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 once you care, you're fucked. (lloyd)

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Scar Lavon

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crédits : blue comet & halloween
ɷ statut : sentimentalement immature, sexuellement éparpillée.
✎ métier : ex-taxidermiste tu vivais en déjouant la mort pour vos amis les bêtes. Aujourd'hui tu bosses dans le gym de ton frangin.
✌ age : trente-huit ans, la quarantaine se dessine sur ton visage impassible.

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MessageSujet: once you care, you're fucked. (lloyd)   Lun 12 Juin - 22:29


my cigarettes are better for me than you are
I think I'm drowning, asphyxiated. I wanna break this spell that you've created. You're something beautiful. A contradiction. I want to play the game. I want the friction. You will be the death of me. Yeah, you will be the death of me. ~ time is running out - Muse.


Les yeux fixés sur son jeu de jambes tu relèves les erreurs qu’elle commet gardant le silence tout en tenant les boxing pad fermement, la fatigue commence à se faire sentir dans ses mouvements de moins en moins fluides. Tu marques un temps de pose pour corriger sa posture, libérant tes doigts des cubes de mousses t’en profites pour lui montrer de nouvelles parades suite à la réalisation des premières « Un, deux.. Tu contrôles ici, frappe en haut frappe en bas. » joignant les gestes à la parole tu exécutes les esquives au ralentis dans une démonstration, la laissant enchaîner à ta suite. L’entraînement touche à sa fin mais tu gardes ta concentration jusqu’au bout, exigeant le maximum de tous tes élèves même les débutants, t’as pas pour habitude d’accepter le laisser-aller, les gosses qui viennent trouver refuge au gym le savent. Paradoxalement c’est ton frère qui se trouve être le plus sensible à leurs charmes, il a beau prendre des airs d’ours mal léché et gueuler d’une voix sonore il reste moins intransigeant que toi les concernant. Au fond il incarne la mère poule des lieux quand tu fais plutôt office de sergent, « Bon on s’arrête là pour aujourd’hui.. Et t’en fais pas Anna, bientôt je t’assure qu’il s’en mordra les doigts de t’avoir autant emmerdé. » lui tapant sur l’épaule tu la laisses filer vers les vestiaires la suivant du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse entièrement de ta vue. Beaucoup de gamines qui prennent des cours avec toi les demandent pour se protéger de lourdingues qui les harcèlent, d’agressions qu’elles redoutent ou qui malheureusement ont parfois déjà eu lieu. T’es pas douée pour jouer les psy, leur apporter le soutien émotionnel qu’elles recherchent quelques fois en venant te parler, néanmoins tu tentes de leur apprendre à se défendre afin de prévenir les risques.

Aussitôt a-t-elle quitté ton champs de vision qu'une autre silhouette familière y fait irruption, ravalant ta mauvaise humeur tu te détournes vers les bancs pour récupérer ta bouteille. Le goulot au bord des lèvres tu tentes d’ignorer les bruits de pas se rapprochant, souhaitant éteindre à grandes gorgées d’eau de source l’agacement qui commence à poindre, c’est vain, à peine as-tu posé l’œil sur lui que la contrariété t’est revenue en pleine face. Te rappelant instantanément la rencontre fort désagréable que tu as fait à son cabinet quelques jours plus tôt. « Si tu cherches Dick il a dû s’absenter aujourd’hui. » ta voix se fait plus froide que nécessaire, toujours dos à lui tu tiens à lui faire comprendre que ton frère n’aura pas l’honneur de s’occuper de son cas et qu’il ferait bien de revenir un autre jour. T’es pas vraiment disposée à faire la conversation, connaissant trop bien tes travers t’ignores si tu pourras faire preuve d’un parfait self-control avec lui, pour le moment ça te démange de le faire rejoindre le tapis. La maîtrise de la colère n’a jamais été le point fort dans votre famille, tu ne la contrôles pas beaucoup mieux désormais, tu exècres pourtant te savoir irritée pour une raison aussi stupide. Tu peines à comprendre les véritables dessous de ton mécontentement et ça ne t’indispose qu’un peu plus. Daignant enfin tourner la tête vers lui t’aimerais lui adresser un sourire mais tout ce que tu parviens à faire c’est un léger haussement de sourcils avant de te décaler pour effectuer quelques étirements « t’as pas de patients à voir à cette heure-ci ? » ou à sauter que tu te retiens de dire, les mots te brûlant les lèvres. T’as beau faire des efforts monstres pour chasser l’image de la quadragénaire nue sur son canapé de cuir de ta tête rien n’y fait, plus tu t’obstines moins tu y arrives. Ce pourquoi tu fais si peu d’efforts pour être agréable, et pourquoi tu ne t’excuseras pas du lapin que tu lui as posé en découvrant sa petite aventure avec Mrs Addams. Hors de question que l’ombre d’un « désolé » franchisse tes lèvres.

Rien que d’y songer tu sens la colère monter d’un cran, peut-être bien que la situation n’aurait pas été si malaisante si ça n’avait pas été elle. T’as eu l’impression insupportable d’être revenue vingt-deux ans en arrière, débarquant la tête pleine d’espoir et découvrant la sienne entre les cuisses de la rouquine. Tu te souviens de ses jambes comme deux rubans, sa taille si fine, ses yeux gris-verts, immenses et profonds, des pommettes haut placées qui creusent les joues, un teint parfait. Aussi belle que détestable elle avait fait naître en toi un sentiment d’inconfort qui t’avais été inconnu jusque-là, elle t’avait fait douter de toi et plus encore de lui. Si on doute, on a peur. On hésite, on chancelle, on trébuche. Cette nuit-là t’as pas seulement trébuché tu t’es mangé le planché comme jamais. Si on doute, on ne sait plus rien. On n'est plus sûr de rien. T’étais plus sûr de vous. Il y a eu soudain des urgences qui n'auraient pas dû être des urgences. Des questions que tu ne te serais jamais posées et que tu te posais. Des questions qui, soudain, avaient ébranlé les fondements mêmes de votre relation. Elle avait tout foutu en l’air avec ses jambes de sauterelles et son sourire ultra bright. Même après toutes ces années tu découvres que tu n’as toujours pas pardonné à cette femme et ça t’énerve encore plus que tout le reste. Ne pas savoir tourner la page. T’es pas réputée pour ta grande tolérance, t’as la rancune tenace et fort mal dirigée. Tu te fais aveugle aux véritables fautifs de tout ce gâchis, à quoi bon ? T’as déjà un coupable idéal et fraîchement désigné. Ça te ferait trop mal d’admettre qu’en fin de compte ce qui t’est arrivé il y a plus de vingt ans te pendait au nez depuis plus longtemps encore, que t’aurais pu le voir arriver de loin et stopper la machine mais que t’as préféré prendre le risque de te casser la gueule. T’enseignes à des gamines comment se défendre contre le grand méchant loup sans voir toute l’ironie de la démarche, te laissant toi-même te faire croquer inlassablement. Pire t’en redemandes. C’est qu’apparemment tu t'ennuies, toi, avec des hommes doux, savants et civilisés... Tu préfères les brutes. Hélas! Les hommes cruels ne courent pas les rues. Pour être cruel, il faut être oisif. Gamberger sans fin les petites ruses qui vont égratigner puis saigner l'autre à blanc, le forcer à attendre, à supplier, à se rendre, lui instiller le poison sous la peau même et l'enchaînement à vous pour l'éternité. T’as beau vouloir les ignorer elles sont bien là, les chaînes invisibles qui t’accrochent à Lloyd. Lloyd que tu fais semblant de ne pas voir depuis cinq bonnes minutes, t’efforçant de concentrer toute ton attention sur tes étirements, te penchant en avant et le voyant toujours derrière toi tu lâches un soupir de lassitude, t’aimerais pouvoir cligner des yeux pour le faire disparaître. Impossible.  



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Lloyd Kane
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multinicks : l'ex futur marié
ɷ statut : Veuf non éploré d'une femme suicidée qu'il aurait tuée de ses propres mains s'il avait su plus tôt. Dommage qu'il soit trop tard. Père d'une petite fille partie beaucoup trop tôt, qui a laissé une plaie béante dans son coeur. Socialement instable.
✎ métier : Psychologue, il s'imisce dans l'esprit des gens, cherchant normalement à les soulager. Il est doué, très même, c'est juste qu'il refuse de faire le bien et d'aider, pour que ses patients continuent à souffrir. Comme lui en somme.
✌ age : Trente huit années de conneries en tout genre. Il y a bien eu une accalmie mais depuis cinq ans la tempête souffle de nouveau.

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MessageSujet: Re: once you care, you're fucked. (lloyd)   Jeu 15 Juin - 10:05

C’est une chose enfouie au plus profond de son être. Chaque être humain l’appelle différemment : souvenir, peur, désir, et ainsi de suite. Cette chose est présente, bien ancrée en chacun. Elle ne demande qu’à sortir et pauvres idiots que les hommes sont, ils font tout pour l’en empêcher. On ne lui donne pas vraiment de nom, de crainte d’être confrontée à celle-ci. Rien n’est contrôlé. On sait juste qu’il faut qu’elle reste dans la pénombre, car si elle vient à se révéler dans la lumière, on ne sait pas ce qu’elle laissera sur son passage. Sûrement un accès de rage en ce qui concerne Lloyd. C’est ce à quoi il songe alors qu’il pénètre dans l’antre des Lavon, ce gym de boxe qui ne paie pas de mine mais dans lequel il est inscrit pour se défouler. Il ne vient pas s’entraîner ce jour-là, il ne porte même pas une tenue pour. L’objet de sa visite n’est pas non plus le propriétaire des lieux. Il est tout autre, abhorre des courbes différentes, plus agréables à regarder. Et cet objet qu’il ne tarde guère à trouver ravive sa contrariété quand elle entre dans son champ de vision. Un instant, il s’imagine en train de resserrer ses mains sur son cou délicat, juste pour lui faire payer son nouvel affront. Mais en gentleman qu’il n’est pas, il va lui laisser le bénéfice du doute et une chance de s’expliquer. Comme en temps habituel. Comme depuis toujours.

