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 t'as la mine du désespoir. (octavia)

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Amaël Cohle

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avatar : gaspard ulliel.
crédits : ΛLDEBΛRΛN
multinicks : donovan, le dindon de la farce.
ɷ statut : retombé brutalement sur terre, plus triste que jamais.
✎ métier : artiste connu et reconnu qui commence doucement à se lasser des pinceaux.
✌ age : trente-deux ans, ange déchu.

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post-it sur le frigo: rajouter un kinder dans le sac à goûter d'Améthyste.
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MessageSujet: t'as la mine du désespoir. (octavia)   Lun 5 Juin - 0:04

Il a eu besoin de déposer Améthyste chez sa mère pour ne pas finir avec plus d'alcool dans les veines que de sang. c'est son truc à lui, ça, boire un peu trop et finir tellement assommé que sa propre fille se retrouve à passer la nuit sur le canapé parce qu'il a oublié d'aller la border et de lui raconter quelques histoires. Amaël le papa défectueux, l'erreur de la nature à qui l'on a donné une pauvre môme encore trop naïve pour se rendre compte que son père n'est rien de plus qu'un raté qui se cache derrière son art et toutes ses idées délurées. Est-ce qu'il va tenir le coup seulement ? Même pas trois ans qu'il se doit de la maintenir en vie, de l'aimer et de la faire évoluer qu'il est déjà complètement lessivé. Sa mère a bien lu dans ses yeux délavés que quelque chose se passait mais elle ne lui a rien dit, n'a pas essayé de lui faire la morale comme n'importe qui le ferait.
Peut-être qu'elle est trop gentille.
Ou alors trop compréhensive.
Ou juste naïve, persuadée que son fils changera pour devenir une personne mature.
Mais mince, il a déjà plus de trente ans et si peu de plombs dans le crâne. Amaël est l'une de ces âmes aux rêves si forts qu'ils finiront par le perdre. Même là, en conduisant, son esprit n'est pas connecté. Son corps n'est qu'une façade, un tas de chair et de muscles qui font semblant d'être quelqu'un mais qui n'a cesse de se liquéfier un peu plus chaque jour. Tu fais quoi Amaël ? Sa raison lui murmure ces quelques mots alors qu'il se rend inévitablement, non, instinctivement jusqu'à chez Octavia. C'est chez elle qu'il a besoin d'agoniser ce soir, chez elle qu'il viendra se perdre en laissant tout derrière lui. Parce qu'il sait qu'une fois la porte d'entrée fermée derrière lui, il abandonnera sa vie pour se perdre dans leurs souvenirs communs. Ils ont traversé tellement de choses ces deux là qu'il se demande comment ils peuvent être encore là, comment leur amour a bien fait pour ne pas céder aux vagues déchaînées qui s'écrasaient sur leurs cœurs déchirés.

Il sait même pas si elle sera là ce soir mais son instinct parle pour lui, c'est à cause de ça s'il toque avec autant de confiance, s'il n'attend pas qu'elle lui ouvre pour rentrer à l'intérieur. Amaël et son manque de politesse, son côté sans gêne parfois si déroutant ; ça lui colle à la peau. Il a le regard des mauvais jours, les yeux-détresse qu'il portait lorsque Antigone l'avait abandonné, lorsqu'il s'était réveillé avec l'envie de fuir, lorsqu'il avait supplié Octavia de partir avec lui. Plus il avance vers elle, plus les souvenirs remontent à la surface, toxiques et pourtant si tendres à la fois. Ses bras s'ouvrent délicatement alors qu'il la voit, plantée dans sa cuisine, Eden certainement dans les parages lui aussi. Comme à chaque fois qu'il la voit, Amaël est obnubilé par elle, à croire qu'il ne l'a plus vu depuis une éternité. Oh mon amour. Qu'il lâche, soulagé de pouvoir enfin la serrer dans ses bras. Il profite de cet instant pour inspirer son odeur, fermer les yeux et profiter de ce moment jusqu'au plus profond de ses sentiments. C'est qu'il l'aime Octavia, tellement qu'il pourrait céder au plus grand désespoir s'il venait à la perdre. Il le lui a d'ailleurs répété plusieurs fois durant ces soirées où l'alcool le terrassait d'une tristesse incompréhensible 'j'espère mourir avant toi parce que la vie serait si fade sans toi'. Enfin, Amaël se détache légèrement d'elle, juste assez pour admirer les traits de son visage, les aimer comme au premier jour. Si l'on devait donner un nom à l'une de ses addictions les plus fortes alors on la nommerait Octavia. Est-ce que la créature la plus fantastique de cette ville accepterait de me laisser passer la soirée avec elle ? Il demande Amaël mais dans ses yeux on peut lire que c'est une supplication. Lorsqu'il remet tout en doute comme aujourd'hui, c'est toujours vers elle qu'il se tourne. Il est comme un chat tamponné par une voiture ; il revient vers la seule personne à qui il a toujours montré la moindre égratignure.
Il ne lui dit pas à voix haute mais ça crève les yeux qu'il a besoin de fuguer de sa propre vie.

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MessageSujet: Re: t'as la mine du désespoir. (octavia)   Lun 5 Juin - 2:01


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We have no past we won't reach back, keep with me forward all through the night. And once we start the meter clicks and it goes running all through the night. Until it ends there is no end. ~ Sleeping at last - All Through The Night.


