. « J'avais besoin que ce soit de ma faute. J'avais besoin de me sentir coupable. Ma colère me faisait du bien, ma colère et moi on était devenue bonnes amies. Elle m'empêchait de ressentir le reste, de ressentir le manque. » tu sens tes mains flancher, tes doigts s’agrippent au bout de tissu, cette fois autant pour lui que pour toi. T’évites de trembler, reprenant une nouvelle inspiration, cherchant à maintenir les sanglots bloqués au fond de ta gorge. Ce sont les sujets dont vous ne parlez pas. Harper. Tyson. Ceux qu’on vous arraché. « Il.. Il me manque. C'est atroce, il me manque tellement.. » tu te fais violence pour rester droite, rester accrochée à son regard. « .. c'est pas par vagues, c'est constant. Tout le temps, sans répits. » tu voudrais lui faire comprendre. On ne s’en remet pas. Jamais. Ce ne sera pas en surface, ça vivra sous sa peau. Mais on peut vivre, avec. « Avec le temps, et de l'aide.. J'ai commencé à accepter que c'était pas ma faute.. On fait ce que l'on peut, comme on peut, quand on peut. Et quand on ne peut pas, on ne peut pas. » ravalant ce frémissement dans ta voix tu l’aides à essuyer les larmes qu’il a oublié au coin d’une paupière, au bord de sa mâchoire, dans le creux de sa joue.  « Il va falloir que tu te répètes que c'était pas ta faute. Ce sera pas facile. C'est pas facile d'être celui qui reste. Mais c'était pas ta faute tu m’entends? C'était pas ta faute. C'était pas faute. Il y a des jours où tu auras du mal à le penser. A le croire. Des jours où tu ne voudras même pas l'envisager. Ces jours-là je serais là, et je te répéterais que ce n'était pas ta faute. » t’insistes, prononçant chaque mot avec aplomb. Tu les prononceras chaque fois si nécessaire, jusqu’à ce qu’il accepte de les entendre, jusqu’à ce que petit à petit, ces mots se frayent un chemin jusqu’au mécanisme de son âme. Tu lui rappelleras qu’il aimait sa fille et qu’il était un bon père. Et il se demandera pourquoi ça bloque autant parfois, pourquoi ça fait tant de mal mais la chose dont il devra se souvenir c’est que ça peut changer. « C’est comme ça qu’on reste en vie, quand ça fait si mal, qu’on ne peut plus respirer, c’est comme ça qu’on survit. En se rappelant, qu’un jour, qu’en quelque sorte, tu ne le ressentiras plus de la même manière, ça ne fera plus aussi mal. » c’est une promesse que tu lui fais. Tu es passée par là. Tu passes par-là, tous les jours. Et toujours, à chaque fois, tu ne peux plus respirer. Mais tu survis. Et ça fait de moins en moins mal.

Tu t’autorises alors ce qui ne vous est plus arrivé depuis des années, ce qui nécessaire. Enfonçant tes mains dans son dos tu l’étreins contre toi, pas une accolade anodine, amicale, chaleureuse. Non. Tu le serres dans tes bras parce que toi comme lui vous avez besoin de ce contact immédiat, parce qu’il a encore quelqu’un à prendre dans ses bras, parce qu’il survit. S’il parvient à se détacher petit à petit de sa colère, il arrivera lui aussi, à avoir moins mal. Et ce jour-là tu seras encore là.




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Don't go gentle into that good night, rage on against the dying light ♒︎ I could drag you from the ocean, I could pull you from the fire. And when you're standing in the shadows, I could open up the sky. And I could give you my devotion until the end of time. And you will never be forgotten with me by your side.© endlesslove.
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Lloyd Kane
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crédits : wiise (sign)
multinicks : l'ex futur marié
ɷ statut : Veuf non éploré d'une femme suicidée qu'il aurait tuée de ses propres mains s'il avait su plus tôt. Dommage qu'il soit trop tard. Père d'une petite fille partie beaucoup trop tôt, qui a laissé une plaie béante dans son coeur. Socialement instable.
✎ métier : Psychologue, il s'imisce dans l'esprit des gens, cherchant normalement à les soulager. Il est doué, très même, c'est juste qu'il refuse de faire le bien et d'aider, pour que ses patients continuent à souffrir. Comme lui en somme.
✌ age : Trente huit années de conneries en tout genre. Il y a bien eu une accalmie mais depuis cinq ans la tempête souffle de nouveau.

