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 What have you done to us (little dick)

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MessageSujet: What have you done to us (little dick)   Dim 4 Juin - 2:47



What have you done to us
dick & dorsey


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Ça se tord à l'intérieur. Ça bat dans ses lèvres. Il a presque envie de gerber alors il attrape le volant et le serre de toutes ses forces. Il croit peut-être que ça va faire redescendre la bile qui lui monte le long de l’œsophage. Il s'en veut d'être coincé dans sa bagnole par ce sentiment étrange. Un truc qui porte pas vraiment de nom ou alors il ne le connaît pas. Il a peur, mais en même temps il sent toute sa rancune remonter et avec elle les larmes de haine. C'est qu'après toutes ces années Dorsey lui en veut encore terriblement. Ce genre de rancune, c'est à vie il paraît et Dode veut bien y croire car elle a jamais diminué. Elle a été oublié. Loin des yeux, loin du cœur, hein. Mais aujourd'hui le gaillard est submergé par un passé cruel. Le destin se moque de lui. La vie, cette catin, doit bien se marrer avec son petit thé ou son verre de Chardonnay en regardant les péripéties du petit Dorsey Denbrough. Et si après lui avoir confisqué la seule gonzesse qui comptait réellement pour lui, on lui remettait entre les pattes le salaud qui l'avait brisé des années auparavant ! Quel jeu impitoyable ! On s'amuse ici ! Il peut pas s'empêcher d'esquisser un sourire en y pensant. Mais qu'a-t-il bien pu faire pour terminer dans cette merde ? Qui a-t-il maltraité ou blessé pour être maudit à ce point ? Sans doute personne, il doit juste être de ceux qui doivent en baver pour que d'autres profitent. Une main se décolle du volant pour passer dans les cheveux. Allez Dorsey, tu peux le faire ! C'est histoire de trois-quatre minutes, pas plus. Bonjour, tu déposes le chèque et au revoir. En fait t'as même pas besoin de lui dire bonjour à ce con ! Il mérite pas, d’ailleurs il mérite même pas que tu paies. Avec ce qu'il t'a fait subir il pourrait s'occuper de Myra gratuitement. C'est qu'il a pas changé. Il n'en fallait pas plus pour qu'à cette pensée, déferlent dans sa caboche tous les souvenirs chauds et moites de leurs étreintes passionnées. De leurs baisers enflammés et secrets. De leur amour honteux... Oui, il en avait honte, Dick. Dorsey en est persuadé.
Il récupère les clefs de la bagnole qui est à l'arrêt depuis presque quinze minutes et s'échappe de l'habitacle. Il comprend pas pourquoi Myra aime cet endroit, c'est tellement...Dick. Ça pue le Dick à des kilomètres et bien qu'il raffolait de cette odeur il y a des années, aujourd'hui elle l’écœure. La fragrance de la trahison. L'effluve des chiottes dans lesquels il a engrossé l'autre conne. Mais il pouvait pas lui dire non à la gamine sans tout lui raconter alors il a rien dit et a préféré la laisser venir. Peut-être qu'elle sait ou peut-être pas, mais il a hâte qu'elle arrête de venir pour ne plus y avoir à y foutre les pieds. Dorsey vérifie qu'il a bien le chèque dans la poche avant de faire les quelques pas le séparant de la bâtisse. Plus il approche, plus il se sent petit. Il se sent rajeunir. Devenir plus con aussi. La chaleur angoissante lui monte au visage et il ouvre sa petite veste car il se fait tard et frais. Et puis merde, il s'arrête et enfourne dans son bec le cul d'une cigarette. Un peu de répit tandis que dans son dos se dresse la silhouette menaçante de son passé. La nicotine expédié dans les poumons à une vitesse folle. T'es un bonhomme Dorsey ! Il mérite pas ce mal qui te ronge. Fais le bonhomme merde! Le mégot est écrasé par le bout de la godasse avant que cette dernière ne fonce droit vers l'entrée du Lavon's Gym. Nom ridicule quand on a comme Dode des notions de français. Les mains abîmées poussent la porte qui semble si lourde tellement il ne veut pas y rentrer. Il est plus tard qu'il ne doit le penser car l'endroit est vide. Il l'aurait préféré plein et ne plus s'entendre penser. C'est vide. Trop vide. Et d'un coup il réalise qu'il va se retrouver seul avec l'autre con. Ses poings se refermèrent et son palpitant accélère. « J'viens pour payer. » Pas de bonjour, c'est bien ça ! Montre lui c'est qui le bonhomme !  Comme Dick est pas visible, il a fait gronder sa voix pour qu'il l'entende. Pour qu'il sache qu'il est là car au fond de lui, il y a toujours cette pointe d'excitation à l'idée de le voir.


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MessageSujet: Re: What have you done to us (little dick)   Dim 4 Juin - 3:39

La paluche s'écrase contre l'épaule de Trevor, serre affectueusement, tandis que le gamin essuie de son poing abîme ses larmes de rage. Dick ne dit rien ; il se contente d'exercer une légère pression, lui adresse un simple hochement de tête, et Trevor lui répond pareillement. Puis, il se déloge de son emprise, prend son sac de sport, échoué sur le sol, avant de quitter le gym, sans rien dire. Plus une heure depuis la fermeture; Dick n'a pas quitté les lieux, encore. Il n'a pas eu le temps, avec Trevor et ses conneries. Pas qu'il en soit responsable, le même ; on choisit pas d'avoir un père violent, ni de naître avec la carcasse d'une crevette anorexique. Il traîne dans les parages depuis ses quatorze ans, avec trop de haine dans le sang mais pas assez dans le corps, et il s’érafle la chair à chaque pratique. Il est mieux, maintenant, mais le corps est cassant encore. Le moral aussi ; à cause du père, encore, et aussi face à lui-même. Dick essaie de faire de son mieux, mais il a jamais été des plus doués avec les mots.
Il se contente de lui offrir un toit, en cas de problèmes.
De lui donner son numéro de téléphone.
De lui parler des services en place pour l'aider, s'il veut quitter sa maison.
Mais Trevor sourit fièrement, con comme le jeune qu'il est, lui dit que tout va bien, souvent, et ment sans talents lorsqu'un bleu étrange fleurit contre sa chair.
Dick grimage, mais ne peut rien y faire.
Un soupire quitte ses lèvres ; le corps est las et lourd, et l'esprit est épuisé. L'homme passe ses doigts contre son crane et se met à ranger les conneries oubliées par les gamins, incapables de ranger quoique ce soit. Ils se sont améliorés, avec les années, mais certains osent encore se permettre quelques folies lorsque Dick observe ailleurs.
Dans le bac des objets perdus, quelques slips puants - non, ils ont été franchement lavés, en vérité - attendent le retour de leur propriétaire.
Déposant le balai au coin de la pièce, l'ancienne brute se dirige vers son bureau pour se laisser tomber sur son fauteuil. Il lorgne sur les nombreux documents qui y traînent, l'oeil s'attarde sur un document posé à sa porte quelques jours plus tôt ; le projet immobilier pour rajeunir le quartier. La mâchoire se serre, les doigts l'agrippent, le froissent, avant de le balancer dans la poubelle.
- Salope, qu'il gronde, l'esprit accaparé par l'image d'une rousse peu appréciable.
L'oeil s'appuie contre certaines factures sans réellement les voir, l'esprit encore occupé par l'histoire de Trevor. Peu de temps, ou alors beaucoup ; l'homme sursaute, dans tous les cas, lorsqu'une voix capte son attention. Il cligne des yeux, le corps un peu braqué, avant de se rappeler.
Il n'a pas verrouillé la porte, derrière Trevor.
Un soupir quitte ses lèvres et il appuie ses deux mains sur le bureau, pour se redresser. Allant vers le gym d'un pas las, il lance ;
- C'est fermé, faut revenir plus -
Le dernier mot s'étouffe à même sa gorge, l'iris se perdant dans sa contemplation. Dick cesse son pas, hésite à faire le moindre mouvement. Il le dévisage, muet, interdit.
Qu'importe le nombre de fois où ils se sont vus, depuis quelques mois, Dick ne s'y fait toujours pas. Le corps réagit sans qu'il ne contrôle quoique ce soit, et le palpitant essaie d'exécuter une danse qu'il n'a pas fait depuis des années. Il y met tout son énergie, mais il n'a plus la forme, maintenant, et il s'épuise rapidement.
Au point d'avoir mal.
D'avoir toujours mal.
Faudrait qu'il signe un contrat avec les yeux, une connerie du genre, pour qu'ils lui envoient pas les images de Dorsey quand il apparaît dans leur champ de vision. Ça lui éviterait ces conneries de maux.
Mais pour le moment, il endure et se torture.
Dick se racle la gorge, reprend son pas. Il ne s'est stoppé qu'une seconde, qu'un fragment de vie, une éternité aussi. Seize longues années. L'homme lui adresse un hochement de tête un peu sec, s'approche, prêt à prendre le chèque.
- Pour Myra, c'est ça  ? qu'il demande, connaissant déjà la réponse. Il dit peu, espère un peu - à peine, légèrement, comme le battement d'aile d'un papillon - faire la conversation. Avoir l'occasion de l'observer plus que quelques secondes. Elle est douée ; qu'il ajoute donc, comme si la chose allait l'aider.
Et enfin face à lui, plus près qu'il ne l'a été les dernières fois, il se permet de l'observer un peu plus.
Il semble plus petit, le nabot.  Ça lui donne envie de sourire.
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MessageSujet: Re: What have you done to us (little dick)   Dim 4 Juin - 13:12