Durant une guerre froide, on se jauge de loin avant d’envisager de franchir le pas pour attaquer. Ils ont passé ce cap depuis bien longtemps. La froideur est devenue banquise en même temps que les formules de politesse qui ont disparu. Tout comme le message que Lloyd a laissé sur son répondeur le mercredi d’avant. Disparu, envolé. Comme Dick non présent pour les éloigner l’un de l’autre, une fois de plus. L’absent prend le risque que son repaire se transforme en champ de bataille. Tant pis pour lui. « Cela tombe bien, ce n’est pas lui que je cherchais. » Sa voix résonne toute aussi froide que celle qui perturbe son esprit au point de l’empêcher de travailler. Non qu’il y mette du cœur à l’ouvrage, mais depuis quelques jours, son attitude a empiré si cela est encore possible vu qu’il atteint déjà des sommets. Aussitôt, il se souvient des minutes qu’il a attendu, puis de l’heure qui a suivi. En vain. Elle n’a pas daigné montrer le bout de son nez. C’est récurrent chez elle. Voilà qui ranime sa colère. Grand bien lui fasse de lui tourner le dos. Le psychologue ne bouge pas d’un pouce et attend. Il n’attend pas que le monde change, ni que changent les gens. Il ne veut que des excuses en bonnes et due forme. Premièrement pour le lapin. Deuxièmement pour avoir ignoré ses appels. Tout est simple dans les faits. La réalité, c’est une toute autre histoire, surtout quand on les connait. Les mots ne sont jamais les bons, et au lieu d’excuses, c’est une question qui franchit les lèvres de Scarlett. « Qu’est-ce que ça peut te foutre, mais comme tu le constates, non. » La réponse est cinglante. Il ne veut pas de ses questions, encore moins y répondre. Il croise les bras, davantage pour patienter que pour se fermer à une discussion franche qui ne démarre toujours pas. Mademoiselle est plus intéressée par ses étirements.

Scarlett le provoque, du moins c’est ainsi qu’il le ressent. Elle s’étire, l’ignorant royalement. Lloyd n’a guère de patience en général. Bizarrement, il trouve toujours des sursauts quand il s’agit d’elle. La première minute, il ne cille pas, se contentant de suivre du regard les mouvements auxquels elle s’adonne. La seconde minute, il s’interroge. Combien de temps encore va-t-elle le faire poireauter de la sorte. A partir de la troisième minute, la mâchoire du psychologue se contracte. Signe visible de la colère qu’il contient et qui ne demande qu’à sortir. Au bout de la quatrième minute, quelque chose change dans son regard. La colère est toujours présente mais il ne lui fera pas cette joie que d’exploser sous son nez. Il penche légèrement la tête quand leurs regards se croisent. Une lueur traverse le sien. Alors soit. Mademoiselle espère qu’il perdra patience le premier. L’espoir fait vivre. Il s’oppose à la vengeance qui germe dans son esprit. Puisqu’elle n’est pas décidée à lui parler, Lloyd compte bien faire réagir Scarlett autrement.

Il abandonne enfin sa position, décroisant les bras. Sa main droite se glisse dans la poche de sa veste pour en sortir son paquet de cigarettes. Ne quittant pas la jeune femme du regard, il en sort une qu’il cale entre ses lèvres. Il jette un œil au nombre qu’il lui reste. Largement de quoi tenir plusieurs heures. Son doigt ripe sur la roulette du briquet pour l’allumer. La flamme virevolte jusqu’à l’objet du poison qui le tue à petit feu depuis déjà beaucoup trop longtemps. Un cancer des poumons. Ça serait peut-être même une délivrance pour lui de mourir de la sorte. Il tire une latte. Il est interdit de fumer dans ce lieu ? Oups. Toute la faute revient à Scarlett, au manque d’attention qu’elle lui porte. Il ne disparaîtra pas sur un coup de baguette magique alors si ce comportement de sa part ne la fait pas réagir, il trouvera autre chose. Puis encore autre chose. Jusqu’à ce qu’elle finisse par craquer et lui présente enfin ses putains d’excuses qu’il attend. Ce n’est pas compliqué. Il n’a même pas besoin de parler. L’affront se lit dans ses prunelles. Un de plus dans leur relation. C’est à se demander comment ce lien invisible entre eux fait pour résister depuis autant d’années vu les coups bas qu’ils se portent. Et dire que c’est elle qui lui a donné le premier. Vingt-deux années en arrière, en l’abandonnant. Fou de colère contre elle, mais surtout blessé intérieurement comme il ne l’a jamais été, ce jour-là il s’est envoyé en l’air. Pas avec la bonne et ça a marqué le début d’une longue liste de conquêtes toutes plus insignifiantes les unes que les autres. Il tire une nouvelle fois sur sa cigarette, laissant tomber quelques cendres. Réagira, ne réagira pas ?

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MessageSujet: Re: once you care, you're fucked. (lloyd)   Jeu 15 Juin - 16:34


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L’ignorer. Le croire inexistant. Tenter d’effacer sa présence pour gommer le souvenir écœurant de sa dernière bassesse, il t’arrache une grimace de mépris mais se refuse à quitter tes pensées pour autant. Prenant plaisir à se ressasser et réveiller l’amertume, laissant un goût acre dans ta bouche. Tu fulmines, plus encore contre toi que contre lui parce que tu ne parviens pas ne serait-ce qu’une seconde à faire ce que tu t’efforces de faire depuis qu’il a franchi le seuil du gym. Tu fais semblant, tu joues un jeu comme à votre ordinaire. Parfois c’est lui qui gagne, parfois c’est toi. Les dés sont lancés la partie recommence, ton impatience au bord du précipice tu prends toutefois plaisir à user ses nerfs pour le punir d’avoir osé se présenter devant toi aujourd’hui. T’es pas encore prête à laisser courir ta colère, il t’aurait fallu encore quelques jours. Un. Ou peut-être deux. Tout ce que tu réclamais c’était quelques jours. Du répit pour digérer l’ancienne rancune qui, remontée à la surface, se trouve bien décidée à te tourmenter. Mais évidemment non, Lloyd ne pouvait pas te l’accorder ce répit, comme à son habitude il choisit et exige en maître absolu réclamant des réponses que tu te juges en droit de lui refuser, et comme d’habitude tu ne veux pas céder un pouce de terrain. « Ah vraiment ? » ta voix se fait presque chantante, le narguant comme seule tu sais le faire, tu t’amuses à ses dépens feintant l’innocence, te drapant dans une fausse ignorance. Bien sûr tu n’ignores pas que c’est toi qu’il est venu voir, pas voir, punir, pour l’insolence dont tu as fait preuve en filtrant ses coups de fil et en le plantant quelques jours plus tôt. T’as blessé l’ego de l’homme qui ne tolère pas pareil affront, tu ne te sens pas coupable bien au contraire, tu trouves le châtiment infligé encore trop doux. Ta démone intérieure te souffle que tu aurais dû hausser les épaules face à la découverte, pourquoi une si petite chose a-t-elle provoqué chez toi tant de ressentiment ? Tu la fais taire, bien plus séduite par cette autre voix écorchée qui se cache à la réalité. « Super. Va donc jouir de ton temps libre ailleurs alors, parce que moi je bosse là. J’ai un cours dans vingt minutes. » menteuse. En vérité tu n’as plus aucun cours de prévu avant demain mais tu tentes de faire décamper l’intrus par tous les moyens, et autant dire que l’affaire s’annonce mal barrée. Tu sens que tu as titillée la bête qui rêve d’exploser devant toi, une lueur de défi passe de tes yeux aux siens et le voilà qui pose son royal fessier sur les bancs derrière vous. S’installant de toute sa longueur une clope au bec et l’arrogance au bout des doigts, tu voudrais la lui faire manger sa saleté de cigarette. Tu te retiens. Difficilement. Il cherche à te pousser à bout, te faire flancher à ses pieds et toi tu préfères te casser une jambe plutôt que lui donner cette satisfaction. Le problème est que tu donnes plus que ce que t’as. T’es le plus con des dragons. Celui qui crache des étincelles et se crame les ailes avec.

Soupirant de nouveau bruyamment pour faire entendre ton exaspération tu prends place en tailleur sur le tapis de mousse, fermant les yeux, étirant les bras, expirant et inspirant à mesure régulière pour tenter de retrouver une tranquillité d’esprit. Répétant à ton indignation que Lloyd n’est pas là, il n’est pas là, il s’apprête à partir, il se dirige vers la porte, il la franchit, monte dans sa bagnole et se tire loin de ta vue. Il n’est pas là. Tes efforts sont cependant rapidement anéantis par les bruits imperceptibles et non moins irritants de la cigarette qui se consume, lentement.. elle brûle à ton oreille dans une longue agonie effritant le calme dont tu essayes de faire preuve. T’ouvres un œil, puis deux, ces derniers se posant sur un groupe de jeunes s’amusant avec les punching-ball au fond de la salle, profitant sûrement de l’absence de ton aîné pour négliger leur entrainement. Au mauvais endroit au mauvais moment. Peu importe, ils serviront de cible faute d’un choix plus adéquat. Te relevant brusquement tu te diriges vers eux, laissant se déverser sur leurs rires ton trop plein de colère. Ta voix gronde, les ordres se font plus durs qu’à l’accoutumée, et il ne leur faut pas deux minutes pour dégager après ton sermon « Et puisque vous n’avez rien de mieux à faire rangez ce bordel ! C’est pas votre chambre d’ado ici virez moi vos merdes ! » alors que ce que tu aimerais vraiment dire c’est « vire ton cul de mon banc » à l’homme assit tranquillement à l’autre bout du gym.

D’un pas décidé tu retournes vers lui, arrachant la clope de ses lèvres pour l’écraser sous ta semelle sans toutefois lui adresser la parole. T’étais à deux doigts de la cendrer directement sur ses paluches, buvant de nouveau quelques gorgées d’eau tu le fixes du coin de l’œil cherchant à lui faire comprendre du regard qu’il est grand temps pour lui de rentrer « N’abuse pas de ma patience Lloyd.. » tout ton corps semble le lui dire mais il s’obstine à faire la sourde oreille. Tu te connais assez pour savoir qu’une minute de plus en sa présence te fera éclater, faisant volte-face tu l’abandonnes pour passer la porte des vestiaires, arrivée devant ton casier tu y attrapes ton sac un peu trop violemment « Putain d’emmerdeur ! » refermant d’un coup de poing la porte en métal tu lâches un juron face à la douleur lancinante remontant le long de tes phalanges, t’es prête à parier que tu pourrais bien rester une heure sous la douche que quand tu ressortirais de là tu le retrouverais toujours assit sur son banc. Tu pourrais tout aussi bien lui présenter des excuses pour t’en débarrasser, tu pourrais passer l’éponge, être la plus mature des deux et accepter de ne pas avoir le dernier mot. Oui tu pourrais. Tu ne le feras pas. Cette fois c’est pas seulement la question de voir qui sera le plus borné, l’un comme l’autre vous êtes deux têtes de mule qui détestez avouer vos torts. Sur toutes les personnes qu’il pouvait s’envoyer il a précisément fallu qu’il choisisse cette femme, cette femme, t’arrives à peine à réfléchir, engloutie par le même sentiment qui t’a envahi mercredi quand tes yeux se sont posés sur elle. Tu ne parviens pas à mettre un mot dessus. Ou plutôt, tu ne veux pas.




