AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Fermeture du forum, en savoir plus ici.

Partagez | 
 

 never been the best at letting go (eden)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité


MessageSujet: never been the best at letting go (eden)   Mar 6 Juin - 13:49


never been the best at letting go
- eden & odessa -

Ton sac sur le dos, tu sors de la salle de classe. A la place de te diriger vers la cour comme tous les autres élèves, tu attends devant. Tu attends Eden. Tu lui as proposé d'aller au parc  après les cours. T'as pas envie de rentrer chez toi, Odessa. T'as pas envie de voir ton père, pas envie de voir l'Autre. T'as pas envie de tout ça, ce soir. T'as juste envie d'être loin. Tu regardes distraitement par la fenêtre du couloir. Il ne se passe rien d'intéressant dehors. Tu vois des élèves qui partent seuls, en groupe ou avec leurs parents. D'autres attendent leur frère ou sœur. De loin, tu vois une femme de dos qui tient la main d'un garçon qui doit avoir l'âge d'Ethan. Tes yeux s'écarquillent. On dirait ta mère. Pincement au cœur, tes lèvres s'écartent. Tu mets ta main droite sur la vitre comme si t'allais pouvoir la retenir comme ça, comme si, c'était vraiment elle. T'es consciente, Odessa, que ta mère, elle est pas ici, mais à des milliers de kilomètres de toi. T'es consciente que cette femme que t'aperçois au loin, c'est pas ta mère. Mais t'as quand même cette petite partie de toi qui l'espère.

« T'attends ton amoureux, Caldwell ? » T'as pas le temps de te plonger plus longtemps dans ces pensées. Tu reconnais cette voix. C'est Brutus. Enfin, c'est pas réellement comme ça qu'il s'appelle, mais c'est comme ça que tu le surnommes avec Eden. C'est un garçon de ta classe qui s'amuse à persécuter tout le monde, Eden en particulier. Tu sais qu'il parle de lui, là maintenant. Parce que vous trainez souvent ensemble Eden et toi, les autres se posent parfois des questions. Eden, tu le connais depuis que tu portes des couches. Au début, tu le trouvais bizarre, trop calme pour toi. Puis à force de le voir aussi souvent, t'es allée vers lui. T'as commencé à jouer avec ses Barbie. T'as commencé à le tirer par la main quand il ne vouait pas te suivre, à le défendre quand on s'en prenait à lui. Eden, c'est un ami à qui tu tiens beaucoup, rien de plus, mais ça ne t'empêche pas pour autant de rétorquer : « Au moins, y a quelqu'un qui l'aime, lui ... Contrairement à toi. » Tu penches la tête vers la gauche. Sur le pas de la porte, tu vois les boucles brunes qui te sont si familières. « On y va ? » Tu tournes les talons. T'as envie d'être loin de Brutus aussi, t'as pas le temps pour ses bêtises.

Le trajet se fait en silence. Tu sais pas pourquoi t'as demandé à Eden de venir. T'as pas envie d'être toute seule. T'aimerais lui dire. T'aimerais te confier et tout déballer, mais tu sais pas trop comment faire alors ... tu soupires et c'est tout. Tu marches en regardant le sol. C'est compliqué à la maison, c'est compliqué à l'école. Il n'y a qu'entre les deux que ça va mieux. Tu regardes Eden. Tu le défends depuis toujours, mais parfois, t'as l'impression qu'il est plus fort que toi. Parfois, t'as l'impression qu'il galère pas autant que toi. Plus t'y penses, plus tu te dis que grandir ça craint, que l'amour, c'est nul et que ça fait souffrir et que les familles parfaites, ça n'existe pas. Vous en êtes la preuve vivante, Eden et toi, que la vie, c'est le bordel.

Tu poses ton sac sans grande délicatesse au pied du banc et tu t'assieds lourdement sur celui-ci. Tu soupires encore une fois en ramenant tes genoux vers ta poitrine. Il y a une plaine de jeux un peu plus loin avec des enfants. Ils ont peut-être sept ou huit ans. Ils crient fort, rient beaucoup. Ils ont l'air heureux. « Grandir, c'est nul. » que tu finis par dire.« Les adultes, c'est nul. » que tu ajoutes et avant de refermer la bouche, tu dis encore : « Les parents, c'est nul aussi. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: never been the best at letting go (eden)   Mar 6 Juin - 18:42


never been the best at letting go
- odessa & eden -

Les cours, Eden n’avait pas eu envie d’y aller ce jour-là, enfin, comme tous les jours mais il avait dû y aller… Sa mère avait beau se comporter chaque jour comme si elle était sa copine, elle savait prendre son rôle de parent très au sérieux et rater un jour de cours, c’est impossible. Eden, en passant le portail du collège s’attendait à encore passer une journée minable mais finalement, ça s’était plutôt bien passé. Il avait reçu deux, trois boulettes de papier dans la journée, avait entendu quelques murmures à son propos mais n’y avait pas fait attention, comme à son habitude. La seule chose qui l’avait aidé à tenir, à supporter cette maudite journée de cours, c’était Odessa, la sortie au parc qu’ils avaient prévu de faire tous les deux. Il savait qu’elle n’allait pas bien ces derniers temps, et même si elle ne lui en parlait pas, il s’en doutait, il l’avait remarqué. Elle n’était plus aussi joyeuse qu’elle l’était avant, elle était plus irritable, elle déboulait plus souvent chez lui à des heures tardives… Il aimait Odessa, il voulait prendre soin d’elle comme chaque ami voudrait le faire, mais elle ne lui parlait pas, elle ne lui disait rien. Et lui n’osait pas lui demander de s’ouvrir à lui, de lui dire ce qu’il n’allait pas. C’est pas son genre à Eden, il est trop timide pour ça, même avec elle. Alors à la place, il fait tout pour la faire rire, pour la faire sourire… parce qu’il déteste la voir de mauvaise humeur.