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Il est là le colosse d'ébène. Dans son temple, il trône fièrement. Entre l'odeur de la sueur et du matériel usé y a celle de son corps. L'effluve du chocolat fort et amer. Avec Dick c'est du pur, de l'absolu. C'est féroce contre les lèvres, contre la peau et c'est que Dorsey aimait tant. Cette force virile qu'on attribue pas particulièrement aux hommes comme lui. Au début c'était cool, il était loin, mais plus ça va et plus il s'approche et l'étranger à ce lieu désespère. Quand va-t-il bien vouloir s'arrêter ? Dode hésite à reculer sauf que ce serait lâche et ce serait surtout admettre qu'il a toujours un truc pour lui -et ça, plutôt crever-. Il reste planté là, les pieds bien ancrés pour pas faillir. Manquerait plus que ça, qu'il détale comme une gamine devant le grand méchant loup. Il sait pas trop où regarder, bien sûr que son regard est attiré par celui du propriétaire. C'est une évidence, il veut que ça, il désire que reprendre les vieilles, les très vieilles habitudes, sauf que c'est trop pour lui alors ses yeux traînent surtout sur le reste du visage. Il a pas trop changé. Si, un peu. Il fait plus mature, moins con, mais Dick c'est le roi des fausses apparences. Dès la première fois qu'il a reposé ses prunelles, il a pensé qu'un calme raisonnable avait gagné son ancien...compagnon(?). Devant lui se dresse un autre homme, enfin, s'il avait été un homme à l'époque car dans ses souvenirs, Denbrough se souvient surtout d'un gamin honteux et apeuré par la réalité des choses. « Pas pour moi en tout cas. » qu'il répond froidement d'une voix grave chamboulée par la situation. Faire comme-ci. Faire semblant. Il est moins bon que Dick à ça, mais il essaie quand même. Dorsey fait de son mieux. Hausse les sourcils de même que les iris qui s'en vont loin. Peut-être qu'il lui devait quelques billets et qu'il s'en souvient pas. Non, il a beau se retourner le cerveau, il voit rien. Puis même, avec ce qu'il a enduré il aurait bien le droit de pas le rembourser. Lavon parle de Myra et ce père qu'il n'est pas se calme. Bien évidemment qu'elle est douée. « Elle tient de sa mère. » et il renifle après cette phrase de trop. On parle pas de Moira et encore moins à l'autre abruti. Dorsey s'imagine la gamine dans ce lieu et étrangement elle y a beaucoup plus sa place que lui. Il imagine Moira rire à l'idée de voir sa gosse dans un tel lieu et tellement fière. Un sourire totalement égoïste à cette image qui lui traverse l'esprit quand il revient vers Dick, tout disparaît. « C'est fermé, j'vais pas te déranger plus longtemps. » En réalité il s'en balance de le déranger, c'est le dernier de ses soucis. La fermeture éclair de sa veste s'ouvre entièrement et la main va chercher dans la poche intérieure le petit morceau de papier. Après ça, il aura plus l'obligation de le revoir. De la bande des losers il reste plus rien, juste des adultes dispersés dans des vies différentes. La ville est assez grande pour l'éviter et quand Myra parlera de ce super Dick, Dorsey fera ce qu'il sait faire de mieux, hocher la tête sans écouter. Ou peut-être juste d'une oreille car il voudra toujours entendre ce que son vieil ami devient. Denbrough lui tend le chèque de l'abonnement. Ça lui fait un peu mal de lui donner, mais pour faire plaisir à l'alien il est capable de tout. « J'espère que c'est le bon montant, elle peut avoir la tête ailleurs... » se justifie-t-il d'une probable erreur tout en l'interrogeant du regard. Il espère que c'est le bon, sinon il donnerait à Myra le reste pour ne pas avoir à revenir ici.
C'est débile, dans une autre situation, avec un autre propriétaire ou une autre histoire, Dorsey aurait aimé cet endroit. Il en aurait fait un repère, une seconde maison. Mais là, c'est d'un second cœur qu'il a besoin. Ça bat d'une façon précaire, les crevasses que Dick a creusées avec ses mots et ses actes sont toujours là. Elles le seront toujours, sauf que pour la première fois, il se dit que le boxeur possède peut-être les mêmes. Pour la première fois, il ne pense pas qu'à sa peine, mais à la leur. C'est plus simple de se dire que tout est de la faute de l'autre, c'était surtout plus simple de le penser quand il n'était pas planté devant lui. Mais maintenant la saveur des sentiments qu'il pensait perdus s'impose à lui.

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MessageSujet: Re: What have you done to us (little dick)   Dim 4 Juin - 13:49

Les lèvres sont pincées, les dents serrées. Le regard, lui, est verrouillé sur la carcasse familière qui lui fait face. Les années ont beau s'être écoulé, l'oeil n'a pas perdu l'habitude de se glisser contre les traits de l'homme ; certains sont nouveaux, et étrangement, il ne lui a fallu que quelques rencontres pour les connaître.
Par coeur.
Dick pince ses lèvres un peu plus fort, les sourcils se fronçant. Dorsey quitte son regard - ne s'y est jamais posé, en vrai - pour chercher quelque chose dans ses poches. Et le colosse le dévisage avec un peu plus de gravité, mais autre chose, aussi. Une faille dans l'abysse sombre, une lueur étouffée. Plus grande que celle du passé, plus vive aussi. La lueur aiguisée d'un poisson abyssal ayant envie de briller plus fort que les autres fois. C'est que la bête, par le passé, fermait ses crocs sur sa propre lueur, incapable de la partager. Maintenant, au travers de ses noirceurs, il la laisse libre et la dévisage avec curiosité, s'étonne lorsqu'elle capte les regards d'autres, et se renfrogne, comme à l'instant, lorsque que le regard de Dorsey fait la guerre pour ne pas s'y plaire.
Une part de lui aimerait le bousculer et le forcer à planter son regard au creux du sien, pour qu'il voit, comprenne. Dick ne sait pas quoi, exactement ; il aimerait juste avoir une réaction de sa part, certainement. Un signe, qu'importe lequel, lui dévoilant qu'il n'est pas le seul à porter des blessures de guerre.
La bouche s'ouvre pour remercier, lorsque les doigts s'emparent du chèque, et
Et le regard sombre de l'autre s'enfonce dans la sien.
Dans l'iris de Dick, la lueur se cache, craintive, paniquée. Elle n'est pas encore prête, peut-être, à l'affronter. Ou alors, est-ce le colosse qui tremble devant le nabot ? Peut-être.
Dorsey a toujours eu cet effet, sur lui ; celui de rendre ses genoux tremblants, de couper son souffle, à l'observer trop longtemps.
Il avait oublié - non, pas totalement, pas du tout - le bordel que ce con pouvait lui faire ressentir.
Dick baisse les yeux, dévisage les nombres. S'il voit effectivement une erreur dans le dit montant, il ne dit rien pour le faire savoir. De toute manière, pour lui, il le ferait gratuit. Il serait prêt à un peu n'importe quoi, aussi.
- C'est bon, alors, qu'il dit. Il hoche de la tête comme pour confirmer de nouveau, après s'être raclé la gorge.
Mine de rien, il est pas trop à l'aise. C'est stupide d'être intimidé par les fantômes du passé, mais Dorsey, c'est pas n'importe qui. C'est son fantôme d'amour. Il a jamais été n'importe qui ; plutôt le contraire. Et si ça lui laisse un goût amer, une peine sincère, Dick essaie de garder ses déboires pour lui, en ayant déjà suffisamment fait.
Et pourtant -
Pourtant, il ne peut s'empêcher de chercher, grignoter quelques secondes de plus, en sa compagnie. Chercher son regard, pour mieux détourner les yeux. Il ne sait pas réellement ce qu'il désire, un peu comme autrefois.
Même si, maintenant, l'image porte moins de floue.
- Ah, qu'il dit, tandis qu'il enfonce le chèque dans la poche arrière de son jeans.
Il lève les yeux vers lui, avant de continuer.
- Mymy a oublié son sac d'entrainement, l'autre jour, justement, qu'il poursuit, un sourire amusé, discret, au bout de ses lèvres. J'ai lavé ses trucs, il est à l'étage.
D'un signe de tête, il désigne l'escalier derrière Dorsey menant à son appartement, avant de s'y diriger. L'iris s'accroche à la sienne, tandis qu'il passe à coté de lui, les corps ne se touchant pas, mais le tissu de leurs vêtements certainement. Le palpitant choisit une nouvelle danse ; les mouvements sont saccadés et trop brusques pour lui ; Dick grince, frotte son torse de son poing fermé, prenant l'escalier. Il ouvre la porte et ne la ferme pas, derrière lui.
Le palpitant continue sa nouvelle valse.
Dorsey l'entend-t-il ?
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MessageSujet: Re: What have you done to us (little dick)   Lun 5 Juin - 0:09



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Que s'est-il passé pour qu'ils en arrivent à là ? Ces jours qui ont filé. Ces semaines qui ont passé. Ces années qui les ont séparés. Il sait. Denbrough sait pourquoi ils sont à présent deux étrangers alors qu'ils étaient tout l'un pour l'autre. Ça vient de l'autre et de lui. Ça vient d'eux. Ça vient de cette honte. Cette incapacité d'assumer la nature de leur amour devant les autres. Pour Dick, c'était pas possible et Dorsey a rien forcé. Il aurait peut-être dû car finalement le regard des autres ne valait pas leur relation. Ça valait pas cette douleur qui rumine encore. Enfermée dans cette cage thoracique, elle vibre d'horreur en voyant le coupable. Tel un moineau qui voit au travers des barreaux son prédateur, le coeur-douleur tremble. Et cette main aussi. La gauche, près de la cuisse. Il essaie de la faire discrète, la glisse derrière pour qu'elle disparaisse. Le manque de nicotine, ça doit être ça. Ça peut être que ça.
C'est bon, le rassure Dick. Dorsey en est pas certain, mais il va pas le contredire. Faudrait être con. Il referme sa veste comme pour établir une nouvelle barrière entre eux et montrer à l'autre qu'il est pas là pour rester. C'est qu'une visite rapide. Un souvenir éphémère qu'ils oublieront tout deux pour se concentrer que sur les mauvais moment. Jusqu'à présent c'est ainsi que ça a fonctionné. Jusqu'à présent. Jusqu'à ce que Dorsey pose le premier pas ici et qu'il pose ses sombres perles sur la carrure ténébreuse de Dick car là, c'est une vague chaude de bonheur et d'amour qui a déferlé en lui. Très vite refroidie par la triste réalité. Doucement, l'appréhension laisse place à la tristesse. La nostalgie aussi et le gâchis d'eux. Qui sait ce qu'ils seraient devenus ?
Il recule, commence un moonwalk, pensant être discret pour disparaître. Il l'a bien fait une fois, il y a des années, il peut très bien recommencer et avec classe. Sauf que Dick le rappelle à lui, juste un bruit qui sort de sa bouche atrocement pulpeuse. Dorsey s'arrête net. Laisse moi partir, s'il te plaît. C'est déjà trop. J'avais pas prévu de rester aussi longtemps. J'ai des choses à faire...non j'ai rien, mais je peux pas être là. Pas avec toi. Pas après ce qu'il s'est passé. Dick, s'il te plaît... s'il te plaît. « Mymy ? » grogne le père ours en entendant cette familiarité avec son enfant. Pour qui il se prend avec son surnom ridicule ? Il la connaît depuis quoi ? Six mois ? Les poings se ferment, la bouche se crispe. Dorsey voudrait lui dire qu'il peut pas lui donner un surnom. Qu'il peut pas s'attacher à elle ou se montrer trop familier. Il voudrait lui dire qu'il a pas le droit de s'approcher car il finira par la faire souffrir comme il a fait avec lui. Mais il peut pas, il reste silencieux car si Dick a changé, Dorsey lui est toujours le même. Le silence est sa voix. Le silence est sa réponse. Denbrough le laisse le frôler.
Il bouge pas.
Immobile, la statue s’effrite. La couche dure disparaît laissant à l'âme le contact extérieur. Il pourrait craquer là, maintenant, tout de suite. Seul dans cette pièce, il pourrait totalement craquer sous le poids des émotions qui l’assaillent depuis le début. Les paupières se ferment. Le souffle se fait plus long, plus profond. Le palpitant gronde dans la poitrine. Rester ou partir. Déguerpir ou monter les quelques marches menant vers cette intimité qui éveille sa curiosité. Ou bien rester là comme il le fait si bien. Merde merde merde. Il frotte son visage de ses mains rugueuses. Deux adultes. Deux mecs. Ça n'engage à rien, hein ? Ça veut pas dire que c'est pardonné ou oublié ! Ça veut juste dire que je vais récupérer les affaires de l'alien comme un mec responsable et sympa, mais je vais le lui faire payer à la naine d'oublier ses fringues. Automatiquement il a pris la direction de l'escalier, il pose sur la première marche un pas lourd. Tu peux encore partir... Puis un second. T'es pas obligé d'aller plus haut. Et un troisième. Tu veux vraiment y aller n'est-ce pas? Finalement il continue. Découvre les mots tracés en blanc entre les marches. Certains portent une ironie douteuse quand on connaît le passé de Dick. Dorsey pourrait en rire s'il n'avait pas le cœur si lourd. La dernière marche et face à lui se dressent des briques. Des dizaines de briques rouges. Denbrough suit le chemin qu'elles tracent comme Dorothy suit celui fait de jaune du pays d'Oz. Déjà qu'il était pas à l'aise, maintenant qu'il voit où l'autre vit, c'est pire. Tellement intime, tellement révélateur. C'est comme si Dode était de nouveau une part importante de cette vie cabossée. Il avance lentement, laissant ses yeux traîner ici et là. La route de brique le mène à la cuisine où le colosse se trouve. «C'est cool de ta part. » De lui avoir lavé ses fringues et tout. Bon, ça n'y ressemble pas, mais pour Dorsey ceci est un remerciement. Il aura pas mieux, Dick, autant qu'il se contente du minimum. « Elle te laisse l'appeler comme ça ? » Curiosité ou jalousie. Possessivité ou protection. Il l'ignore, mais ce lien qui est en train de ce tisser entre son ex et l'alien le démange. De toutes les anciennes connaissances de Dorsey, il fallait que la gamine s'accroche à celle-ci. Un nouveau coup du destin.

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MessageSujet: Re: What have you done to us (little dick)   Lun 5 Juin - 1:26

Un pas, cinq battements de coeur ; il lui semble que des morceaux dégringolent dans les escaliers tandis que Dick essaie de s'effacer à l'étage. Une part de lui désire regarder à l'arrière et voir son visage. L'autre tremble encore un peu trop, nerveuse, peureuse, comme l'ensemble de son être. Dick ne sait pas réellement ce qu'il veut ; ou alors, il ne désire tout simplement pas se l'avouer. Un mensonge n'en est pas un, lorsqu'il est mis sous silence. Alors, le déni caresse sa peau avec tendresse, et l'homme continue d'avancer, d'être, sans se soucier réellement.
Ou du moins, en se disant qu'il ne se soucie pas réellement. En vérité, son être entier est sur le bord du gouffre et chaque bouffée d'air en compagnie de Dorsey lui est douloureuse. Chacune porte le goût amer de ses erreurs, surtout celle-ci, et même s'il est de ceux qui accepte ses erreurs et ne les regrette pas, il y en a une, quelque part, qui reste marqué contre sa chair.
Et plonger dans les prunelles de Dorsey, même brièvement, il ne peut l'ignorer.
En fermant les yeux bien forts, certains soirs, il peut se souvenir de sa douceur de sa peau, de son souffle tremblant, coupé, de ses yeux envoûtés, envoûtants. Un mal et un bien, à la fois ; les autres chairs sont ternes et les autres âmes imparfaites. Alors la brute ne touche plus personne, plus rien, sauf peut-être lui-même.
Il l'a bien mérité, de toute manière. Toutes les merdes, toutes les conneries, il a couru derrière eux pendant des années, alors l'homme n'a été nullement surpris lorsque le monde entier lui est tombé sur la gueule pour lui mettre une volée. À quoi bon se berner ?
Derrière, le parquet craque. Dorsey l'a suivi.
Ah oui ; voilà bien une raison acceptable pour se berner.
C'est qu'il aimerait, oui, et il se permet de le faire, certaines nuits, lorsqu'il rêve d'un eux heureux. Les matins qui suivent sont souvent tristes et le faciès porte des élans de tristesse qu'il ne peut réellement contenir.
Les yeux fermés, les poings serrés ; il respire longuement, Dick, pour expirer tout pareillement. Les doigts tremblent contre les vêtements de Myra, posés sur la table. Alors, il ouvre les yeux et les lisse doucement, délicatement de ses paluches trop larges et malhabiles. Elles sont pourtant douées pour les délicatesses, ces mains géantes ; il lui suffit de se souvenir de comment il touchait Dorsey, autrefois.
Peut-être que ses doigts, maintenant, ils tremblent car il est en manque ?
Peut-être, oui.
Le passé parle, derrière lui. Dick ferme les yeux, le souffle craquelé entre les lèvres. Il aimerait rire de lui même ; ce grand colosse, si faible, devant un petit nabot.
Mais putain, ce nabot, c'était le sien.
Le sien.
La tête se secoue brièvement mais les pensées y restent, et Dick tourne son regard vers lui. Si Dorsey l'observe réellement - ce qu'il ne fait certainement pas - il verra ; une lueur de faiblesse, l'éclat d'une tristesse. La fissure de l'ébène.
- C'est une longue histoire.... qu'il susurre, bas, penchant la tête sur le côté. Il sourit faiblement, en y pensant. C'est que la gamine, mine de rien, il s'y est attaché. Il a essayé, Dick, de se tenir à l'écart lorsqu'il a su que Dorsey était dans les parages.
Mais comme toutes choses qui concernent Dorsey, Dick n'a pas été capable de se tenir à distance. Et puis, Myra ; comment ne pas aimer la gamine ? Elle brille trop fort.
Et puis, il se tourne ; lui fait face, les vêtements délaissés, le coeur martyrisé.
Putain, il aimerait l'embrasser.
Mais les lèvres restent scellées.
Comme s'il avait le droit d'être pardonné ; c'est bien joli les rêves, Dick, mais ils restent des rêves. Cette nuit, peut-être que Dorsey l'aimera de nouveau, peut-être qu'ils mangeront chinois en compagnie de Tyson, devant un match de foot à la tv, mais pour le moment, il n'est qu'un homme aux erreurs trop nombreuses et aux regrets presque - et là est le mot juste - presque absents.
Suffit de le regarder et de se souvenir pour regretter et l'aimer, incapable de l'oublier.
La gorge se racle, le corps prend appui contre le comptoir. Il croise ses bras contre son torse, se protégeant lui-même, sans savoir, sans réellement s'en rendre compte, soudain petit, pourtant si grand.
- Trevor, un des gamin, l'a appelé comme ça pour rigoler pendant l'entrainement. Il l'a regretté. Le surnom est resté, à la blague, qu'il finit simplement, des secondes - une éternité - plus tard. Il était perdu à l'observer, se rappeler, et puis regretter aussi, un peu.
Et maintenant ?
Maintenant, ils font quoi ? Dick ne sait pas réellement ; dans ses tripes, le malaise plane un peu, et le coeur geint sa douleur. Il a besoin d'un peu de tendresse ; seize années, c'est long à ne pas y toucher. Les sourcils restent froncés.
Chouchoune sait, lui. La crevette sort de la chambre, petite et tremblante, la queue s'agitant follement, un peu basse, prisonnière entre ses jambes. Il aboie ; Dick peut le voir, mais Dorsey non, et n'a certainement pas entendu la créature s'approcher.
Sur les lippes du colosse, un sourire se retient, mais fleurit.
Putain, ce rat. Adorable. C'est que le nabot parait grand, lorsque Chouchoune se trouve à deux pas, reniflant ses godasses.
- Attention, qu'il dit, désignant d'un signe de tête la petite chose proche de ses jambes. Le chien l'observe, le cou presque brisé, un peu trop excité. Dick laisse le sourire se dessiner totalement, accompagné de l'écho d'un rire. Il s'approche, s'agenouille - face à Chouchoune ou Dorsey, qui sait réellement - pour caresser la crevette. Et si sa main est assez grande et puissance pour écraser cette petite merde blonde, elle le caresse pourtant avec toute la douceur du monde.
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MessageSujet: Re: What have you done to us (little dick)   Mar 6 Juin - 1:04



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Le monde s'ouvre à lui. Ce nouvel univers qui ne pensait jamais découvrir. Il explore rapidement. Voyageur d'une autre contrée. Citoyen du passé qui met malgré lui les deux pieds dans le présent d'un autre. Pas n'importe quel autre. Le propriétaire n'est pas le premier inconnu croisé au coin d'une rue. Il n'est pas juste l’entraîneur de Myra. Il n'est pas juste celui qui encaissera le chèque. Il n'est pas juste celui qui l'a invité tacitement à monter chez lui. C'est Dick. C'est ce gros con de Dick. Il paraît qu'il n'est plus le même, c'est une bonne chose d'après Dorsey ainsi, il y aura moins de chances de se faire avoir une seconde fois. Enfin, il est quand même affreusement canon le salaud. La bête a pris de la masse, Dorsey ne peut pas le louper. Le Dick qu'il connaissait était déjà bien foutu, mais rien à voir avec ça, ce n'était que le commencement. Et merde, son esprit divague. Il pense à l'interdit. L'amour est peut-être éloigné, mais le désir, lui, il suinte par tous les pores du Denbrough. Me direz-vous que ce mec il a un appétit important, il pourrait baiser tout ce qui peut accepter. Sauf qu'avec Dick, ce serait pas que du cul. Ça ne peut plus l'être. Ce sera forcément plus compliqué et d'un coup ça le refroidi. Pas pour longtemps -ça dure jamais longtemps- . L'explorateur contemple le titan dans son habitat naturel. Les prunelles foncées vont et viennent. Montent et descendent sur la carrure, mais jamais ne vont au-delà de la mâchoire. Ainsi, il le dépersonnalise. Il ne voit plus le Dick qu'il a tant aimé et qu'il déteste tant. Dorsey voit juste un homme qui semble calme et mature. Un boxeur bienveillant qui s'occupe de jeunes et lave les fringues oubliées. Il est pas mal ce mec finalement, dommage qu'il porte ce visage emprunté aux douloureux souvenirs. Il porte la peau d'un infidèle, d'un joueur cruel qui ne se contrôle pas. Dans l'ombre du colosse, le gamin apeuré par sa nature tremble et fait baisser les yeux de l'invité. A chaque fois qu'il veut le détester de toutes ses forces, de tout son cœur, il se rappelle qui était réellement Lavon. Et à chaque fois, son cœur soupire le désir de pardonner. D'avancer. D'abandonner cette haine trop gardée qui lui a pourri l'intérieur et ses relations.
Il s'est rapproché plus près qu'il ne le pensait et capte le souffle de son ancien ami. Une longue histoire ? Automatiquement, les épaules se haussent. Finalement son envie de se barrer n'est plus trop d'actualité. C'est pas qu'il souhaite rester, mais partir n'est plus une priorité. Il a rien d'autre à faire, puis il redoute le moment où il se retrouvera seul dans sa bagnole. Quand sa tête explosera dans ce big bang de sentiments et d'émotions. Ses mains trembleront. Son torse se soulèvera dans des complaintes douloureuses. Ici, c'est mieux car en sa présence, il lui est impossible de craquer. Sa fierté fait barrière. Il s'apprête à l'écouter quand Dick se retourne. Le pied se recule par réflexe et la tête dégringole vers le sol. C'est bien de pas voir sa tête. Sa voix est la même, toujours aussi chaude et désirable, mais ça lui fait pas le même effet. Il attends les mots, la suite sans oser lever la face. D'après les godasses, y a deux mètres, peut-être un peu moins entre les deux, sauf qu'il sait qu'en le regardant cette distance paraîtra tellement plus petite.
La longue histoire commence, mais il ne suffit qu'à Dick que de quelques mots pour la lui raconter et il lui est reconnaissant en silence. Il a pas trop envie de l'entendre parler de Myra, trop protecteur. Pourtant il sourit. Un sourire en coin, il peut pas s'empêcher de voir dans ces mots celle qu'il connait que trop bien. C'est tellement elle et il ressent une petite pointe de regret de pas avoir été là à ce moment. Un peu comme un père qui raterait les meilleurs moments de son enfant.
Le silence se fait troisième compagnon maintenant que l'histoire est terminée. Dorsey n'a jamais été un grand bavard et là, toutes les choses qu'il veut dire lui semblent tellement inappropriés qu'il préfère se taire. En réalité, il sait pas trop quoi lui dire. Tout se bouscule dans sa caboche. Les mots se cognent, se remplacent et forment des phrases sans sens. C'est Dick qui ouvre la bouche, encore pour tuer le silence. Denbrough ne comprend pas tout de suite la signification du mot. Obligé de lever la tête et de regarder Dick lui désigner la raison. Il observe le machin rapidement, son attention est rapidement volé par la grand gaillard qui s'approche et s’agenouille. C'est verrouillé sur son visage. Dorsey le regarde comme il ne l'a encore jamais regardé depuis son arrivée. Il examine la partie qu'il peut apercevoir. Les traits anciens et les nouveaux. Il s'en balance du clébard, mais au fond il perçoit une ombre de jalousie. Lui aussi aimerait bien être caressé par cette palme virile. Tout son être se détend et l'espace d'un instant, il est heureux d'être là et de pouvoir surplomber ce loup. « C'est celui de ta femme ? » qu'il lance sans trop réfléchir, trop obnubilé par ces mains qui avaient pour habitude de courir sur son corps. De le faire vibrer. Ses iris remontent le long du bras, de l'épaule, le menton et termine sur la bouche dont le goût lointain est encore bien présent sur celle de Dorsey. Il ne peut s'empêcher de se mordre la lèvre inférieure comme pour vérifier. « Désolé, ça me regarde pas. T'as pas à répondre. » Mais c'est qu'il la veut sa réponse. Il veut savoir si quelqu'un l'a remplacé. Il veut savoir s'il est le seul à ne pas avoir refait sa vie.

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MessageSujet: Re: What have you done to us (little dick)   Mar 6 Juin - 1:46

- C'est celui de ta femme ?
Une seconde, un souffle, un tremblement.
Dick contrôle son corps entier pour ne pas que ses doigts, puissants, ne s'enfoncent dans le pelage fin de Chouchoune. Le corps est tendu. Il ne bouge pas. Ne lève pas les yeux, non plus. Une part de lui-même l'empêche de respirer, pendant quelques secondes. Il ne réalise pas réellement les mots ; ils se contentent de le frapper en pleine gueule, brusquement, sans demander leur reste.
Putain, il pensait pas que les mots pouvaient frapper si forts.
Et pourtant.
Pourtant, il est au tapis, soudain, face à de simples mots. Et il ne sait plus parler, bouger, respirer, vivre.
Le palpitant est en guerre, enfermé dans sa cage osseuse, essayant de se libérer. C'est qu'il aimerait avoir une voix, à l'instant, pour hurler et faire comprendre. Il parlerait certainement mieux que le grand gaillard échoué contre le sol, ses doigts encore perdus dans le pelage d'un chien miniature alors que le propriétaire de son coeur est là, là devant lui.
Avec des mots.
Avec des mots à la bouche.
Des mots à la bouche qui font naître dans sa carcasse de malmené des espoirs qu'il aimerait ne pas espérer. Mais putain, comment il pourrait ne pas espérer ? Comment il pourrait ne pas croire, une seconde, minime, éphémère, brève, qu'il y a un espoir ?
Dick avale doucement, le souffle cassant, le corps tremblant. Il se permet un mouvement, lorsque la voix résonne de nouveau, un peu plus basse, portant des mots un peu faux. Ou trop vrais. Il ne sait pas réellement, Dick. Il ne sait pas grand chose; lire les mots, les gens, il n'a jamais vraiment réussi. Il se contente de croire le pire.
Alors, il croit le pire.
Dorsey s'en fiche.
Dorsey n'en a rien à faire.
Dorsey attend simplement les vêtements de sa fille - sa fille, oui - pour partir et ne pas revenir. S'enfuir pour ne pas ressentir.
Dick ferme les yeux, une seconde. Il inspire doucement, expire un peu plus follement. Il peine à suivre le cours de sa pensée et c'est peut-être pour cela que les mots s'évadent de ses lèvres avant même qu'il ne les pense. Car Dorsey dit de ne répondre, et Dick veut faire le contraire, aussitôt. Agripper cet maigre espoir de ses mains trop grandes, trop fortes, et espérer ne pas l'écraser entre ses doigts et le tuer.
Mais il a jamais été du genre à contrôler sa force, Dick. Sa force d'aimer, de vivre, de frapper, de ressentir. D'être.
Il lève l'abysse de ses yeux et cherche celui des siens, pour s'y enfouir. Il le dévisage d'une pupille un peu folle, un peu incertaine, alors que les mots s'extirpent de sa gorge d'un ton un peu brusque, un peu trop vif, comme s'il courrait derrière eux.
- Q-Quoi ? Une femme ? Je suis pas marié, Dod - Dorsey - le coeur se serre et une grimace déforme ses traits, une seconde, souffrante, alors que ses lèvres ont laissé échapper un surnom du passé. J'ai pas de femme.
Il soupire et baisse la tête, Dick. Il fuit les sentiments et oublie - essaie - le noeud dans ses tripes. Il aimerait lui dire des choses, tellement de choses.
Et lui en faire d'autres, des milliers d'autres.
Mais pour le moment, il se contente du peu de mots qui ose s'évader de ses lèvres.
- Y'a que moi et Chouchoune - il désigne le chien, alors qu'il se redresse lentement - ici.
Avant de le regarder, encore. Même petit, Dorsey semble plus grand. Trop grand, oui, trop immense, dans son coeur si petit.
C'est qu'il va le détruire à prendre autant de place, en dedans.
Dick n'y voit aucun inconvénient.
On pourrait croire que ses yeux disent plus de mots que ses lèvres ; qu'il dit trop, muet, à le dévisager, incapable de s'éloigner.
Il aimerait l'emprisonner pendant seize années pour rattraper le passé. Dire au temps de s'arrêter et le menacer, s'il le faut, pour récupérer ce qui aurait pu être du temps à s'aimer.
Ou à merder.
À merder, certainement, vu le con qu'il a toujours été.
Dans un soupir qu'il risque de regretter, il laisse s'égarer ;
- J'suis gay Dorsey, tu l'sais.
Le regard dans le sien, un malaise dans l'âme, un désespoir dans la voix.
Derrière les mots, au creux du coeur, il a l'écho ; y'a que toi Dorsey, tu l'sais.
Mais c'est pas parce qu'on est grand qu'on est forcément courageux.
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MessageSujet: Re: What have you done to us (little dick)   Mar 6 Juin - 22:09



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C'est sorti tout seul. Comme on ne pense pas à inspirer ou expirer, Dorsey n'a pas pensé à laisser glisser cette question hors de sa bouche. Elle s'est juste coulée entre ses lèvres. Lettres liquides qui se sont faufilés pour savoir. Il doit le savoir. C'est presque vital. Le battant rapide de l'organe gauche exige une réponse même si l'homme dit le contraire. Dick n'a pas à répondre. Sa vie n'est plus celle de Denbrough et les détails ne le regardent pas. Rapidement il regrette en pensant aux possibles réponses. Et s'il lui répondait positivement, Dorsey serait-il triste ? Anéanti ? En colère ? Jaloux ? Et s'il lui répondait que non ? Ouais, il regrette, mais c'est lancé. Y a plus qu'à attendre en espérant que la réponse ne lui arrache pas une émotion trop forte qu'il serait incapable de dissimuler sous ses traits de pitbull. Il attend et se dit que peut-être, finalement Dick l'a écouté et qu'il ne va pas répondre. C'est une bonne chose, il saura un jour où l'autre. Myra c'est sûr, la langue qui ne sait rien retenir. Il pourrait aussi demander à Lowell, mais non, il peut pas. Sa question pourrait être répétée et il ne souhaite surtout pas que le boxeur apprenne cette curiosité.  Il attend alors, en silence, il n'a rien d'autre à dire ce radin de parole. Pas une connerie pour détendre l'atmosphère, l'invité veut pas la détendre. Veut pas se montrer trop sympathique au risque de se faire mordre une nouvelle fois. Le chauffeur de taxi est pas là pour faire le mariole, pas là pour être cool. Il est juste là pour lui donner ce putain de chèque, il était même pas supposé rester là aussi longtemps. Belle erreur que d'avoir suivi ce cul tant désiré puis le chemin de briques. Une belle connerie qui le perd dans les méandres piquantes et compliquées d'une telle relation.
Les yeux bruns ne le quittent pas. Autant au début Dorsey n'arrivait pas à regarder son visage, autant à présent il n'arrive pas à s'en détacher. Sauf qu'en fait, il voit pas grand chose. De sa hauteur, il ne perçoit presque rien. Les yeux semblent se fermer, mais c'est peut-être juste l'inclinaison de la tête.
Le colosse lève les yeux. Rien. Dorsey ne bouge pas, aucune réaction visible. Il ne cherche pas à le fuir ni à accentuer ce regard. Déjà fatigué de fuir alors qu'il n'a pas à le faire. Ce n'est pas lui le coupable dans cette histoire. Donc il lui accorde ce moment. Les yeux dans les yeux. Un peu froid, un peu distant. C'est qu'il regarde un inconnu qui lui a donné mauvaise impression. Elles s'ouvrent, les splendides, mais ne concèdent qu'une réponse un peu bancale. Les mots sortent étrangement. Dick se reprend sur ce surnom qu'il n'a plus le droit de donner. Et heureusement car Dorsey se serait senti perdu sous cet appel du passé. Au moins il a sa réponse, mais c'est bizarre. Il n'est ni heureux ni triste. Un brin de soulagement de pas être le seul des deux à ne pas avoir refait sa vie sans doute. Une pointe de rancune en se disant qu'il ne mérite pas d'être heureux en couple et que c'est bien fait pour lui. Le propriétaire baisse la tête alors que celle de l'invité n'a pas bougé. Chouchoune ? Il hésite à exploser de rire. Il a envie de se moquer, mais ce serait trop familier. Leur relation n'est pas ainsi. Un sourcil se hausse. Ridicule, mon vieux. Sans rien dire. Sans bouger, il le regarde se relever. Prendre une hauteur que jamais le petit Denbrough n'atteindra. Il se souvient que sa taille l'intimidait, mais là, dans ce contexte, qu'il le dépasse ne lui fait plus rien.
Et ça sort de nulle part. Et il fronce les sourcils avec un sourire en coin. Son regard demande à Dick de répéter. Il a bien entendu ? « Gay ? » qu'il répète comme la blague du siècle. « Gay ? » insiste-t-il une nouvelle fois, le sourire encore plus grand. Les yeux s'éloignent, pétillent d'incrédulité. Il a osé... « Gay. » qu'il se répète à lui-même cette fois avant de rire. C'est toujours mieux que de pleurer. « Il se fout de moi ! » murmure contre sa paume qui est venue gratter la barbe naissante. Le corps bouge, s'éloigne, se tourne. Dorsey a besoin de bouger pour réaliser. Il se frotte les paupières. Sur ses lèvres, le sourire ne l'a pas quitté. Putain il a osé.
Le visage change. Le sourire se transforme en grimace de dégoût. Les yeux scintillent de larmes qui s'accumulent sans se laisser glisser. « Non ! » Presque hurlement. Il peut pas. Il refuse cette phrase. Non, Dick n'a pas le droit. « Non !  T'es pas gay ! Les gays ne vont pas engrosser la première salope qu'ils croisent.» Tourné vers l'autre, son regard se pose dans les reflets. Il sent son menton trembler et ses poings se fermer. « Putain, mais.... » le reste de la phrase ne vient pas. Sa main se pose sur son visage quelques secondes afin de reprendre ses esprits. « Te concernant, Dick, je sais plus rien. » sa voix est plus calme, plus faible aussi. Dorsey ne veut pas s'énerver, c'est du passé, il a avancé. Ou juste un peu.
Il n'aurait vraiment pas dû monter ces marches.  

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MessageSujet: Re: What have you done to us (little dick)   Mar 6 Juin - 23:50

Le coin de ses lèvres danse ; un mouvement léger, absent, presque transparent. L'écho de l'angoisse qui dégouline au coeur de ses veines et envahit de le moindre espace en elles. Dick l'observe et se cherche. Ne se trouve pas. Ne sait pas ; les mots l'ont quitté et il les comprend, réalise.
L'homme ferme les yeux, une seconde, l'éternité, pour mieux les ouvrir.
Ce qu'il voit n'arrange rien ; agrave tout. Il a su, avant, autrefois ; il a su lire les expressions de Dorsey, et savoir lorsque ses conneries allaient trop loin. Lorsque ses mots, gestes, dépassaient les bornes et que l'autre, un peu brisé, trop fier aussi, avait simplement
Le coin de ses lèvres qui danse.
Un mouvement léger.
Absent.
Presque transparent.
Mais Dick voit et sait, et il baisse les yeux, un peu, cherche quelque chose du regard mais ne sait pas ce qu'est ce quelque chose et ne trouve rien. Il relève ses prunelles vers lui.
Entre ses lèvres repose un désolé qui ne désire réellement s'évader. Dick garde la mâchoire serrée. Comme le poing, aussi.
Il a envie de se détester.
Trop tard ; il le fait déjà. La blague.
Il se contente de l'observer, alors ; de regarder sur ses lippes se dessiner un sourire qui n'a rien d'un sourire, une grimace presque contraire à sa courbe, éveillant en lui des sentiments amers. Pas envers Dorsey ; envers lui-même. Et il voit, à chaque seconde, le sourire qui croît. Et il sent, à chaque seconde, le malaise qui prend place. La nausée qui le prend par les tripes, les arabesques de tourments qui planent dans sa tête et qui se glissent dans les recoins, envahissant toute son être.
Dick inspire, doucement ; il n'a pas le droit, pas le temps, de se laisser envahir par ses conneries maladifs. La colère reste à la surface, tangue doucement, ne bouge pas réellement. Dick l'ignore, même si elle vague tranquillement, effleure à chaque seconde, chaque mouvement, le fil de ses pensées.
La sentence tombe, un mot à la fois.
Et deux fois.
Et trois.
Et un millier, en dedans de soi.
Dick inspire lourdement, lève le menton, en le faisant et regarde ailleurs, simplement.
Les démons résonnent dans les limbes de son espoir, la colère gronde, la facilité hurle.
Dick reste sans mouvements, calme, le dedans qui tremble, les yeux qui piquent.
C'est con qu'on puisse pas foutre le camp de chez soi.
Une seconde de fuite et une autre de courage ; il l'observe de nouveau, le colosse, pour le voir se frotter les yeux. Pour voir dans ceux-ci le reflet d'une tristesse dans lequel il se noie. Le souffle le manque ; il aimerait ne plus en avoir, aussi. Ça aurait été peut-être mieux, si cette fois-là, la lame s'était enfoncée un peu plus profondément dans sa chair. Dorsey n'aurait pas les larmes aux yeux, là, devant lui, pour ses conneries.
Toujours pour ses conneries.
Se souvient-il plus de ses larmes ou de ses sourires ?
Putain, Dick ne sait pas.
Ne sait pas.
Il ouvre la bouche, prêt à parler. Le regard de Dorsey se fixe de nouveau dans le sien.
- Je - qu'il commence, mais l'autre continue. Prend ses mots, les massacre. Prend son coeur, et l'écrase. La gorge se noue et il baisse les yeux vers ses mains, énormes, et les dévisage, incertain.
Il a envie de tendre les doigts, caresser sa joue, effacer les larmes.
Mais non, pas avec ces mains là. Pas avec ses mains là.
Elles sont trop grandes ; elles détruisent tout ;  comme lui.
Les lèvres s'ouvrent, une nouvelle fois ; l'homme passe ses doigts contre son crane dans l'espoir de trouver quelque chose mais il fronce des sourcils et sent le noeud qui croît, encore et encore, et le coeur qui palpite plus fort et la colère qui grandit et le bordel qui devient tellement encore plus un sacré bordel dans sa tête qu'il ne sait plus et que -
- Putain ; qu'il grogne, sec, brusque. Le ton n'est pas violent ; il est brisé, désespéré. Presque tremblant.
Et il ferme les yeux, Dick, pour se calmer et se concentrer, mais dans sa tête la guerre a éclaté et il est au milieu, perdu dans le nirvana, incapable de se souvenir de quel côté se trouve son camp.
Peut-être qu'il n'en a tout simplement pas.
Il inspire, Dick, mais oublie d'expirer. Alors il tremble, et il lève les yeux vers Dorsey, la pupille, plus qu'il y a quelques secondes, et il avance d'un pas. Il ose s'approcher, et avec la proximité, il se perd un peu plus. Mais si se perdre équivaut à trouver Dorsey, il l'accepte.
- Je ne - être gay veut pas dire  - faut pas - il commence une liasse de phrases, n'en finit aucune. Et fronce un peu plus des sourcils, à chaque phrase, à chaque nouvel essai, et se devient furieux contre lui même. On le voit, aux contractions qui traversent son faciès. Et dans les yeux ; le désespoir qui croit, un appel à l'aide, minime, là. Une bouée à la mer.
Un grognement quitte ses lèvres et Dick ramène ses paluches contre ses traits. Il les écrase tout contre et expire entre elles, un moment, quelques secondes.
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 ; expiration.
1, 2, 3, 4 ; inspiration.
Les mains glissent et son regard s'accroche au sien, toujours troublé, un peu moins.
- Désolé, il n'entend même pas son propre mot ; il s'égare dans un soupir. Mais Dick ne s'arrête pas là. Il continue. Ne peut pas s'arrêter, en vérité. J'suis désolé, Dorsey. Désolé, okay ? Désolé.
Et le ton est bas, dans la confidence. Il lui semble que, parler trop fort, il gâcherait tout - s'il ne l'a pas déjà fait. À parler trop fort, il craquerait. Dick avance d'un pas ; hésite, un moment, une éternité, et puis ose.
De ses paluches qui brisent tout, il capture avec la douceur la plus étrange le visage de Dorsey.
Il aimerait l'embrasser, préfère s'excuser.
- J'suis désolé, qu'il dit encore, son front appuyant doucement contre le sien, comme avant, comme autrefois, et sent, presque honteux, mais n'efface pas, la première larme quitter ses yeux.
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MessageSujet: Re: What have you done to us (little dick)   Jeu 8 Juin - 1:18



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Mais quel con. Il le déteste. Le hait de toutes ses forces. Comment-a-t-il osé lui parler ainsi ? 'J'suis gay.' Et moi trop con. Dire qu'il y a quelques secondes le pauvre Dorsey pensait pouvoir avancer. Mettre de côté la trahison. Peut-être pas pardonner. Certainement pas oublier. Mais cotoyer cette part d'ombre de lui-même. Cette part qui a ruminé encore et encore. Les ténébreuses rancunes. Le poison aigre glissé dans les veines, entre leucocytes et hématies. Vile maladie qui a rongé le gaillard pendant toutes ces années. Seize pour être exacte. Seize années où il ne pensait plus l'aimer ni pouvoir le regarder sans vouloir le détruire. Dorsey a eu longuement le temps d'imaginer les retrouvailles. Il voyait plutôt ça dans un autre contexte. Il se voyait lui hurler des insultes et des mots acerbes. Ou alors chanter de ses poings la douce litanie de la rancœur. Car ses mots... Ses mots oui ne peuvent exprimer sa douleur. Pas assez forts non plus pour cette animosité, ce ressentiment. Y a rien qui ne peut vraiment faire passer le message, même avec les poings Dorsey serait incapable de le détruire physiquement, encore moins maintenant. Il a l'impression de ne pas pouvoir jouer son coup, de ne pas pouvoir lui rendre ce qu'on lui a donné.
Pas un seul instant il s'imagine que l'autre est dans le même état. Que les deux cœurs portent les mêmes traces, les mêmes brisures. Si Denbrough a été la victime collatérale, celle qui gît encore sur le sol et attends d'être sauvée, c'est bien Dick. C'était un suicide. Un suicide social et amoureux. Sauf que Dorsey ne voit que sa douleur, c'est la seule qu'il ressent et la seule qu'il souhaite ressentir. C'est pas lui qui a baissé son froc pour féconder la première gonzesse après le mot de trop. C'est pas lui non, pourtant il doit vivre avec cette connerie comme si c'était la sienne. Sauf que son dos n'est pas assez large pour porter un tel fardeau et ici, chez l'autre, dans l'antre du coupable, ses chevilles chancellent et il s’effondre. Il se sent tellement con. Faible. Quelques mots l'ont mis dans tous ses états, lui qui voulait rester stoïque. J'reste pas longtemps qu'il se disait pour se motiver et le voilà, ce con, presque à chialer et à dégueuler cette masse noire qui reposait sur son cœur.
Le loup grogne et le chien montre ses crocs. La bouche entrouverte révèle quelques dents. Face de dégoût pour un tout autre sentiment. La peur. Dorsey est effrayé par le chemin qu'emprunte cette conversation. Il veut s'enfuir. Reprendre en sens inverse le chemin de briques et ne plus jamais revenir. Ne plus jamais le revoir non plus. Dick tente des explications, mais se perd. Trop de mots. Trop de choses à dire que l'esprit s'égare. C'est bien le même finalement, là, le jeune Dorsey retrouve son Dick. Le cœur se pince suivi par les lèvres. Denbrough se retient car les phrases se bousculent sur la langue. Il aimerait la faire claquer et continuer, mais quelque chose le retient. Il veut voir Dick et sa réaction. C'est une chance qu'il souhaite lui laisser.
Le mot sort et ce regard dans le sien ne fait qu'accentuer chaque syllabe. Il l'entend résonner. Ou c'est l'autre qui le répète. Ses iris ne peuvent décrocher de leurs voisines. Le mot frappe , fait résonner à l'intérieur tous les organes. Ce séisme provoque un tsunami sur les joues rudes. Il chiale comme souvent ces derniers temps, mais pas pour la même raison et étrangement ça lui fait un peu de bien. Ça semble soulager sa peine. Son âme devient moins lourde, mais elle se traîne encore des blessures laides et purulentes.
Il se voyait le combattre. David contre Goliath. Il se voyait lui tenir tête, lui faire mal. Le foutre à genoux et lui faire payer. Il se voyait et pourtant il reste là. Les mains d'ébènes s'approchent et se posent. Il ne fait rien à part savourer ce contact. Ça lui a manqué. Une dernière fois. Juste une dernière excuse, mais elle sonne différemment car il y a cette paume contre sa peau qui vibre. Cette mitoyenneté ne suffit pas au coupable. Il en rajoute, colle son front contre le sien. Dorsey ferme les yeux pour s'arrêter de chialer. Il les ferme aussi pour ne plus le voir. Pour réfléchir car il doit penser. Bien et vite. Surtout vite. Au fond il ignore, personne ne lui a appris comment réagir dans une telle situation. Les mains se lèvent et se posent sur celles de Dick. Elles glissent jusqu'à ses poignets puis s'arrête sur les avant-bras. Les paupières s'ouvrent sur des billes rougies et les lèvres s'écartent laissant les mots s'échapper.
C'est qu'il est près. Beaucoup trop. Y a aucune distance de sécurité. Il en faudrait une pour éviter à Dorsey de faire une connerie. Deux mètres seraient suffisants. Cinq seraient parfaits. Là, ça se compte en centimètre. Il a envie de le bouffer cruellement comme de l'embrasser tendrement.
« C'est trop tard. » un souffle. Une expiration tremblante. Il déglutit sans se rendre compte qu'il a arrêté de pleurer ni que son cœur bat calmement. « Je peux pas, Dick. » Les mains s'emparent de ce contact et y mettent fin. Il lui retire cette proximité qui lui a brûlé les joues et le front. « Je peux pas te pardonner. » Dorsey le quitte des yeux. C'est devenu trop difficile. Ils se sont déjà quittés, et c'est une seconde rupture que Denbrough est en train de vivre. « Je peux pas vivre en faisant semblant. » Il essuie ses joues moites. « Je t'aimais. » 

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MessageSujet: Re: What have you done to us (little dick)   Jeu 8 Juin - 1:57

Des larmes contre ses joues qui ne sont pas siennes. Des mains sur ses mains, une douceur contre la douleur. Dick ferme les yeux, ne les ouvre pas. Il ne veut pas ; l'homme sait, aussi grand qu'il peut être, à quel point il se sent petit face à lui.
Et s'il ouvre les yeux à cet instant, il sait qu'il pleurerait certainement comme un petit enfant, incapable de contrôler ses larmes, incapable de comprendre totalement la vague de sentiments qui l'envahit par tous les pores, toutes les veines.
Mais les mains glissent contre la peau de ses bras. Et le frisson plane aussi, contre sa peau, attisant ce besoin vital de le voir.
Savoir qu'il est là, réellement.
Se dire que ce n'est pas un rêve, tout cela.
Qu'il est bien là.
Les iris s'ouvrent et les larmes l'accueillent ; Dick s'y noie. La culpabilité apparaît, la haine aussi, envers lui-même. Il aimerait dire désolé, encore, mais le mot perd de son sens, déjà.
Et puis, comme les larmes
les mots tombent
un à la fois.
Dick ferme les yeux, pour se contenir un peu. Il les écoute sans faire de drame, sans faire le moindre fracas. Accepte le contact qui se coupe, et la dureté de la réalité qui le rattrape. L'écho douloureux de ses gestes d'autrefois qui le cogne et l'abat sauvagement.
Il subit, sans un mot, accepte, sans chigner.
Les genoux déjà au sol, il accepte les échos de cette guerre qu'il a autrefois déclaré ; son corps, son coeur est le champ de bataille, tout comme celui de Dorsey.
Le regard s'ouvre, encore. Percute le faciès de l'amant d'autrefois, dévisage les larmes grossières, les poings fermés qui essuient sans manières.
Les derniers mots le frappent et il s'étonne d'être encore en vie.
Putain, ils font mal.
Du revers de la main - il y sent encore le contact de ses mains moites - Dick essuie l'une de ses joues.
- J'ai jamais fait semblant, pas avec toi. Avec les autres, mais pas avec toi. Jamais ; il se sent obligé de le dire, par crainte que Dorsey ne sache pas.
Une grimace traverse ses traits ; elle était censée être un sourire, au départ. Trop tard. Il renifle sans manières et d'un soupir tremblant par l'émotion trop retenue, il continue.
- Tu fais bien, et il renifle encore, essuie son autre oeil, passe ses deux mains contre son visage, lâchant un soupir encore plus fort. On dirait presque qu'il gronde la colère qui ne sort pas. Pardonne moi pas. J'le mérite pas.
Un sourire fin. Un missile en plein coeur ; non, une bombe nucléaire. Le compte à rebours tourne depuis seize années, est peut-être sur le point de s'arrêter. Dick a cette impression, du moins ; il sent au creux de sa poitrine le noeud qui se serre et se serre de plus en plus et se demande, l'espace d'un instant, s'il s'agit d'un noeud de pendu.
Au moins, ça ne se tordrait plus.
Mais pour le moment, il sourit, un peu. Il essaie, du moins, au travers des larmes, des noeuds, des tremblements.
Sa gorge lui fait mal à chaque mot et pourtant, il ouvre les lèvres, et laisse d'un souffle brisé les paroles lourdes de vérité s'échapper.
- Moi aussi, Dode. Moi aussi, qu'il souffle, bas, trop bas peut-être bien. L'oeil se tourne vers l'une des fenêtres, la plus proche, dans l'espace que la lumière chasse les larmes qui brouillent sa vision. Dick sourit un peu, moqueur envers lui-même. Les bras se croisent contre le torse ; le colosse se protège, réchauffe son coeur qui tremble, même s'il sait que ce n'est pas de froid. Heureusement, Dorsey ne le voit certainement pas, son tremblement. Les larmes suffisent.
Le souffle quitte ses lèvres et les iris reviennent vers celles rougies de l'autre, l'être aimé. Dick le dévisage, un instant ; le toise pour se souvenir des traits de son visage. Il ne sait pas, après tout ; il ne sait pas combien de temps passeront avant qu'il ne le revoit de nouveau.
Seize ans encore, peut-être.
Toute une vie.
Toute une mort.
Les lèvres se pincent et la vérité crue, vraie, affreuse
douloureuse
les quitte ;
- T'es le seul que j'ai jamais aimé, qu'il dit comme si c'était la chose la plus simple du monde, comme si c'était un bonjour ou un merci, comme si ce n'était pas l'histoire de sa vie. Et il sourit, aussi ; quelque chose de léger contre les lèvres, les traits de l'homme qui semble si brusque, si fort, pour n'être qu'un final d'un tas de cassure.
Dick inspire quelques secondes, calme les battements de son coeur - n'y parvient pas - avant de se détourner. Il retourne vers la table qu'il a abandonné il y a bien plus qu'une éternité, prend les vêtements et revient vers lui.
Il hésite une seconde, arrête son pas presque trop loin de lui, et maladroit un peu, brusque aussi - il n'a jamais eu de manières - lui tend les vêtements de Myra.
- Fais pas comme elle, les oublie pas.
Et l'observe, encore. L'observe tellement mais pas assez pour toutes ces années qu'ils ont égaré.
Au creux de ses paumes, il sent encore le picotement de ses joues, de sa barbe. La douceur de sa peau, aussi, au dessous de tous ces piquants. À l'image de Dorsey.
Le coeur se serre, sentiment amer.
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What have you done to us (little dick)
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