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MessageSujet: Re: once you care, you're fucked. (lloyd)   Sam 17 Juin - 8:17

La femme. Ou cette femme plus particulièrement. Poussant Lloyd toujours à bout. Lui donnant envie de l’étrangler depuis l’époque du bac à sable. Quoique non – encore trop innocent à cette période – il n’avait pas des envies de meurtre à son sujet. Mais paradoxalement, quand il a envie de la tuer, dans la tête du psychologue, il souhaite la ranimer aussitôt derrière. C’est un peu comme le supplice de Sisyphe dans le Tartare. Un éternellement recommencement. La pierre ne roule pas jusqu’en bas de la colline. Ce sont eux qui chutent inlassablement au contact l’un de l’autre. Ils se relèvent, observant en chiens de faïence les dernières blessures qu’ils se sont infligées. Et ils recommencent. Une fois de plus. La cigarette se consume lentement. Le relâchement de la fumée émis par la bouche de Lloyd est le seul bruit environnant de ce coin du gym. Les cendres s’éparpillent sur le sol. Et Scarlett est toujours là, à l’ignorer. Il étend ses jambes, patiente. Sa seule présence suffit à l’agacer. Elle finira par craquer et enfin ils pourront déverser les mots qui se bousculent et ne demandent qu’à sortir pour qu’ils règlent leurs comptes. Une fois de plus.

Seulement, Lloyd n’est pas la cible de la jeune femme. Son regard ne quitte pas les courbes de son amie alors qu’elle s’éloigne. Pauvre groupe de jeunes qui n’a rien demandé. Le dragon Lavon crache du feu sur eux. Elle se trompe de cible. Elle se trompe d’animal. C’est un venin qu’il faut cracher, contre lui. Il est immunisé. Le vaccin coule dans ses veines car jamais il ne succombe. Une lueur amusée traverse son regard. Il ne compatit pas sur le triste sort réservé aux adolescents. Bien au contraire, la situation l’amuse. Cet endroit est mieux qu’un cinéma. On peut y fumer impunément et le spectacle joué est d’un divertissement sans nom. Uniquement car l’interprète principale communie avec son public. Elle revient dans sa direction. Des applaudissements muets retentissent. Le jouet préféré est arraché des lèvres du psychologue. Enfin. Ils franchissent une étape. La tension monte d’un cran car si aucun mot n’est échangé, leur silence et les regards qu’ils échangent en disent long. Il en a rien à foutre de sa patience, ne l’a-t-elle toujours pas compris depuis le temps ? Silencieusement, il répond du tac au tac, feintant presque l’innocence. « J’attendrai le temps qu’il faudra Scarlett… » Elle peut lui balancer sa bouteille d’eau en pleine figure. Au mieux, il sera éclaboussé. Au pire, il héritera d’une marque rouge, provisoire.

Lloyd esquisse un geste. A peine perceptible. « Alors, tu vas te décider… ? » Toujours pas. Mademoiselle a la bougeotte. Elle le plante encore, prenant un chemin connu du psychologue, celui des vestiaires. Alors qu’elle disparait, il replie les jambes et se redresse, poussant un léger soupir. Exaspération ? Pas vraiment. Impatience ? Certainement. Deux choix se présentent. L’attente ou la confrontation. Elle est bien capable de faire croire qu’elle se noie sous la douche, y restant plus d’une heure, dans l’espoir qu’il déguerpisse, son téléphone l’arrachant à cette joute silencieuse qu’ils se livrent. Il n’y a pourtant aucun risque de ce côté. L’appareil est en silencieux. Hors de question qu’on le dérange dans cet instant qui est tout sauf jouissif. Il n’a jamais aimé qu’on les dérange Scarlett et lui, ce qui est arrivé un nombre incalculable de fois dans le passé. A certains moments, leurs discussions étaient telles que celle d’aujourd’hui. D’autres, elles étaient tout ce qu’il y a de plus sérieux. Les parasites, on les écrase d’un coup de semelle. L’être humain est un peu plus difficile à faire disparaître. Sa connerie est trop grande pour s’effacer en même temps qu’on l’écrase.

Se relevant enfin. Lloyd prend à son tour la direction des vestiaires. Il ne possède pas de pancarte à laisser à l’entrée une fois qu’il y aura pénétré. Champ de mine, attention. Zone en quarantaine, ne pas s’approcher. Passage dangereux, soyez prudents. Tous les avertissements du monde ne serviront à rien. Au moment où il franchit le seuil du refuge de Scarlett, le psychologue décide que toute personne pénétrant désormais dans cet espace ne subira pas le courroux du dragon mais sera mordu par le venin que lui crache. A bon entendeur même s’il faut savoir lire dans les pensées pour prendre connaissance de cette mise en garde. Il contourne une range de casiers avant de distinguer la silhouette de la jeune femme. Elle lui tourne le dos, faisant face à son casier. « Nous savons tous les deux que je ne partirai pas. Arrêtons de perdre notre temps. » lui balance-t-il dans son dos. Qu’elle lui présente ses excuses pour ce qu’il lui reproche et la page sera tournée. Ils pourront changer de discussion, évoquer Boyd pourquoi pas, voire même se fixer un nouveau rendez-vous pour déjeuner ensemble. Il n’y a qu’une seule chose à faire pour que l’endroit devienne de nouveau respirable et elle repose sur les épaules de Scarlett.

Le psychologue couvre les quelques mètres qui les séparent. Il s’arrête à proximité, maintenant une distance de sécurité entre elle et lui. Non par crainte mais pour mieux admirer ce qui traversera son visage, une fois les excuses présentées. Son égo est certainement démesuré mais elle l’a blessé autant qu’elle l’a vexé. Il l’a attendu, elle n’est jamais venue. Et le refus de prendre ses appels, c’est comme l’éjecter de sa vie. Il ne le supporte pas. Il ne l’a jamais supporté en réalité. Car même s’ils se frittent en permanence, elle est bien la seule personne qu’il ne veut pas voir disparaitre de sa vie. On lui a déjà retiré son bien le plus précieux, parti beaucoup trop tôt. Il ne s’en remet pas. Alors imaginez si Scarlett décidait de prendre un chemin différent que la mort mais tout aussi douloureux pour lui. Un fléau s’abattrait alors sur Monterey, aucun lien n’existant plus pour le contrôler. « Scarlett ? » Elle ne dit mot, lui tournant encore obstinément le dos. Il est tenté, l’espace d’un instant de la saisir par l’avant-bras pour l’obliger à lui faire face. Son cul se retrouvera instantanément au sol, réflexe stupide de Pavlov de la part de son amie. Qu’elle fasse pourtant quelque chose, car il finira par prendre ce risque d’être amoché au passage. Cela ne l’effraie pas. Il l’accepte, surtout quand ça vient d’elle. Il est d’un masochisme sans égal, mais il le vit plutôt bien. Depuis toujours.  

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MessageSujet: Re: once you care, you're fucked. (lloyd)   Sam 17 Juin - 16:57


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I think I'm drowning, asphyxiated. I wanna break this spell that you've created. You're something beautiful. A contradiction. I want to play the game. I want the friction. You will be the death of me. Yeah, you will be the death of me. ~ time is running out - Muse.


En effet, tu le sais, qu’il ne partira pas. Il ne bougera pas d’un iota, il te refuse tout compromis allant même jusqu’à te suivre jusque dans les vestiaires, tu cherchais à t’échapper à sa vue pour conserver un semblant d’équilibre mais encore une fois il te met des bâtons dans les roues. Revenant à l’assaut et condamnant les lieux pour tout intrus qui se risquerait à pénétrer sur le champ de bataille. Ton sang pétille, tu protestes intérieurement. Une poussée de foudre pure. Ta colère gonfle comme une pâtisserie au four, tu crois qu'elle est prête pour son passage à la réalité. Tu décèles un presque contact cherchant à t’effleurer, toi comme lui devinez qu’il serait risqué de te toucher à cet instant, le moindre frôlement pourrait se retourner contre lui et tu te transformerais en assaillant en lui faisant rejoindre le sol. Tu sens son regard se planter dans ton dos, sa voix réclamant après toi, tu cèdes à son appel par instinct, comme si t’étais programmée pour répondre naturellement lorsque ton nom franchit ses lèvres. Tu daignes enfin te retourner vers lui, esquissant cependant un mouvement de recul tu t’éloignes un maximum, ton dos vient se plaquer contre les casiers. « Je ne m’excuserais pas. » assènes-tu d’un ton catégorique en croisant les bras sous ta poitrine, te fermant ainsi à toute tentative de négociation telle une gamine faisant un caprice. Le droit de faire un caprice, tu le prends. Après trente ans à ses côtés on pourrait croire que ton statut te donne certains avantages avec lui, il n’en est rien. Voilà c’est clairement énoncé, il est venu pour ça. Il n’aura rien. « Alors comme tu l’as très justement fait remarquer inutile d’insister et de nous faire perdre notre temps. » ce n’est certainement pas ce qu’il a dit non, mais toi tu le tournes à ta façon, alléguant qu’il vous fait perdre ce temps précieux, qu’il est à l’origine de ce foirage tout comme tu lui incombe le gâchis de votre déjeuner d’ailleurs. C’est drôle, cette amitié qui consiste à ne pas ménager la personne que l’on aime, à débusquer l’endroit où ça fait mal pour enfoncer le pieu fatal. Tes excuses ne seraient pas sincères. A quoi bon prononcer des mots pour ne rien dire? On peut escamoter des vies entières en ne prononçant pas les mots qu'il faut. C’est clairement ce que vous vous évertuez à faire depuis de longues années. Et vous le faîte avec brio on ne peut pas vous retirer ça. Les mots que vous retenez sur le bout de la langue vous enferment, tu te bats contre des fantômes qui errent dans le silence. Tu veux les attraper et, chaque fois, ils se dérobent et resserrent l'entrave à tes pieds. « Et puis qu’est-ce que ça peut faire ? » t’occupant alors que tu continues à discourir tu cherches à te distraire pour ne pas affronter le démon que tu es sur le point de réveiller. Tu commences à retirer ton jogging, ton débardeur le rejoignant dans ton sac peu après, tu n’as jamais fait preuve d’excès de pudeur et connaissant Lloyd depuis toujours tu peux affirmer sans doute possible que ce genre d’embarras n’est jamais venu polluer votre relation. De plus tu tentes une dernière tentative pour le faire fuir de l’habitacle, tout homme avec un minimum de savoir-vivre te laisserait l’intimité nécessaire pour te changer et foutrait le camp. Tu n’es toutefois pas assez naïve pour croire véritablement que ce genre d’élan poussera Lloyd à abandonner la débâcle. « C’était qu’un déjeuner y’en aura d’autres, tu vas quand même pas nous chier une pendule pour ça ! » ce n’était pas qu’un déjeuner Scar, tu le sais pertinemment, c’est l’ignorer qui l’a poussé dans ta direction aujourd’hui. Prétendre le contraire ne fera qu’envenimer la situation, mais tu ne fais pas marche arrière, bien trop honteuse d’apporter les justes explications. Enroulant une serviette par-dessus tes sous-vêtements tu attrapes le gel-douche dans ton casier dans l’idée de te rendre jusqu’aux douches, Lloyd toujours sur ton chemin tu lui indiques d’un signe de tête de se pousser de là « Maintenant si tu permets j’aimerais bien aller prendre une douche. » voix tranchante et regard assassin, tu tentes de récupérer tes marques, l'énerver pour le faire craquer. Pourquoi es-tu tellement hors de toi ? Pourquoi es-tu là à chercher à dire ou à comprendre ?  Tu ne sais même plus, ou peut-être ne l'as-tu jamais su. Pourquoi tu reviens toujours toquer à sa porte. Longtemps t'as cru que c'était pour du réconfort éphémère. De l'amitié liquide, distillé en parcelles de rivalité. Camouflée sous des paroles acerbes et des discours vides de sens. Là-bas, y'a quelques années, t'as aimé croire que c'était pour signifier quelque chose. Quelque chose de vrai, quelque chose d'unique. Tu t'étais trompée, une fois encore. Une fois de plus. La fois de trop ? Parfois t'as caressé la douce rêverie d’y mettre un terme, fagoter ta détresse dans un manteau de courage, la déguiser en fin précipitée, déterminée. Amas de bêtises, montagne d'illusions. Tu reviens et tu ne sais pas pourquoi. Tu ne veux pas avoir à définir, c'est pas difficile pourtant. C'est pas difficile de le regarder dans les yeux et omettre de dire la seule chose que tu meurs d'envie de lui dire. C'est pas difficile de le repousser inlassablement pour mieux le retrouver. C'est insupportable. Ses mots te parviennent en différé. Tu vois à ses yeux que tu as gagné à le pousser à bout. Gagné ? Mais gagné quoi ? T'as n'as rien gagné. Vous n'avez rien gagné. Ni lui. Ni toi. Retour à la case départ. Vos bouches resteront scellées, c'est une fatalité que tu as depuis trop longtemps accepté. Tu gagnes des moments fugitifs, des instants cachés, niés, des affrontements qui ne mènent nulle part. Alors ce qu'il peut dire, ce que tu peux dire, ça n'a pas d'importance. Il l'affirme. Tu l'approuves. Vous brassez de l'air, vous battez pour un combat perdu d'avance. Perdu il y a très longtemps déjà.