17h30, la sonnerie qui signifie la fin des cours retentit. Alors que tous les élèves autour de lui se dépêchaient déjà de ranger leurs affaires dans leur sac, Eden lui prenait son temps tout en jetant un rapide coup d’œil sur Odessa, se doutant qu’elle n’ait pas oublié leur petite escapade au parc. Sa trousse et son cahier rangés dans son sac, il l’a enfilé sur son dos puis a quitté la classe tout en souhaitant une bonne soirée à sa prof de maths. C’était pas sa matière favorite, il détestait même ça mais il était toujours poli avec ses professeurs, ce qui ne l’aidait pas à se faire bien voir par ses camarades.

« Hey… », il a salué Odessa, un petit sourire aux lèvres comme il en avait toujours un quand elle l’accompagnait. Brutus l’avait encore emmerdée, lui avait sûrement dit un truc complètement débile pour la narguer mais elle avait su rétorquer. C’était l’une des nombreuses choses qu’il aimait chez elle, Eden. Sa franchise, sa force. Elle ne se laissait jamais abattre par ceux qui osaient l’affronter comme il avait l’habitude de le faire. Elle avait toujours les mots, les gestes pour se défendre. Depuis tout petit, elle est là à le protéger, à faire tout pour que personne n’ose l’embêter alors que lui est plus du genre à se laisser faire sans savoir quoi faire. Il a été appris de cette façon, se battre, insulter… c’est pas quelque chose qu’il fait, même si parfois il aimerait avoir la force de mettre à terre ceux qui passent leur temps à le harceler. « On peut y aller. » Tous les deux, ils quittèrent leur établissement scolaire, direction le parc de la ville.

Et eux qui d’habitude passent leur temps à parler, à rigoler, à se raconter des blagues… sont restés silencieux. Ils ont marché sans dire un seul mot, comme si un malaise s’était installé, comme si quelque chose n’allait pas. Complètement pas du tout à l’aise dans ce genre de situation, Eden n’a rien tenté et a juste suivi le rythme. Quelques minutes plus tard, ils arrivaient enfin au parc, l’un des endroits préférés d’Eden. Le lac avec tous les petits poissons, les gamins qui crient et qui rigolent sur l’aire de jeux, les coureurs qu’on croise chaque jour et qui nous saluent avec un grand sourire… Il aime y passer du temps, autant que possible en tout cas, seul ou accompagné.

Ils se sont tous les deux installés sur un banc. Son sac à dos au pied du banc juste à côté de celui de son amie, Eden la regardait s’asseoir, se recroqueviller sur elle-même... puis il l’écoutait et elle avait raison. Il n’avait pas hâte de grandir, de devenir un adulte aussi chiant que ceux qu’on croise dans la rue, d’avoir un enfant même s’il était encore loin d’être à cette étape de la vie… Il ne veut pas grandir, il veut rester un enfant à jamais. Les responsabilités, le fait de parler avec des inconnus, d’avoir plein de problèmes… ça l’effraie. « J’ai pas hâte de grandir… J’aimerais bien avoir quatorze ans pour le reste de ma vie, ce serait mieux. » Il grandit vite, et il en a conscience. Pour lui, il était encore en école primaire il y a quelques mois… tout passe vraiment trop vite. Il a quatorze ans et à l’école, on lui demande déjà ce qu’il veut faire plus tard… « Ça dépend, mais je pense pas qu’on puisse dire que les parents, c’est nul… » Il la regardait, essayait d’analyser les sentiments qu’elle éprouvait tout en sortant un paquet de gâteaux et deux briquettes de jus de fruits de son sac… « C’est pas nul, c’est juste compliqué les parents… » il lui disait, mettant le paquet de gâteaux entre eux, sur le banc puis lui tendait une briquette. Il en prenait toujours deux dans son sac pour lui en donner une à la récréation, ou après les cours. « Depuis que mes parents ont divorcé, ils se parlent même plus, je suis obligé de voir mon père derrière le dos de ma mère... » lui avouait-il en soupirant, pas du tout fier de lui. « En parlant de ma mère, les garçons m'ont fait une blague et... tu sais pas à quel point j'ai passé un mauvais week-end. » il balançait ses jambes, sirotant son jus de fruits avant de rajouter... « Parfois, j'aimerais vraiment disparaître... enfin, pas totalement, mais pendant quelques heures, quelques jours. C'est trop dur d'être un ado. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: never been the best at letting go (eden)   Mar 6 Juin - 22:57


never been the best at letting go
- eden & odessa -

C'est bête, mais parfois, tu vois Eden comme un adulte dans un corps d'ado. T'as l'impression qu'il comprend mieux. Toi, tu comprends rien du tout. T'es juste en colère tout le temps parce que t'as l'impression que les adultes, ils font que des erreurs et qu'ils ne réparent jamais rien. Ou alors, les réparations sont bancales et ça tombe dans les dix secondes. Tu penses à ton père qui a regardé ta mère partir. Ça fait six mois, une demi année, qu'elle devrait être de retour et pourtant ... il y a toujours ce vide à la maison. Il aurait pu l'arrêter, il aurait du l'arrêter. Tu t'en souviens comme si c'était hier, vous l'avez tous les trois regardée partie jusqu'à ce que sa silhouette ne soit qu'un point et puis plus rien.