Des échos lointains d’euphorie alcoolisée. Y’a ce type là-bas à l’humour gras, cet autre qui cherche comment les déloger, cette fille qui se demande s’il va daigner l’inviter. Tu observes la scène habituelle derrière ta longue rangée de cils, curieuse mais froide, spectatrice d’un chaos à venir tu continues de prendre quelques clichés des musiciens tout en sirotant ton cocktail du bout des lèvres. T’es venue te planter là pour assister à un concert de rockabilly, ton sourire s’évaporant au rythme de la musique, le huis-clos te rappelant la réalité de la situation. Fuir l'habitacle pour se perdre parmi des notes de musique, une foule d'étrangers autrement plus rassurant que le silence de tes couloirs. T’es restée là un bon moment, peut-être une heure. Ou deux. Penchée au-dessus du comptoir, t’entendais les rires se planter dans ton dos. T’étais bien trop vielle pour être si désabusée, trop jeune pour être si vielle. Rangeant ton appareil dans ton sac d’un coup sec tu déposes un billet pour ta conso avant de quitter l’antre de la débauche d’un pas pressé, distraite tu penses à faire quelques emplettes d'alcool et t’engages dans ta rue la mémoire voguant à des jours oubliés. Seul le silence et la pleine lune accompagnent ta marche, les nuages trempent dedans comme d'incroyables tartines bleutées. On dirait des morceaux d'océan coagulés dans le ciel. Le palpitant gonflé sous la nostalgie tu te faufiles jusqu'au perron, l'impression désagréable d'être observée. Tu guettes les ombres se dessinant à la lumière des réverbères, la nuit la ville change de couleurs et de sens. T'en viens à imaginer le moindre craquement de feuille comme une menace nouvelle. A peine as-tu passé la porte que le téléphone se met à sonner, provoquant aussitôt un coup d'oeil hésitant dans sa direction, tu te diriges d'un pas lent tes doigts accrochant un combiné que tu considères comme une arme fatale. La voix de ton fils résonnant à l'autre bout du fil te rassure, un soupir de soulagement quitte tes lippes glacées « Dois-je te rappeler que tu as cours demain... Tu es sûr que ça ne dérange pas Julian? Bon.. Ok.. embrasse Odessa pour moi. » raccrochant tu dois bien admettre que tu n'as pas été difficile à convaincre, quelques supplications ont eu raison de tes bonnes résolutions de mère responsable, cédant à ton fils avec une aisance ridicule. Rangeant la bouteille de Chardonay au réfrigérateur tu entreprends ensuite de te commander des plats chinois lorsque le téléphone se met de nouveau à résonner, distraitement tu le portes à ton oreille les yeux toujours rivés sur le menu du restaurant « Allo? » pour seule réponse un silence gênant t'arrache à ta lecture « A-Allo? » l'angoisse reprend ses droits au fond de ta gorge, la respiration familière continue de souffler à ton oreille mais tu ne laisses pas à ton interlocuteur anonyme d'avantage de temps pour son petit jeu tristement quotidien. Le syndicat des muscles tétanisés se manifeste. D'abord sourdement, puis les os se mettent à craquer. Et tes nerfs se sont tendus si fort que tu sais que cette nuit encore t'en perdras le sommeil. Raccrochant à toute hâte le répit n'est que de courte durée, la sonnerie retentissant encore et encore sans sembler se lasser, refusant de te prêter une fois de trop à ce ballet malsain tu débranches l'appareil, tirant d'un geste brusque sur le fil. Des bruits de pas attirent ton attention vers l'entrée, quelques secondes suffisent à te faire reconsidérer la question d'aller demander un flingue à Jeff, instinctivement tu te munies du couteau à viande dans le premier tiroir. Tu t'attends d'une seconde à l'autre à voir débouler ton mystérieux harceleur, fixant ta porte d'entrée à l'affut du moindre mouvement lorsque celle-ci s'ouvre à la volée ton coeur rate un battement, tu crois un instant défaillir sur place sursautant sous le choc. « Bordel de merde Amaël !» tu jures entre tes dents planquant le couteau derrière un coussin, rassurée par sa visite imprévue t'essaye de reprendre tes esprits, ta poitrine se soulève trop vite  de cette frayeur passagère. T'accueille son étreinte avec empressement, te jetant presque à son cou pour y respirer l'odeur sécurisante de sa lessive « Je te dirais bien de te servir de la porte pour frapper la prochaine fois mais à quoi bon? » tu sais pertinemment qu'il oubliera bien vite cette recommandation et te refera le coup d'ici trois jours, de toute manière ça n'a jamais été comme ça entre vous. Vous ne vous encombrez pas de ce genre de fioritures, fausses politesses qui érigent des murs entre le commun des mortels. T'as envie de lui dire ton amour et ta reconnaissance, beaucoup de mots se bousculent sur ta langue, mais ils refusent de franchir le seuil de tes lèvres. Il te reste tes bras, alors tu tentes de faire passer ce message en le serrant contre toi de toutes tes forces. Il s'éloigne tout juste mais tes doigts graciles restent accrochés au pan de son t-shirt, t'en mets du temps à lâcher prise telle une gamine refusant de briser le lien, et puis tes yeux tombent les siens et tu comprends qu'il n'est pas plus paisible que toi ce soir. Si l'inquiétude tirent tes traits la morosité allume les siens, une lueur maussade s'est nichée dans son iris celle que tu ne connais que trop, la douleur des mauvais jours qui vient jouer de son palpitant et que tu tentes de rabibocher à force de quelques berceuses. Ses soupirs transpirent l'alcool et un sourire compréhensif étire tes lèvres, « Il faudra que tu me la présentes mais saches que si elle refuse ma modeste demeure t'est ouverte pour venir t'y échouer. » la certitude de le savoir à tes côtés jusqu'à l'aube t'aide à retrouver contenance, l'invitant à s'asseoir tu files vous chercher deux verres pour y préparer des cocktails. Certains surveilleraient sa consommation, penseraient qu'il n'est pas raisonnable qu'il continu de s'alcooliser mais tu n'as jamais été raisonnable, tu préfères de loin noyer vos problèmes au fond de la liqueur et t'illusionner à ses côtés sur vos échecs respectifs. Il est venu pour retrouver ce que vous souhaitez retrouver à chaque fois. Cette technique que vous avez inventé, celle de boire les étoiles au goulot pour bloquer la machine temporelle. Flouter le passé et le futur quelques heures pour se poser dans l'hyper-présent avec du whisky déguisé en coca, du rhum caché dans des feuilles de menthe. Laisser vos démons cavaler à travers les bulles, pieds au plancher comme l'hiver dernier. Tu ne penses qu'à une chose : retrouver un autre temps. Celui d'avant l'explosion de la centrale à rêves. Avant le tremblement de tête, avant les attentats à répétition. Quand vous fabriquiez des fusées sans ceintures de sécurité. Quand vous chevauchiez jusqu’à ce que la nuit fonde pour laisser le jour étirer ses grands bras de lumière. Avant est un pays magique. « J'allais me commander chinois coche moi ce que tu veux. » lui tendant le menu tu poses son verre face à lui puis agrippes le tien en trouvant place à ses côtés sur le sofa « Tu sais, je songe à t'installer une chambre ici. Avoue que ce serait un gain de temps. » souffles-tu entre deux éclats de rire, tu emploies le ton de la plaisanterie bien qu'en réalité cette idée ne soit pas si farfelue, tu exècres te retrouver seule dans cette grande baraque. Le porte-manteau se transforme en étranger et les miroirs en traitres, le moindre grincement te plancher t'arrache un gémissement fébrile. « Ca ne me déplairait pas d'avoir Améthyste dans le coin. » ses rires de gosse brisant l'atmosphère horrifique tissée par le silence, tes mots deviennent murmures et tu t'empresses de ravaler tes délires. Tu te redresses à la recherche du paquet de clopes convoité, incendiant tes doutes au briquet, tu lui lances un regard amusé face à sa bouille mélancolique, un nuage de fumée se dissipant autour de vous « T'as toujours eu l'alcool triste.. et ça m'a toujours fait rire. » c'est tout à votre image, il remet ses souffrances entre tes mains quand tu le charges de te pousser à l'euphorie passagère.


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Amaël Cohle

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MessageSujet: Re: t'as la mine du désespoir. (octavia)   Lun 5 Juin - 14:16

Il parle beaucoup Amaël, tout le temps, pour un oui et un pour un non. Une fois qu'il se sent bien avec la personne, c'est comme si quelque se débloquait en lui d'un seul bloc, que les vannes de son cœur s'ouvraient pour laisser ses sentiments s'écouler sous forme de mots. Il aime ça, l'artiste, parler de comment il a trouvé l'inspiration, de sa façon de traiter ses pinceaux et ses toiles. Il lui arrive aussi de décrire Antigone, la façon avec laquelle il pouvait l'aimer sans se poser de questions, sans chercher à lui en vouloir de ses défauts parfois si douloureux. Amaël et les mots, grande histoire d'amour qui dure depuis des millénaires. Il a commencé à parler très jeune, à croire qu'il était pressé de montrer au monde ce qu'il avait dans la tête. Et pourtant, au milieu de ces champs de mots, de ces pluies de phrases, de ces ciels de métaphores il n'a jamais su parler d'Octavia. Octavia dont un regard pourrait suffire à le mettre en transe. S'il ne décrit pas ce qu'ils vivent tous les deux c'est parce qu'il sait que les mots pourraient affaiblir leur lien, porter préjudice à la beauté de leur fusion. Parfois, il arrive que les silences soient plus beaux que les paroles, ces brutes qui mettent les pieds dans le plat à tout va. Le corps échoué contre celle de son amie, il n'aurait envie d'être nulle part ailleurs. Il peine à se détacher pleinement d'elle, à lui rendre son apparence de femme parce que calé contre son torse, Octavia est cette âme qu'il aime sans retenue depuis un petit bout d'éternité. Le temps devient toujours une notion étrange lorsqu'ils sont ensemble, comme si le monde entier se mettait au travail pour construire autour d'eux une bulle délicate et hors du commun.

Le souffle coupé, Amaël est en train de faire la planche dans le lac de ses émotions fragiles. Il pourrait nager jusqu'à la rive pour retrouver un semblant de bonheur, quitter ce cercle alcoolisé et désespéré dans lequel il aime plonger de temps en temps. Octavia se dessine comme une apparition divine dans le ciel grisé de sa soirée en solitaire. Il a la sensation que ses bras pourraient être aussi confortables que du coton mais le grand termine par prendre place sur le canapé tout en l'écoutant. Le son de sa voix lui rappelle de si bonnes choses qu'il se sent plus léger que jamais, porté par le courant de leur amitié. Tu devrais être moins dure avec toi-même tu sais. Amaël sait comme cela peut parfois être difficile de s'estimer, de s'aimer un peu mais quand il regarde Octavia, tout ce qu'elle dégage pourrait lui crever les yeux. Elle est cette lumière réchauffante que l'on trouve dans un cauchemar ou dans une situation difficile ; parce que quoi qu'on puisse en dire, l'espoir subsiste toujours. Ce même espoir qui nous fait nous lever chaque matin et affronter la vie même si celle-ci nous tombe sur la tête. Celle de son amie n'a pas hésité à la faire souffrir mais elle est toujours là, debout dans sa grande demeure parce qu'après son divorce, une bouée de sauvetage lui a été jetée. Peut-être est-ce Eden ? Et même un peu Amaël ? Oui, pourquoi pas, ça l'aiderait à se sentir mieux de savoir qu'Octavia avait continué à se battre pour lui. Ses mains se tendent délicatement alors qu'il attrape le menu pour cocher ce qui pourrait lui faire plaisir. L'artiste ne prend pas grand chose, il a toujours eu un appétit d'oiseau comme lui disait sa mère. La nourriture n'a jamais été un réel plaisir, seulement une nécessité alors le voilà, qui se contente du minimum. De temps à autre, il fronce les sourcils pour essayer de lire les écritures trop petites pour sa vue défaillante. Une fois de plus, Amaël a laissé ses lunettes derrière lui, tout juste s'il sait où elles sont. Une fois fait, l'artiste lui rend le morceau de papier tandis qu'il redresse ses yeux étoilés vers elle.