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✎ métier : Psychologue, il s'imisce dans l'esprit des gens, cherchant normalement à les soulager. Il est doué, très même, c'est juste qu'il refuse de faire le bien et d'aider, pour que ses patients continuent à souffrir. Comme lui en somme.
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MessageSujet: Re: once you care, you're fucked. (lloyd)   Sam 17 Juin - 19:51

– Tenue – Le compte à rebours résonne dans la tête du psychologue. Démarré à sept, il ne reste plus que trois secondes à Scarlett pour se décider. Sept secondes. C’est le temps qu’il accepte de lui accorder pour qu’elle réagisse. Sept secondes pour lui faire face. Trois en bonus pour lui présenter ses excuses. La notion du temps est relative. Il n’y accorde guère d’importance en fait pour rester poli. Pour l’être un peu moins, il s’en bat les couilles. Son impatience allant de pair avec l’ignorance que son amie lui inflige. Elle se tourne enfin – pour son propre bien – agrandissant une distance de sécurité entre eux. Qu’espère-t-elle, que cela fonctionne comme sur les autoroutes ? Aucune chance, peu importe la distance de sécurité entre eux, le freinage ne viendra pas et ils termineront tous les deux contre un mur. Ensemble car l’un ne chute pas sans l’autre. On peut toutefois revoir cette vérité à cet instant très précisément, quand Scarlett affirme qu’elle ne s’excusera pas. Une lueur de colère traverse le regard de Lloyd.

Il ne réplique cependant rien du tout. Cette discussion est fermée. Elle n’a jamais été ouverte puisqu’il exige des excuses qu’elle lui refuse. C’est à celui qui craquera le premier. Ils vont en perdre du temps dans ce vestiaire. Dick risque de finir par leur tomber dessus quand un des jeunes lui sautera dessus à son retour pour lui annoncer qu’une guerre nucléaire se déroule dans ses vestiaires. Lloyd enfonce ses mains dans les poches de son jean, s’interdisant tout geste incontrôlé. Il risque d’y céder. Surtout quand elle se fout de sa gueule en reprenant ses mots sur la perte de temps. Déformation. Arrangement comme bon lui chante. Cette femme… Ô cette femme. Il a tellement à lui dire. Les mots ne sortent pas en général. Son imagination prend alors le dessus. Une fois, il s’imagine en train de lui arracher la langue pour ne plus l’entendre. Quand elle le provoque une nouvelle fois, lui demandant ce que ça pouvait bien faire, il a juste envie de planter son poing dans sa poitrine pour lui arracher le cœur. Il garde le contrôle, ses mains obstinément bloquées dans son jean. Du tissu comme seule barrière pour empêcher une libre expression au démon qui le pousse de plus en plus, réclamant férocement de sortir pour s’exprimer et s’épanouir. Ce dernier rêvant de toucher cette peau délicate de ses griffes acérées.

Scarlett lui offrirait une belle occasion qui plus est. Elle se dévêtit sous son nez. Lloyd ne cille pas. Tout homme normalement constitué et bien élevé, détournerait son regard par politesse ou pudeur, voire mêmes les deux. Ils savent tous les deux qu’il ne figure pas parmi les mieux élevés. Quant au normalement constitué, les trois quarts de la population de Monterey s’accorderait à dire qu’il lui manque une case. La vérité, c’est qu’elle et lui ont dépassé ce stade. Il l’a connue alors qu’elle n’avait aucune forme, était aussi plate qu’une planche à pain. Il a connu l’enfant, a grandi avec. Sa vision de la femme qu’elle est à présent physiquement, il s’est mis une barrière mentale pour ne pas la voir. Son esprit se ferme automatiquement à tout fantasme quand il s’agit d’elle. Non qu’elle soit moche, c’est même tout le contraire. Il ne peut pas la voir comme toutes les autres. Il se refuse à le faire. Sinon il serait aux prises à des démons encore plus puissants que celui de la colère et ils le dévoreraient intérieurement jusqu’à ce qu’il cède à leurs caprices. Scarlett n’est pas un caprice, elle est beaucoup plus que cela. Elle est celle qui n’a pas son pareil pour le faire exploser. « Qu’un déjeuner. » répète-t-il, un grondement dans la voix. « Continue à te foutre de ma gueule. » Il s’en tape du déjeuner. Ce n’est plus à celui-ci qu’il fait référence. Ce n’est pas à cause de celui-ci qu’il lui en veut autant.

Elle s’enroule une serviette autour d’elle. L’idée de la lui arracher et de l’utiliser pour la pendre traverse l’esprit de Lloyd. Madame est plus pressée d’aller prendre une douche que de s’expliquer sur ses silences. Elle lui intime silencieusement de s’écarter, chose qu’il ne fait pas. « Je ne permets rien. » Il réplique du tac au tac. Son regard et sa voix peuvent terrifier les plus faibles, certainement pas lui. Il ne permet pas qu’elle aille prendre sa douche. Il ne permet pas qu’elle prenne la fuite, lui refusant les explications qui lui sont dues. Il ne permet en général aucun écart à Scarlett, c’est bien là tout le problème. Lui, il les enchaine depuis tellement d’années. Mais quand il s’agit d’elle, c’est une toute autre histoire. C’est malsain de sa part. N’importe quel psychologue – et même simple homme – ferait ce constat. Le remède à leurs maux n’existe pas. La séparation les briserait l’un comme l’autre. L’enterrement de la hache de guerre qu’ils se balance de main en main depuis tellement d’années, les laisserait dans un monde qu’ils ne connaissent pas, dans lequel ils n’auraient plus aucune habitude. Ni aucun moyen de se rassurer en ce qui concerne Lloyd. Faire du mal à Scarlett, mais qu’elle revienne toujours vers lui, c’est panser ses propres plaies.

Sauf que là, mademoiselle désire fuir sous une douche. Une idée stupide traverse l’esprit du psychologue. Il est trop tard. Comme d’habitude, il ne prend pas le temps de l’analyser pour déterminer si elle sera bonne ou mauvaise. Il s’en va déjà la suivre, sortant les mains de ses poches. Ne s’écartant pas pour laisser le chemin libre jusqu’aux douches à son amie, il retire sa veste et la balance sur le sac de la jeune femme. Idée stupide. Son tee-shirt subit le même sort et prend la même direction. Ce n’est qu’une fois torse nu, qu’il se décide à faire un pas sur le côté pour s’écarter. « Après toi. Va donc prendre ta douche si précieuse. Mais tu sais ce qu’il va se passer. » Il ne lâchera pas le morceau. Et si pour cela il doit agir stupidement et la suivre à la trace jusqu’à sous un jet d’eau, il le fera. L’idée de la noyer lui traversera probablement l’esprit si elle continue à être aussi bornée. Une idée macabre de plus. Si un jour, il devient un meurtrier psychopathe, tueur en série qui plus est, dans son profil psychologique, on pourra lire que le basculement a eu lieu à cause d’une femme.

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MessageSujet: Re: once you care, you're fucked. (lloyd)   Sam 17 Juin - 21:42


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Mains au fond des poches et regard fixé au tien il fait preuve d’une nonchalance surprenante, d’un self-control que toi-même tu ne pourrais aborder, en tout cas il le feint à merveilles. T’ignores qu’en réalité il planque simplement ses doigts qui rêvent de se refermer sur ta gorge pour t’intimer le silence. Silencieuse tu ne l’es que rarement et jamais quand il le faut, t’es maladroite avec les mots, tu dis toujours ceux qu’il ne faut pas et gardes enfermés ceux qui changeraient la donne. Tu ne le fais pas exprès, ou peut-être que si ? Avec lui tu joues la carte de l’impulsivité mais tu réfléchis beaucoup trop, ton insolence il l’accueille avec colère sans chercher à la réprimer, elle fait partie de toi et il a appris à s’en accommoder au fil des ans. C’est toujours comme ça entre vous, où t’en dis trop et tout fout le camp, ou au contraire il n’en dit pas assez et tout se casse la figure quand même. Pas d’issue possible. Au sens propre comme au figuré tu te retrouves coincée avec lui dans un duel qui ne semble pas vouloir finir de sitôt, qu’un déjeuner répète-t-il après toi pour mieux assimiler, mieux s’en gargariser. Tu viens de lui donner un grand coup dans la tronche, le premier d’une longue série, métaphoriquement parlant, il a du mal à encaisser et tu ne trouves rien de mieux à faire que surenchérir. Evidemment il passe à côté de tout, il ne comprend rien à rien, comment le pourrait-il ? Il n’a que la moitié des informations en main, le reste tu le gardes jalousement verrouillé, il est persuadé que ton refus trouve son origine dans une fierté mal placée mais la vérité est ailleurs, bien loin de ce qu’il s’imagine. S’il savait le préjudice qu’il t’inflige en insistant si lourdement peut-être abandonnerait-il. Connaissant Lloyd rien n’est moins sûr.