T’acquiesces d'un hochement de la tête. Toi aussi, tu voudrais avoir treize ans toute ta vie. Ou peut-être revenir à dix ans, quand tu allais bien. Oui, dix ans, c'était bien aussi. « S'ils sont compliqués, c'est parce qu'ils se compliquent la vie. Ils cachent des choses, ils mentent ... Plus j'y pense et plus j'me dis que j'deviens adulte aussi. » Toi aussi, Odessa, tu dissimules des choses. T'évites de mentir parce que t'en es incapable, ton corps te trahit à chaque fois. Mais il y a un tas de choses que tu ne dis pas, que tu n'avoues pas, même pas à toi-même parfois. Tu ne les dis pas, tu les écris et puis ces écrits, tu les gardes pour toi comme si c'était un mauvais secret. T'es pareille que les parents, en fait, Odessa. Tu soupires.

Eden te tend une brique de jus et tu souris. Dans votre duo un peu bizarre, Eden, c'est la tête. Celui qui pense à tout, aux petits détails aussi, c'est lui. Toi, t'es la force. Celle qui fonce dans le tas, celle qui réfléchit pas toujours. Vous vous complétez comme si vos parents avaient tout prévu avant vos naissances. Ça te fait sourire qu'il pense toujours à toi, même si c'est juste pour une briquette de jus et des petits gâteaux, ça te fait plaisir. Tu saisis la brique et tu sors la paille de son emballage avant de la piquer presque férocement dans le petit rond d'aluminium.

T'as pas encore osé boire ou manger. Tu tiens ton carton de jus, les genoux toujours repliés sur ta poitrine et t'écoutes ce qu'il te dit, Eden. T'écoutes ses aveux sur son père et tu comprends, mais au moins, lui, il a l'occasion de voir ses deux parents. Tu baisses la tête, une pointe de jalousie dans le cœur. Ça ne te ressemble pas, de jalouser Eden, mais là, le sujet est sensible. C'est le même sujet que tu évites depuis plus d'un an, le même sujet qui te triture l'esprit depuis six mois. Tu déglutis difficilement. Tu tournes la tête vers la plaine de jeux avec les gamins en sirotant ton jus. T'as évité le sujet longtemps et t'es pas certaine d'être prête à le déterrer aujourd'hui.

Il continue de parler et tu l'écoutes, sans le regarder, mais à peine a-t-il fini sa phrase que tu bondis du banc, comme électrocutée. « Quoi ?! Qui ?! T'aurais du m'appeler ! J'aurai été leur casser les jambes ! » Tu dis ça comme ça, Odessa, mais t'es loin d'être une violente. Tu violentes les gens avec tes mots. C'est marrant mais pour parler de toi, t'as jamais su trouver les bons, mais lorsqu'il s'agit de défendre Eden, c'est comme s'ils sortaient tout seul. Tu commences à faire les cent pas devant le banc. « Franchement, demain, je vais leur faire bouffer leur langue », que tu dis à voix basse, plus pour toi que pour ton camarade de classe. La dernière phrase qu'il a prononcé te fait tiquer. Tu t'arrêtes dans ta marche pour relever la tête vers lui. « Moi je veux pas que tu disparaisses. » Ces mots sont sortis tous seuls, eux aussi, mais ils étaient sincères. « Si t'étais pas là, qui m'apporterait du jus et des gâteaux ? Qui m'écouterait me plaindre toute la journée ? » Tu hausses les épaules. « Nan, faut pas que tu disparaisses. Même pas quelques jours. » Tu te penches en avant pour choper un gâteau. « Ou alors, tu me prends avec toi et on disparaît à deux. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: never been the best at letting go (eden)   Mer 7 Juin - 18:25


never been the best at letting go
- odessa & eden -

Odessa, son amie depuis tout petit, depuis qu’il porte des couches culottes. Ils se connaissent depuis toujours, leurs parents aussi et c’est sûrement grâce à leur grande amitié qu’ils se retrouvaient toujours l’un chez l’autre. Au début, ils n’étaient pas très proches mais plus le temps est passé, plus ils se sont rapprochés. Odessa a toujours été là à le défendre quand ça n’allait pas, quand on s’attaquait à lui mais qu’il n’osait pas réagir et lui a toujours été là pour l’écouter, pour la réconforter quand ça n’allait pas. Au fond, Odessa, c’est un peu une personne sans laquelle Eden ne serait pas celui qu’il est aujourd’hui, un garçon qui prend peu à peu confiance en lui et qui rêve de belles choses. Sans le savoir, elle l’aide à devenir plus fort, à devenir plus grand et ça, il l’en remercie de tout cœur. C’est sa seule amie qui ne l’a jamais lâché. Elle a toujours été là pour lui, même quand ils avaient ces disputes stupides d’enfants, elle ne l’a jamais oublié et mis de côté, et ça c’est beau. Même s’ils n’en parlent jamais, Eden espère secrètement que plus tard, quand ils seront tous les deux grands, ils resteront ensemble. Il espère avoir une coloc avec elle, continuer de la voir tous les jours et de subir ses bêtises. Ouais, Odessa, elle lui manquerait si elle venait à partir, à quitter la ville ou à même disparaître. Mais ça, il ne lui dira peut-être jamais. Il n’est pas à l’aise avec les sentiments, c’est pas quelque chose dont il sait bien parler, mais il le montre. Quand il le peut, quand il en a le courage, il la prend dans ses bras, lui rappelle à quel point elle est importante, et il espère au fond qu’elle est bien consciente d’à quel point elle le fait aller bien.