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MessageSujet: Re: protect us from the truth (lloyd)   Mar 18 Juil - 19:56

Il lui est tellement rare de s’excuser. À tel point qu’il est possible de mettre ces mots sur le compte de la fatigue. L’épuisement mental et physique de ces derniers jours ont raison de lui. Il craquelle de toute part. Il n’a plus la force d’être cette tempête qui souffle en continu et qui cause bien des troubles sur son passage. Il n’est plus rien si ce n’est cet être qu’il laisse sortir de sa boite que trop rarement. Les personnes à l’avoir rencontré sont très rares pour ne pas dire quasi inexistantes. L’une d’entre elles a cette chance si on peut dire, d’assister à une trêve dans sa lutte. Elle s’étale depuis quelques minutes, amène une atmosphère qui se révèle bien moins électrique qu’en temps habituel. Elle permet à Lloyd de souffler, ouvre une porte à son esprit pour qu’il se sente désolé. Les mots vont et viennent. Ils ne sont pas durs comme à l’accoutumé. Il est las, au point que les verrous qui l’enferment habituellement cèdent et lui permettent de prononcer des mots qu’il s’est trop longtemps interdit, ou qu’il a trop souvent répété dans sa tête, en ayant pour seul écho sa conscience, et pour seul juge son cœur qui se refuse à guérir, qui continue à battre à un rythme plus effréné qu’à l’accoutumé. Un cœur qui tente de reprendre son rythme normal, et qui se laisse porter par ces mains qui le maintiennent, qui glissent sur son cou et qui ne se détachent pas de lui, comme si elles craignent que tout s’arrête d’un instant à l’autre, annonçant un effondrement.

Au fond de lui, il sait sûrement que Scarlett a raison. Il ne s’est jamais comporté en psychologue avec Alicia. Pour quelle raison, il l’ignore. Elle est passée entre les mailles de son filet, tout comme son amie d’enfance. Lui qui analyse beaucoup, pour ne pas dire tout, c’est comme si son esprit bloque et se refuse à faire son travail quand les personnes lui sont trop proches. Et il ne voit rien, encore une fois, elle a raison. L’expression ne pas voir plus loin que le bout de son nez n’est jamais plus vrai dans cette situation. Ce qui se trouve en face de lui, il n’a jamais su le voir. Pour certaines choses, il est incapable de les saisir. La raison de cet aveuglement, il l’ignore, ou plutôt il s’en doute. Cette fois, c’est bien intentionnellement qu’il refuse de mettre des mots dessus. Il ne veut pas emprunter cette voie qui l’amènerait à la contrariété et à des réactions qui redeviendraient violentes dans ses mots, le contrôle lui échappant. Il reste sur une pente plus basique, mais toujours nouvelle et libère une nouvelle phrase. Une autre qu’il pense et une autre à laquelle Scar réagit. Ce n’est pas de sa faute. Cette phrase est destinée à devenir une chanson qui tournera en boucle dans sa tête, jusqu’à chasser toutes les autres, celles qui germent car il se demande ce qu’il aurait pu faire, ou du faire pour empêcher l’inévitable. La liste est longue, c’est parfois un détail qui lui vient à l’esprit. Une autre fois, c’est une scène qui change. Mais peu importe ses efforts, le résultat est toujours le même. Harper ne lui est pas rendue et ne reviendra jamais. Il retombe de sa montagne et recommence à la gravir, subissant une nouvelle fois un supplice dont il est son propre bourreau.

