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 i would know him blind by the way his breaths came (dode)

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MessageSujet: i would know him blind by the way his breaths came (dode)   Ven 16 Juin - 0:55

I could recognize him by touch alone, by smell; I would know him blind, by the way his breaths came and his feet struck the earth. I would know him in death, at the end of the world.

Les doigts encerclent le portable et les jointures blanchissent. Dick dévisage le dernier message envoyé, les dents serrés, le coeur tout autant. Il sait, quelque part, le pourquoi du comment. Et il n'aime pas réellement la chose. L'homme laisse un soupir quitter ses lèvres, ses yeux monter au ciel, avant de quitter le batiment où il se trouve. L'oeil se balade dans les rues sombres du port, se fixe sur une longue lignée de taxis attendant passagers, avant qu'il ne s'avance.
L'oeil se pose de nouveau sur son cellulaire, ses doigts écrivent une réponse, et puis il ouvre une porte, se glisse à l'arrière, finit sa réponse, avant de lever les yeux.
Et le voit ; Dorsey.
Les lèvres se pincent et les regards se toisent au travers du rétroviseur. Heureusement. S'il s'était retourné, Dick n'aurait pas su quoi dire.
Il hésite à lui demander s'il préfère qu'il prenne un autre taxi.
Déjà, il hésite à sortir sans même lui demander, mais son cellulaire vibre de nouveau, entre ses mains, et pinçant ses lèvres, il lâche un juron avant de commencer à répondre. Entre deux mots, il lève les yeux vers celui qui a arraché son coeur pour lui dire l'adresse.
La seconde suivante, déjà, il ne le regarde plus. L'esprit est trop occupé - ou alors, cherche à s'occuper- et il répond à la foulée de messages qu'Evan lui envoie, un Trevor bourré entre les doigts. Et puis à l'appel de la mère - elle le contacte toujours, la mère, en cachette lorsque son mari va s'ouvrir une bière, pour se rassurer, pour savoir si son petit est en compagnie de Dick, après avoir fui la maisonnée - et il la rassure, du mieux qu'il peut.
Ça va un peu comme suit ;
- Tout va bien, Alisha. Oui, je sais où il se trouve. Non, il est pas avec moi, mais t'inquiètes, j'vais le chercher, l'gamin. Oui, il va passer la nuit chez moi. J'te le ramène demain, sans fautes. Écoute, j't'envoie un message dès que j'l'ai avec moi, ok ? Pour te rassurer. Oui, c'est ça. Non, tout va bien. Il va bien, Alisha. Tu sais bien que j'laisserais rien lui arriver. Pas b - besoin d'me remercier, ça va.
Il lâche un soupir, lourd, la tête allant vers l'arrière, les yeux posés sur le plafond d'la voiture, quelques secondes, une fois qu'il réussit à raccrocher. Dick ne redresse la tête que lorsqu'ils arrivent devant la demeure un peu vieillotte d'où une musique un peu trop bruyante émane. Il croise le regard de Dorsey, une seconde, ne détourne pas les yeux, du moins un moment, avant de passer ses doigts sur son crane et puis de prendre la poignée, pour ouvrir la porte.
Tu me sors pas immédiatement.
- Tu peux m'attendre ? Ça s'ra pas long, qu'il dit, sans le regarder directement. Et puis, il se lève, quitte le véhicule, et avant de s'aventurer dans la demeure, jette un regard derrière lui, vers Dorsey, vers le taxi, pour s'assurer qu'il soit toujours là.
Chose faite, il s'efface de sa vue pendant presque cinq minutes.
Cinq minutes à se demander s'il sera là, lorsqu'il sortira. Cinq minutes à parler avec Stan, à tenir Trevor contre lui, presque endormi, un peu trop saoul, la joue rouge et enflée. Le nez un peu renifflant, aussi.
Le coeur reprend ses battements, lorsqu'il sort et voit la bagnole toujours là, le moteur roulant, Dorsey l'attendant. Mais il ne s'imagine rien. Ne rêve rien. Il ne vaut mieux pas. Un bras sous Trevor, Stan de l'autre côté, les transporte le naufragé jusqu'à la voiture. Il ouvre la porte, et avec l'aide de son élève, installe Trevor sur le siège.
Chose faite, il se tourne vers Stan.
- Merci d'avoir appelé, Stan.
- C'rien, m'sieur Lavon. J'l'aurais gardé ici, v'savez, mais il vous d'mandait, Trevor. D'solé d'vous faire chier avec c'foutoir.
- Ça va, gamin. C'est mon foutoir, aussi, qu'il dit, le regard allant vers Trevor, une seconde. Affaissé contre la porte, il dort déjà.
- V'êtes un bon père pour lui, m'sieur Lavon. Bonne soirée ! L'ado lui fait un dernier signe de tête et s'éloigne à la course pour retrouver chez lui.
Dick ouvre la bouche pour rétorquer quelque chose, avant de secouer la tête simplement. Il aimerait dire qu'il n'est pas spécialement bon, encore moins un bon père. Dick garde la chose pour lui. Le colosse terre les chimères au creux de ses pensées, avant de se glisser dans la bagnole à son tour.
Son regard croise celui de Dorsey, de nouveau, un peu plus longtemps que les autres fois.
- D'solé pour l'attente. Tu peux nous déposer au gym ? la voix est lasse, fatiguée, et déjà, l'oeil va vers Trevor, qu'il inspecte un peu inquiet, à la recherche de certaines blessures. Il imagine ses côtes, sous son t-shirt, et grimace.
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MessageSujet: Re: i would know him blind by the way his breaths came (dode)   Dim 18 Juin - 23:21



i would know him blind by the way his breaths came
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Il arrête pas d'y penser. Rongé par la discussion mais surtout par le baiser. Ce baiser qu'il a lui même plaqué. L'erreur ne vient que de lui et il aimerait pouvoir haïr Dick. Se dire que c'est l'autre et uniquement l'autre. Que Lavon s'est autorisé cette incartade sans l'accord de Dode. Que ce dernier l'a repoussé, outré et blessé. Qu'il lui a dit de jamais recommencé. Que tout est terminé entre eux. Ouais. Ouais...c'est ce qu'il aimerait pouvoir raconter sauf qu'il peut pas. Il est celui qui a plaqué les lèvres contre les autres. Beaucoup trop appétissantes. Trop tentantes. Telle une drogue dont il pensait être sevré. Mais que dalle. Rien. Maintenant que ça se balade sous son nez, il en a encore envie. Juste une bouffée. Une injection pour se rappeler du bon vieux temps. Cette fois, il évitera l'overdose, c'est promis. On peut pas faire deux fois les mêmes erreurs.
Il y a pensé et a pas trop dormi. Se touchant les lèvres car il sentait encore la sensation chaude des pulpeuses brunes. Le fluide de l'erreur imprégné, s'infiltrant entre ses tissus. Dorsey s'est détesté. Surtout en se rendant compte qu'il avait aimé. Tout son corps avait vibré. S'était durci sous la résonance de son acte. La nuit avait été longue et courte. Impossible pour lui de fermer les yeux sans le revoir. Sans le sentir de nouveau si proche. Sans ressentir non plus tous les regrets et son cœur lourd. Il n'avait pas dormi, pas cette nuit là, ni celle d'après. Et s'il a réussi à dormir à la troisième, c'est surtout car son corps ne pouvait supporter une autre nuit de privation (surtout aidé d'un petit cachet bien dosé). Le même rituel s'est instauré pour les nuits suivantes quand l'alcool ne jouait pas son rôle de camarade. Un petit cachet y a rien de mieux pour combattre les fantômes du passé. Et comme tout, les souvenirs ont commencé à s'évanouir. Il a pensé à autre chose. Repris sa petite vie. En réalité ça ne faisait qu'une journée qu'il ne pensait presque plus à ce moment. Mais c'était un très bon début.
Installé plus ou moins confortablement derrière le volant de sa bagnole, il médite. Autrement dit il se fait chier et en profite pour somnoler un peu en attendant le prochain client. L'autoradio délivre timidement les premiers accords de Somebody et le doigt pianote en rythme sur la cuisse. L'air entraînant de la chanson d'Aerosmith le garde tout de même éveillé. Il murmure les quelques paroles dont il se souvient. La portière s'ouvre, il n'entend rien et sort de son état en sentant la voiture s'abaisser sous le poids de ce nouvel occupant. Les yeux s'ouvrent immédiatement et le corps se redresse. Bons... qu'il commence à articuler sauf que le mot meurt sur sa langue avant de se faire entendre. Et voilà que ça repart. Le cœur se perd dans les battements. Fou de rage. Fou d'amour. Les mains moites agrippent le volant tandis que le regard tente désespérément de se défaire du reflet du rétro. Il acquiesce à l'adresse. La langue est muette et la gorge sèche. Chacun visite le royaume de l'autre. La voiture quitte sa place pendant que Dick répond à son téléphone. Dorsey veut pas paraître trop curieux, mais son oreille se fait forcément indiscrète. Il a baissé le son de la musique pour son client. Pour pas le gêner et surtout pour mieux l'entendre.
La destination s'offre à eux et Dode s'arrête dès qu'il le peut. Encore un regard échangé. Tellement de choses qu'il souhaite lui dire, mais aucune ne trouve la sortie. A la demande il hausse les épaules et émet un bruit étrange signifiant une réponse positive sans pour autant la prononcer. Il le regarde s'éloigner, ou plutôt son cul. C'est qu'il a toujours aimé cette facette du boxeur. Une fois hors de vue, il hésite à partir, mais décide de sortir de la voiture. Histoire de se dégourdir les jambes. Il en profite pour s'en allumer une. Elle est bonne et bien méritée. Adossé à la voiture, il n'est qu'à la moitié de sa clope quand l'autre revient. Dorsey se débarrasse de sa cigarette et remonte à sa place. Comme un bon chauffeur de taxi.  Normalement il lui aurait ouvert la porte, mais il a oublié donc il le laisse faire. Semblant de pas écouter pour pas paraître trop impoli. Il a dévisagé le gamin avant que Dick ne monte. Il a vu des choses qui lui ont serré le cœur. « T'es déjà dans la bagnole, c'est pas comme si j'peux refuser. » Et sa première phrase est froide. Distante. Un accent de haine. Pas contre Dick, mais contre lui-même. Il démarre et reprend la route. Tente de faire comme avec les autres, mais il peut pas s'empêcher de jeter des coups d’œils furtifs. « C'serait cool qu'il laisse pas de marques, j'ai pas envie de me taper le grand ménage. »  Il tourne à droite. Une ligne droite. S'arrête à un feu rouge. C'est plus fort que lui, il doit se retourner et c'est ce qu'il fait. Il regarde Dick puis le gamin plus longuement. « Il est dans un sale état, ça va aller ? » Il voudrait s'attarder un peu plus. Faire semblant de regarder le gamin alors que son regard glisse sur le bras de Dick puis sa cuisse. Mais le rouge est devenu vert et il reprend la route.

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MessageSujet: Re: i would know him blind by the way his breaths came (dode)   Lun 19 Juin - 0:05

L'abysse se perd-t-elle elle-même au creux de ses noirceurs ? Dick s'imagine que oui, car à l'instant, le regard posé au sein de celui de Dorsey, il se perd. Il se perd à la manière que font ceux qui ne désire pas se trouver, ou être sauver. Du moins, pas comme tous les autres. La chose ne dure qu'un instant, une éternité peut-être bien.
La voix de Dode claque, brise, fracasse, fissure.
Dick détourne le regard, quelque chose de briser en lui, incapable de déterminer quoi. Il se contente de serrer un peu plus des dents, le regard posé sur les lampadaires et leur lueur. Mais même à les observer, il ne voit pas grand chose.
Il est encore dans les abysses.
Encore prisonnier de son emprise.
Le colosse cligne des yeux, quelque chose dans l'oeil - rien, sauf le passé, en vrai - avant de soupirer de nouveau. Les doigts aggrippent sa nuque, l'air quitte ses poumons, puis l'iris s'attardent sur le gamin échoué.
Une part de lui aimerait le réveiller pour lui faire la morale, le secouer et lui faire comprendre que sa réalité n'est pas la normalité. Mais il reste sans mots, Dick, un quelqu'un d'autre dans la tête, un noeud supplémentaire dans les tripes.
Depuis combien de jours ne l'a-t-il pas vu, depuis le baiser ? Les baisers. L'homme le sait parfaitement, mais garde le compte muet, pour se faire croire que la chose n'est pas si réelle qu'elle ne l'est réellement. Il nie un peu, certainement pas autant qu'avant, mais assez pour empêcher la lame de se glisser plus profondément dans ses veines.
Mais elle continue toujours de s'enfoncer, un cran à la fois, un battement de coeur éprouvant.
Le palpitant se serre, la voix de l'ancien amant - amant aimant - s'élève. Dick ferme les yeux, un moment, avant de les ouvrir, pour l'observer. Il ne voit que le coin de son visage dans le rétroviseur, et sa nuque, face à lui, un peu trop près, peut-être bien. Le regard s'y attarde un peu trop, la mémoire lui rappelle les baisers qu'il y a déjà, bien souvent, déposés.
- Je payerais, s'il fait une connerie, qu'il souffle, encore las, épuisé par l'amas de sentiments qui le prend par les tripes, la tête, le corps, tout.
La voiture s'arrête et tout suit. Tout cesse. Dick l'observe, encore. Et cette fois-ci, pour la première fois peut-être, Dorsey se tourne vers lui réellement. Quelque chose se passe ; l'homme reste sans mouvements, le regard posé sur ses traits, celui de Dode se baladant.
Le coeur en perd quelques battements. Les lèvres se pincent, les dents mordent, le feu passe au vert.
Le souffle revient mais les mots restent muets. Le colosse ne bouge que lorsque Trevor, un peu moins mort, grommelle quelque chose près de lui. Il se redresse alors, ramène le gamin vers lui de son bras droit, le t-shirt glisse vers son épaule de par le mouvement, dévoilant une fraction de secondes le blanc gravé sur l'ébène.
- C'est pas la première fois que ça lui arrive, tu sais, qu'il dit, et le bras se reserre contre le pauvre môme, même pas adulte, qui fait tellement gamin, à gronder encore tout en se rapprochant de l'homme.
On dirait un enfant, et Dick sourit un peu tristement. Ses doigts s'écrasent contre la tête de la petite racaille malmenée.
- Mais c'est un bon gamin, hein. Va pas croire qu'il passe son temps à boire et faire la fête. C'est pas une bonne période pour lui, présentement, à la maison.
Son regard quitte l'enfant et se pose sur le rétroviseur. Il croise l'iris de Dode, ou du moins, croit la croiser.
- T'avais pas à nous attendre. J'sais pas si j'aurais eu - je m'aurais pas attendu. Alors merci, qu'il dit, doucement, las, épuisé, mais sincère, cherchant son regard, au travers du rétroviseur. Il aimerait dire autre chose, aussi. Des tas de mots, plusieurs qu'il ne connait pas lui-même, mais reste silencieux, pour le reste.
Mais parfois, souvent.
Les gens disent que le silence veut dire beaucoup de choses, et que les regards, lorsqu'ils se croisent, expriment beaucoup plus que les mots.
Alors, il espère croiser son regard, et tout lui dire, ainsi.
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MessageSujet: Re: i would know him blind by the way his breaths came (dode)   Mar 20 Juin - 0:20



i would know him blind by the way his breaths came
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C'est qu'il fait son maximum. Il lutte avec sa langue. Escrime quelques froides paroles et tire des regards distants. Il se fait pitbull alors qu'il n'est qu'un caniche face au loup. Montre les crocs abîmés. Grogne, mais jamais ne mord réellement. Les premières phrases sont bonnes. Glaciales et éloignées de son envie. De ses envies. Car il y en a pas qu'une qui lui tort les tripes en la présence du boxeur. Il veut tout et rien. Jouer les indécis. Pêcher puis oublier avant de recommencer cet éternel cercle destructeur. Il n'a pas retrouvé ce même lien avec quiconque après  lui. Autre chose oui. Pas totalement remplaçant. Ne remplissant son cœur qu'à moitié. Les autres. Femmes et hommes qui ont suivi le chemin tracé par Dick se sont arrêtés bien avant le premier palier. Des fois, il se dit que ça aurait été vachement plus simple de retomber amoureux. Même de souffrir une nouvelle fois, pour que cette douleur et cette trahison soit remplacée par une autre. Il se dit qu'il aurait pu essayer un peu plus avec Moira, car l'amour qu'il lui a porté était véritable, mais trop pur. Beaucoup trop pur pour valoir celui qu'il a ressenti pour Lavon. Y avait cette chose. Cette passion, la chaleur et la lourdeur du secret. Y avait les muscles naissants. Les regards virils. La poigne masculine. Surtout son odeur. Sa manière de glisser ses doigts dans la nuque ou dans le creux des reins. Son souffle courant le long du cou. Les baisers délicats puis féroces. Y avait toutes ces choses qu'il n'a jamais retrouvées et qui lui manquaient horriblement. Mais de simples retrouvailles peuvent-elles suffirent à recréer ce lien ? Les années n'ont-elles pas assassiné leur amour ?
Il redémarre. Le regard braqué sur la route alors qu'il ne désire que se retourner. La concentration qu'il force sur la route. Le volant qu'il serre jusqu'à en avoir mal. Le pied un peu lourd, il respire et se calme. Doucement. Un client comme les autres qu'il se rassure. Après tout il n'est qu'un étranger comme les autres. Un nouvel être. Une silhouette encore inconnue aux doigts de Dorsey. « J'fais ce que le client me demande et t'es un client comme les autres. » se justifie-t-il. Il aimerait que ce soit aussi simple qu'il le laisse entendre. Il ne dit plus rien. C'est un peu gênant, mais il ignore quoi dire. Veut pas lui paraître trop faible ou trop ouvert. Il garde la bouche close et le regard droit. Ce n'est arrivé qu'à quelques secondes de leur destination qu'il décide d'entrouvrir les lèvres. « T'as pas besoin de justifier son comportement. J'm'en fous. J'le connais pas ce gamin. » Il tourne au coin de la dernière rue. Le véhicule ralentit puis se gare au plus près de la destination. « Garde ton fric, j'en veux pas. » Il dit ça comme si les billets étaient crades. Comme si d'une manière ou d'une autre cet échange allait lui refiler une maladie ou pire, des envies voluptueuses. Il prend de l'avance pour pas qu'il sorte son argent. Il veut rien de lui, en l'honneur du bon vieux temps. Il en veut pas par peur que ça lui brûle les doigts. Dorsey coupe le moteur, mais garde les mains sur le volant. Le cou raide se plie et le conducteur soupire. Un soupire épais. Les doigts se desserrent pour se coller au visage fatigué. Fatigué de ne dormir qu'avec des pilules. Fatigué de prétendre. «T'as besoin d'aide ? » La tête se tourne à moitié, il n'offre à Dick qu'un regard du coin de l’œil. Il essaie de mettre de la distance, mais les situations font qu'il n'y arrive pas. Dode n'aurait pas laissé un autre client comme ça, en galère. C'est Dick et il a encore moins envie de le laisser. Cette fois -s'il dit oui- il ne restera pas. C'est bon, il connaît le chemin de briques et l'empruntera aussitôt le gamin monté. Il ne tardera pas au risque de se perdre de nouveau. « C'est ma dernière course de la journée. » qu'il se sent obligé de rajouter. Ça sonne comme un t'inquiète pas, je suis libre. Je suis à ta disposition. J'ai des heures à te donner pour rattraper le temps. ouais ça sonne ainsi dans sa caboche et c'est bien ce qu'il insinue. Finalement il a pas trop envie de faire l'aller-retour car sa gorge regorge de mots et de soupirs. Il a un sac à vider et un nouveau départ à faire. Dorsey sait qu'il doit tout lui dire s'il veut pouvoir se relever complètement. Il doit déverser une bonne fois pour toute ses sentiments. Faut qu'il gerbe ce poison pour s'en débarrasser. « T'es peut-être assez fort pour le soutenir, mais va te falloir quelqu'un pour ouvrir les portes. » Il se retourne face à la route, lui offre son dos. « Je dis ça, je dis rien. »

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MessageSujet: Re: i would know him blind by the way his breaths came (dode)   Mar 20 Juin - 1:45

Les réponses cognent un peu trop fort mais Dick ne dit rien, prend tout, ne se détourne pas. Il les subit, les accepte. Les attend depuis des années, en vérité, ces coups là. Les mérite totalement, dans un sens, et se voit presque combler de se prendre enfin les répercussions de ses actes. Il aimerait plus.
Il se dit qu'il mérite plus.
Mais il sent une certaine douceur, aussi, derrière.
Derrière les mots brusques.
Elle est discrète, invisible presque, mais Dick croit la percevoir. Peut-être rêve-t-il - après tout, ne passe-t-il pas son temps à rêver de lui ? - mais qu'importe. Quelque chose dans ses gestes, dans sa voix. Quelque chose qui fait l'écho d'autrefois, avant le bordel, et qui fait mal plus que bien, dans le dedans. Dick garde les lèvres scellées ; il ne dit rien. Non pas car il ne trouve pas les mots, mais car il ne saurait les prononcer correctement.
Il a toujours été là, ce noeud ; ce noeud dans sa gorge. Autrefois, il hurlait pour le défaire. Maintenant, Dick se contente de se taire, pour ne pas s'enfarger dans ses propres mots. Il n'a pas envie de se ridiculiser. Surtout pas devant lui.
Certainement pas devant Dorsey.
Le silence tombe, le moteur meurt. Dick serre ses doigts contre l'épaule de Trevor sans réellement s'en rendre compte, un peu comme Dode, avec le volant.
- T'es pas obligé, Dode, qu'il dit, le regard un peu brillant par l'émotion face au geste, cherchant le sien dans le rétroviseur.
Le colosse aimerait lui sourire et lui dire réellement merci, mais le mot reste dans la gorge et un tas d'autres choses, aussi. C'est qu'il sait ; il sait qu'il n'a plus de droit de grand chose, face à lui. Dick porte sur ses épaules le fardeau de ses erreurs et d'autres choses qu'il ne peut réellement nommer. Il sait que le poids augmente de jours en jours, mais ne cherche pas réellement à le comprendre. Il l'accepte, simplement.
Après tout, il le mérite entièrement.
La moindre miette, la moindre poussière de faute lui revient.
C'est peut-être pour ça qu'il secoue la tête, lorsque Dorsey lui propose son aide. Ou du moins, demande. Il ne veut rien lui demander, rien exiger, pas après tout ça. À sa mémoire plane le souvenir de ses lèvres contre les siennes et dans ses tripes, l'envie de s'avancer pour les toucher de nouveau. Dorsey tourne sa tête vers lui, Dick dévisage ses lippes.
Il aimerait l'embrasser, fort, et prendre tout ce qui lui manque.
Le prendre lui.
Simplement.
Les lèvres se pincent lorsque Dorsey se justifie, et Dick finit par soupirer.
- Ça te dérange pas ? Qu'il demande tout de même, zieutant vers Trevor, puis vers Dorsey.
Il n'a pas envie de le déranger ; il a déjà l'impression de le faire. Mais Dick ne le montre pas, se contente de l'observer de son regard sombre, impassible, le visage à peine éclairé par le lampadaire. Il l'observe et se sent observer et n'aime pas réellement la chose. Il se sent nu, face à lui. Pas de corps, mais de coeur. Pas de chair, mais d'âme.
Y'a que Dorsey, pour lui faire cet effet.
Dorsey qui pousse encore avec quelques paroles et Dick qui ne comprend pas réellement où il veut aller. Quel chemin il prend. Ce qu'il a en tête. Il a les sourcils froncés, le grand idiot, et cherche un peu à comprendre, avant d'abandonnner un peu trop rapidement. Il est tard et ses maigres neurones sont déjà épuisés par la journée qu'il vient de vivre.
- Okay okay, qu'il répond enfin, un rire léger, soufflé, dans la voix. J'accepte.
Cette fois-ci, il ne cherche pas son regard avant de quitter le véhicule. Il le trouve et se détourne rapidement, ouvre la porte, sort, se penche et ramasse le naufragé qu'est Trevor comme s'il n'était rien. Le gamin est maigre, trop ; Dick serre les dents, ne dit rien. Le cadavre dans les bras, il essaie d'enfouir une main dans sa poche arrière, à la recherche de ses clés.
Il galère plusieurs secondes, n'abandonne pas, et le tout finit presque en minutes.
Le colosse soupire, gronde presque, et lève les yeux vers Dorsey.
Un regard fuyant
Du carmin sur les joues.
Une timidité presque présente.
-Ehm - Mes clés, qu'il gronde, les sourcils froncés, comme s'il ne comprenait pas lui-même. Il croise son regard et claque sa langue dans son palais. Et soupire, encore.
Putain, il se sent con.
- J'les atteins pas, dans ma poche. Tu veux bien, eumh. -
Le tenir une seconde ?
Aller les chercher ?
Et puis quoi, encore.
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MessageSujet: Re: i would know him blind by the way his breaths came (dode)   Mer 21 Juin - 0:33



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Il force un peu. Maladroitement, mais gentiment. Il a envie d'y retourner. Dans cet appartement. Sur cette marche. Sur ces lèvres. Il en a envie et en même temps il redoute la réponse. Ses tripes se nouent. Sa gorge perd son humidité. Ses muscles se tendent. Il a surtout envie de s'en allumer une. De les enchaîner pour calmer sa cuisse qui commence déjà à tressauter. Impatience ou nervosité. Dans une telle situation les deux sont presque synonymes. Au pire quoi ? Il lui dit non. Qu'il a pas besoin de lui et tout s'arrête là car Dorsey le prendrait pour lui. Pour tout. Il se dirait que ça veut tout dire. Il le laisserait sortir sans l'aider. Sans doute trop occupé à encaisser le coup porté à son cœur. A son âme. Il s'en irait avant même que Dick n'atteigne la porte. La suite, tout le monde la connaît. Mais la raconter, la supposer serait stupide et porterait sans doute malheur.  J'dis ça, j'dis rien. l’insolence du vieux gamin.  Il agit comme s'il se fichait de la réponse. C'est pour toi. Pour t'aider. Moi j'ai rien a gagné. J't'offre un peu de mon temps. Tu devrais être heureux. Reconnaissant ! Après tout, tu le mérites pas, mais j'ai une bonne âme. Alors accepte. Tu le regretteras peut-être, mais peut-être pas. Il attend. Les secondes sont éternité dans sa petite tête. Tous ses muscles s’apaisent. Ils deviennent légers car il a accepté. Un sourire naît au coin des lèvres. Celui que Dick ne peut pas voir. La joie le fait presque rougir, mais il efface cette impression d'un geste de la main.
Il prend son temps. Ouvre la porte avec une délicatesse exagérée. Déplie une jambe, puis l'autre. Se lève, s'étire un peu. Ça craque un peu. Enfin il referme sa porte et appuie sur le petit bouton sur la clef. Toutefois, il accélère pour faire le tour de la voiture et rejoindre Dick.
Dans un coin de la caboche, il se demande encore qui est ce chiard. Son envie de rester est aussi provoqué par ça. La curiosité le démange. Sauf qu'il ne se sent pas légitime pour demander. Et si c'est vraiment le sien ? Celui que l'autre nana a expulsé de son utérus après leur moment intime dans les chiottes. Dorsey se dit qu'il pourrait pas s'empêcher de le détester. Il est innocent, mais coupable pour son père. Il est le visage de cette tromperie.  Le physique de cette erreur. D'ailleurs, en retrouvant le duo, Dode dévisage le corps. La poupée de chiffon que trimbale Dick. Cet élément attire son attention même s'il n'a pas réellement forme humaine. Les traits plats, lourds et pourtant le corps est objet. On dirait même pas que c'est vivant. Une loque avec des fringues. A force de le regarder, il pense voir le torse se gonfler d'air, mais il en est pas sûr. Il hésite à dire à Dick de vérifier s'il est encore vivant. Mais voilà qu'un doigt bouge et il est soulagé. Il l'observe à tel point qu'il pense enregistrer tous les traits et toutes les particularités de ce gosse. Il pourrait faire son portrait, mais lui accorderait des caractéristiques de Lavon. Car même si aucune ressemblance ne frappe son regard, à force il en voit. Son regard s'est brouillé et il voit que ce qu'il veut. La voix de Dick le tire de ses contemplations et les iris sombres se posent sur le grand gaillard qui galère. Dorsey le regarde avec intérêt en attendant le reste de la phrase. « Oh. » c'est qu'il est surpris. Il s'attendait pas trop. Il attend encore la fin d'une phrase qui ne viendra jamais et il le comprend assez rapidement. « Ouais, b'sûr. » qu'il dit comme si c'est évident. Un geste anodin. En fait, sur le moment c'est anodin, il oublie ce qui les a relié. Il s'avance, le pas léger. La main se glisse dans le tissu. Le dos de la palme suit la courbe naturelle de Dick. Ça lui rappelle de bons souvenirs. De vieux moments. « T'sais, si tu voulais que je te touche le cul, tu pouvais me le dire directement. » qu'il ose plaisanter. Dorsey trouve la situation drôle. Lui qui voulait éviter de trop s'approcher, se trouve avec la main dans le pantalon de Lavon. « Pas besoin de trouver une excuse. » Il retire enfin les clefs de la poche, tout en profitant de bien faire glisser sa main contre le fessier. « Tu vois, heureusement que je suis là. » Dit-il en repassant devant lui et en levant la tête. Denbrough se gratte l'arrière de la tête avant d'entreprendre d'ouvrir la première porte. La première n'est pas la bonne, mais la seconde épouse la serrure. « Comme si j'avais toujours vécu ici ! »  

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MessageSujet: Re: i would know him blind by the way his breaths came (dode)   Mer 21 Juin - 1:26

Au coeur des tripes nage un sentiment d'inconfort qui frôle la noyade. On ne le voit pas, mais Dick le sent. Il le sent à la manière que l'air se glisse dans ses poumons. Il le sent à la manière dont ses doigts tremblent contre le corps de Trevor. Il le sent à la manière dont son corps entier se braque lorsque Dorsey amorce le moindre mouvement. Pas forcément dans sa direction, mais juste un geste, simple, léger, suite à ses paroles. Et Dick manque un souffle, plusieurs peut-être, et ferme les yeux, une seconde. Une part de lui a envie de déposer Trevor contre la chaussée mais une autre attend la réponse de l'amant perdu il le dévisage avec un recul qu'il exerce lui-même, comme pour se retenir, comme pour s'empêcher de faire un millier de choses à la fois. Il ne sait pas exactement quoi. Il sait seulement qu'il a beaucoup trop de choses et peu de moments. Il en a déjà perdu énormément. Le coeur aboie des battements étrangers et Dick fronce un peu des sourcils, si peu habitué - incapable de se faire à la chose, plutôt - et ne voit pas. N'entend pas.
N'entend pas les mots peu nombreux qui font offices de réponses et ne voit non plus Dorsey qui s'approche. Le corps porte un sursaut presque trop grand pour être discret lorsque la main se glisse contre le tissu. Dick manque de s'étouffer avec le peu de salive qui vit encore dans sa bouche sèche. Contre ses joues, une chaleur trop connue prend place, et sans réellement le vouloir, le grand homme se fait petit, une seconde, à baisser un peu de la tête, cachant son visage - tentant, du moins - alors que Dorsey cherche les clés de sa forteresse.
Il aimerait être le saoulon, présentement, pour ne pas se souvenir de la chose si humiliante le lendemain matin.
Mais la mémoire est claire ou du moins essaie de l'être depuis de nombreux mois déjà, alors il se souviendra.
Les lèvres se pincent et les crocs s'enfoncent un instant dans la joue ; Dick écoute les paroles de Dorsey et essaie de ne pas porter attention au rouge sur ses propres joues, rendu invisible par la noirceur et le teint de sa peau, ou encore à ce noeud toujours plus grand, toujours plus fort, dans ses tripes. Un jour il finira par exploser. Un jour, Dick va s'autoconsumer. La raison ne portera qu'un nom : Dorsey.
Et les gens, facilement, comprendront.
Il lâche un grondement lourdement embarassé lorsque les plaisanteries se font entendre et que le regard de Dorsey, une seconde, croise le sien, brillant d'amusement. Dick n'est pas amusé.
1m90 de hauteur et il aimerait disparaître.
Heureusement, la main quitte rapidement sa poche. Le noeud, quant à lui, reste. Quelque chose d'autre nait ; un manque, un vide, un appel au contact.
Et ça se tortille un peu, comme une bête en cage, lorsque Dorsey essaie la serrure et sort une bétise qui fait chaleur contre son coeur. Le rouge quitte ses joues, et une lueur apparait dans l'oeil. Quelque chose d'humide, quelque chose de sensible.
Il aimerait l'embrasser, là, et lui dire une connerie comme dans les films sauf qu'il est Dick et qu'il ne sait pas réellement comment dire de jolies choses. Alors tant pis ; il se contente de l'observer et finalement, redressant un peu Trevor sur son épaule, il s'approche de la porte maintenant ouverte.
- Oui, qu'il dit, tenant toujours le gamin, passant à côté de lui, l'observant, un fin sourire au bord des lèvres, tellement petit mais contenant tellement de choses, aussi. On pourrait croire à un rêve.
Il ne précise pas qu'il ne cesse de les faire, ces rêves, et que Dorsey fait toujours quelque chose comme cela. Il ne dit pas que l'image est familière à son esprit et qu'elle capture plus de battements de coeur que son corps ou ses mots. C'est familier, presque routinier. C'est domestique, presque petite famille.
Et c'est bon à voir ; douloureusement bon.
Mais Dick ne dit rien car il ne sait comment dire et se contente de lui sourire avant de passer à ses côtés. Il rentre dans le gym et allume les lumières d'un mouvement maladroit de la main, avant de se diriger vers les escaliers. Les premières marches sont escaladées avant qu'il ne lance un regard derrière lui, pour s'assurer qu'il soit toujours là.
- Viens, qu'il souffle, presque comme une demande. Surtout comme une demande. Il l'observe une seconde, plusieurs même, avant de sourire un peu. Il fait un geste de tête vers le second étage. C'était ta dernière course, non ? Reste.
Une seconde de silence. Le regard dit le s'il te plait que la bouche ne veut pas laisser entendre. Dick retourne à ses escaliers qu'il monte, pousse la porte du pied. Il essaie de ne pas penser à cet endroit, à la dernière fois qu'ils y étaient ensemble.
À ses lèvres.
Contre les siennes.
Et son souffle, mort, au bord de ses lippes.
Mais de la vie pourtant qui revenait.
L'esprit s'évade et le corps continue ; il ne s'arrête qu'une fois dans la chambre, déposant Trevor comme une poupée inanimée, faisant tressaillir le gamin.
- Papa ... qu'il geint, bas, comme une plainte.
Le coeur se serre. Dick pince les lèvres.
- Non, Trevor. C'est Dick. Ton père est pas là, tu peux relaxer, qu'il souffle, à genoux au pied du lit, essayant de lui retirer ses chaussures. Le plancher craque, prêt de la porte, et Dick tourne la tête, dévisageant Dorsey.
La bouche s'ouvre ; il voudrait dire quelque chose.
La bouche se ferme ; il ne sait pas quoi dire.
Alors, il se contente de l'observer, simplement, un fin sourire sur les lèvres, un truc dans les tripes.
Comment ça s'appelle, déjà ? Cette connerie là.
Ah oui.
L'Amour.
L'Amour dans les tripes.
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MessageSujet: Re: i would know him blind by the way his breaths came (dode)   Ven 23 Juin - 0:31



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Un autre Dorsey. Celui du passé. Celui qui n'a aucun problème avec Dick. Denbrough a réussi à mettre de côté les problèmes. Il les a oublié pour quelques instants et putain, qu'est-ce que ça fait du bien. Le détester c'est tellement épuisant. Faire semblant de ne pas avoir envie de le prendre dans ses bras, de rire comme il pourrait le faire avec les autres de la bande. Avant tout, ils sont – étaient- amis. Et il ne peut nier que ça lui manque. Ce Dick copain. Les déconnades, les conversations stupides ou sérieuses. C'est peut-être son état de fatigue ou juste l'envie de vivre sans remords qui le pousse à agir de la sorte. Avec la mort de Moira, sa vision des choses a changé. Et si ça avait été Dick dans ce cercueil, qu'aurait-il ressenti ? Durant toutes ces années, il n'y avait jamais pensé. Dorsey ne veut aucun regret. Il sait pas s'il serait capable un jour de pardonner, ni d'oublier, mais vivre avec oui. C'est ce qu'il fait depuis des années. Il aura toujours du dégoût en y repensant, en imaginant les deux en train de concevoir ce gosse. Il aura toujours le cœur douloureux et la lèvre tremblante en les imaginant en petite famille. Après tout, ça aurait dû être eux la petite famille. Le couple du moins. Dick et Dorsey. Sauf que c'est pas la norme. Sauf que l'autre n'assumait pas. Elle lui a piqué sa place et Lavon lui a permis de le faire. Jamais Denbrough n'oubliera ce dos que le boxeur lui a présenté alors que c'est la main qu'il aurait dû lui tendre.
Il plaisante comme si rien n'était. Comme si il ne souffrait pas. Ni de cette erreur passée. Ni de ce baiser nouveau. Il est bon pour faire semblant. Pas tout le temps. Mais ce soir, il est presque exceptionnel. Son sourire n'est pas celui d'un homme en deuil. Ses blagues ne sont pas celles qu'on adresse à son ex qui nous a fait cocu. Tout va bien ce soir. Il espère que ça va continuer. Rien que quelques heures. Sortir de cette misère intérieure. Juste ce soir pour tout oublier. Uniquement ce soir pour revivre un peu.
Il voit très bien que Dick n'est pas sur la même longueur d'onde. Il sent que son geste était peut-être de trop. Il regrette soudainement d'avoir glissé sa main dans cette poche sans prévenir. Les plaisanteries, il aurait dû s'abstenir, mais voilà que c'est fait et il peut pas revenir en arrière. On pourrait croire à un rêve. la phrase se répète encore et encore. Une boucle qui ne s'arrête plus. Surtout le dernier mot. «Un putain de rêve ouais... » La voix n'a plus rien d'amusé, elle se meurt même avant la fin de la phrase. Il le regarde passer devant lui. Porter le gamin avec facilité ou presque. C'est bon, Dode a fait son job donc il ne bouge plus. Ne sachant que faire. Il s'est incrusté. Personne ne l'a invité. Dick avance, s'éloigne et Dorsey ne sait pas quoi faire. Il se sent un peu stupide. Un peu de trop. Finalement on l'invite. On insiste même avec un sourire qui fait naître chez le chauffeur de taxi une certaine joie qu'il ne peut cacher. C'est surtout le regard qui le fait craquer. Qui lui donne surtout envie d'accepter. L'autre disparaît déjà de sa vision. Partir ou rester ? Voilà qu'il a encore le choix.
Il a gravi les marches une à une. Lentement mais sûrement. S'arrêtant quelques secondes de plus sur celle qui porte encore leur baiser. Emprunté la route de briques. A vu la porte ouverte et a entendu le bruit, il s'y est placé, dans l'ouverture de la porte. Sur le palier. Il l'entend, ce gaillard qui lui donne sans le vouloir la réponse à sa question. Il se sent un peu con. Surtout quand Dick l'observe. Cependant, il reste là, quelques secondes, une minute peut-être avant de reculer et disparaître dans la cuisine. Sa respiration est forte. Il est soulagé de ne pas avoir à détester ce gosse. Heureux de ne pas voir le visage de l'erreur.  Dorsey a avancé jusque dans la cuisine, s'est adossé contre le plan de travail. Il a tiré sa cigarette pour la glisser entre ses lèvres, mais au moment de l'allumer, il ne l'a pas fait. « J'dois sortir ou aller à la fenêtre ? » dit-il en le voyant sortir de la chambre tout en brandissant son bâtonnet de nicotine. Il comprendrait qu'il lui dise oui et il irait dehors, sur le trottoir tout en se demandant si remonter serait une bonne idée.  « J'crois que j'ai oublié mon briquet, tu peux me prêter le tien, s'il te plaît ? » Car il se souvient d'un Dick fumeur donc il ose demander cet objet qui lui manque. Sans doute resté dans la voiture. « Je promets de te le rendre. » Il regarde Lavon, un sourire au coin des lèvres. Petit, mais bon présent. Attendrissant, bienveillant. « Au pire, ça te donnera l'occasion de me revoir. »  

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MessageSujet: Re: i would know him blind by the way his breaths came (dode)   Ven 23 Juin - 1:13

Un regard. Un unique regard posé au creux du sien. Le monde qui cesse d'être monde, et l'air qui cesse d'être air. Dick le fixe simplement, lui, incapable de dire quoique ce soit. Les mots sont moindres. Le reste du monde est moindre. Il lui semble, une seconde, une éternité, que chaque millionième de seconde à l'observer lui fait gagner un souffle de vie supplémentaire. Le pression diminue, contre ses poumons, mais reste lourde, quand même. Une douleur douce et amère, agréable mais violence, à la fois. Le colosse sait pourquoi ; il sait que ses erreurs planent encore dans les airs et que les silences, les regards, les gestes ne changeront pas grand chose. Le passé ne change pas, ne s'efface pas. C'est l'une des seules choses qu'il a appris, avec les années. Avec misère, dans la galère. La douleur qui vient du passé reste contre la chair et laisse ds marques qui s'ouvrent le soir, lorsque la lune est pleine, la nuit calme, et que les autres ne sont pas là. Il n'y a aucun sang qui coule, pourtant. Ou alors, ce sang là est transparent, un peu salé, aussi.
Dick cligne des yeux et le moque cesse, se brise. Il pince ses lèvres, baisse les yeux une seconde. Inspire longuement, doucement, avant de finir de retirer les chaussures de Trevor, de le mettre au lit et de quitter la chambre. Il ferme la porte doucement derrière lui, et rejoint Dorsey dans la chambre.
La scène est tristement domestique ; elle lui retire ces quelques souffles de vie qu'il a pu accumuler, quelques minutes plus tôt. Qu'importe, il sourit un peu. Car le nabot est beau, dans sa cuisine. Ça lui rappelle des souvenirs de leur enfance, de leur adolescence, lorsqu'ils volaient les clopes de sa mère pour fumer en cachette dans les WC en essayant de ne pas tout empester. Comme si une fumeuse allait s'intriguer de l'odeur de la cigarette dans sa baraque. Bande d'idiots.
Dorsey aboie quelque chose, Lavon prend quelques secondes pour comprendre les mots. Il secoue la tête de gauche à droite avant de s'affaisser contre une chaise haute, proche du comptoir.
- Non, c'est bon, reste. Le mot coule avec simplicité entre ses lèvres. Trop de simplicité. Peut-être car c'est son souhait le plus intime. Peut-être car il aimerait poser ses lèvres contre les siennes, presser son corps contre le sien, appuyer ses cuisses contre lui, entre le comptoir, et murmurer le mot, encore et encore, entre ses lippes, entre chaque caresse, chaque respire.
Les yeux se ferment et il inspire longuement, pour vider son esprit. Il n'a pas le droit de penser à de pareilles choses.
Ses rêves se résument à ses nuits. Et ce soir, c'est insomnie.
Face à lui, un songe. Le chauffeur aborde un sourire qui rappelle des souvenirs.
Un baiser sur une banquette arrière, dans le vieux cinéparc encore en état de la ville, il y a vingt-trois ans. Le premier baiser d'un millier d'autres.
Une main dans la sienne, Dorsey l'aidant à se relever après une bagarre, tenant ses doigts trop longtemps, les retenant un peu, lorsque sa main s'éloigne, le regard plongé dans le sien.
Un chuuut quittant ses lèvres, suivi d'un rire, de l'alcool dans les veines et une odeur de clope quittant leur deux gossier, alors qu'ils rentrent chez les Lavon, essayant de ne pas réveiller sa mère.
Un je t'aime murmuré,  des draps froisés, un grognement qui quitte ses lèvres, son visage qui s'enfonce dans les draps, rouge, si rouge.
Dick cligne des yeux, les souvenirs quittant sa mémoire, son regard quittant celui de Dorsey, un peu embarrassé. Depuis combien de temps le fixe-t-il, sans répondre ?
- Hm, ouais. Attends.
Il se redresse et fait le tour du comptoir, ouvre tiroir et trouve un briquet. Il ne fume pas ; c'est ce qu'il aime croire. Il ne fume plus. Et pourtant, il a envie de cette cigarette. Revenant vers lui, Dick s'empare de la cigarette, la glisse entre ses propres lèvres, fait naître la flamme - ou les flammes ?  - pour l'allumer. Il inspire la première bouchée de poison, extirpe la boucane de ses poumons, avant de lui tendre les deux. Il veut bien de cette raison, pour le revoir, pour qu'il revienne. Ensuite, il en trouvera une nouvelle. Et puis une autre, et encore une autre, et une autre, et une autre.
- Tu fumes encore la même sorte, qu'il dit, un fin sourire sur les lèvres. Ca fait naître une lueur dans ses yeux, juste savoir ça. Savoir que Dorsey aime encore les mêmes choses.
Le coude se pose sur le comptoir, le corps se penche un peu vers lui, sans vouloir. Le boxeur l'observe un moment, avant de sourire un peu plus, ne sachant que dire, la tête se baissant un peu - un tic, certainement - la main gauche frottant son bras droit, relevant un peu sa manche, dévoilant quelques lignes étranges de blanc. Son oeil s'y attarde, une seconde, avant d'aller vers sa montre.
- Hé Dorsey, qu'il souffle, bas, avant de planter ses iris au coeur des siennes. Il attend de capter son regard complètement avant de continuer, bas, comme un secret. Joyeux anniversaire.
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MessageSujet: Re: i would know him blind by the way his breaths came (dode)   Mar 27 Juin - 0:45



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On peut pas vraiment cacher sa véritable nature. On peut la mettre de côté quelques secondes, des heures ou des jours pour les plus forts et persévérants, mais on peut pas la laisser de côté éternellement. Il a tenté le gaillard, des jours durant, avec des pauses. Oh oui, les fameuses pauses. Celles où on se sait même plus qui on est. Celles où la vérité et le mensonge se mêlent et laisse un mélange étrange et sadique. Dorsey lui avait cette envie, le rongeant du plus profond de son être, bouffant ses entrailles et ses pensées, de revoir la source de ses maux. En même temps, il avait ce dégoût, cette boule dans l'intestin remontant dans la gorge, prête à l’étouffer. Cette boule au nom de haine. C'est qu'il sait l'entretenir, mais il échoue à la nourrir. Il essaie, attrape les moindres miettes en espérant la faire gonfler. Faut qu'elle devienne assez grosse pour le tenir loin. Très loin. Il le faut. C'est une obligation. Il peut pas se brûler une seconde fois avec cette passion. Il peut pas le laisser le blesser une nouvelle fois. Ça pourrait être mortel. Le cœur avec la plaie qui coule encore, ré-ouverte en voyant l'arme. Il a juste besoin de quelques points de suture. Ici et là. Qui de mieux placer que le coupable pour réparer les fêlures ?  Il lui était pourtant si facile de lui en vouloir les premiers jours. La douleur, comme tout, semble s'estomper avec le temps. De même que la rage et l'envie de le voir souffrir. Car aujourd'hui, la seule envie qu'il possède, c'est celle d'oublier pour repartir du bon pied.
Quand il lui dit de rester, intérieurement, Dorsey sourit. Fier et heureux. Il n'aura pas cette perpétuelle bataille dans son esprit, à savoir s'il doit se sauver, partir ou remonter. Il est là et il y reste, le propriétaire l'y a invité contrairement à avant où il s'est incrusté. A présent, il a vraiment sa place. L'accord donné fait naître une confiance chaleureuse et Denbrough commence à s'y plaire finalement. Là où il n'était pas à l'aise la première fois. Ici c'est à Dick. Et ici, il se dit que si les choses avaient été différentes, ça aurait pu aussi être chez lui. L'occasion de me revoir. qu'il glisse, lui aussi l'invite. Chacun son tour. Ils se cherchent encore. Une nouvelle fois. Après s'être perdus, faut bien qu'ils se retrouvent. Il le cherche, joue à un jeu dangereux qu'il regrettera bien évidemment plus tard. Quand il se retrouvera seul, sous la douche ou dans son taxi. Il regrettera affreusement de lui avoir tendu les perches qu'il n'est pas sûr de pouvoir assumer. Ce soir il a envie d'oublier, mais qu'en est-il de demain ? Se réveillera-t-il avec la rage au ventre et les larmes aux yeux ? Personne ne peut le prédire, et c'est ce qui lui fait peur. De s'aventurer sur un chemin avant de faire demi-tour et y abandonner Dick. Car il l'a aimé, respecté et il se sentirait tellement salaud de lui faire un coup comme celui-ci. Dorsey la voit bien, cette douleur dans le coin des yeux du colosse. Ce comportement étrange, entre inconfort et timidité. Il paraît que ça s'appelle le regret. Dode connaît assez bien l'homme en face de lui pour savoir ce que n'est pas son habitude un tel comportement. Qu'il est incapable de le simuler. Le chauffeur de taxi, sait, que tout ceci est vrai. Finalement, c'est bien ce qui le pousse à essayer de régler cette histoire. Rien ne dit qu'ils redeviendront proches. Mais si déjà les mots peuvent naître entre eux. S'ils peuvent se pardonner, chacun pourra avancer.
Dorsey regarde Dick faire le tour et s'approcher. Son torse se gonfle, il regarde le gaillard avec des yeux qui étincellent. Lavon devient tellement plus grand. Plus fort. Plus irrésistible. Denbrough observe cette cigarette qui lui échappe. Il ne rate rien, absolument rien à son chemin. Profite du moment pour caresser du regard les lèvres. Il en oublie que c'est le sienne de cigarette qui vient de s'y glisser, trop absorbé par cette bouche qui lui manque tant. Le moment prend fin quand la main lui tend non un, mais deux objets. Il laisse échapper un rire, son idée lui a plu alors ses doigts s'emparent des deux. Glisse le bâton entre ses lèvres et le trésor dans la poche arrière de son pantalon. « Toujours, quand certaines choses sont bonnes, il est difficile de les quitter. » qu'il dit avec un regard qui veut tout dire. Tout et rien. Même lui ne sait pas, bien sûr que ça vise leur histoire, leur relation, mais il sait pas trop où il veut en venir. T'façon il a pas trop le temps d'y réfléchir car voilà Dick qui se rapproche encore. Le coude posé sur le comptoir, son grand corps penché vers lui et les yeux braqué sur sa personne. Il pourrait en oublier son prénom. Il le regarde aussi et voit les lignes blanches qui attirent son attention. Rapide. Furtif, mais assez visible pour éveiller une curiosité. Il ne les connaît pas et veut les voir entières. Voir ce qu'elles dessinent. Dorsey préfère se concentrer sur sa cigarette. Remplir ses poumons du poison plutôt que son cœur.
Le murmure de son prénom le fait frémir, il lui accorde petit à petit toute son attention et son regard. C'est là qu'il continue et lui souhaite son anniversaire. Il l'a oublié que c'est cette date. Dorsey n'y pensait pas et alors qu'il devrait être heureux, c'est juste un énorme orage de nostalgie qui s'abat sur lui. Un pauvre sourire collé aux lèvres. Un sourire pour dire merci. Ses mains tremblent de même que ses jambes. Il ne voit qu'un moyen de s'en sortir. Une seule bouée de sauvetage. Il s'en empare et dépose sur les lèvres de Dick un baiser timide. Presque triste. Ses yeux se noient dans les larmes sans qu'aucune ne glisse encore sur sa peau. La bouche s'écarte, les yeux perdent une larme en route. Une goutte qui brille et suit la courbe de se joue. « Merci. »  

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MessageSujet: Re: i would know him blind by the way his breaths came (dode)   Mer 28 Juin - 0:08

C'est ètrange, un peu. Cette impression d'être hier alors qu'ils sont à des années lumières. Il l'observe simplement, Dick, et dévisage avec peut-être un peu trop d'intensité ses traits, et il a cette impression. Celle d'être ce hier qui est encore un peu amer ; celui qui était beau, tristement beau, un peu mensonge aussi, avant que la pluie ne tombe, que l'orage ravage. Dick le toise et ne peut qu'avoir ce creux dans les tripes. Un mal de douleur qui fait doux à l'intérieur. Il s'imagine qu'il le mérite, ce mal. Ce rappel de ses fautes, de ses erreurs. Il ne désire pas, après tout, les oublier. Le passé ne s'efface pas ; il s'enfonce à chaque un peu plus profondément dans sa chair. Et l'homme sait ; sait qu'il porte à sa peau diverses cicatrices, mais que les plus grosses, les plus laides, se trouvent sur la chair de Dorsey. S'il faut un millier de baisers pour les soulager, un millier de promesses et de temps, aussi, alors Dick le fera. Il en a, du temps. Il n'a que ça, maintenant, du temps. Et s'il reste honnête - chose qu'il essaie de faire le plus souvent possible maintenant - il sait que Dorsey est la seule chose qu'il lui reste, qu'il lui manque, pour garder un peu les pieds sur terre. Il sait aussi que des plaies s'ouvriront et que la douleur sera encore là, mais l'accepte.
Il accepte les maux sur son corps et les douleurs dans sa tête si c'est pour un baiser sur ses lèvres et un regard comme celui-ci, comme celui-là, posé sur lui simplement.
Juste un regard pour kidnapper quelques battements de son coeur saccagé. Il espère que Dorsey n'a pas peur des bordels car le palpitant est délaissé depuis un moment, déjà. Dick a fermé les portes et les fenêtres et s'est glissé dans un coin. Sans bouger, sans rien faire ; il a attendu simplement.
Pour entendre il y a quelques mois des fracas un peu trop fort et des coups contre la porte. Pour observer les verrous se fendre et le bois se fracasser ; pour entendre la voix de Dorsey résonne, brisé le silence, éveiller des échos amoureux.
Et massacrer un peu l'organe, au passage.
Les lèvres se pincent, le regard reste planté dans le sien. Il les sent, à cet instant, les échos du palpitant, tout comme sa douleur. Il observe sans un mot, un petit quelque chose de malaise dans les tripes, un peu de rouge sur les joues. La gorge sèche, un bourdonnement dans la tête. En vérité, Dick ne sait pas réellement ce qu'il pense, ni ce qu'il espère. Il se contente de faire et d'observer, de se retenir et puis de céder. De céder simplement à l'observer. Une part de lui sait ; sait qu'il devrait se reculer, lui montrer la porte et rester loin de lui, pour ne pas le blesser. Pour ne plus le blesser. Qu'il devrait peut-être quitter la ville, même, car Dorsey mérite mieux que des mauvais souvenirs à l'observer. Car Dorsey est désiré et que Dick, lui, est dévisagé.
Mais il l'observe et il ne voit que le passé, que le présent et un espoir d'avenir, aussi. Il n'entend que le souffle de son coeur et la douleur qui ne va pas ailleurs. Il ne voit que son regard qui se fait tendre, que les larmes qui fleurissent dans ses iris et puis son visage qui s'approche et ses lèvres, simples, timides, qui effleurent les siennes dans un baiser presque fantôme qui hurle des milliers de choses.
Sa tête lui bourdonne et ses genoux deviennent un peu coton, une seconde, et Dick se sent un peu con. Un peu con et heureux aussi, d'être autant bouleversé par un si petit baiser. Dans ses tripes, un noeud s'est formé comme s'il n'avait pas mangé depuis une éternité. Sa gorge est sèche et les lèvres de Dorsey lui paraissent humide.
Dick passe sa langue contre ses lèvres, un souffle un peu trop audible s'y évadant, entendant à peine le remerciement de Dorsey.
C'est une larme, unique, qui le ramène à la réalité. Qui, même petite, même fragile, prend toute sa force pour tirer contre la corde qui est dans son ventre et serre le noeud encore plus fort. Et le colosse se sent tout petit, face à cet homme qui pleure silencieusement face à lui. Il se sent minuscule et incapable, il se sent fragile et malhabile.
Alors, il mord sa lèvre, doucement, lève les mains et hésite plusieurs secondes, avant de poser ses paluches contre les joues de Dorsey. Il l'observe ensuite un instant, comme pour avoir un peu de son autorisation, et l'un de ses pouces effleure sa joue, chasse la larme, tremblant. Et l'observe. L'observe, toujours. Une chose dans les yeux, et des milliers d'autres aussi. Des tremblements dans les doigts, un tressaut au coeur, toujours présent. Dick ouvre la bouche, cherche les mots, ne les trouve pas.
Il ne les trouve jamais lorsqu'il le faut, les mots. Les maux. Alors, il sort, ose les gestes, plutôt. Les gestes un peu maladroits, presque timides, retenus tout autant, mais présents. Des lèvres qui s'approchent de son visage et qui embrassent la joue, la seconde larme qui s'évadent. Les lippes qui s'approchent de ses traits et qui se posent, effleurent à peine ses yeux, ses cils, pour calmer les cristaux qui se sont posés là. Ses doigts caressent encore ses joues, son souffle voltige contre son visage, son front épouse le sien.
- Je voulais pas - qu'il dit et se coupe. Car la suite est nombreuse.
Il ne voulait pas le faire pleurer.
Il ne voulait pas le quitter.
Il ne voulait pas tout gâcher.
Il ne voulait pas se briser, le briser, les briser.
Il ne voulait pas, Dick.
Et pourtant, il a fait tout ça.
Les lèvres se pincent et il inspire longuement par les narines, avant d'éloigner son visage. À peine, assez. Une seconde ou un millier. Puis, il s'approche, et pose ses lèvres contre les siennes. D'une autre manière, cette fois-ci. Un contact chaste, mais fort. Un simple baiser trop appuyé qui essaie d'hurler les choses qui ne peuvent être révélées.
- Je crois pas être une bonne chose. J'le suis pas, qu'il souffle, bas, trop bas, contre ses lèvres. Ses mains quittent son visage pour aller contre le sien, et il les glisse contre ses traits, perdu, tiraillé, déboussolé.
Il tourne son regard vers lui ; on y voit le reflet de ses yeux, ou alors est-ce des larmes chez le colosse ?
- Je veux l'être, pour toi. Pour ça.
Pour eux.
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MessageSujet: Re: i would know him blind by the way his breaths came (dode)   Mer 28 Juin - 23:38



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Elle étincelle. Belle et ronde. Chaude, elle laisse un sillon humide sur son passage. Ça a débordé et elle s'en est allée. Solitaire, l'éclaireuse s'aventure sur les joues rougies par la phrase-cadeau. C'est rien, pas grand chose, mais finalement c'est suffisant. Énorme. Deux mots qui font tomber l'armure. Fracassée sur le sol, trouée par celle balle lacrymale. C'est si lourd sur sa joue car c'est pas uniquement la perle qui glisse sur sa peau, mais un ensemble. Le manque. La réalisation que ce qu'il souhaite est aussi ce qui l'a blessé. Qu'il ne sait plus quoi faire. Se refuser ce dont il a envie par peur de souffrir de nouveau. S'empêcher d'être heureux même quelques heures juste pour éviter...de refaire la même connerie. Sauf que là, ça le frappe. Il n'est pas heureux. Seul à en crever. Y a bien Myra, mais bientôt elle prendra son propre chemin et il ne sera que le mec qu'elle viendra voir une fois par an avant de l'oublier, trop occupée par sa propre famille. La femme qu'il a aimé s'est suicidée. Seul et triste. Seul et épuisé. Putain c'est qu'il doit arrêter de réfléchir. Après tout, si Dick est revenu dans sa vie à ce moment précis, peut-être qu'il y a une raison. Si le cœur s'est mis à battre une chamade depuis bien longtemps oubliée ce n'est pas en vain. Alors qu'il pensait avoir posé le point final de leur relation, c'était peut-être juste celui du premier tome.
Est-il juste de juger un homme sur ses erreurs de jeunesses ? Si la question lui est posée, Dorsey répondrait que non. Il trouve cette idée stupide et pourtant c'est exactement ce qu'il fait avec Dick. Sauf que c'est pas la même chose, hein. Ça le concerne alors son avis change. Si c'était l'histoire d'autres, il aurait sans doute dit au cocu de faire ce don il avait envie sans être effrayé par le risque de revivre la même chose. Sauf que c'est toujours plus facile de dire que de faire. Il a beau se le dire, se le répéter, en posant ses lèvres contre celles de Lavon. Il l'a ressenti. Cet amour perdu. Ce regret immédiat. Cette envie de recommencer. Ce désir de partir. Il a tout ressenti et se retrouve encore plus perdu.
Le temps s'arrête contrairement à la larme qui continue son chemin jusqu'à ce que le doigt de Dick l'écrase. Les yeux clos, il se concentre sur le contact. Les paumes contre sa peau chaude. C'est comme respirer après être resté trop longtemps sous l'eau. Ça fait mal, ça brûle, mais c'est aussi tellement bon et rassurant. Une seconde qui s'échappe et suit la route de la précédente. Elles sont tellement nombreuses, qu'elles se bousculent et il est incapable de les contenir. Il ne le veut même pas. Il se contrôle depuis trop longtemps et on voit où ça l'a mené. Dorsey ouvre les yeux quand les fronts se touchent. Incapable de répondre autre chose qu'un petit sourire désolé. Un petit sourire qui n'a pas vraiment de signification. Quand il pense que le moment prend fin, Dick ne fait que l'améliorer ou l'empirer selon le point de vue. Dode lâche sa clope qui tombe dans l'évier et colle ses mains contre le visage de l'autre.
«J'm'en fous. » qu'il sort avec insolence. La phrase appuyée par son regard sombre et fort. Ses paumes ont quitté le visage sans qu'il s'en rende compte, c'est quand Dick à caresser sa face qu'elles se sont éloignées. Suspendues dans les airs. « Ce soir, je veux pas une bonne chose pour moi. » Autrement dit, il veut pas en parler. Même pas l'évoquer. Ce soir, cette partie n'existe plus. Il n'a jamais retrouvé cette gonzesse dans les chiottes. Ils ne se sont jamais déchirés ou détestés. Les années passées ne sont qu'une parenthèse qu'il veut oublier « C'est toi que je veux, tout de suite. » C'est pas l'heure des excuses. Il n'en veut pas. Il ne saura même pas les gérer. Ignore s'il les acceptera. Mais il sait une chose. Ce soir, il veut se perdre contre lui. Passer quelques minutes, ou quelques heures – il l'espère- comme au bon vieux temps où ils ne se souciaient de rien d'autres qu'eux. Juste un instant. Qu'il lui accorde ce cadeau où il n'aura pas à se fatiguer de le détester. Où il l'aimera avec fougue et passion. Tendresse et surtout sans limites. Demain sera un autre jour. Demain il sera un autre homme, alors là il verra bien s'il regrette. « J'ai juste besoin d'oublier pour quelques heures. » la demande émise supportée par ses doigts qui se posent sur le torse de Dick. Il sent les frissons le traverser. « S'il-te-plaît. » qu'il souffle alors que ses mains descendent jusqu'à la ceinture.   

“I don’t know what to say to you except that it tore the heart out of my body saying goodbye to you”

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i would know him blind by the way his breaths came (dode)
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