« T’as raison… Les adultes, ça arrête pas de nous dire de pas mentir mais c’est la chose qu’ils font le plus… Ils passent leur temps à nous dire de pas faire de trucs qu’ils font en boucle… » Mentir. Il pensait à son père qui disait être heureux dans son couple mais qui voyait un homme derrière le dos de sa mère, ce qui expliquait ses absences fréquentes, ces nombreux textos qu’il recevait quand ils regardaient un film dans le canapé le soir… Quand il y pense, presque tous les jours, l’ancienne vie d’Eden lui manque. Son père lui manque. Il aimerait se dire qu’il pourrait qu’un jour, sa mère se remette avec son père mais c’est forcément impossible. Alors, il prend sur lui et essaye de ne pas y penser, de se créer de nouveaux souvenirs avec lui quand il en a l’occasion. Parce que même s’il lui en a premièrement voulu en apprenant que son père trompait sa mère, aujourd’hui, il l’aime très fort et ne veut que son bonheur. « À quoi tu penses toi, en disant ça… ? » il la questionnait timidement, curieusement. Peut-être qu’elle allait dire la vérité, ce qui la dérangeait depuis pas mal de temps, ou peut-être qu’elle allait mentir et ça, il le saurait directement. Odessa, c’est pas une bonne menteuse.

Il sirotait son jus de fruits, sa paille entre les lèvres. Il aimait ces petits moments qu’il passait avec elle, quand après les cours il pouvait l’avoir pour lui tout seul, discuter de choses qui n’intéressaient pas les autres, être loin de ces abrutis avec qui il passait la journée. Odessa, elle n’est pas comme les autres, pas pour Eden.

Il but une dernière gorgée avant de poser sa briquette sur le banc, son regard toujours posé sur elle qu’il n’avait pas quittée. Odessa, elle le faisait rire, même sans le vouloir. Cette colère, cette rage, cette force en elle… il l’enviait. « Non mais… Ils ont glissé un truc dans mon sac, ma mère est tombée dessus et j’ai eu le droit à une super leçon de morale dès le réveil, je m’y attendais pas. » il lui racontait. Ouais, peut-être l’un des moments les plus gênants de sa vie avec sa mère. « Je sais pas vraiment qui c’est, je m’en fiche de toute façon… » Brutus ? Un autre garçon ? Aucune idée, ils en parleront peut-être d’ici les prochains jours et dévoileront leurs identités eux-mêmes. Eden ne voulait pas perdre son temps à trouver des coupables, ça ne servirait à rien.

Alors il la regardait se lever du banc pour faire les cent pas devant lui, toujours en train de balancer ses jambes. « Te prends pas la tête, Odessa… C’est des gamins. J’ai hâte de terminer le collège. » Ouais, quitter cet établissement craignos, partir au lycée où il espérait ne pas avoir à supporter une autre bande d’imbéciles… Ça le rendrait fou. La tête baissée, il pensait silencieusement. À sa vie actuelle, à ses problèmes d’ado, à son avenir… Puis c’est les paroles d’Odessa qui lui firent lever la tête. C’était mignon, trop mignon et même si c’était réciproque, il ne lui a pas dit. Il lui a juste donné son plus beau sourire, son sourire de gamin un peu mal à l’aise mais tellement heureux… « Tu trouverais quelqu’un d’autre, arrête un peu. C’est pas comme si tous les garçons à l’école voudraient te parler, hein… », il lui rappelait sa popularité auprès des garçons de l’école. Ouais, certains l’emmerdaient de temps en temps, mais il ne faut pas oublier ces quelques garçons qui passent leur temps à essayer de se la jouer gentleman auprès d’elle avant de se prendre un râteau. Mais ils persévèrent, c’est toujours beau à voir. « Je disparaîtrais pas sans toi, de toute façon… Je ferais quoi sans toi moi ? On partirait tous les deux loin d’ici, quelque part où on serait tranquille et heureux, sans adultes… » Il hochait la tête, le regard perdu dans le vide… Quelle merveilleuse idée. Il prit un gâteau puis attendit de ne plus avoir la bouche pleine pour lui demander, avec ce petit sourire qu’il utilise quand il veut quelque chose. « Qu’est-ce que tu fais demain soir ? Vu qu’après y a le week-end, si jamais tu veux venir à la maison… Ma mère a acheté le jeu dont tu m’avais parlé la dernière fois sur la Play, on va probablement jouer jusqu’à pas d’heure… »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: never been the best at letting go (eden)   Mer 7 Juin - 22:17


never been the best at letting go
- eden & odessa -

« À quoi tu penses toi, en disant ça … ? » Tu te pétrifies. Toi qui pensais que ça passerait inaperçu. Tu t'étais fait la remarque mentalement que t'aurais du te taire. T'ouvres la bouche. Tu sais que tu peux faire confiance à Eden. T'as toujours pu lui dire tout et n'importe quoi. Il n'y a jamais eu cette pression d'être jugé ou ce genre de chose entre vous. Ta bouche reste ouverte, mais rien ne vient. Tu peux pas. Ça veut pas.  Alors tu masques cette seconde d'incertitude d'un sourire. « Rien, rien en particulier. » Tu balaies sa remarque d'un revers de la main gauche dans l'air. Et sans t'en rendre compte, tu te touches la narine gauche avec la main droite. T'es exactement comme les adultes. Tu mens aux gens qui te sont proches. Tu baisses la tête, honteuse. T'es une mauvaise amie, Odessa. T'espères qu'il n'a pas relevé ton geste. Vous avez grandit ensemble après tout, il est au courant, comme tout ton entourage de ton tic nerveux lorsque tu mens.

T'écoute Eden te parler de son aventure de ce weekend. Il est étrangement vague par rapport à tout ça. Tu fronces les sourcils. « Attends, mais ils ont fait quoi exactement ? J'comprends pas très bien là ... » Tu te demandes pourquoi Octavia aurait fait la morale à son fils, elle qui est pourtant super cool de manière général. Octavia, tu la vois un peu comme une grande sœur, le genre de sœur qui joue à des jeux vidéos avec vous, qui parle de tout et de rien. Le genre d'adulte cool, quoi. Le genre d'adulte que t'avais envie d'être un jour. « Non, mais vraiment, si je trouve qui sont les responsables, ils vont manger de la terre demain. » Tu serres le carton de jus dans ton poing pour avoir les dernières gouttes. « J'comprends pas non plus quel genre de plaisir malsain ils tirent à t'ennuyer comme ça ... Mais ouais, j'ai hâte qu'on en sorte aussi. » C'est pas tout nouveau qu'Eden se fasse ennuyer par des autres garçons qui se prennent pour des gros durs. T'espères qu'en allant au lycée, les gens auront des cerveaux et que ça s'arrêtera.