« Laisse-moi-passer ! » articules-tu entre tes dents, le point serré en détachant chaque mot, décidément il cherche à venir à bout de ta patience, celle-ci tombant dangereusement à zéro depuis qu’il a franchi la porte des vestiaires. Tu te demandes s’il va t’obliger à en venir aux et mains et l’écarter de ton chemin par la force, ce ne serait pas la première fois qu’une de vos querelles deviendrait plus musclée, cela dit tu ne pensais pas en partant de son cabinet mercredi que vous en viendriez-là. Que pourrais-tu ajouter de plus ? Lui avouer que la vue de la veuve noire a suffi pour te faire sauter votre déjeuner ? Plus encore que cet aveu tu redoutes les questions qu’il soulèverait. T’es mortifiée de reconnaître qu’il ne t’a fallu qu’imaginer Lloyd se taper de nouveau Margaret Fletcher pour faire resurgir les vieilles insécurités de l’époque. T’avais que seize ans mais, ce jour-là t’as vite réalisé. T’as compris un truc: rien n'est gratuit. Ils t’avaient fait voir les choses en face. Ne pas se laisser abuser et se rappeler la vieille loi du troc. Donnant donnant: l'homme est un commerçant pour l'homme. On est soi-même son pire ennemi pour se troubler la vue, pour se raconter de belles histoires. Parce qu'on veut toujours se donner le beau rôle. Et croire aux contes de fées, croire qu'on est la belle princesse endormie que le Prince Charmant va venir réveiller d'un baiser. Allongée sur le lit, les mains sur le ventre, peinarde en attendant qu'il franchisse les montagnes et les lacs, tue les dragons et vienne baiser votre cul de plomb... Que des mensonges! T’as toujours su qu’on devrait brûler les contes de fées. Ne jamais les lire aux petites filles! T’avais dormi du sommeil de la Belle au bois dormant et un Prince Pas Charmant du tout t'avais réveillée d'un pinçon. Cruel et efficace. Bien fait pour toi...Finis les sommeils à la praline. T’avais envoyé valser les pantoufles de verre et la virginité allant de pair pour retourner au macadam. Cet épisode ne t’avait confirmé que ce tu savais déjà pertinemment : ne fais jamais confiance à un homme ou tu le paieras toute ta vie. Toute ta vie, tu vas devoir payer pour lui, pour cette illusion de jeunesse qui n'a duré que le temps d'une ivresse. Un regard sur elle et son chemisier à peine reboutonné a tout fait remonter à la surface, tu ne peux pas être furieuse après lui pour une faute commise il y a vingt-deux ans, c’est ça le problème. Il ne saisirait pas, toi-même ta réaction t’échappe totalement.

Lorsqu’il se met soudainement à se déshabiller à son tour tes yeux s’écarquillent sous la surprise, une chose est certaine tu ne t’attendais pas à cette réaction de sa part. Elle te laisse même carrément sans voix, tu te contentes de le dévisager immobile et interdite, commençant à t’interroger sur sa santé d’esprit. T’es tentée de lui demander ce qu’il fabrique mais les mots n’ont pas le temps de franchir tes lèvres qu’il apporte de lui-même la lumière sur son comportement étrange. Celle-ci est bien loin de te satisfaire, à l’inverse il semble content de lui parfaitement sûr du chemin sur lequel il s’engage. « Tu bluffes. » lâches-tu en lui adressant un regard dubitatif, pourtant t’es pas aussi sûre de toi que tu veux le faire croire, cet homme est si déterminé à obtenir ce qu’il est venu chercher qu’il pourrait bien s’entêter dans cette idée stupide. Cette fois-ci le jeu est sur le point d’aller trop loin, aucun de vous ne paraît disposé à stopper la machine lancée à toute vitesse, il s’écarte pour te laisser passer et tu ne te fais pas prier. Amorçant un mouvement vers les douches tu jettes un bref coup d’œil derrière toi, découvrant qu’il tient parole et te suit. Arrivée là tu retires ta serviette pour l’étendre un peu plus loin, posant un nouveau regard sur Lloyd qui n’a toujours pas rebroussé chemin. T’attends. Tu lui donnes une minute, voir même généreusement deux, pour déguerpir, il ne bouge pas d’un centimètre, statut de glace qui te défit de laisser tomber la première. Tu t’entêtes néanmoins à camper sur tes positions, finissant par retirer ta brassière de sport tu couvres rapidement ta poitrine dénudée de tes bras, tu t’accroches à la pensée qu’il ne va pas sérieusement rester là à te regarder prendre ta douche voir pire à t’y accompagner. Gardant ton bras gauche vissé à ton épiderme vulnérable tu tournes le robinet de ta main libre pour laisser couler l’eau, l’arrosant au passage par mégarde. Tes doigts agrippent le dernier morceau de tissu qu’il te reste, tu ne pourras plus tricher.. à deux doigts de le retirer lui aussi tu arrêtes ton geste au dernier moment voyant bien que cette-ci tu vas devoir te convaincre d’en dire plus ou te retrouver complètement nue. « J’y crois pas ! A quoi est-ce que tu joues bon sang ? » ta voix monte dans les aiguës, la colère implosant dans ta gorge, tu ne pensais pas qu’il irait si loin. T’aurais dû savoir que si, depuis le temps que tu le côtoies. « T’as gagné t’es content ? » toi en revanche tu es révoltée, tu le maudis des yeux alors que tes canines s’enfoncent douloureusement dans ta lèvre inférieure « Je t’ai pas posé de lapin si tu veux tout savoir. Je suis venue. » finis-tu par cracher en détournant la tête cette fois-ci « Et je suis repartie. » c’est tout ce que parviens à confesser pour le moment et c’est déjà bien trop à ton goût.    



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MessageSujet: Re: once you care, you're fucked. (lloyd)   Sam 17 Juin - 23:38

– Tenue – C’est bien la première fois que Lloyd pousse leur bras de fer à cet extrême. Scarlett ne s’expose jamais devant lui en sous-vêtements. Il en a toujours fait de même. Peut-être qu’il y a eu une exception un soir de beuverie. Si c’est le cas, cette vision de l’autre s’est évaporée en même temps que les restants d’alcool. Le psychologue n’est pas à même d’analyser son propre comportement. Il sait seulement qu’il ne partira pas. Il persiste. Il signe. Il doit bien exister une raison valable pour ce stupide silence de ces derniers jours. Il est prêt à employer tous les moyens pour le découvrir, quitte à emprunter une voie qu’ils n’ont jamais exploré jusque présent. Un vêtement, puis un second sautent. Après plus de trente ans, il réussit à surprendre Scarlett. L’étonnement qui se lit sur son visage vaut tout l’or du monde. Il se délecte presque de celui-ci. Lloyd marque un point, non négligeable. L’effet de surprise, il sait comment l’exploiter, même une fois qu’il est passé. Alors, il est tout ce qu’il y a de plus sérieux sous mots couverts ce qui va se produire.

« J’ai l’air de bluffer ? »
Scarlett… Voyons… Elle refuse de le croire et passe devant lui telle une jouvencelle fuyant le grand méchant loup. Il ne lui accorde pas un regard alors qu’il est déjà occupé à déboutonner son jean, le faisant glisser le long des jambes. Chaussures et chaussures sont également retirées. Lloyd est capable de pousser le vice beaucoup plus loin. Il le ferait avec une toute autre femme que celle qui a fui sous la douche. Il n’est pas pudique pour deux sous alors il ne tient d’un rien pour que son sous-vêtement déguerpisse également. Cependant, il le garde. Et il prend à son tour le chemin des douches, rejoignant sa proie. Ils se jaugent du coin de l’œil. Dans cette situation, il semble bien être le plus à l’aise des deux. La jeune femme ne se démonte pourtant pas. Son haut saute même si elle se couvre d’un bras. La température est montée d’un cran. Ce n’est pas forcément dû à l’eau chaude qui se déverse après que le robinet a été tourné. Un peu d’eau gicle sur Lloyd. Il ne frissonne pas, ne se préoccupe même pas des quelques gouttelettes qui ornent sa peau. Son regard est fixé sur Scarlett, sur le moindre de ses mouvements. Le bras de fer se durcit. La main de la jeune femme descend vers son dernier rempart de vêtement. Ainsi donc, ils sont prêts – l’un comme l’autre – à continuer ce jeu à la con jusqu’au bout. Perdant toute dignité et toute pudeur. Mais alors, qu’elle est sur le point de franchir cette dernière étape, elle craque.

Enfin. La musique de Queen peut se déclencher dans la tête de Lloyd. We are the champions. We are… Il le sait qu’elle craque à l’intonation de sa voix. Il la connait, que trop bien pour ne pas le percevoir. Et irrésistiblement, cela amène l’ombre d’un sourire satisfait sur son visage. Combien de minutes de perdues pour parvenir à cette confession qui arrive ? Beaucoup trop comme d’habitude. Scarlett se trompe cependant. Il ne joue pas. Dans sa démarche si peut-être. Pour la nature plus profonde de celle-ci, c’est une toute autre histoire. Il se rapproche alors que la colère jaillit des lèvres de la jeune femme. La vérité sort. Elle est venue. Puis est repartie. Cette fois, c’est au tour de Lloyd d’écarquiller les yeux. Il ne l’a pas vue. Pourquoi ? L’incompréhension est totale. Ils ne se comprennent pas, comme toujours. « Partir… Revenir… Jouer à la femme invisible. » Le psychologue se rapproche encore d’un pas. Ce n’est pas bon ce qu’il est en train de faire. Pour l’un comme pour l’autre. Mais à présent que les vannes sont ouvertes, il est hors de question de lui laisser la possibilité de les refermer avant que l’explication ne lui convienne.