Tyson. Un prénom sorti d’outre-tombe et qui est tout aussi interdit que celui d’Harper. Lui est incapable de prononcer le prénom de sa fille. Scar y parvient avec celui de son neveu sans que ça ne soit une avalanche de larmes, ou une déferlante de colère. Il admire son contrôle, sa capacité à parler de cet être disparu. Les situations ne sont pas comparables, pourtant la douleur est identique. Il se garde de faire une comparaison, de dire qu’être tué par un flic, ce n’est pas la même chose que de mourir sous les coups de la femme qui est censée vous protéger. Il la respecte trop pour lui faire cet affront, pour la descendre alors qu’elle ne cherche qu’à l’aider. Surtout qu’elle se fait du mal au passage. Il ne le remarque pas à sa voix, mais à ses mains qui se crispent sur ses épaules. Les doigts qui se resserrent, il ne connait que trop bien cette méthode pour être l’une de ses favorites. Sa main droite se relève pour se poser sur l’avant-bras de la jeune femme. Un geste simple, banal mais qui parle pour lui. Ce soir, il est question de sa douleur, de lui, mais il n’y a pas que cela. Il est présent aussi. Malgré ses silences, malgré sa peine, elle peut compter sur lui. Il est prêt à tout balayer, à inverser les situations si elle le désire. Car Tyson lui manque, et il comprend. « Arrête de t’infliger ça… » De faire ressortir ses blessures pour tenter de guérir les siennes. S’il comprend la démarche, il n’est pas sûr de l’accepter. Mais elle reprend car elle a un but précis. Ce n’est pas pour rien qu’elle partage sa douleur. Et sa méthode fonctionne en quelque sorte. Elle a son attention, il ne verse plus de larmes. Les dernières sèchent sur sa peau, jusqu’à ce que les doigts de Scar viennent les essuyer. La main de Lloyd retombe le long de son corps. C’était sa faute. Sa phrase fait écho venant contrebalancer celles de la jeune femme. C’était sa faute. « Tu finiras usée à force de répéter cette phrase. » Tentative d’humour complètement déplorable. Va-t-elle également lui demander de la copier une centaine de fois comme pour une punition d’école ? Il n’est pas encore prêt à la formuler, l’entendre est déjà un grand pas en avant pour lui. C’est du martellement qu’elle souhaite et à ce petit jeu, il est extrêmement têtu. Depuis plus de cinq ans, il est si habitué à se répéter la même phrase sans la négation qu’il ne sait pas s’il est en mesure de la changer, ni combien de temps cela prendra. « Je vais tenter. » Il n’est pas convaincu, pourtant il ne ferme pas la porte à l’essai. Égoïstement il pourrait le faire. Il n’est déjà plus cette carcasse de larmes. Son contrôle commence doucement à revenir. Il ne tient qu’à lui de faire réveiller l’enfoiré qui sommeille. Il interdit encore son retour. Peut-être car tout au fond, il est tenté de la croire, qu’un jour il aura moins mal. Son cœur et sa tête ne sont pas d’accord, et l’un aimerait que tous ces mots se réalisent, qu’ils ne soient pas des amas d’illusions pour lesquelles on le fait miroiter.

Et puis, il y a ce geste qui le prend au dépourvu. Il ne s’y attend pas car ils ne se le permettent presque jamais. Il représente ce lien qui existe entre eux, il prouve son existence. Lui donner vie de la sorte, c’est à la fois embarrassant, et réconfortant. Embarrassant au point qu’il reste les bras ballants face à cette étreinte dans un premier temps. Réconfortant car grâce à ce contact, il n’a plus l’impression d’être seul. Il ne l’a jamais été, car Scar ne lui a jamais fait défaut depuis trente ans. Pourtant là, il ne s’agit plus de la même solitude. Alors il s’autorise à répondre à son étreinte, à glisser ses mains dans son dos pour la serrer contre lui. Leurs peines sont différentes mais se rejoignent. Leurs deuils n’en sont pas au même stade mais ils ont encore ceci en commun. Et ils ont besoin l’un de l’autre, c’est une chose dont Lloyd a conscience même s’il ne cesse de l’envoyer promener avec ses sautes d’humeur. Quand il la repousse, c’est un appel silencieux car il a besoin d’elle. « Merci. » C’est un mot qu’il commence à lui dire trop régulièrement ces derniers temps. En fait non, il l’a plusieurs fois pensé mais c’est réellement la première fois qu’il le formule à voix haute. Il est désolé, il dit merci. Elle va finir par croire que le ciel lui est tombé sur la tête. Celle-ci se cale d’ailleurs contre celle de son amie. Il ne l’éloigne pas, pas encore. « Ce n’était pas ma faute. » Il la prononce cette phrase qui est censée devenir son nouveau crédo. Il fait l’effort de la formuler. Seulement, il le fait alors qu’ils sont l’un contre l’autre, et qu’elle ne peut voir l’expression de son regard qui le trahirait. A présent que c’est fait, il ne sait pas s’il se sent mieux, plus léger. Il ne ressent rien en fait, car il n’a pas dû se la répéter un millier de fois pour qu’elle fasse de l’effet. Tant pis, cela ne sera pas pour ce soir, ni les suivants. Un jour peut-être que le processus fonctionnera. « Même si je me décide à grignoter un truc, tu peux rester cette nuit ? Ta présence fera du bien à Boyd. » Boyd. Lloyd. A quelques lettres prêt, c’est le même prénom et il est plus facile de se servir du chien que d’avouer qu’il désire qu’elle ne parte pas même s’il cède à ses exigences de le voir se nourrir. Il a beaucoup à digérer émotionnellement, et il ne souhaite pas le faire seul. Il se connait, s’il le fait en solitaire, tous les mots prononcés seront balayés en quelques secondes. Alors que si elle reste, il est prêt à faire un effort. Le temps d’une nuit car les verrous ne sont pas encore remis. Il est même prêt à dire au connard d’attendre à la porte jusqu’à l’aube. La fatigue et lui ne font pas bon ménage, et s’il reprend le dessus trop tôt, les mots de Scar n’auront servi à rien. Desserrant son étreinte, il se décide enfin à s’écarter, remettant une distance convenable entre eux, attendant sa réponse. C’est peut-être elle qui a besoin d’être seule à présent car en voulant panser ses plaies, elle a dû réveiller les siennes.