Tu fourres ton petit gâteau en bouche. Eden, il te sourit. Et tu lui rends son sourire, même si t'as encore la bouche pleine. T'es pas le genre de fille-princesse élégance. T'es plutôt du genre grosse camionneuse, toi, mais d'un côté, tu te dis que c'est ça qui fait ton charme (enfin, tu crois, t'es pas trop sûre de ça). Tu roules des yeux à sa remarque. Comme si t'allais le remplacer, comme s'il était remplaçable. « Bon, déjà, je t'arrête tout de suite. On peut pas remplacer un Eden Hamilton. Parce que bah ... Y en a qu'un seul. » Tu ne comprends pas trop la comparaison entre les gars de l'école et Eden parce que clairement y a un monde de différence, là. Pas comparable, même pas un peu. « Ensuite, les gars du collège s'ils me parlent c'est pour sortir avec moi et pouvoir se vanter de ce qu'ils ont fait. Et c'est pas ton cas, il me semble ! » Tu roules encore les yeux, de dégoût cette fois. Tu sais pas quelle puissance divine à toucher Eden, mais contrairement aux autres garçons de ton âge, il n'est pas retardé. Mais peut-être que tu devrais juste remercier Octavia pour ça. T'y penseras la prochaine fois que tu passeras chez eux.

Tu réfléchis à cette idée de ville idéale, sans adulte où le bonheur vous tendrait les bras. « Y a un soucis ... Sans adulte, on a pas d'argent de poche et je pense pas qu'on soit très qualifié pour travailler. » Tu poses ton index sur ton menton en cherchant une solution au problème. En plus, sachant qu'il n'y aurait que des enfants et des adolescents, ça voudrait dire que vraiment personne n'aurait d'argent ni de qualification. Tu secoues la tête, c'est impossible qu'une ville comme ça survive. « On pourrait peut-être prendre des adultes cools ... Comme ta mère ! Elle est cool ta mère ! » Tu prends un autre gâteau que tu mets directement en bouche. Tu repères une expression familière. Tu plisses les yeux. T'allais demander à Eden ce qu'il voulait encore, mais il t'a devancée. C'est l'avantage (et l’inconvénient) quand on a quasiment grandit ensemble, on lit l'autre comme un livre ouvert (ou presque). Tu colles tes mains l'une contre l'autre comme si tu allais prier et tu les tends vers le ciel. « Que l'homme barbu de là-haut te bénisse, Eden. Si tu savais comme j'ai pas envie d'être à la maison ... Surtout quand y a ... » Tu marques une pause pour faire la moue avant de finalement prononcer son prénom. « Anna. » Rien que de le dire, t'as des frissons dans le dos. « Franchement si je pouvais, je déménagerai directement chez toi. » Encore une fois, on peut voir que t'es comme les adultes. Tu fuis tes problèmes, exactement comme les grands.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: never been the best at letting go (eden)   Jeu 8 Juin - 14:31


never been the best at letting go
- odessa & eden -

« Rien, rien en particulier. » qu’elle a dit. Comme s’il ne la connaissait pas, comme s’il ne se doutait pas que quelque chose n’allait pas en ce moment. Odessa n’était plus cette fille qu’il connaissait ces derniers temps. Elle ne riait plus autant qu’elle le faisait il y a quelques mois, elle n’était plus autant en forme, elle était plus facilement irritable et surtout, elle passait plus de temps chez Eden, ce qui ne le dérangeait franchement pas, faut l’avouer. Il l’a vue se toucher la narine gauche, l’un des tics qu’elle avait quand elle mentait, quand elle ne disait pas la vérité et qu’elle cachait ses sentiments. Il l’a regardée en secouant doucement la tête, il la connaissait comme s’il l’avait faite. « Odessa… ? Des amis, c’est censé tout se dire, tu te rappelles… ? C’est quoi, Anna qui te fait encore tourner en bourrique ? Ton père qui te rend folle ? » Les choses ne sont pas faciles à la maison pour Odessa, c’est pour ça qu’elle se réfugie souvent chez Eden et y passe même parfois la nuit. Il en sait beaucoup sur sa situation, sur la fille au pair qui l’insupporte, sur son père qui passe son temps à lui gueuler dessus, sur sa mère qui n’est toujours pas rentrée… Elle en a des problèmes, Odessa. Et parfois, Eden aimerait pouvoir les régler d’un simplement claquement de doigts, mais c’est tout simplement impossible. « ‘Faut pas te renfermer sur toi-même. Tu me dis plus rien alors que je sais que t’as des trucs à me dire… J’aime pas te voir triste. » Sur ces derniers mots, il s’était un peu rapproché d’elle pour poser une main dans son dos et doucement le frotter, comme il le faisait parfois pour la réconforter. C’est pas quelque chose qu’il fait facilement, il lui faut un courage fou pour le faire… mais il le fait.