« Pourquoi tu es repartie ? » Si elle redoute cette question, elle doit déjà s’y préparer s’y attendant sûrement. Elle n’est pas la seule en colère. Lui également commence à laisser s’exprimer la sienne. Ce ne sont pas seulement ses vannes qu’elle a ouvertes. Ils fonctionnent en binôme depuis très longtemps. « Et ton aller-retour justifie de m’ignorer jusqu’à aujourd’hui. A quoi est-ce que tu joues aussi ? » Cette fois, c’est trop pour lui. Son petit jeu du roi du silence, elle peut se le mettre où elle pense. Il n’a fait que provoquer colère en lui. Et autre chose, bien plus profond et ancré chez lui. Ce n’est pas que de la colère qu’il a ressenti ces derniers jours. Il s’en rend compte à présent qu’il la laisse éclater. Il y a eu également de l’inquiétude. Pour elle. Mais non, mademoiselle a jugé bon de venir et repartir, jouant à la girouette comme s’il n’est qu’un objet qu’on peut laisser de côté au profit d’un autre, le laissant dans un coin jusqu’à ce qu’il redevienne peut-être un jour le jouet préféré, de nouveau.

N’y tenant plus, Lloyd pousse Scarlett sous le jet d’eau. Tant pis s’il se retrouve trempé au passage. Tant pis s’il n’a pas de serviette pour se sécher ensuite. Une dernière fois tant pis si elle l’agrippe et se prend un coup au passage. Cette femme ne comprend rien. Lui non plus d’ailleurs. Si elle cherche une explication à son geste il n’en a aucune à fournir. Il n’est pas conscient que cette colère – qu’il exprime physiquement – est un moyen d’expression de la peur qu’il a ressenti. Il n’a peur de rien Lloyd. C’est bien connu. Déjà enfant puis adolescent, dès qu’il y avait une connerie à faire, il était dans les premiers. Au diable la peur. Il se défie d’elle. Pourtant elle existe même s’il est incapable d’opter pour ce mot pour s’exprimer. Il ne reconnait que la colère. Il ne reconnait que son venin qu’il déverse. « Ne refais jamais ça. » marmonne-t-il d’une voix bourrue. ÇA. Le plonger dans un silence de plusieurs jours, faire comme s’il n’existe pas en l’ignorant royalement.

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MessageSujet: Re: once you care, you're fucked. (lloyd)   Dim 18 Juin - 1:11


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Tu peux voir à son petit sourire satisfait qu’il se juge grand vainqueur de ce duel de force, tu le détestes tellement à cet instant précis, il est parvenu à te mettre au pied du mur, et t’arracher de force ce que tu t’étais jurée de ne pas lui donner. T’es agacée contre toi-même, furieuse contre lui, pourquoi vos rapports se terminent-ils toujours de cette façon ? Pourquoi ne pouvez-vous pas partager des confidences à l’ombre d’un café comme n’importe qui d’autre, pourquoi chaque vérité doit-elle être arrachée si difficilement ? Tu meurs d’envie de lui en mettre une pour faire disparaître son rictus jubilatoire, t’as nulle besoin d’amorcer le moindre geste vers lui cependant, son visage se ferme de lui-même laissant place à une colère qui fait écho à la tienne. Il te reproche de jouer à la femme invisible tandis qu’il réduit la distance entre vous, sa remarque t’échappe, tu ne vois pas où il veut en venir, il semble t’accuser d’être une girouette t’amusant avec lui alors qu’il n’en est rien. T’as jamais pris plaisir à mener les hommes par le bout du nez, encore moins lui, face à Lloyd tu t’es montrée tant de fois démunie que tu as depuis arrêté de compter, à quoi bon ? Tu préfères laisser tes revers dans un coin de ta tête, s’il ne s’obstinait pas à te les rappeler sans arrêt l’entreprise serait sans doute plus aisée, il s’entête à te donner le mauvais rôle bien qu’à tes yeux il soit le seul qui jouisse de ta déroute. Si tu te caches derrière le masque de la femme invisible comme il le souligne c’est parce qu’il t’y a forcé, avant, ici, maintenant, c’est du pareil au même, tu joues la fille de l’air car il te pousse sans arrêt vers la porte et te la ferme même au nez. Un claquement sec. Tu le trouves sacrément gonflé de venir se plaindre du costume dans lequel il t’a enfermé. Les mailles du filet qui t’emprisonnent sont désormais plus serrées qu’une cotte de maille. L’en-fer. Aux prises avec des doutes en métal lourd, tu portes une armure qui se rebelle contre toi et te détruit de l’intérieur. La seule fois où tu t’es risquée à la retirer il a tout bousillé. Aujourd’hui tu préfères prétendre que ça n’est jamais arrivé, laissant la blessure cicatriser dans le grenier de ta mémoire.

La question tant redoutée tombe, brusquement elle te coupe le souffle, t’avais beau t’y attendre elle n’en sonne pas moins désagréable à tes oreilles, elle t’arrache une moue de répulsion, ton bras se resserre contre ton corps comme pour te protéger de la curiosité intrusive. Ça ne fonctionne pas. « Je n’avais plus faim. » te contentes-tu de répondre glaciale, ce n’est qu’un demi-mensonge, tu ne vas pas nier que croiser la mégère t’avais en effet couper l’appétit. Tu sais aussi qu’il ne se suffira pas de cette justification peu convaincante, t’essayes même pas de l’être, tu te fiches royalement de lui balancer cette offense au visage. T’as pas envie toi, de fournir une excuse plus convenable. La situation ne l’est plus depuis un bon moment déjà et devient carrément inconvenante. « Je ne joue pas moi ! » que tu lui hurles presque cette fois, il est parvenu à te mettre sacrément en rogne et tu ne redescendras pas tant qu’il sera là à continuer de t’importuner de la sorte. T’en viens à être offusquée par ses accusations, vous n’êtes plus les adolescents d’autrefois et t’es lasse de ces simagrées, ce manque de franchise, cette mascarade qui finira par vous achever l’un comme l’autre. Seulement le timing vous fait défaut, lorsqu’un de vous se sent prêt à arrêter la partie l’autre n’est jamais d’accord. « Pourquoi devrais-je te fournir des explications ? Pourquoi serais-tu le seul à pouvoir te montrer égoïste hein ? Pourquoi ? » frustrée par sa mauvaise foi tu lui rappelles que maintes fois tu lui as passé ses caprices, aujourd’hui c’est ton tour et t’exiges qu’il te rende la pareil. T’ignores tout de l’inquiétude qui a pu l’animer, tout ce que tu vois c’est l’ego que tu as meurtri en décidant de le reléguer au second plan, tu n’entends pas ce qu’il se retient de te dire. Tu gardes tes œillères en place sans vraiment le vouloir, trop agitée par le dépit qui te secoue. Il te toise. Tu fusilles sur place. Avant, il lui arrivait de te regarder avec tendresse. Tu te demandes quand ça n'a plus été le cas. Ces derniers jours ? Celui d'avant ? Encore avant ? Tu sais plus. Tu crois que ça remonte encore plus loin. Peut-être que vous en avez tout simplement assez. C'est fatiguant, de faire semblant.

Tu le vois à peine venir, sa peau rencontrant la tienne, sa force d’homme te repousser jusqu’à la paroi glacée, tu te retrouves trempée sous l’eau qui inonde vos corps. Le jet coule et imbibe tes cheveux, les gouttes roulant de ta nuque à tes épaules, poursuivant leur course sur le reste de tes membres, Lloyd se retrouve lui-même noyé avec toi sans chercher à échapper à l’humidité ambiante. La buée commence à se répandre dans les vestiaires, rendant l’atmosphère un peu plus étouffante, votre proximité augmentant d’avantage l’ambiance oppressante qui s’est installée. « Ne me dis pas ce que je dois faire. » ta voix se fait dure, le rouge te monte aux joues, un peu par gêne, beaucoup sous la colère qui t’infecte de l’intérieur, comme une maladie incurable dont tu ne veux même plus te défaire et puis... Elle est en train de s’évaporer par tous les pores de ton épiderme comme de la fumée, un nuage toxique qui se volatilise par ton cœur, s'échappant, coulant de tous les côtés sans possibilité de le rattraper. Ça brûle ta gorge, ça pollue ta bouche pour pourrir tes mots et les faire rebondir pour lui avec cette sonorité si rude. « Jt’emmerde j’ai pas de comptes à te rendre ! » tu le repousses à ton tour violemment, le retournant pour le plaquer à ta place contre le mur, maintenant ton avant-bras sur sa gorge. Tu ne fais plus attention à ce que tu essayais jusqu’alors de camoufler parce qu’il est finalement bien plus facile de se mettre toute nue que de se mettre à nu. « Si je me suis barrée c’est entièrement ta faute ! » tu ne te calmes pas, tu ne peux plus, t’époumones contre lui pour ne pas sentir ta respiration se bloquer à cause de ce que tu te retiens de révéler. T’as peur d’en dire trop. T’es même morte de trouille à l’idée qu’un mot indésirable franchisse tes lèvres. Tu penses souvent à cette expression, « prendre l'air ». Cela veut dire qu'on va ailleurs, pour le trouver. Cela veut dire littéralement : où je suis, je m'asphyxie. C’est exactement ce que tu ressens, tes poumons se resserrant sous la pression de l’eau, la chaleur ambiante, la rage qui vous a englouti l’un comme l’autre. Il ne réalise pas tous les efforts que tu fais pour conserver le semblant d’équilibre que vous avez, il est persuadé que te faire parler lui apportera satisfaction mais c’est tout l’inverse.



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Lloyd Kane
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✎ métier : Psychologue, il s'imisce dans l'esprit des gens, cherchant normalement à les soulager. Il est doué, très même, c'est juste qu'il refuse de faire le bien et d'aider, pour que ses patients continuent à souffrir. Comme lui en somme.
✌ age : Trente huit années de conneries en tout genre. Il y a bien eu une accalmie mais depuis cinq ans la tempête souffle de nouveau.

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MessageSujet: Re: once you care, you're fucked. (lloyd)   Dim 18 Juin - 12:32

– Tenue – Elle est un accélérateur de colère en puissance. La drogue à côté de Scarlett, c’est une douceur qui prend bien trop de temps à agir. Lloyd doit se faire violence. Une première fois quand elle lui affirme qu’elle est partie, n’ayant plus faim. La seconde, quand elle déclare ne pas jouer. Le psychologue songe un court instant à lever la main pour claquer sa joue. Elle lui ment. Ne pas avoir faim ne justifie pas un silence. Sa main le démange, il est bien trop fier pour se laisser aller à cette violence qui le pousse, l’invite à y céder, lui affirmant intérieurement qu’il se sentira mieux ensuite, une fois qu’il aura frappé. Il ne peut répondre à cet appel. Lever la main sur Scarlett, ça serait prendre la même voie que son paternel. Hors de question pour lui de ressembler à cette enflure même s’il l’a dépassé sur bien des plans depuis plusieurs années. Voici presque vingt ans que son père est rayé de sa vie pour le motif suivant : avoir trop souvent levé la main sur son fils. Et sur sa femme également. Il ne veut avoir aucun point commun avec lui, pourtant ils en ont un quasiment identique, et il est de taille. Détruire ceux qui comptent pour eux. Les faire souffrir. Par pur égoïsme car ils exigent, n’acceptent aucune concession. Ils ne se remettent pas en question car l’un comme l’autre ne sait pas comment faire pour exprimer autre chose que toutes ses pensées qui les animent.