Je pense que tu me mettrais à la porte au bout d'une semaine. Peut-être deux ? Tu as toujours eu une patience légendaire. Un sourire se dessine sur ses lèvres alors qu'il attrape son verre pour en boire une gorgée. Son cœur se pince un instant parce qu'il sait bien qu'Améthyste aurait autant que lui envie d'être ici. Mais à la place de ça, le papa honteux l'avait balancé chez sa grand-mère sans essayer de demander son avis, trop égoïste pour pouvoir la supporter pour la soirée. Quand j'étais plus jeune, je pensais qu'on finirait notre vie ensemble dans une maison de ce genre. Améthyste serait un enfant de notre sang et voudrait devenir comptable juste pour ne pas suivre notre chemin. Cette pensée lui décroche un rire tandis que ses doigts jouent nerveusement avec le verre qu'il tient. Je crois que l'alcool enlève le masque que l'on pose sur notre cœur pour nous montrer sa couleur et ce qu'il vaut vraiment. Le mien doit être une éponge gorgée de larmes. C'est pour ça que je suis si morose. Amaël hausse les épaules, lâchant un soupir avant de prendre une autre gorgée, fixant de ses pupilles sombres la fumée se dégager de la clope et s'évanouir dans l'air. L'une de ses mains ose se détacher du verre pour aller chercher celle d'Octavia et lier ses doigts aux siens. Il a toujours été tactile Amaël, encore plus avec elle, comme si sentir la chaleur de sa peau contre la sienne pouvait être vital. Où est Eden ? ne me dis pas qu'il est chez sa petite copine, ça me donnerait un sacré coup de vieux. Il lui sourit tandis qu'il  balance cette phrase sans réellement réfléchir. Il a remarqué l'absence du petit alors, l'artiste se décide à prendre des nouvelles avant d'être trop alcoolisé pour avoir la moindre pensée logique.

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MessageSujet: Re: t'as la mine du désespoir. (octavia)   Lun 5 Juin - 16:44


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Au contraire, il est nécéssaire d'être si dur envers soi-même pour ne pas se laisser aller à la facilité et à la complaisance. Pour seule réponse tu lui adresses un sourire entendu avant de disparaître derrière un éclat de rire. Tu n'as jamais cédé à un orgueil déplacé, te contentant d'une fierté raisonnable pour accompagner ton quotidien pourtant avec les années celle-ci s'est effritée, quelque peu rayée par les aléas de la vie à deux. Le désir a coulé de ses doigts jusqu'à d'autres et si tu clames ta rancune tu refuses d'avouer le doute qu'il a lentement insinué en toi. Parce qu'on t'a souvent dit qu'au bout d'un certain temps, la passion devient « autre chose », de plus solide et plus beau. Que cette « autre chose », c'est l'Amour avec un grand A, un sentiment certes moins excitant, mais aussi moins immature. En grandissant t'as accepté le fait de t'en contenter, de croire à ces maigres consolations qui n'ont existé que pour te cacher à la réalité. T'aimerais être bien clair, cette autre chose t'emmerde, tu laisses cet amour là aux paresseux, aux découragés, aux gens « mûrs » qui se sont engoncés dans leur confort sentimental. Tu ne souhaites pas créer une femme nouvelle pour autant, tu cherches à te retrouver. Retrouver la petite fille qui voyait tout, qui n'était pas dupe, qui avait compris, trop tôt, comment la vie marchait. Toute cette violence précise, cette clairvoyance, cette audace incroyable qu'il t'a enlevé comme on déshabille une poupée. Avec Amaël tu sens la couche de fatalité se désintégrer à mesure que les mots franchissent ses lèvres, tu ne peux t'empêcher de te demander à partir de quel âge devient-on bonne à jeter ? Y-a-t-il une date officielle comme sur les yaourts ? Qui décide ? Le regard des autres qui vous ratatine en pomme ridée ou le désir qui se retire et sonne le clairon de la retraite ? A ses côtés tu ne t'es jamais sentie comme quelque chose de périssable, comme si le temps se figeait, se moulait à vos moments de vie pour s'adapter à vos frasques, c'est pas seulement l'art de manier un crayon, ton ami sans jamais le réaliser a toujours su tirer des autres une perspective nouvelle. Faire ressortir quelques paillettes de derrière les paupières, dessiner des sourires de princesse sur des visages éteints, t'es persuadée que seule sa gamine s'en est rendue compte, réalisant que son père était un magicien. Toi, dès votre première rencontre tu l'as su, le regard rivé sur un calepin se croyant seul à voir sans être vu. Tu lui as toujours fait croire à Amaël qu'il avait été le premier, à forcer le destin pour parfaire votre rencontre, croquant tes rires sur du papier recycler, une serviette de table, un dessous de verre. La réalité c'est qu'à peine tes lèvres déposées sur ta part de tarte à la myrtille tu l'as remarqué dans le coin, derrière la vitrine, la tête mangée par un mug géant. Longtemps tu t'es amusée à le voir chercher cette attention que t'avais pourtant si fort essayé de lui dérober. Oui, il a pris quelques cours de sorcellerie rose avec un illusionniste, mais uniquement dans le but de t'atteindre toi. Voulant te séduire sans que tu le prennes pour un séducteur. Le dosage délicat. En véritable magicien t'as à peine eu le temps de souffler que déjà tu t'émerveillais de ses tours de passe-passe, aujourd'hui encore il parvient, tu ne sais pas comment, à rester si pure dans les situations les plus dégradantes que t'as parfois envie de te mettre à genoux devant lui. « Ou alors c'est toi qui claquerais la porte ! » admets-tu un rire cristallin s'échappant de ta bouche, t'es persuadée qu'au fond Amaël il n'est pas fait pour une vie trop commode. Un enfant. Une maison. Une compagne. Tu lui as jamais dit mais t'es persuadée qu'Antigone le savait elle aussi et qu'elle a fuit sous couvert de fausses excuses pour échapper à l'abandon brutal qui avec les années aurait pointé le bout de son nez. Si votre relation a survécu au temps c'est parce que vous vous êtes toujours interdit de tomber dans les travers des autres, croyant que l'impossibilité d'un « vous » le fait exister dans un monde parallèle. S'il désire avec ardeur le retour de sa douce c'est précisément parce qu'il pressent qu'elle ne franchira plus jamais la porte. L'inatteignable se drape d'un charme qu'on ne peut imiter « Ne sois pas ridicule.. Ta fille est bien trop talentueuse pour être comptable. » à son âge on estime pas réellement le talent, tu pressens seulement que ses gênes et son éducation l'empêcheront d'être banale, avec toute l'affection que tu lui portes tu l'imagines déjà grande aventureuse découvrant des contrées que vous n'avez osé exploré, artiste de cœur si ce n'est de doigt, une tête pensante qui fera tourner en bourrique son paternel. T'emparant de ton portable tu passes votre commande toujours aussi étonnée du peu de nourriture qu'il ingurgite pour un si grand gabarie, de ton côté tu as tendance à piocher un peu de tout quitte à avoir des restes pour une semaine. Tu n'aimes pas choisir, tu préfères t'offrir le luxe de prendre une bouchée de tout ce qui te fait envie même si dans la vie comme en cuisine cela s'avère rarement judicieux. « J'ai été unie par les liens du mariage à Bren durant plus de dix ans.. Et toi tu as partagé un être de chair et de sang avec Antigone. Il m'a délaissé pour d'autres. Elle est partie sans toi. Toi et moi on a signé aucun contrat et fait aucun bébé, c'est peut-être ça notre toujours. » ses doigts viennent se nouer aux tiens et tu sais bien qu'il a compris, quand t'étais jeune toi aussi tu te plaisais à t'inventer une autre vie, d'autres circonstances, un imaginaire dans lequel il n'y aurait pas eu d'obstacles à votre relation et puis tu te reprenais bien vite jugeant de la beauté du drame qui façonnait votre entente. Tout ça te semble si loin, tout à coup. C'est comme une douleur séchée, des plaques de chagrin sclérosé, un grand soupir assourdi, et le regret, juste, de toutes les jolies choses que vous auriez pu faire et que vous ne ferez pas. « Une éponge ça absorbe tout. Tout le temps. » pas seulement les larmes, Amaël est pareil il a cette faculté à tout sentir, tout ressentir. A se laisser pénétrer par une intonation de voix, une remarque ironique, un haussement de sourcils. Il ne réussit pas à mettre de barrières entre les gens et lui. Un rien l'égratigne ou le rend heureux. Un rien l'abat ou soulève en lui une vague d'espoir et de chaleur. Parfois tu lui envies sa perméabilité. Il s'engorge, réagit et recrache. Alors que toi t'es une sous-douée du deuil. La peau à l'intérieur de ton cerveau est constellée de bleus qui ne s'effacent jamais. T'es une femme-grenier. Tu gardes tout. Si on plantait une caméra au coeur de ta mémoire, on pourrait reconstituer ta vie, comme dans un studio de cinéma. De la joie sauvage à la colère noire en passant par la fréquence d'un battement de cils, tout est intact. « En même temps, à quoi sert d'avoir tellement vécu? A émousser les sentiments? » tu soupires « Mais la douleur, elle, ne s'émousse pas. C'est étrange d'ailleurs.. l'amour s'use, mais la douleur reste vivace. Elle change de masque, mais demeure. On ne finit jamais de souffrir, alors qu'on finit un jour d'aimer. La vie est mal faite ! » rabattant tes genoux contre ta poitrine tu engloutis la fin de ton verre avant de tendre la cigarette entamée vers lui, le sujet défile jusqu'à Eden puisque vous n'êtes pas seulement deux vieux amis qui divaguent mais aussi des parents. Votre progéniture même en son absence continue d'alimenter vos conversations « Ha et moi donc ! De ce côté je pense être encore tranquille un moment vu le peu d'intérêt qu'Eden accorde aux jeunes gens de son âge. Il passe tout son temps avec ses bouquins ou se fait des amis beaucoup trop vieux pour que je ne les approuve.. » tiquant à tes dernières paroles tes sourcils se froncent jusqu'à former sur ton front la fameuse ride du lion, témoin d'une contrariété que tu ne peux nier. La dernière connaissance de ton fils se rappelle à tes pensées et tu sens aussitôt que tu vas avoir besoin d'un autre verre. Sur tous les adultes qui pouvaient croiser sa route et attiser son intérêt il a fallut que son père soit le grand vainqueur. « Je ne crois pas te l'avoir dit.. » commences-tu d'une voix hésitante, presque tremblante, tu te relèves pour lui tourner le dos cherchant jusqu'à la cuisine la bouteille de vin achetée un peu plus tôt « Son père est en ville. Son père biologique j'entends. »  remplissant ton verre beaucoup plus que nécéssaire tu te retournes pour lui faire de nouveau face, Amaël sait que c'est un de ces sujets tabous que tu adores laisser de côté. T'as jamais été sûr qu'Eden était de Bren, en fait, t'as toujours su au fond de toi qu'il était de Danny, cet homme que tu évoques si rarement et dont ton ami connait à peine le prénom. « Quatorze ans que je ne l'ai pas vu et voilà qu'il débarque de nulle part. Je l'ai croisé au festival des baleines l'autre jour.. J'ai cru que j'allais lui vomir dessus. » réduisant la distance entre vous tu te rassois en face de lui cette fois-ci, au bord de la table basse ta main se posant sur son genoux tu recherches un brin de contact sensé te rassurer. Tout ce que tu vois se sont vos problèmes d'adultes trop longtemps ignorés, vous avez assez joué aux enfants perdus. T'as l'impression que la vie vient te réclamer l'addition avec un taux d'intérêt beaucoup trop salé.  