Odessa a ses problèmes, et comme tout ado, Eden a aussi les siens. Les cours, ces garçons qui passent leur temps à le rabaisser, à le harceler… ils arrivent même à le faire à la maison. « Ils ont… mis un truc dans mon sac. Un préservatif. » Il lui a expliqué, la tête baissée, repensant encore à cette frayeur que sa mère lui avait fait le week-end dernier. Puis il s’est mis à lui expliquer en détails ce qu’il s’était passé. « J’avais laissé mon sac dans l’entrée, ma mère a marché dessus et mes affaires se sont renversées. Elle l’a trouvé et elle a attendu que je me lève et que je déjeune pour le poser devant moi et… me faire une morale comme j’en ai jamais eue. Moi, j’étais là, je comprenais rien à ce qui se passait, et elle croyait que c’était moi qui l’avait acheté. Pendant une heure, j’ai eu le droit à des trucs hyper gênants du genre ‘’Je veux pas devenir grand-mère, pas maintenant.’’ ou ‘’t’es trop jeune pour ce genre de trucs’’… Je venais de me réveiller, je pigeais rien. » Il haussait les épaules, les joues un peu rouges… ça avait été l’une de ses plus grosses frayeurs. Ce groupe de garçons qui le harcèlent quotidiennement en cours, il les déteste… mais il n’en parle pas à sa mère, il ne dit rien et prend sur lui puisqu’il ne veut pas la voir débouler au collège et prendre le risque de se taper la honte.

Il savait qu’Odessa les détestait aussi. Elle déteste elle-aussi les gens qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas, qui se croient supérieurs aux autres et qui aiment faire mordre la poussière aux plus faibles.  « Le lycée, c’est les meilleures années scolaires de notre vie, ma mère m’a dit. Je la crois. Peut-être que ça sera cool. » Lycée signifie bande d’amis, fêtes… Et même si c’était pas trop son genre à Eden, il avait hâte d’en sortir. Le collège, c’est bien trop immature, débile pour lui. Il veut quelque chose de grand, quelque chose d’important et d’intéressant.

« Heureusement qu’il y en a qu’un seul… t’imagines si on était plusieurs, hein ? Remarque, ça m’aiderait à te supporter, ça serait plus facile. » Il riait. Et s’il y avait plusieurs Odessa ? Non. Vaut mieux pas imaginer, il aurait dû mal à toutes les supporter. Ça serait HORRIBLE. Bon, il a essayé de le cacher mais ça l’a quand même fait rougir ce qu’elle a dit. Il était unique, il n’était pas comparable aux garçons du collège… « T’as raison… t’as raison. » Il lui avait juste répondu, hochant la tête en attrapant un énième gâteau pour le mettre directement dans sa bouche. Il n'était pas amoureux d'elle, ce serait stupide. Les garçons avaient beau lui courir après, il savait qu’ils voulaient pour la plupart sortir avec elle. Mais Odessa n’est pas une proie facile, et tant mieux. Parce que même si Eden ne l’a jamais vue avec un garçon, il sait qu’aucun garçon ne pourrait être assez doux avec elle. Personne ne serait assez bien pour elle, personne ne la mériterait. « De toute façon, y en a aucun qui te mérite. Tu fais bien de pas leur parler… » Si elle leur parlait, peut-être qu’elle se désintéresserait de lui, qu’elle le laisserait tomber. C’est l’une de ses plus grandes peurs. Déjà qu’il ne parle pas à grand monde, alors si en plus il perd la fille avec laquelle il est ami depuis bébé… Il ne s’en remettrait pas.

Les adultes ont beau être des problèmes, ils ne sont pas pour autant remplaçables, pas quand on est jeunes, qu’on a pas d’argent et de logement. Il faut qu’ils soient là pour nous éduquer, pour nous apprendre la vie même si parfois, faut avouer que c’est trop compliqué. Il riait en regardant Odessa réfléchir comme si elle avait en tête de mettre ce projet en place. C’était pas une mauvaise idée, c’était juste pas complètement opérationnel. « Ma mère a beau être cool quand t’es là, parfois, c’est une vraie plaie… Comme toutes les mères. » Ouais, il savait qu’Odessa appréciait beaucoup sa mère, mais c’était pas elle qui la supportait tous les jours. Quand il ne fait pas ses devoirs, quand il prend trop de temps sous la douche, quand il est en retard en cours… « Ça se voit que tu l’as jamais vue en colère. Parfois, elle me fait vraiment peur… » il lui avouait en blaguant, lui donnant un gentil coup d’épaule. Odessa, il adore l’avoir chez elle, passer la nuit à regarder des films avec elle, parler jusqu’à pas d’heure de choses profondes, sensibles. Avec elle, il a ce genre de moments qu’il n’aurait jamais espéré avoir avec qui que ce soit. Aujourd’hui, il la voit comme étant plus qu’une amie. Odessa, sans elle, il serait perdu, il ne parlerait à personne, serait seul. « Tu sais que tu peux venir quand tu veux de toute façon… Ma mère s’en fiche. Surtout que c’est pour une hyper bonne raison. J’ai jamais vécu avec le diable, mais ça doit être dur… » Il lui a fait un clin d’œil, elle avait déjà utilisé ce nom pour décrire Anna. « T’imagine ? On te ferait une chambre aménagée rien que pour toi, on se verrait matin, midi et soir... » Qu'est-ce que ça serait bien.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: never been the best at letting go (eden)   Ven 16 Juin - 17:17