Il finit par craquer à son tour. Sa main n’épouse pas la joue de Scarlett mais son corps entre en contact avec le sien. Il la bouscule, sans ménagement. Furieux contre elle. Furieux contre lui-même de parvenir à mettre un mot sur cette émotion qui l’a dévoré ces derniers jours. L’eau ruisselle sur leurs corps. Il n’en a rien à faire. Il ne désire plus qu’elle le laisse dans le silence. Il ne veut plus jamais avoir à ressentir cette inquiétude. S’il se laisse aller à ces émotions : peur, inquiétude, elles risquent de l’engloutir. Lloyd ne sait pas comment les gérer. Il n’a jamais su. Cela a débuté avec cette femme voilà bien longtemps. Il a refusé de les ressentir. Puis, ça a continué avec la naissance de sa fille. Il ne s’est jamais trouvé autant désarmé qu’avec ce duo de choc. Il est lâche, il refuse de les affronter, de les surmonter. Il préfère appeler en renfort la colère, qu’elle le guide pour les reléguer au second plan. Ainsi, personne ne pourra jamais découvrir qu’il n’est pas aussi fort que l’apparence abjecte le laisse croire. Il a ses faiblesses, comme tout être humain. De vieux démons qui le hantent depuis trop longtemps. Puis cette femme dont il enserre son avant-bras de sa poigne de fer. Cette femme qui refuse qu’il lui dicte sa conduite. Il n’a jamais voulu le faire, elle n’a jamais compris le pourquoi du comment il agissait de la sorte.

Il hésite, relâche la pression de sa main. Scarlett doit lui rendre des comptes. Elle lui doit car… Il se refuse à exprimer la raison, même mentalement. Le jeu change, les rôles s’inversent. C’est à son tour de se retrouver plaquer contre la paroi des douches. Il ressent à peine le froid contre son dos. Son esprit est focalisé sur le bras qui exerce une pression contre sa gorge. Elle le maintient pour qu’il ne bouge plus, pour qu’il ne tente plus un nouveau geste contre elle. Scarlett ne songe plus à protéger sa poitrine de sa vue. Bien évidemment que le regard de Lloyd se pose dessus. Cependant, il ne reste pas, il n’adopte pas cet air lubrique, celui du prédateur qui a la ferme intention de faire céder sa proie, la poussant jusqu’à ce qu’elle lui dise oui et réclame qu’il la prenne là, maintenant. Il ne fera jamais ceci avec Scarlett. Sûrement car elle est la seule qu’il respecte même si son comportement fait croire le contraire. Sa détermination à vouloir connaître la vérité chancelle brusquement.

De sa faute. Elle lui aurait mis un coup de poing, la douleur aurait été la même. Avec une seule phrase, elle le ramène quelques années en arrière. A la première fois qu’il l’a prononcée après le décès de Harper, quand il a su la vérité sur sa mort. Quand il a reconnu sa culpabilité, le salon de sa maison s’est transformé en champ de bataille. Il a tout retourné sur son passage, incapable de se contrôler. Et aujourd’hui ? Lloyd fait le constat amer qu’il n’est pas dans cette même optique. « Qu’est-ce que j’ai fait ? » articule-t-il à voix basse, contrastant avec la voix presque criante de Scarlett. Le parfait égoïste qu’il est devrait plutôt protester, se défendre en clamant qu’il n’a aucun tort. Scarlett a enfoncé un pieu en plein cœur. Plutôt que de le retirer, il en redemande, réclame qu’elle le fasse tourner pour l’enfoncer davantage, que cette douleur monte encore d’un cran jusqu’à ne plus devenir supportable. Sa main remonte pour se poser sur l’avant-bras de la jeune femme. Il ne cherche pas à le retirer pour se libérer de son emprise. C’est même tout le contraire. Il exerce une légère pression dessus pour qu’elle appuie davantage sur sa gorge.

« Vas-y. » Ce n’est pas de la provocation qui traverse son regard, mais un désir de délivrance. Il lui donne son feu vert pour qu’elle l’aide à rejoindre celle qu’il a déjà perdu. Il est incapable de saisir la moindre chance qui lui est donné sur terre. Il est bien trop lâche pour mettre fin à ses jours de lui-même. Scarlett le fait souffrir autant qu’il ne la fait souffrir. Elle peut les délivrer tous les deux, mettre enfin un terme définitif à ce jeu qui dure depuis bien trop longtemps entre eux. La rage qu’elle ressent pour lui doit être de taille à cet instant pour accéder à sa requête. Lloyd perd les pédales, une fois de plus. Et il ne joue pas contrairement à toutes les autres. L’eau ne lui remet pas les idées en place. Elle le guide plutôt vers un extrême qu’il tente de repousser depuis plus de cinq ans. Ses démons sont puissants et il est bien placé pour savoir que ceux de son amie le sont autant que les siens. Alors, qu’elle continue à les libérer comme elle est en train de le faire avant d’être asphyxiée à cause de lui.

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MessageSujet: Re: once you care, you're fucked. (lloyd)   Dim 18 Juin - 20:17


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Tu ne contrôles plus rien, d’ailleurs n’as-tu jamais eu la moindre maîtrise lorsqu’il s’agit de Lloyd ? Quand tu en viens à lui toute ta super logique s’envole en éclats, t’as beau te forcer à adopter tel ou tel comportement tu ne tiens jamais la moindre résolution. Il parvient, tu ne sais comment, à venir à bout de ta patience, de ton indulgence, de ta détermination, et même parfois.. de ta colère. T’es sujette à chacune de ses expressions, le moindre mot qu’il laisse échapper peut te faire entrer en éruption ou te laisser chancelante à ses pieds. La réalité c’est que tu te juges poupée de chiffon entre ses mains expertes et tu détestes ça. Tu refuses catégoriquement toute emprise, de lui ou d’un autre, seulement dans les faits c’est toujours plus compliqué. Alors tu grognes, tu insultes, tu hurles, tes protestations se font violentes pour tenter d’échapper à sa poigne. Non, tu ne t’excuseras pas. Non, tu ne fourniras pas d’explications. Non, tu ne te plieras pas à ses envies. Il t’ordonne avec force tu ne réponds qu’avec un peu plus d’intensité. Tu ne veux pas le laisser croire, même l’espace d’un instant, qu’il peut exercer sur toi la moindre autorité, tu ne lui permets pas de te présumer soumise comme une des pétasses qu'il se tape. Comme une femme ordinaire. Comme une étrangère. Comme une parmi les autres.

Fidèle à lui-même il te prend au dépourvu, répliquant à la fureur que tu dégages d’une voix à peine audible, cassée, interrogative. Tout à coup il paraît plus perdu que jamais, désarmé comme rarement tu l’as vu. Tu n’es pas dupe, tu refuses dans un premier temps de lâcher prise et de croire à ce sursaut de désarroi dans sa voix, tu ne parviens cependant pas à nier que tu la ressens distinctement. Cette vulnérabilité qu’il barricade sur un territoire qui t’est trop souvent inaccessible, les murs s’ébranlent imperceptiblement. Ses yeux se voilent de pensées qui t’échappent, il se recule dans des souvenirs où tu ne peux le suivre, tu ne comprends pas ce que tu as provoqué mais t’es interpellée par tout le reste. Cette expression sur son visage d’ordinaire fermé, d’autres n’auraient pas sourcillé, toi ça te frappe de plein fouet, et tu te rappelles que derrière l’homme, derrière le psychologue retors, derrière la montagne d’arrogance il y a un ami, un fils, un mari.. Un père. Des visages que tu oublies car lui-même prend grand soin de les masquer pour le commun des mortels, il refuse de dévoiler la moindre faiblesse et préfère s’emmitoufler dans son rôle de salaud. Ce qui t’a empêché de lui tourner le dos depuis six ans se ravive dans ton esprit, tu te forces à garder en mémoire que malgré toute la brutalité qu’il peut te réserver il n’a jamais sincèrement souhaité que tu t’en ailles.

Il réclame de toi que tu ailles au bout de ton geste mais sa supplication te conduit à l’inverse à relâcher ton emprise, lentement ta main vient accrocher la sienne pour la retirer de ton avant-bras. Tu romps alors le contact libérant sa gorge dans un soupir lasse « Ce que tu peux être con. » tu le regardes péniblement lâchant un nouveau soupir réalisant que cette fois vous avez atteint des sommets dans la bêtise. Tu ne souhaites pas l’offenser, tu sors la vérité toute nue, il est stupide s’il pense sincèrement que tu pourrais un jour pousser le vice jusqu’à lui faire du mal physiquement. Vraiment mal. Si tu l’as à plusieurs reprises mis au tapis tu n’as jamais eu la volonté de le flageller quand il le réclame. Tu ne rentreras pas dans cette spirale. Tu décides d’être la plus raisonnable cette fois-ci, t’acharner ne mènera plus nulle part dans l’état où il est. Il vous a emmené à de tels extrêmes sans que tu ne l’arrêtes, tu regrettes de t’être encore fait avoir. T'as passé l’âge de ces conneries. Avec Lloyd elles ne s’arrêtent jamais, elles grossissent avec les années. Ce qui était amusant à dix-sept ans devient malsain à vingt-cinq et franchement insensé à trente-huit.

Tes doigts viennent se glisser derrière lui, se faufilant entre sa hanche et son poignet pour éteindre le robinet, effleurant sa peau avec autant de douceur que l’agressivité qui accompagnait tes gestes il n’y a pas deux minutes. Tu coupes l’eau avant de récupérer ta serviette pour la remettre en place autour de ton corps à présent trempé, tes cheveux à peine essorés inondent le tissu, t’as abandonné depuis longtemps l’idée de prendre une douche. Tu t’écroules avec lui sur le sol humide, t’asseyant à quelques centimètres sans le toucher, t’aimerais savoir ce qui peut bien traverser son esprit, le faire revenir à toi car tu sens bien qu’il est en train de te glisser entre les mains, comme l’eau se faufile pour trouver un passage. C'est à la fois effrayant et rassurant de se confronter à quelqu'un d'aussi extraordinairement abîmé par la vie. Un monstre de mélancolie qui se fait peur au point d'accepter sa condition de connard haïssable... Ses souffrances résonnent avec les tiennes et tu te blottis dans cet écho. Comme lui, tu présentes un terrain miné par l'explosion sentimentale. Peut-être que s’il savait à quel point vos angoisses se rejoignent, il se détendrait un peu. À moins que ça le fasse fuir encore plus vite. Vous avez en commun ces matériaux inflammables, cette prédisposition à la passion, pour le meilleur et pour le pire. T’aimes sentir que tu lui ressembles, mais son miroir te renvoie également l'image du monstre que t’es devenue. Cette déçue jusqu'à l'os trimbalant ton âme en mille morceaux dans une boîte, ce puzzle ambulant qui sème ses pièces chaque jour en acceptant de ne plus les retrouver.

La carapace se craquelle sous tes yeux attentifs, tu t’engages alors à lui donner ce qu’il réclame avec ferveur pour le forcer à se reconnecter. Il devrait le savoir qu’il ne peut pas obtenir de toi ce qu’il désire avec la force et la provocation, seules ses incertitudes libèrent les tiennes « Je suis venue.. Et je suis tombée sur elle. » ta voix se fait murmure, les confidences ont du mal à franchir tes lèvres qui préféreraient rester scellées. Les braises de ta colère ont beau s’éteindre une à une tu restes amère face à l’épisode, qu’il ne soit pas dupe, si tu ne tiens plus à l’étrangler tes reproches eux n’ont pas foutu le camps « T’as pas pu attendre il a fallu que tu t’envoies Margaret Fletcher. » attendre votre déjeuner ? T’attendre toi ? Tu ne sais plus exactement ce que tu dis et ce que tu désapprouves, ça sonne étrangement familier.




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MessageSujet: Re: once you care, you're fucked. (lloyd)   Dim 18 Juin - 23:38

Il se trouve à l’extrême, celui qui le mène au bord d’un gouffre. Le vide l’attire indéniablement. Il souhaite avancer d’un pas et laisser les ténèbres l’envahir pour l’éternité. En cinq années, ce pas il a tenté plusieurs fois de le faire. En vain. A croire qu’une fureur de vivre refoulée l’emporte sur celle de vouloir trépasser. Peut-être qu’il a peur inconsciemment. Son parcours est tel qu’il ne rejoindra pas sa petite fille. Il ne connaîtra personne où il ira. Seulement des êtres possédant une noirceur d’âme telle que la sienne. Est-il vraiment aussi nocif qu’il ne le laisse percevoir. Il se plait à le croire. Il se complait à le faire croire aux autres. C’est le seul stratagème qu’il a trouvé pour garder un soupçon de volonté, pour vivre. Sauf que face à Scarlett, il n’est plus rien. L’être immonde disparait parfois. Il redevient cet ami qu’il a été et qu’il aurait dû continuer à être. Il redevient un être humain meurtri au point qu’il lui demande cette faveur. D’un geste, puis d’une phrase. Qu’elle le pousse dans ce gouffre afin de lui permettre de caresser l’espoir de trouver la paix pour son âme. Scarlett. Son regard la supplie. Elle est la seule à qui il ne confiera jamais cette tâche. Car elle est son amie. Une de ses « victimes » n’hésiterait pas et appuierait pour le priver d’oxygène. Pas elle. Si elle ne cède pas, c’est peut-être parce qu’elle croit en lui, qu’elle espère qu’il y a encore quelque chose à sauver de sa personne.

Sa main vient recouvrir celle de Lloyd. La pression est à contre-courant. L’air continue à pénétrer dans ses poumons. Elle juge donc qu’il mérite de rester en vie. Il n’en comprend pas la raison. Lui-même se condamnerait à mort, avec un verdict applicable dans la foulée. A quoi bon tergiverser et trainer en longueur quand on est coupable. La sentence n’est pas celle que le psychologue espère. La vérité qu’elle prononce, il la connait déjà. Quelque part, il lui en veut. Elle ne lui apprend rien que ce qu’il ne sait déjà. C’est donc à cela qu’il doit se cantonner. Un rôle de salopard, poussant le vice jusqu’à l’extrême. Cela réussit sur certains de ses patients. Il fait des miracles en ce qui le concerne. Il a envie de répondre à la jeune femme. « Ce que tu peux être lâche. » Les mots ne franchissent pas ses lèvres. Encore retourné par le flot d’émotions qui a pris possession de son être, Lloyd est bien incapable de parler. Scarlett ne l’a pas suivi dans son jeu. Voilà des années qu’ils refusent de suivre les mêmes règles, chacun imposant les siennes. Surtout lui en fait, jouant sur une corde invisible et ne prenant pas conscience qu’un jour elle rompra sous le poids des années passées à tenter de les maintenir à flot.

C’est à peine s’il a conscience du bras qui le frôle. Il est ailleurs, perdu une nouvelle fois dans son passé. L’eau est coupée, plongeant les douches dans un silence étrange. Il y a encore quelques gouttes qui coulent, donnant une ambiance lugubre au lieu qui n’a déjà rien de joyeux en temps normal. Il se laisse glisser sur le sol, vidé. Comme s’il vient de mener un combat, ou plutôt un round. Il est parvenu à la fin de celui-ci en un seul morceau. C’est le temps de repos, celui dont il faut profiter au maximum pour récupérer avant que les hostilités ne reprennent. La silhouette familière de son amie se glisse à ses côtés. Lloyd est incapable de la regarder. Il ne souhaite pas s’expliquer sur ce qui vient de se passer. Elle ne comprendra pas, comment pourrait-il en être autrement alors qu’il la tient en dehors de son secret depuis ce mois de février deux mille douze. Chacun porte son lot de souffrance, ils en ont des communes. Mais Harper… C’est la sienne. Il pense un peu trop à elle à cet instant. Il ne faut pas, il doit s’ordonner de l’enfermer dans une petite boite et la ranger dans un coin de son esprit. Il se refuse de craquer devant quiconque. Hors de question de verser une larme devant Scarlett, de laisser voir qu’il pleure encore son bébé malgré les années écoulées.

Ses mains tremblent légèrement. Ce n’est pas à cause de sa peau mouillée. Ce n’est pas non plus dû au fait que son dos est collé contre la paroi froide. Il perd le contrôle, incapable de le reprendre. Harper est toujours là. Son visage passe devant ses yeux, résultat d’une photographie qu’il regarde trop souvent dans le plus grand secret. Il en oublie même la personne qui se tient à ses côtés et qui l’observe. Elle va finir par découvrir la vérité et dieu sait ce qu’elle en fera. C’est ce qu’il pense, ou ce qu’il croit. Seulement, il oublie sûrement qu’elle n’est pas là pour lui porter le coup de grâce. Lloyd ne sait pas si elle a compris l’origine de son désarroi. Toujours est-il que Scarlett prend la parole. Il ferme les yeux et baisse la tête à l’entente de ses mots. Elle lui retire un poids même s’il perçoit qu’elle le change seulement d’épaule. Des siennes, il passe à celui de la jeune femme. Elle accepte la douleur des mots en espérant soulager celle de son cœur. « Merci. » Il a envie de lui crier ce mot qui cogne dans sa poitrine. Il ne le fait pas, pour ne pas changer. Elle offre, il prend. L’équation est bancale, elle l’a toujours été.

Peut-être qu’il doit rectifier le tir, au moins pour aujourd’hui. Il observe le sol devant lui, cherchant l’identité de la personne à laquelle elle fait allusion. Qui a-t-il reçu ce fameux jour où ils devaient déjeuner ensemble. Qui a poussé Scarlett à le fuir. Lors de la prochaine consultation, il n’en fera qu’une bouchée. Il décortiquera la fautive et ne s’arrêtera que lorsqu’il se déclarera satisfait du résultat. Sa tête se tourne légèrement en direction de Scarlett. Un nom. Il le réclame silencieusement. Il finit par tomber, lourd de sens. Leur rendez-vous était après celui de la milliardaire. Il se l’est tapé effectivement ce jour-là, n’en pouvant plus de l’entendre se lamenter. Mais pourquoi attendre. Attendre quoi, leur déjeuner ? Le cheminement se fait dans la tête du psychologue. Il ne lui faut guère de temps pour comprendre. Scarlett rouvre une porte vieille de vingt-deux ans. Ils l’ont claquée à l’époque, ne prenant jamais le soin de s’expliquer. Car effectivement lui n’a pas attendu. Et quand il s’est rendu compte de son erreur, il était trop tard. Il a tenté de s’expliquer quelques jours plus tard, sauf qu’elle l’a envoyé promener, lui balançant une vérité au visage. Le blessant comme il l’a blessée. Œil pour œil, à quel moment ont-ils décidé de suivre la loi du Talion. Il ne sait plus, ou refuse d’avouer que ce fut à partir de cette nuit-là.

« Tu n’es pas venue… Qu’est-ce que tu espérais… » Qu’il l’attende. Qu’il lui laisse une chance de s’expliquer plutôt que de foncer tête baissée comme il l’a toujours fait. Passé et présent se mélangent dans leur discussion. Lloyd a pourtant l’impression qu’ils se décident enfin à boucler cette discussion, ouverte depuis trop longtemps. S’ils font ainsi pour tout, ils seront morts avant de régler tous les différents qui les opposeront dans les années futures. Et quelle ironie que ce mot, futur, surtout quand on sait qu’il espérait ne pas avoir à le vivre juste avant. « Elle n’est qu’une parmi tant d’autres. » Est-ce qu’ils vont débattre sur ses partenaires sexuelles. Cela risque de prendre un moment car s’il a connu une période stable avec Alicia, tout le reste n’a été qu’une succession de plans culs. Il n’y a qu’une seule fois qu’il a espéré autre chose et ça ne s’est pas fait. Car il n’a pas pu attendre comme Scarlett le dit si bien. « Il est trop tard pour changer le passé. » si c’était possible, il l’aurait fait. En premier pour sa fille, et peut-être qu’effectivement en second, il aurait rectifié certaines choses dans sa vie. Comme ce fameux quatre juillet. « Et tu n’as pas pu attendre non plus. » Dorsey. Il n’a jamais prononcé son prénom mais il l’entend encore résonner dans sa tête après toutes ses années. Ce prénom qu’elle lui a craché en plein visage alors qu’il venait lui dire qu’il regrettait. Suite à cela, il s’est muré dans une stupidité sans bornes, refusant de s’excuser pour les coups portés. Scarlett l’a façonné sans même s’en rendre compte à partir de ce jour-là. Et lui a refusé d’opter pour un autre schéma. Jusqu’à aujourd’hui. Car l’une de ses dernières phrases sont des excuses, sous mots couverts, et certainement presque impossible à déceler.

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