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MessageSujet: Re: t'as la mine du désespoir. (octavia)   Jeu 8 Juin - 18:01

Octavia lui parle de sentiments et surtout de souffrance et cela le fait sourire. La réalité c'est que l'absence de deux personnes ont fait d'eux ce qu'ils sont aujourd'hui. Si on ne les avait abandonnés au bord de la route alors peut-être que leur cœur serait fait d'autre chose ; de plus superficiel, de moins inspirant. Si Antigone était encore là aujourd'hui, certainement qu'Amaël serait en train de discuter de ses travers, de tous les défauts qui la composent en la détestant un peu plus chaque jour. C'est beau l'amour lorsqu'il s'effondre, c'est magnifique la passion lorsqu'elle détruit tout. Sans elle, l'artiste ne serait pas capable d'aimer avant tant d'ardeur. Il a besoin de violence et de secousses parce que sans elles, il aurait la sensation de devenir une statue de pierre. Et même si cela lui fait souvent un mal de chien, le brun aime lorsque son cœur passe par toutes les émotions, lorsque les nuances qui forment son âme s'assombrissent pour ne laisser place qu'à un trou béant dans sa poitrine. Un énorme trou qui absorbe tout et qui l'empoisonne ensuite. Il s'en veut, parfois, d'avoir fait de son corps un nid douillet pour ses démons. Il aimerait pouvoir être autrement, plus conventionnel, moins difficile. Une vie heureuse, Amaël aurait pu en avoir des tas mais Octavia a été la première à le voir se défiler. Il se cherchait des excuses pour cacher la réalité ; je suis trop fou pour être heureux. Sans la mélancolie, l'artiste n'aurait plus de raisons de se lever, de vivre, de marcher ou même de respirer. Son art n'aurait pas d'âme et la peinture deviendrait un mélange de couleurs qui n'aurait pas de sens. Ses yeux se plantent dans ceux d'Octavia, il l'a fait des millions de milliards de fois depuis qu'ils se connaissent mais jamais exactement de la même façon. Il y a toujours une nuance dans sa tête ou dans son corps qui diffère. A chaque fois, Amaël a la sensation de la regarder pour la première fois, de partager avec elle quelque chose de nouveau, d'éphémère mais aussi d'atrocement délicat. On est tous fait comme ça. Tu as déjà entendu quelqu'un dire qu'il avait envie d'être malheureux, juste pour essayer ? Non, parce qu'on est tous malheureux, chacun à notre façon. L'amour, on pose tous nos espoirs sur ses épaules et on en termine forcément déçu. Il n'aurait aucune valeur, personne ne fantasmerait dessus s'il devait nous apporter de bonnes choses. Il sourit plus cette fois, pense une énième fois à Antigone et à sa fille. On est tous taillés pour aimer ce qui nous tue sinon les Bren et les Antigone ne serviraient à rien et nous n'aurions plus rien à détester. Détester, c'est peut-être un grand mot pour lui mais il lui est pourtant arrivé, d'en vouloir à son ancienne muse, d'espérer la retrouver et lui cracher à la figure tout ce qui le dévorait mais cela n'est jamais arrivé. Cela n'arrivera jamais.
Perdu ; le lien qui les unissait.

Il la regarde, se redresser pour aller vers la cuisine, s'attraper un verre de vin de courage et lui balancer que son ex mari est de retour. Il ne sait pas encore le fond des détails mais déjà, son cœur s'effrite sous sa cage thoracique. Des paillettes de sentiments pleuvent sur ses organes et pendant un instant, l'artiste a la sensation d'avoir des morceaux de verre dans la gorge. Il ne sait pas si la présence en lui-même de l'homme lui fait cet effet ou si les mots d'Octavia en sont la cause. Elle lui en avait parlé une fois, ou peut-être deux, du père biologique d'Eden mais jamais assez pour qu'ils puissent s'épancher sur le sujet. C'est idiot mais il se sent menacé par cette présence, par la peur de la perdre. C'est pas possible. Les mots traversent ses lèvres avec une violence qu'il ne peut retenir. Si lui n'aspire qu'à retrouver Antigone, l'idée qu'Octavia puisse faire face à ses fantômes lui décolle un frisson indélébile. Il voudrait être assez fort pour le renvoyer bien loin dans la mémoire de son amie mais il est déjà trop tard, le mal est fait. Et qu'est-ce qu'il t'a dit ? Amaël ne sait même pas s'ils ont discuté, s'ils se sont approchés mais l'inquiétude remonte en lui par vague. La première était violente et la seconde se fait plus calme. Sa main se pose sur celle d'Octavia. Il est là. Bien sûr qu'il ne bougera pas d'ici, ira lui casser la figure si cela peut faire avancer les choses. Amaël aimerait trouver une meilleure réaction mais il sent déjà que sa fierté masculine prend le dessus. Il la déteste tellement qu'il prend plaisir à l'assassiner mais cette fois, celle-ci fait de la résistance, le rend plus dur et et caractériel. L'artiste est en train de devenir tout ce qu'il méprise ; égocentrique au possible, comme Bren, comme Antigone, comme le monde entier. Octavia et Lui avaient su se préserver de ces sentiments parasites que l'on attrape lorsqu'on devient adulte ; un peu comme une malade. Et pourtant, ce soir, Amaël sent qu'il est en train de se mettre en avant, qu'il piétine les sentiments d'Octavia : sa colère est plus impulsive que celle de son amie. J'en reviens pas. Il sort d'où celui là ? Qu'il dit alors qu'il rêverait de la harceler de questions. Si son cœur se gorge de rage, ce n'est que parce qu'il est en train d'absorber celle d'Octavia. Amaël n'en a jamais vraiment su plus que ça sur cet homme et c'est certainement ce qui le déstabilise le plus. Était-il si douloureux et important aux yeux d'Octavia qu'elle n'avait encore jamais vraiment trouvé la force de lui en parler à lui ? Lui qui faisait parti d'eux. Eux deux qui ne formaient déjà qu'une entité à l'époque et les coups qu'elle s'était reçue avait causé des dégâts jusque dans la tête du brun. Il a toujours été sa continuité, la suite logique de toute son existence. Avant de venir au monde, les anges avaient du se mettre d'accord pour couper en deux une seule et unique âme parce qu'ils manquaient de stock à leur naissance. Les travailleurs du ciel avaient alors donné à deux bébés une part de cette même âme sans penser une seule seconde aux conséquences.
Et aujourd'hui, les voilà, les conséquences : deux êtres qui se regardent et se connaissent par cœur. Deux êtres qui souffrent à l'unisson et partagent leur existence.

C'est là qu'Amaël se détache d'Octavia pour se laisser aller dans le canapé, son torse s'enfonce dans les coussins alors qu'il lâche un soupir. Les battements de son cœur font encore un bordel terrible mais il parvient à passer par dessus, à calmer la tornade qui fait rage au fond de lui pour reprendre ses esprits, penser avant tout à Elle. Qu'est-ce que tu comptes faire ? C'est la question qui fâche, celle que n'importe qui aurait posé mais aussi certainement la plus importante. Tu crois qu'un jour tu me parleras de lui ? Vraiment, je veux dire, pas comme jusqu'ici. Il représentait pour quoi ? Il sourit mais tout cela ne sert qu'à masquer l'inquiétude qui le dévore. Amaël ne s'en fait pas uniquement pour Octavia mais aussi pour Eden. Avec Bren, il a toujours su plus ou moins de quel bois était fait son adversaire mais pas cette fois. Tout est flou, dans sa tête mais aussi dans celle d'Octavia et c'est de loin ce qui l'effraie le plus.

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MessageSujet: Re: t'as la mine du désespoir. (octavia)   Jeu 8 Juin - 21:32


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Il parle, il parle, et la douleur s'estompe. Ta peine devient légère. Presque douce à savourer. Sucrée comme une friandise convoitée. Amaël il a toujours eu ce pouvoir un peu étrange sur toi sans en saisir tous les contours, tu le connais mieux que personne et si vos âmes sont si semblables vous avez pourtant des différences indiscutables. Son discours sur ses amours malheureux t’arrache un sourire morose, plein de douceur et de compréhension mais qui traduit silencieusement ton désaccord discret. Peut-être qu’il a raison, t’es même sûr au fond qu’il dit vrai, ce sont vos déception sentimentales qui vous ont façonné cette quête d’absolu que vous recherchez inlassablement tout en refusant de la goûter pour vous-même. T’es aussi convaincue cependant que certains amours durent toujours, ce sont les gens qui ne sont plus à la hauteur et qui abandonnent. Pas l'amour. Un haussement de sourcil t’échappe lorsqu’il en vient à évoquer Antigone et ton ex-époux, incrédule tu l’observes un moment attentive et interdite, noyant tes lèvres dans le liquide ambré tu sais que ces paroles n’ont pas la même valeur à tes yeux qu’aux siens, toi et Bren vous n’avez jamais partagé de véritable passion. Vous n’aviez pas d’étincelle, pas plus maintenant qu’autrefois. Si les infidélités de ton ancien compagnon ont ébranlé ton amour-propre elles ont à peine égratigné ton cœur cellophane, tu sais bien que vous n’aviez plus rien à écrire tous les deux. Tu lui en veux pour l’humiliation qu’il t’a infligé, cette désillusion de ce que t’avais mis tant d’efforts à construire, t’es habitée d’une rancune singulière mais dans les tréfonds des émotions qui s’entrechoquent il n’y a pas la trace de cette fureur que tu te fardes d’éprouver. « Mais… la haine c'est encore de l'amour. C'est quand on ne hait plus que l'amour s'en va. » un regard de connivence, tu le contemples sous ta longue rangée de cils « Tu sais bien que l’un comme l’autre.. ils n’ont jamais eu ce pouvoir. » celui de vous tuer par leur absence, la brève inclination qu’ils ont pu représenter n’existe plus depuis longtemps si tenté qu’elle ait un jour été présente. Tous les reproches qu’il peut avoir envie de hurler à son ancienne muse, c’est au nom d’Améthyste qu’il les sent gronder en lui, mais dans son palpitant gorgé de tendresse t’as parfaitement conscience toi qu’aucune trace de haine n’est destinée à Antigone. Toi comme lui, vous êtes toujours partis à l’appel du désir. Bren c’était de l’amour arrêté, tu l’avais sous la main, tu savais qu’il était là. Et tu ne le désirais plus. « Je rêve d’un amour qui me rendrait malheureuse… » chuchotes-tu d'une voix songeuse, tes mots restent suspendu entre vous, avec Bren t’étais pas malheureuse. Ni heureuse. Tu n’étais pas, c’est tout. Plus tard les rôles se sont échangés, t’étais celle qui restait, qui attendait, pendant qu’il s’enfuyait vers des inconnues. Il t’avait sous la main. Tu ne bougeais plus. C’est lui qui rebondissait ailleurs. La boucle était bouclée.