never been the best at letting go
- eden & odessa -

Il a raison, Eden. Tu le sais bien, qu'il a raison. Les amis ne se mentent pas. T'as envie d'en parler, vraiment, t'as envie de te laisser aller, de tout lui raconter. Tu sais que tu pourrais lui dire que tu t'en veux. Tu pourrais lui dire qu'à la maison, c'est de pire en pire. Tu pourrais lui dire qu'Anna en pince pour ton père (et que c'est peut-être réciproque). Tu pourrais lui dire que t'as peur que ta mère ne revienne pas. Tu pourrais lui dire mille et une choses, en fait. Mais y a rien qui sort. Tu soupires. Tu sens sa main se poser sur ton dos et tu souris tristement. Ce simple geste, ça te rassure. T'ouvres la bouche. Tu ne sais pas par où commencer. Les pensées se bousculent dans ta tête. Y a trop de trucs, Odessa, c'est le bordel, ça va trop vite pour toi. Y a trop. Alors le seul truc que t'arrives à dire, c'est : « Tu ferais quoi si ta mère s'en allait, comme ça, du jour au lendemain ... ? » Tu regardes au loin. T'oses à peine croiser le regard d'Eden parce qu'enfin, t'oses en parler. « Tu ferais quoi si ... » Ta voix se perd. Tu déglutis. T'as pas envie de finir ta phrase. T'as pas envie d'entendre la fin. T'as pas envie d'entendre de réponse non plus. Tu sais pas ce que t'attends de cette foutue conversation de toute façon. Peut-être que tu devrais partir. Peut-être que tu devrais juste rentrer chez toi et oublier que tout ça a été dit. « Si elle ... Si elle ... » Tes pieds sont scotchés au sol. T'as pas la force de te lever maintenant et puis, au fond, tu sais que ce n'est pas en rentrant chez toi que ça ira mieux. Tout ce qu'il te reste à faire, c'est parler. Ou au moins, essayer de. « Et si tout est de ta faute, tu ferais quoi ? » que tu finis par lâcher. T'as du mal à avaler ta salive après ça. C'est comme si cette phrase avait asséché toute ta gorge et que parler après ça était impossible. Evidemment tu ne parles pas de lui, mais de toi. T'as l'impression que si ta mère n'est pas là aujourd'hui, c'est peut-être à cause de toi. T'as la sensation d'être responsable et d'en même temps ne pas en connaître la raison. C'est confus. Comme si t'avançais dans le noir. C'était pas du tout prévu que tu déballes tes sentiments comme ça. Tes mains sont moites, tu agrippes le bord du banc. T'as pas l'habitude. Du coin de l’œil, t'oses regarder Eden, mais tu détournes le regard directement après. C'est stupide. T'es stupide, Odessa. Tu te passes les mains dans tes cheveux courts en te mordillant la lèvre inférieure. Tu sais plus quoi penser de tout ça. Y a tellement de choses qui ne vont pas. Eden, Octavia, Lauren et Lloyd aussi, c'était comme des vacances, loin de la réalité. Puis il a fallut que tu ramènes tous tes ennuis là où tu te sentais en sécurité. Tu secoues la tête lentement de droite à gauche. « Je ... » Tu voudrais effacer ces quelques dernières minutes de conversation. « Je ... J'aurai pas ... » Remonter le temps. « Oublie tout ça. » Ou effacer la mémoire d'Eden. « J'aurai pas du, pardon. » Mais t'as pas un de ces héros Marvel. T'as pas de super pouvoirs. T'es pas super cool ... Non, toi, t'es juste Odessa.

Le brun, il t'explique ce qu'il s'est passé le weekend dernier et tu ne peux t'empêcher d'éclater de rire. En voyant le visage de ton ami, tu tentes de regagner un peu de sérieux. « ... Pardon », que tu articules entre deux sourires. T'aurais pas du rire, mais c'était plus fort que toi. En fait, t'imagines la scène du petit-déjeuné et tu sais que si t'avais logé chez les Hamilton ce jour-là, t'aurais sans doute pas ri du tout. En vérité, ça aurait sans doute été encore plus gênant si tu avais été là. Sa mère aurait présumé que vous vouliez le faire ... à deux ... Eden et toi. Toi et Eden ... Et ton père en aurait entendu parler et ... Oh, le malaise. Ton sourire s'efface. « Promis, quand je les retrouverai, on se vengera ! » que tu annonces, pleine d'espoir. T'as absolument aucune idée de ce que tu vas faire pour ça, mais t'es certaine qu'ils vont s'en mordre les doigts, qui que ça soit. C'est comme ça depuis toujours et c'est pas près de changer. Depuis la première fois où tu as du le défendre, tu t'es fait la promesse de toujours le faire, jusqu'à ce qu'il sache le faire tout seul, un jour. Sauf que ce jour-là n'est toujours pas arrivé et honnêtement, t'aimes bien ton rôle. Tu détestes qu'il s'en prenne plein la figure à chaque fois, t'as horreur de ça. Et si t'étais une héroïne, tu les bannirais vos vies ces mécréants, mais t'es contente d'être celle vers qui Eden se tourne quand ça lui arrive. Est-ce que c'est ... bizarre ?

Tu hausses les épaules à la réflexion de ton ami. Le lycée ... Ça semble tellement proche et tellement lointain en même temps. T'as l'impression que c'est un peu trop tôt d'y penser maintenant alors que tu ne sais pas si ta mère rentrera demain ou non. Tu viens de te rendre compte de quelque chose, Odessa. T'aimes pas trop les changements, toi. Si ta famille avait pu rester unie jusqu'à la fin des temps, t'aurais préféré ça (évidemment !). Si ça peut continuer d'être Eden et toi contre le reste du monde, tu diras pas non. Si c'était la routine tous les jours, tu ne penses pas que ça te dérangerait tant que ça. T'as hâte de sortir du collège et d'être entourée de personnes plus intelligente que Brutus, mais t'as peur que ça change pas mal de choses. Il y a plus de chances, au lycée, que vous ne soyez plus dans les mêmes classes, voire que vos horaires soient carrément opposés. Il y a des chances qu'Eden se trouve d'autres amis aussi. Ça sera peut-être plus pareil entre vous quand vous serez au lycée. Tu poses ton carton de jus vide sur le banc. T'as déjà trop parlé de tes peurs et de tes inquiétudes aujourd'hui, c'est inutile d'en rajouter une couche. Tu souris tristement en te tournant vers la plaine de jeu.