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I look inside myself and see my heart is black
« I see my red door, I must have it painted black maybe then I'll fade away and not have to face the facts. It's not easy facing up when your whole world is black. »

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MessageSujet: Re: protect us from the truth (lloyd)   Jeu 20 Juil - 17:48


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Ce n’est pas quelque chose que tu t’infliges, parler de Tyson, ça te libère. Longtemps tu t’es retenue de partager ta colère, toute cette frustration que tu ressentais quand tu te permettais de replonger dans les erreurs du passé. Il n’avait que toi. T’étais pas sa mère, mais ce gamin, il n’avait que toi. Il comptait sur toi, et tu t’étais promis de faire mieux que ses géniteurs, de lui montrer qu’il pouvait lui aussi attendre mieux. Tu t’y es pas prise assez tôt, assez vite, tu ne sauras jamais ce que tu as manqué mais tu comprends ce sentiment de dépouillement. Le besoin de justice et plus encore de vengeance. Ton neveu s’est fait tirer dessus, pour un crime qu’il n’avait pas commis, pour des choix qu’il n’avait pas fait, on a sali sa mémoire et personne n’a rien trouvé à y redire. Tu te bats toujours pour laver son nom, mais ce combat c’est pour lui que tu le mènes, plus pour toi, t’as appris à lâcher prise pour avancer. Ce que Lloyd n’a pas su faire, après six ans il reste ligoté à sa colère, à sa culpabilité, et tant que ce sera le cas tu sais bien toi qu’il ne pourra pas se remettre à vivre. Alors tu ne t’infliges pas de prononcer à voix haute le prénom de celui que tu as perdu, c’est douloureux, à chaque fois, et ça le sera toujours un peu, mais plus tu parles de lui et plus ta souffrance devient volatile, apprivoisée. Au départ ce n’était que quelques confessions que tu t’autorisais, grâce à Larry tes lèvres se sont déliées, le long travail de la douleur, de la peine qui met du temps à s’éteindre et qui s’efface peu à peu à condition qu’on lui laisse le temps de rebondir. De rebondir de moins en moins haut, de moins en moins fort. Et puis, un jour, elle rebondit si bas qu’on l’attrape dans sa main, qu’on la contemple, qu’on la caresse, qu’on la fait sienne. Avec cette belle force qu’elle a fait naître en rebondissant si longtemps et si haut. Que c’est long… T’es prête à être cette aide pour Lloyd, à t’acharner en répétant ce qu’il a tellement de mal à répéter lui-même, pour qu’un jour il puisse de nouveau parler d’Harper, sans s’infliger les pires des tourments. « Ne me fais pas rire, on sait tous les deux que tu ne peux pas m’user, t’en es incapable ! » lui décrochant un sourire navrée tu tentes de répondre à son trait d’humour peu convaincant, pourtant tu dis vrai, malgré ses nombreuses tentatives au cours de ces dernières années il n’est jamais parvenu à te faire fuir. Te faire baisser les bras, tu t’es refusée à l’abandonner à l’époque tu ne le feras pas plus aujourd’hui. Par ces mots tu tentes de lui rappeler, que t’es solide, que tu peux encaissée, tu l’as fait jusqu’ici, t’es pas partie, tu t’es pas dégonflée, tu ne lui as pas tourné le dos. C’est à toi de dire stop, il ne peut pas décider à ta place. T’as appris à te cuirasser, avant et après lui, parfois par sa faute t’as renforcée le barrage, parfois à cause d'autres mains. T’es solide, tu peux supporter, il n’a pas à craindre de t’user, de t’abîmer, de te casser. Il a beau s’évertuer à croire qu’il détruit tout ce qu’il touche, t’es encore en un seul morceau. T’as pas dit stop.

Tu finis par l’étreindre contre toi sans redouter qu’il te repousse. Il y a des fois, où.. tu sais. Ce n’est pas toujours facile avec Lloyd, ça l’est même rarement, c’est compliqué de savoir quoi dire, à quel moment, quoi faire, quand partir ou quand rester. La plupart du temps tu agis à l’aveuglette sans tenir compte de ses recommandations, tu n’en fais qu’à ta tête et ça passe ou ça casse. T’es obligée de constamment avancer en eaux troubles car il garde précieusement sous clef toute émotion, toute demande qui pourrait ressembler de près ou de loin à de la gratitude, de l’affection, à un appel à l’aide. Il enferme tout, et c’est normal, on descend parfois si loin sous terre que même l'idée de bonheur effraie. Les yeux du cœur s'habituent à l'obscurité et même la plus douce des lumières devient aveuglante. T’as saisi. T’as appris à faire avec. Mais il y a des fois, des fois où tu sais. Tu sais comment réagir et ce dont il a besoin. Ça ne dure qu’une fraction de seconde mais ça suffit. Et cette fois, tu sais. Ses mains se posent dans ton dos pour resserrer l’étau, contact vital, sentir la présence de l’autre, s’assurer qu’il ne se défilera pas. Accepter un appui quelque part dans le désespoir. C’est fondamentale, parce qu’à la fin de la journée, ce que vous voulez vraiment, c’est être aux côtés de quelqu’un. Tout ce rituel, prendre de la distance, et faire semblant de ne pas se préoccuper de l’autre, c’est des conneries.

Il la répète, cette phrase, la prononce à voix haute, se familiarise avec. T’as conscience de ce que ça lui coûte, des efforts qu’il fait pour y parvenir. Il n’y pas croit pas encore, il ne peut pas, tu ne t’attends pas à ce qu’il y parvienne avant un long moment. Mais il la répète, il accepte de la dire et un jour il acceptera de la croire. Ce n’est que le premier pas d’une route encore cahoteuse, dont il ne voit pas le bout, qu’il aura souvent envie de rebrousser. Mais c’est un pas. C’est plus que tout ce qu’il a fait en six ans. C’est un pas. Tu ne dissimules pas le sourire que provoque son invitation à rester, il prétexte le faire pour son chien mais toi comme lui savez ce qu’il en est. T’as pas besoin qu’il soit plus explicite, tu ne lui en demandes pas tant, il a déjà trop donné pour la nuit. Tu t’éloignes, vos bras se détachant vous reprenez lentement vos marques, faisant de votre mieux pour digérer tout ce qui vient d’arriver. Vous n’avez pas tout réglé loin de là, ces mots n’ont amorcé qu’un minuscule changement mais ça suffit. Ce changement existe bel et bien. Tu l’as senti, tu crois... tu crois que lui aussi, même s’il n’est pas encore capable de le réaliser tout à fait. « Et bien.. si c’est pour Boyd j’accepte ! Je ne vais pas lui faire faux bond alors qu’il a besoin de moi. » les vieilles habitudes retrouvent leur place, chacun devant lire entre les lignes de l’autre pour intercepter le vrai message délivré.

Te redressant avec agilité tu files récupérer l’assiette laissée sur le piano, la fourchette toujours planté en plein milieu de la part « Ça doit être tiède maintenant, mais je suis sûr que c’est encore bon. » ne doutant pas de tes talents culinaires tu déposes l’assiette entre ses mains avant de te rasseoir à ses côtés sur le tapis, « Tu vas m’en vouloir de le suggérer de nouveau mais je pense que tu devrais te reposer toi aussi.. » même en mettant de côté son manque de sommeil évident depuis la convalescence de son animal, tu devines que cette conversation l’a épuisé, pleurer l’a épuisé, se confier est épuisant. Tous ces secrets, cette culpabilité, ces souvenirs relâchés d’un seul coup, tu te demandes comment il arrive à ne pas s’écrouler devant toi. « Je vais rester éveiller pour Boyd. Alors tu devrais dormir un peu. » ta voix se fait plus douce qu’à l’accoutumée, tu suggères, tu n’ordonnes pas. Tu ne veux pas entamer un unième bras de fer, seulement prendre soin de lui. « Je veillerais sur lui. Tu peux avoir confiance en moi. » tu peux veiller sur eux, t’es douée pour ça, il n’est pas obligé de tout faire tout seul. Tu sais veiller sur lui. C'est ce que tu fais depuis trente ans.    





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MessageSujet: Re: protect us from the truth (lloyd)   Sam 22 Juil - 0:24

Ce n’est pas la première fois qu’il sort ce genre de phrase. La réponse est inlassablement la même. Au bout de la énième fois, il est supposé ne plus douter, ni croire qu’elle le laissera tomber un jour. Il est supposé arrêter de remettre sa parole en doute pour la relancer sur le sujet indirectement. En réalité, ce n’est pas elle que Lloyd remet en question. C’est lui-même. Et d’entendre qu’elle ne le laissera pas, cela le rassure. Sa psychologie est si fragile sur le sujet depuis la mort d’Harper qu’il a en quelque sorte besoin d’être rassuré. De se rassurer en entendant ces mots que Scar prononce. Elle ne terminera pas usée à cause de lui. Autrement dit, il ne la détruira pas. Ce n’est qu’un espoir, seulement il souhaite y croire, car il lui est bien difficile de se rattacher à quelque chose d’autre. Des espoirs, il n’en a plus vraiment, ou plutôt il refuse d’ouvrir la porte pour s’en créer. Les trois quarts du temps, il décide de ne pas vivre. Il s’inflige cette sentence car il ne souhaite pas montrer ses faiblesses. Reconnaître d’avoir besoin de quelqu’un, c’est accepter de s’exposer. Et s’exposer, cela fait mal. Il a compris cette leçon il y a très longtemps, bien avant Harper et Alicia. Sa mère et son père, surtout ce dernier la lui ont inculquée. Le temps de la première désillusion qui n’a fait qu’ouvrir la porte pour que les autres se succèdent au fil des ans. Elles n’ont pas manqué. A chaque fois qu’il baisse sa garde, il se prend un revers. Comment le blâmer de vouloir de moins en moins le faire ?

Ce soir pourtant, il s’expose. Il accepte d’arrêter de tout cadenasser. Il reconnait qu’il ne se suffit pas et qu’il a besoin de la présence de son amie d’enfance. Ils sont doués pour se faire du mal, seulement il a besoin d’elle. Il l’avoue de manière indirecte. Le berger allemand dort sur son coussin. C’est à peine s’il a levé les oreilles en entendant son maitre pleurer. Il n’est pas en état de s’inquiéter pour ce dernier. Alors non, il est bien le seul sous ce toit à ne pas avoir besoin de Scar. Mais Lloyd n’y arrive pas. Il ne sait pas dire « j’ai besoin de toi » avec des mots simples. Il ne sait pas se mettre à nu de la sorte alors il trouve des moyens détournés. Il a besoin d’elle à travers son chien. Et comme d’habitude, elle entre dans son jeu, acceptant cette incapacité à s’exprimer quand il est trop concerné. Au moins aujourd’hui, il est capable d’avouer ces besoins. Quatre ou cinq ans en arrière, il se serait contenté de se murer dans le silence. Il aurait mis de côté son besoin pour s’exprimer avec violence, désirant seulement être en compagnie de sa solitude et de sa souffrance. Refusant d’accepter la main tendue. Chose qu’il fait à présent et cela l’épuise davantage. A force de lutter en permanence, quand il lâche du lest, le contrecoup est plus violent. Davantage ce soir après les nuits blanches qu’il a passé ces derniers jours. Il est un zombie, mais qui s’en préoccupe ?

Scarlett encore une fois apparemment. Elle le prend aux demi-mots qu’il a prononcé en récupérant l’assiette de lasagnes qu’il a repoussé un peu plus tôt. Il n’a pas d’autre choix que de la prendre, et de s’installer. Il observe les mets un instant sans se décider à empoigner la fourchette. Il ne craint pas être empoisonné, ce n’est pas du tout le cas. En réalité, il ne sait pas s’il est capable de manger. Les émotions de la soirée ont été très fortes, l’inquiétude pour Boyd si présente ces derniers jours, qu’il craint que la première bouchée reste bloquée au milieu de sa gorge. Il finit pourtant par se décider, ses doigts se décident à agripper la fourchette pour porter un morceau à ses lèvres. C’est tiède mais bon. Et comme il le pressentait, cela a du mal à passer. Il se force néanmoins à avaler les lasagnes. Elles sont bonnes comme prévu mais c’est davantage la crainte qu’elle lui donne la becquée qui le pousse à avoir un sursaut de force pour mâcher. La pression commence à retomber, il est déjà en train de le sentir. Chacun de ses muscles semble le rappeler à l’ordre à tour de rôle. Ses paupières sont la partie de son corps contre lesquelles sa résistance s’acharne de façon croissante. « J’ai tant une sale gueule que ça… » Pour qu’elle remette sur le tapis le fait qu’il doit se reposer. Chaque chose en son temps. Et là, il s’évertue à tenter de manger une deuxième bouchée de lasagnes. Il s’arrêtera là pour ce soir. Il n’y arrive plus, mais au moins il a quelque chose dans le ventre.

Pour le convaincre d’accéder à sa demande, Scar détourne la discussion sur Boyd une nouvelle fois. Le canidé a bon dos, il devient le centre de toutes les excuses, de toutes les suggestions. La fourchette qu’il tient vient échouer dans son assiette. Cette dernière est déposée sur le parquet. Lloyd est pensif. Il est surtout épuisé. A croire que son corps se ligue avec elle pour lui donner raison. Il manque de repos et cela ne tient qu’au miracle s’il ne s’est pas effondré. La lourdeur de ses paupières continue à s’accroitre, alors que sa résistance s’amoindrit. « Si tu veilles sur Boyd, ok. » Il cède car il n’est pas en état de démarrer un nouveau bras de fer. Ses dernières cartouches, il les a grillées en parlant de sa fille. Ce n’est pas une question de confiance comme elle le redoute. Il l’a, c’est juste qu’il ne l’avoue jamais. Il garde l’information pour lui, oubliant qu’il n’est peut-être pas le seul à avoir besoin d’entendre certains mots. Finalement, il récupère sa fourchette pour piquer une dernière bouchée de lasagnes. Il se relève ensuite, non pour gagner sa chambre mais pour s’installer sur le canapé à proximité. Accepter de se reposer ne veut pas dire qu’il compte s’éloigner de son chien. S’il réussit à dormir une heure ou quatre heures, il désire rester à proximité au cas où il y aurait une urgence. Scarlett est en mesure de la gérer mais lui ne se pardonnerait pas de ne pas être présent et d’être tranquillement dans les bras de Morphée, installé confortablement sur son lit. « Tu as intérêt à me réveiller si besoin. » Ce n’est guère un ordre, mais davantage une formalité. Il sait qu’elle le fera car il peut compter sur elle, comme depuis toujours. « Ne me mâte pas trop pendant mon sommeil. » Il ferme les paupières, un sourire au coin des lèvres, satisfait de sa connerie qui n’est qu’un des derniers sursauts avant qu’il ne se laisse emporter par Morphée. Ses muscles se relâchent. Il est déjà en train de sentir cet instant qui arrive avant d’avoir l’impression que son cerveau se mette en pause avant le sommeil. « Tu sais… J’ai confiance qu’en toi. » Il prononce encore quelques mots, les derniers avant d’accepter de dormir. Ceux qu’elle désire peut-être entendre et qu’il lâche enfin, il ne sait pas. Il sait juste qu’il n’a pas de doute sur le sujet dans sa tête depuis trente ans et que, même si elle lui met des revers de temps en temps, ce n’est pas suffisant pour ébranler cette confiance.  

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Scar Lavon

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MessageSujet: Re: protect us from the truth (lloyd)   Jeu 27 Juil - 21:20


EVEN WHEN I DOUBT YOU, I'M NO GOOD WITHOUT YOU
Every breath you take. Every move you make. Every bond you break, every step you take. I'll be watching you. Every single day. Every word you say. Every game you play, every night you stay. I'll be watching you.


Il observe l’assiette d’un air suspicieux, mille hésitations affluent à ses yeux et tu crois un instant le voir de nouveau repousser la nourriture. Au lieu de ça il se décide à porter la fourchette à ses lèvres et un large sourire se dessine sur les tiennes « Tu veux une réponse franche ? » question purement rhétorique qui sert à répondre à son interrogation précédente, tu récupères tes manières moqueuses mais tes préoccupations sont sincères. Oui, il a une sale tête et non manger deux bouchées de lasagnes ne suffiront pas à redonner quelques couleurs à son visage, tu comprends son besoin de veiller son animal mais tu peux prendre la relève quelques heures. T’es venue pour ça. La nuit, quand on ne dort pas les soucis se multiplient, ils enflent, s’amplifient, à mesure que l’heure avance les lendemains s’obscurcissent, le pire rejoint l’évidence plus rien ne parait tranquille. L’insomnie est la face sombre de l’imagination. Son manque de sommeil ne fait qu’aggraver ses maux, ses inquiétudes, ses incertitudes. S’il n’avait pas passé ces derniers jours à se ronger les sangs, à errer dans l’obscurité, t’es prête à parier que l’idée de te léguer Boyd n’aurait pas eu l’occasion de germer. T’ignores depuis combien de temps il se torture l’esprit avec mais à présent que t’es parvenue à la repousser tu crains qu’il prenne d’autres initiatives bancales de ce genre. Alors tu veux le convaincre de dormir, parce que c’est nécessaire et parce qu’ainsi tu pourras garder un œil sur lui sans qu’il n’essaye d’interférer.

Il ne finit pas sa portion, tu ne le forces pas à en avaler plus, t’as conscience qu’il doit déjà se faire violence pour écouter tes recommandations, il ne supporte pas que tu le traites comme un enfant mais c’est pourtant comme ça qu’il agit la plupart du temps. Il ne sait pas ce qui est bon pour lui, il faut le lui dire, veiller à ce qu’il le fasse et il ne le fait que rarement, esprit de contradiction qui s’entête à suivre le chemin inverse. Tu le suis du regard lorsqu’il se redresse pour rejoindre le canapé, déposant l’assiette plus loin t’attrapes ensuite un plaid sur le fauteuil pour l’en couvrir. Tu ne vas pas jusqu’à le border, mais t’en es franchement pas loin, « Je sais ce que j’ai à faire, maintenant tais-toi, et dors. » lui intimes-tu en t’asseyant sur la table basse à quelques centimètres de lui, t’auras guère besoin de le réveiller, Boyd semble presque aussi exténué que son maître, t’es persuadée que l’un comme l’autre vont rester dans les vapes un long moment. « Y’a rien à mâter tu ressembles à un zombie. C’est pas ton plus beau profil crois-moi ! Heureusement que je suis la seule à voir ça, tes conquêtes s’enfuiraient en courant ! » tu plaisantes mais sens qu’il ne t’entend déjà presque plus, à peine a-t-il fermé les paupières que toute la fatigue accumulée le rattrape en quelques minutes. Tu perds son attention à mesure qu’il gagne le pays des rêves, ta voix se fait de moins en moins distincte et s’effacera sous peu, tout comme ta présence. Alors tu t’autorises à contredire tes propos, le contemplant sans la moindre gêne s’assoupir, ta bouche ne se défait pas de son sourire parce que c’est vrai, t’es la seule à voir ça. La seule autorisée à le voir. A rester jusqu’au matin, à le serrer dans tes bras quand il s’effondre, à l’obliger à dormir ou à manger. T’es la seule devant qui il se permet de verser des larmes et la seule qui puisse les essuyer, y’a que toi d'apte à porter un peu de son fardeau. Tu peux le regarder, tu peux le voir et tu le vois. Tu vois qu’il est devenu cet homme fragile, d'une beauté singulière, silencieux, souvent subversif qui longtemps s'est tenu au bord du gouffre, sans jamais le quitter tout à fait des yeux, cet homme admiré, désiré, qui suscita les passions mais surtout cet homme meurtri, blessé, désespéré, qui perdit tout en une journée. Cet homme inconsolable, coupable à perpétuité, murée dans sa solitude. Aujourd’hui t’as l’impression d’avoir gagné une bataille, pas parce que tu as réussi à lui faire prendre une douche ou que tu as dissipé la pénombre et l’odeur du cendrier froid. T’as gagné parce que tu l’as légèrement éloigné du gouffre, d’un pas, pas si grand que ça, mais il s’en est éloigné. Plus t’avances, plus t’as l'intime conviction que tu devais le faire, non pas pour réhabiliter, honorer, prouver, rétablir, révéler ou réparer quoi que ce soit, seulement pour t'approcher.

T’es soulagée d’être venue, de ne pas avoir été ailleurs ou en retard, tu redoutes néanmoins le moment où tu le seras. Tu te rappelles de votre dernier raté il y a cinq ans, vous avez été interrompu et il s’est refermé jusqu’à maintenant. Tu loupes le coche et c’est terminé. Il compte sur toi, uniquement sur toi et t’es pas sûr d’être la plus qualifiée pour ça. Il te suffit de cligner les yeux une seconde pour le perdre, encore, alors tu ne clignes pas les yeux, jamais. Tu restes dans l’attente des retombées, dans la crainte de louper quelque chose. Ce soir il était prêt à tout plaquer, peut-être même à pire, et si tu étais arrivée en retard, et si tu n’étais pas arrivée du tout ? Le Ciel et l'Enfer, c'est sur terre que vous les vivez. Parce que vous avez une conscience. Et que la conscience fabrique du remords et que le remords empêche de vivre. On récolte ce qu’on a semé de son vivant. On paye sur terre, un point, c'est tout. Les mots lui échappent, inconsciemment ou non, avant qu’il ne s’abandonne totalement à Morphée, venant confirmer tes angoisses. Tu peux veiller sur lui, tu lui as promis, t’en es capable.. T’ignores seulement si ça suffira. « Je sais oui.. » ton sourire s’efface, ta voix n’est plus que murmure qu’il n’entend désormais pas, « Repose-toi, je ne bouge d’ici. Je ne bouge pas. » tu ne parles pas de ta position géographique évidement, mais il ne peut pas l’entendre, doucement tu déposes un baiser sur son front avant de commencer à caresser ses cheveux. Laissant aller tes doigts au rythme de tes pensées t’as à présent tout le loisir de réfléchir à tout ce qui vient de se passer, aux révélations qu’il t’a fait. Tes muscles se relâchent d’un seul coup, comme si tu pouvais à nouveau respirer normalement, t’as été en apnée tout du long. Tu te concentres sur sa propre respiration, sa poitrine qui monte puis redescend lentement, tu la surveilles. Attentivement. T’as peur de cligner des yeux…

- THE END -



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