D’un souvenir à un autre les mots défilent jusqu’à évoquer un autre sujet de tourments, « Pas grand-chose.. Eden était là. J’ai paniqué j’ai fait celle qui ne le connaissait pas. » n’y a-t-il rien de plus exact en fin de compte ? Après quatorze ans de silence peux-tu encore prétendre connaître cet homme ? La vérité c’est que tu n’as rien su dire ou faire, tu t’es retrouvée muette devant ce fantôme que tu croyais avoir laissé au passé pour de bon tout en réalisant qu’il n’y resterait jamais vraiment. T’as manqué de temps, de mots, de souffle. S’il t’avait vu tu te demandes ce qu’il en aurait pensé, à quatre pattes derrière les stands ambulants pour tenter vainement d’échapper à la vue de cet homme, assurément un des moments les plus embarrassants de ta vie. Voyant que tes révélations soudaines ont alarmé ton ami tu cherches à le rassurer sur ta maîtrise de toi-même, tu te ne laisseras pas empoisonnée par tes vieux démons, t’aimerais si fort l’en convaincre pour te persuader toi-même « Excellente question.. Moi ça va. C’est pour Eden que je m'inquiète. C'est lui le plus important. Avec le divorce et toutes ces histoires avec son père il est… » fragile, c’est ce que tu te retiens de dire. Te cacher derrière une excuse pour accuser le coup, diminuer tes propres doutes « .. disons que c’est déjà assez compliqué. C’est vraiment pas le bon moment pour que Danny débarque dans sa vie. » au fond tu crains surtout que ton fils ne te pardonne pas ce terrible mensonge, ce que tu t’es efforcée d’oublier revient sur le pas de ta porte avec un timing des plus regrettables. Tu l’as vu dans ses yeux ce jour-là, qu’il avait fait le calcul et se posait des questions plus que légitimes sur son lien potentiel avec Eden. Le compte à rebours est lancé, t’es prête à le voir venir te demander des explications d’un jour à l’autre. Te relevant alors qu’il s’enfonce un peu plus dans le sofa tu te mets à faire les cent pas devant lui, buvant quelques gorgées à chaque revirement, ton pied tape la cadence au rythme de ton anxiété. Tu ne sais pas quoi faire, c’est ça la vérité toute nue. T’es pas bonne pour prévoir, anticiper les catastrophes à venir, tu excelles plutôt dans l’art de les provoquer. Si tu t’écoutais tu te contenterais de vider ton verre et changer de sujet, ou pire encore, fondre à ses pieds pour lui réclamer à lui, ce que tu devrais faire. Tu voudrais qu’il te guide, tu sens que tu dois choisir une direction dans laquelle aller alors que tout ce que tu désires c’est faire simplement marche arrière. Amaël il n’est pas taillé pour décider à ta place, t’es pas assez égoïste pour décharger une telle responsabilité sur ses épaules, ou si tu l’es, tu manques seulement de courage. Tes pas se stoppent brusquement lorsqu’il te réclame d’évoquer l’objet de tes inquiétudes. Depuis des années tu te contentes d’en dire le moins possible tout en laissant échapper quelques brides ici et là, assez pour clore rapidement le sujet, trop peu pour assouvir sa curiosité. T’as utilisé ce prétexte, pouvoir tout se dire mais ne pas être obligés de tout se dire tout le temps ! Il y a des silences qui font aussi partie de l'amitié. Tu cherchais surtout à te protéger. « C’était il y a si longtemps. J’ai l’impression que ça appartient à une autre vie, une autre moi. »  vous n’aviez pas vingt ans, vous vous aimiez mais vous ne saviez pas ce que ça voulait dire, vous ne saviez pas que ça voulait dire que vous alliez souffrir, et vous battre et vous faire du mal, vous aviez vu les autres mais vous vous pensiez différents, vous viviez dans l’instant, vous ne vous posiez pas de questions. Vous ne saviez pas qu'un jour vous deviendriez un souvenir qui tord le cœur. « Tu lui ressembles un peu tu sais. C’était un artiste lui aussi, insaisissable.. Il avait des rêves plein la tête et il a tout quitté pour les vivre. » toi y compris, il n’a jamais su pour ta grossesse, tu croyais que c’était mieux comme ça. Tu ne voulais pas le supplier de rester et qu’il reste par pitié. « J’avais dix-neuf ans, Bren était là.. Que dire de plus ? » soupirant tu hausses les épaules avant d’écraser ton mégot dans le cendrier pour aussitôt coincer une nouvelle cigarette entre tes lippes vermillon. Pourquoi n'aimes-tu pas les hommes qui restent et te dispensent de subir les atroces souffrances de l'abandon brutal? Pourquoi as-tu besoin de sublimes douleurs pour sceller tes grandes histoires d'amour? Pourquoi ne retiens-tu de l'amour que les moments de torture fulgurante? « Je ne suis pas aussi forte que toi. La perspective de l’élever toute seule, de me réveiller avec personne à côté de moi, ça me terrifiait. » encore une fois tu n’as pas tout dit mais tu en as dit bien assez. Bien plus que d’ordinaire. Bien plus que tu ne peux le supporter. T’as choisi ton fils, si c’est un crime tu veux bien t’avouer mille fois coupable. « C’était un amour malheureux. » ultime explication à cette histoire qui s’est terminée il y a une décennie déjà, en voilà tout le résumé que tu puisses en faire, relâchant un sourire entre deux expirations tu viens te percher sur l’accoudoir, en somme t’es destinée à ne posséder des idylles qu’un plaisir éphémère, tombant pour des hommes qui ne désirent que s’échapper à ton étreinte. Même Lui. « Mais dis-moi plutôt.. quand oublieras-tu le tien pour ta prochaine muse ? » parce que tu sais que le tic-tac est en route et que bientôt une nouvelle sirène viendra l’arracher à ta contemplation.
 



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Amaël Cohle

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MessageSujet: Re: t'as la mine du désespoir. (octavia)   Jeu 22 Juin - 17:17

Amaël n'a jamais vraiment été le genre d'hommes à faire les choses comme les autres. Ce doit être pour ça qu'on l'aime ou qu'on le déteste sans jamais avoir de juste milieu. Même avec l'amour, il est différent. Parce que lui n'aime pas avec son cœur mais avec une autre part de son âme, plus profonde, plus cachée mais aussi bien plus fragile. Une part qui aime intensément un temps et qui peut se lasser à tout moment. Antigone, s'il en parle, c'est parce qu'il lui a donné énormément d'importance à instant de sa vie mais aujourd'hui, après des mois à la chercher dans l'absence, Amaël ne saurait dire si elle lui manque vraiment ; s'il l'a seulement un jour sincèrement aimé. Il ne s'en souvient plus, parce que ses sentiments sont comme des souvenirs qui planent au dessus de lui et qui disparaissent au moindre coup de vent. Ce sont des histoires qu'il lui arrive de se raconter tard la nuit pour les abandonner comme une portée de chatons dont on ne veut plus au petit matin. S'il parle d'amour maintenant, ce doit être pour se rassurer, trouver une excuse à ses malheurs éphémères. Si Antigone ne s'était pas barrée, est-ce qu'il serait encore en train de peindre aujourd'hui ? C'est peut-être paradoxal mais c'est dans la peine qu'Amaël trouve encore la foi de se lever chaque matin et d'espérer à un futur. Il s'imagine sa fille dans quelques années, se fait des films haut en couleur sur ce qu'elle finira par peut-être devenir. Et lorsque Octavia vient à lui parler d'amour malheureux, lui ne fait que sourire en silence, comme s'il approuvait par ce simple mouvement de lèvres ce qu'elle vient de dire. Sans mélancolie, l'artiste aurait la sensation de vivre à moitié, de ne pas avoir le droit de continuer. Si l'Homme est ici, ce n'est que pour en baver, se faire du mal à un point qu'il ne rêve que de baisser les bras un peu plus face au temps qui défile. La lutte est bien plus belle que tout le reste ; Amaël la pratique chaque jour. Aujourd'hui, son amie et lui se battent contre le souvenir de leurs exs assez forts pour casser quelque chose en eux sans jamais vraiment les détruire. Il aime ça, lui, se dire qu'Antigone se balade quelque part dans le monde avec une part qu'elle lui a volé. Une part invisible et pourtant si importante à la fois.

Ses yeux bleus s'accrochent à la silhouette d'Octavia qu'il sent nerveuse. Le grand brun voudrait pouvoir y faire quelque chose, être assez puissant pour calmer ses nerfs à vif mais à la place de ça, l'artiste la laisse parler. Au fond, ce doit être la meilleure chose à lui offrir : de l'écoute. Il fronce un peu les sourcils, se concentre sur ses mots comme si elle devenait soudainement une divinité. Le bout de ses doigts joue à présent avec un coussin qu'il tient entre ses bras pour se donner un peu de réconfort. Pour la connaître par cœur, Amaël s'imagine sans peine la réaction de son amie, les traits de son visage se dessinent dans sa tête (eux aussi, il les connaît par cœur, il pourrait esquisser les yeux fermés la tête qu'elle fait lorsqu'elle est contrariée, heureuse ou simplement déçue). Il ne peut s'empêcher de rire lorsqu'elle vient à le comparer à Danny. Ces artistes je te jure, de véritables plaies. A croire que le monde tourne autour d'eux. Il dit ça sur le ton de la moquerie parce que Amaël est le même, qu'il a été le premier à se détourner de personnes qui pouvaient l'empêcher de progresser dans son art ou dans sa façon de voir les choses. Il est peut-être un peu salaud sur les bords l'artiste mais il n'hésite plus, lui, à mettre sur le bas côté ceux qui n'évoluent pas dans son sens. Le monde de l'art est comme une planète mystérieuse que très peu trouvent le courage de venir explorer. Lui, il est rien de plus qu'un alien qui accepte de temps en temps de sympathiser avec les terriens. Laisse-toi du temps, je peux sentir d'ici le choc émotionnel que cela t'a causé de le revoir. S'il a disparu pendant tout ce temps, il pourra bien attendre quelques mois de plus pour des explications où je ne sais quoi d'autre, non ? Personne ne lui a demandé de partir, les revenants ont toujours tort. Il a la sensation de marcher dans le noir avec  les mains liées, Amaël est bien conscient de ne pas connaître les choses suffisamment en profondeur pour pouvoir donner des réels conseils alors, tout ce qu'il fait, c'est penser à Octavia. Octavia pour qui il se battra jusqu'au bout pour la préserver des mauvais sentiments. Octavia qu'il aime plus que sa propre personne, qu'il lui est arrivé d'aimer plus que sa propre fille. S'il venait à l'avouer à voix haute, certainement qu'on lui enlèverait Amethyste pour la jeter dans une famille d'accueil. Laissons les amours malheureux au passé. Qu'il ose dire, avant d'ajouter d'une voix plus basse -accompagné d'un sourire-. Je suis certain qu'il prend soin d'eux. L'artiste passe une main dans ses cheveux, serre un peu plus le coussin contre lui à l'entente ce simple mot : muse.
Muse, il a la sensation de tomber dans un océan de rêves.

Les muses ? Ça marchait plutôt bien quand j'étais plus jeune et que je n'avais pas de môme. Il rit un peu avant de tirer la grimace parce que Octavia doit bien comprendre qu'il ment, qu'il est tombé dans le panneau de l'une d'entre elle. Bon d'accord. Amaël a l'impression d'être un enfant qui avoue la bêtise qu'il a bien pu faire à l'école. L'autre matin je me suis réveillé chez moi en présence d'une beauté comme je n'en avais plus croisé depuis une éternité. Il sourit à l'imaginer dans sa tête, à la revoir à moitié nue dans ses draps, cachée derrière un voile de cheveux blonds. Je ne sais pas où je l'ai ramassée celle-là mais elle sent l'hystérie et la beauté à plein nez. Il en est tombé amoureux dés l'instant où ses yeux se sont posés sur elle. Ce sont ainsi que les choses se passent avec son âme d'artiste sans cesse à la dérive. Enfin bon, reste à voir si elle finira par donner des nouvelles. Tu connais la gueule de mon appartement, il a tendance à révulser les gens. Les pièces sont faites de vieilles peintures qu'il a faite, de corps de femmes nues et autres étrangetés qui n'appartiennent qu'à lui et son monde. De toute façon, j'attends ma prochaine vie, celle où je pourrais t'aimer sans que ta tête ne soit parasitée par d'autres. Il lui fait un clin d'oeil pour détendre l'atmosphère, lui montrer qu'il sera toujours là.
Qu'il l'aime.

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MessageSujet: Re: t'as la mine du désespoir. (octavia)   Ven 23 Juin - 23:08


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Ces artistes comme il dit.. ça n’a rien de rassurant de s’accrocher à des hommes cherchant à se détacher. La vérité c’est que tu n’as pas laissé l’occasion à Danny de te prouver le contraire, de recentrer son monde autour de toi et d’Eden, t’as pris cette décision seule comme tu l’as toujours fait. Si tu lui avais demandé de renoncer à ses rêves, il aurait peut-être accepté, peut-être pas. Toi tu sais que non. T’aurais pas supporté de vivre avec sa rancœur, il aurait fini par te le reprocher un jour ou l’autre, alors tu t’es dirigée vers un homme simple aux ambitions acceptables, un homme qui pourrait être tout ce qu’implique être père et au diable le reste. T’as laissé un amour en dévorer un autre. Parfois t’éprouves quelques regrets, souvent tu te connais assez pour deviner que tu referais les mêmes erreurs. « Un revenant. Touché. » concèdes-tu dans un haussement d’épaules, la question de savoir s’il patientera ne se pose pas encore, t’es précisément dans cette attente insoutenable, tu croyais qu’elle avait pris fin il y a quatorze, tu réalises que le sens de ce départ t’as toujours échappé. Ton revenant tu l’avais laissé dans le grenier de tes souvenirs, t’y touchais plus, enfermé dans sa boîte à douleurs tu le gardais dans l’ombre de tes projections. C’est bien là ton erreur. T’as tendance à penser que le passé est le passé. Que tu le reverras plus jamais. Comme s'il était inscrit sur une ardoise magique et que tu l’avais effacé. Tu crois aussi qu'avec les années, t’as passé à la trappe tes erreurs de jeunesse, tes amours de pacotille, tes échecs, tes lâchetés, tes mensonges, tes petits arrangements, tes forfaitures. Tu t’es dit que t’avais bien tout balayé. Bien fait tout glisser sous le tapis. T’essayais de te convaincre que le passé porte bien son nom : passé. Passé de mode, passé d'actualité, dépassé. Enterré. T’as commencé une nouvelle page. Une vie que tu revendiques, que tu as choisie. Alors que dans le passé, tu ne choisissais pas toujours. Tu subissais, tu étais influencée, tu ne savais pas quoi penser, tu te cherchais, tu disais oui, tu disais non, tu disais chiche sans savoir pourquoi. C'est d’ailleurs bien pour ça qu’on a inventé le mot « passé » n’est-ce pas ? Pour y glisser tout ce qui  gêne, fait rougir ou trembler. Sauf qu’un jour, il revient. Il emboutit le présent. S'installe. Pollue. Et finit même par obscurcir le futur. Le tien il a débarqué y’a quelques jours sous forme de gros nuage et y’a rien à faire, t’as beau plissé les yeux, te débattre et forcer le passage, tu parviens pas à passer à travers. T'aimerais que ce soit aussi facile qu’Amaël te le suggère, y laisser tes amours malheureux, le seul souci c’est qu’ils ont décidé eux de régler leurs comptes.

Mais il faut que tu te montres docile et ne révèles rien de tes tempêtes intérieures. Garder un visage de cire et de belles manières pour tromper ton monde et te nimber de mystère. Alors tu changes de sujet un sourire braqué sur les lèvres, tes tourments tu les enfonces au fond de ton verre pour te pencher sur les siens. Deux êtres en cavale le même soir, ça a beaucoup à dire, tellement à noyer dans la liqueur, tu t’illusionnes sur les lendemains à venir. Floutant le reste t’imagines que cette nuit tu pourras t’enserrer dans ses bras oubliant le vide visible de vos existences respectives. Il te balance son rire préfabriqué, celui qu’il réserve à ceux qui peuvent tomber dans le panneau des apparences, tu vois à travers le voile de ses mensonges avec facilité. Tu lui adresses un regard accusateur, l’obligeant à cracher le morceau, sa langue se délie et ses confidences te picotent sous la peau.. Tu retournes t’asseoir à côté de lui sur le canapé, appuyant ton coude sur le dossier et posant ton visage contre ta paume tu l’observes complice de cette excitation nouvelle. Ce n’est pas la première. Ce ne sera sûrement pas la dernière. « Exactement comme tu les aimes. » sa description est brève pourtant elle suffit à esquisser un rictus amusé sur tes lèvres, tu la visualises dans ton esprit sa Dolce Vita, elle sent bon l’évasion et la calamité. Il les aime comme ça Amaël, délicieusement folles et pleine de contradictions. Alors que tu les préfères au bord du désespoir et l’âme ravagée. Tes pensées voguent un instant vers ton dernier rescapé, Lowell s’impose à toi. Vous avez chacun vos vices d’artistes qui recherchent l’inspiration. Quel crève-cœur de la trouver dans ces êtres de passage qui se perdent dans vos promesses, elles s’évaporent presque aussitôt prononcée. « Elle réapparaîtra.. Pas pour l’appartement. Pour l’homme. » elle se fichera des toiles, du désordre qui règne dans les pièces, des manières peu coutumières, du bébé. Elle s’en fichera comme toutes les autres, elles finissent toutes par revenir, c’est lui qui les abandonne tôt ou tard. Il le sait. T’es impressionnée de son pouvoir de s’illusionner là-dessus, chaque coup de foudre artistique le remet dans sa coquille de gamin peu assuré. « A cause de ce que tu lui auras dit. Ou ce que tu lui auras fait. Elle reviendra.. Ou juste pour ton sourire. » parce qu’Amaël ne sourit pas, il ensoleille. Il ouvre son cœur, libère ses rêves, ses envies et c’est bien rare si on n'en tombe pas amoureux tout de suite. On guette ce sourire de vie d'appétit, d'offrande, de défi. Il suffit de l'attraper ce sourire et on se sent plus grand, meilleur, plus robuste aussi... Et parfois quand t’es triste toi, découragée, son sourire te revient et te remet debout.

Ces derniers mots t’arrachent un rire franc, léger, le plus sonore de toute la soirée. « Tu ne comprends pas mon amour.. Tu ne comprends pas que ce que tu aimes en moi, c’est ce que je te refuse... » lui avoues-tu tes doigts se laissant aller à danser sur le coussin qu’il sert contre lui avec tant de fermeté. Cette ligne de fuite, ce petit espace qu’il tente quelques fois d’annexer et que tu lui refuses afin que l’envoûtement perdure entre vous et que toujours il y ait une perspective nouvelle pour que le désir reparte. « Dans cette vie ou une autre, toi et moi on est des enfants perdus. »  c’est un peu comme si vous aviez un serment muet avec Amaël : ne tomber amoureux de personne d’autre… jusqu’à ce que vous soyez assez grands tous les deux pour vous aimer… Enfin, vous aimer vraiment. Son regard t’effleure, liquide et trouble. Lui, aussi, il est le roi de la perspective. Il s’enfuit toujours, impossible de lui mettre la main dessus. Il a tendance à oublier son portable, à ne pas payer sa ligne fixe, si on veut lui parler il faut parvenir à le croiser. Mais peu connaissent son adresse, il n’invite pas souvent chez lui. Mais t’habites où ? que les autres demandent parfois intrigués, toi tu l’écoutes répondre évasivement et ça te fait rire. A deux rues de chez vous. Mais quelle rue ? .. Vous savez bien, la deuxième à gauche ! A quel numéro ? Celle avec la porte marron.. C’est tout ce qu’ils peuvent en tirer. Il dit rarement « mon père », « ma mère » ou « quand j’étais petit ». Amaël n’a ni passé ni futur. Il vit dans le moment présent et ne s’engage jamais plus de vingt-quatre heures. Au fond, il n’aime véritablement personne, à part Améthyste. Il n’aime pas les gens, il les utilise, sans même le reconnaître et le réaliser. Il l’avoue cependant sans en rougir, qu’on ne peut pas compter sur lui. Il le prédit avec l’assurance détachée et mélancolique de l’homme qui a toujours découragé les attachements les plus forts sans pouvoir y remédier. Il a des secrets que tu n’as pas encore percés. « Tu restes dormir ? » la porte sonne. Distraitement tu te relèves pour aller ouvrir et récupérer vos plats auprès du livreur, tu reviens remplir vos verres avant de sortir les barquettes du sac « Dis m’en plus sur ton nouvel amour.. Comment as-tu croisé sa route ? » t’es véritablement curieuse d’entendre leur histoire, qu’il te conte un peu cette rencontre épique tandis que t’étouffes l’angoisse qui anime tes regards. Ce que tu voudrais lui demander c'est combien de temps celui-ci le gardera loin de toi. Deux semaines? Un mois? Ou bien six. T'as l'impression que ça se rallonge avec les années.  

 



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Amaël Cohle

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MessageSujet: Re: t'as la mine du désespoir. (octavia)   Mar 1 Aoû - 18:11

Parler de leurs amours, ça les aide à ne pas flancher, à se remémorer qu'ils ont une raison de vivre même si ce n'est peut-être pas vraiment la bonne. Si Amaël lui parle de cette muse qu'il a rencontré l'autre fois, c'est parce qu'une part de lui sait qu'elle ne restera pas dans sa vie, qu'elle finira par partir comme les autres. Ou plutôt que lui se lassera d'elle parce que son inspiration le guidera dans ce sens là. Il est pas fait comme les autres l'artiste. Fin si, c'est juste son fonctionnement qui est pas le même. Ses sentiments se concentrent pas dans son cœur mais dans une partie de sa tête, plus créative et complexe. Il a ce don, Amaël, de donner la sensation aux gens d'être merveilleux. Tant qu'il nous aime, on se sent invincible, merveilleux parce que ses deux grands yeux sont comme des soleils mais comme tout beau temps d'été, il est incertain. Alors, si un jour il vous aime, le lendemain peut-être fait d'indifférence et de silence. Il sait pas aimer sur la longueur parce que ses sentiments sont comme des fleurs qui périssent au bout de quelques jours. Si Octavia a su rester durant toutes ces années, c'est parce qu'elle a su entretenir la flamme, lui refuser quelques unes de ses avances et lui donner quelques miettes de son amour sans tout lui offrir tout de suite. Même s'il dit l'aimer plus que les autres, être persuadé que ses sentiments ne se tariront jamais face à elle, il sait aussi que si elle venait à tout lui offrir alors, Octavia deviendrait comme toutes ces muses qu'il n'a pu s'empêcher d'oublier avec le temps. Il lui sourit, lorsqu'elle lui annonce qu'elle reviendra comme les autres, qu'elle tombera sous le charme parce que son charisme délurant les attire comme des mouches. Ses yeux se baissent dans un rire à cette idée là parce qu'il ne peut s'empêcher d'en douter au plus profond de lui. Ses insécurités n'ont cesse de bercer son âme mal fichue. On peut lancer les paris si tu veux … Qu'il balance d'une voix basse, comparable à un souffle avant de redresser son regard vers elle.

Il la regarde de ses grands yeux lumineux et plein de fougue. L'alcool lui donne une lueur brûlante au fond de ses pupilles.Une lueur qui pourrait le pousser à vouloir l'embrasser à cet instant, à la prendre dans ses bras et lui demander de se taire pour la couvrir de je t'aime éphémères. Et toi tu ne comprends à quel point tu peux alimenter mon âme de tout un tas de merveilles juste par ta présence. Amaël ne lui dira jamais le contraire, la couvrira à longueur de temps de toutes ces belles paroles parce que sur le moment, il ne se sent pas capable d'autre chose. Le coussin qui les sépare lui fait même mal au bide à cet instant, il voudrait le jeter par terre, le regarder s'échouer et retrouver la présence rassurante de son âme sœur. La question d'Octavia résonne dans la pièce alors que la porte sonne et les arrache à leur petit monde fait d'amours et de larmes. Il voudrait se lever, engueuler ce petit gars de l'autre côté de la porte mais personne ne comprendrait l'importance de ce moment. C'est pour cela qu'Amaël reste installé sur le canapé et attrape du regard la jolie brune. Non seulement je reste mais en plus de ça. Il se tait, se redresse et fronce un peu des sourcils face à sa tête qui lui tourne. Malgré l'ivresse, son corps parvient à se remuer légèrement pour s'approcher d'elle. Sa tête se pose sur l'épaule d'Octavia alors qu'il la regarde, remplir leurs verres, préparer les barquettes pour un dîner en tête à tête. J'ose espérer que tu me laisseras une place dans tes draps ce soir. Il marque une pause, effleure son cou du bout de son nez pour respirer son parfum. Dans tes bras aussi. Amaël pourrait paraître irrespectueux mais depuis le temps, son amie sait aussi bien que lui qu'il ne fera jamais quoi que ce soit qui pourrait la mettre dans l'embarras ou dépasser les limites qu'elle leur imposera ce soir. Il est le pantin de ses refus, se laisse guider au fil de ses envies sans jamais la contrarier.

Un rire traverse ses lèvres alors qu'il se recule légèrement pour la laisser respirer, attraper son verre et en boire une gorgée. Qu'est-ce qu'il peut bien connaître de cette muse, au final ? Rien, parce que cela ne l'intéresse pas vraiment, au fond, qu'il a plus tendance à se concentrer sur le physique que sur ce qu'elle peut cacher. C'est sans importance, d'accord ? Il lui dit sur un ton plus sérieux cette fois et attrape une barquette pour commencer à picorer dedans. Je suis ici parce que j'avais envie de profiter de nous deux. Il lui confie ça sur un ton plus doux alors que sa main libre se pose doucement dans le dos d'Octavia pour le caresser. Excessivement tactile, avec elle, il l'est encore plus. Je compte jusqu'à trois et ensuite nous ferons comme si le monde dehors n'existe plus. Je suis certain que ça te dit. Pour se concentrer, Amaël repose la barquette sur la table, attrape du bout des doigts le menton d'Octavia pour l'obliger à le fixer, à ne rien perdre de ses grands yeux bleus. Un. Son souffle se rapproche du sien, ses doigts caressent sa joue. Deux. Son regard rencontre sa bouche, les traits de son visage si bien dessinés. Et trois. Y a un boum qui se passe dans sa tête, symbolique, comme si le monde explosait réellement derrière les portes et fenêtres de cette belle maison. C'est aussi à cet instant que ses lèvres rencontrent les siennes pour lui offrir un baiser passionné. Son corps se consume à ce simple contact et tout s'effrite doucement dans sa tête : sa raison, ses fantasmes imbéciles, ses limites, son lien à la réalité.
Il part, avec elle, dans un voyage interminable vers son monde fait de peinture et d'inspiration intarissable.

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