« Hey ! » Tu te retournes vers Eden, en faisant mine de bouder. « T'insinues que je suis chiante, c'est ça ?! » Ta moue s'efface pour laisser place à un sourire. Voilà, c'est pour des petits moments comme ça que t'as peur que le lycée vous éloigne. Ça fait peur quand même, de grandir. Il y a des choses qui arrivent et qui sortent de nulle part, des choses qu'on avait pas prévue du tout, des choses qu'on ne voyait pas comme ça. Et puis, tu te dis que tu commences à penser autrement. Avant, tu t'en fichais de tout ça, tu vivais ta vie et c'était très bien. Maintenant, il y a des petits détails qui te font réfléchir longtemps. Trop longtemps. T'aimerais arrêter le temps, juste maintenant. Ou plutôt, tu voudrais remonter le temps, un an et demi, c'est suffisant. Et puis de là, tu arrêterais le temps pour vivre dans cette boucle temporelle. « Ah ouais ? Donc tu penses que toi, tu mérites de me parler ? » Tu lèves un sourcil en souriant. Tu le taquines. Tu penses pas trop aux garçons, ils sont tous stupides. Il y en a des mignons, mais ils sont quand même assez idiots. Le pire, c'est que ceux qui viennent te parler font souvent partie de ceux qui ennuient Eden. Il est totalement hors de question que tu traînes avec l'un de ces primates. Ils sont sans doute jaloux que tu passes autant de temps avec le Hamilton et pas avec eux, mais ça t'importe peu. Tant qu'ils continueront leurs bêtises, tu sais qu'ils ne méritent pas ton attention. De toute façon, aucun gars de ta classe ne t'intéresse vraiment.

Partir et abandonner tout et tout le monde. Ça semble familier comme idée. Puis ça te frappe. Tu sais d'où ça vient. Telle mère, telle fille, apparemment. T'imagines mal Octavia s'enfuir comme ça. Tu sais qu'elle ne le ferait pas. En plus, sans son père dans les parages, elle ne laisserait jamais Eden seul. « Je te jure, c'est l'horreur. Je suis sûre que c'est une réincarnation de Satan. » Tu plisses le nez de dégoût. Anna, c'est une sorcière. Ça se trouve quand personne n'est là, elle lance des incantations vaudou sur la maison. Ça ne t'étonnerait même pas, ça ! Peut-être même qu'elle fait des sacrifices de petits animaux pour faire en sorte de garder les bonnes grâces de ton père. T'en sais trop rien, mais t'es certaine que cette rousse est louche. Puis elle doit pas avoir d'âme, en plus. « Tu devrais la voir devant mon père, à battre des cils comme une débile. A croire qu'elle essaie de le ventiler, t'sais. » Tu lèves les yeux au ciel. Sérieusement, cette fille, tu te demandes toujours ce qu'elle fout chez toi. Mais la seconde option est très tentante. Emménager chez les Hamilton, avoir ta propre chambre, être scotchée à Eden plus que tu ne l'es déjà. Ça te fait sourire, cette idée. C'est apaisant, dans le fond. « Ça serait trop trop trop bien ! » Ton sourire s'élargit. Ça te plairait vraiment de pouvoir déménager chez Eden, à défaut de pouvoir quitter le pays comme ta mère, c'est une bonne solution. « On aurait pas besoin de bouger tout le temps parce que chez toi, ça serait chez moi et chez moi, ça serait chez toi ! » Tu peux en rêver jusqu'aux étoiles des choses comme ça, mais t'es bien consciente que ça n'arrivera pas. Ton père n'acceptera jamais que tu ailles loger chez d'autres, surtout en sachant que tu ne reviendras peut-être jamais à la maison. Puis, tu serais sans doute un poids en plus pour Octavia. Tu hausses les épaules. C'est beau de rêver. « Tu sais ... Par rapport à ce que je disais tout à l'heure ... » Tu repenses à la remarque qu'Eden a faite sur sa mère, même si c'était pour rire. Tu te rassieds sur le banc en regardant les enfants qui sont un peu plus loin. « Elle est peut-être pas toujours 100% sympa, ta mère, mais au moins, elle est là. » Quand tu dis ça, on dirait que tu parles d'une personne morte. C'est peut-être un peu comme ça que tu le prends, au fond. Ta mère a disparu et elle ne revient pas. T'as aucune idée de quand elle pointera le bout de son nez vu que ton père vous a simplement dit qu'ils avaient encore besoin d'elle là-bas, à des milliers de kilomètres de toi. Tu ne dis pas ça pour reprocher quoi que ça soit à Eden, il n'y peux rien si ta mère est partie du jour au lendemain. Il n'y peut rien si elle a promis d'être de retour après un an (ce mensonge !). Il n'y peux rien si elle n'est toujours pas à Monterey. Mais tu te dis qu'Eden a de la chance d'avoir l'option de voir ses deux parents quand il le veut. (Même s'il doit se cacher pour voir son père.) Toi, tu ne peux pas aller jusqu'en Afrique pour retrouver ta mère. De toute façon, même si tu pouvais, t'es pas certaine que tu le ferais. T'es tiraillée entre cette envie de la détester amèrement et de lui en vouloir jusqu'à la fin de ta vie ou de la ramener à la maison en la tirant par le bras telle une enfant de trois ans.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: never been the best at letting go (eden)   

Revenir en haut Aller en bas
 
never been the best at letting go (eden)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Chris eden (ex G-squad)
» [Eden] escarmouche post apocalyptique
» [EDEN] Tournoi à l'escargot rouge le samedi 20 novembre
» [Steinbeck, John] A l'est d'Eden
» [Eden Team] You Know What ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: bury the evidence. :: archives rp-
Sauter vers: