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 what hasn't changed us. (dick)

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MessageSujet: what hasn't changed us. (dick)   Dim 4 Juin - 1:59

Rares étaient les jours où Hatch ne mettait pas les pieds dehors sans avoir plus de deux grammes d'alcool dans le sang. Celui-ci était donc à marquer d'une croix dans le calendrier, car dieu seul savait quand ce miracle se reproduirait. Lowell avait dû faire un effort colossal pour ne pas toucher à une bouteille de bière ou pour ne pas se servir un verre de cette excellent whisky de dix-huit ans d'âge dont il raffolait. Pourquoi un tel effort ? Sans doute parce qu'il savait que la soirée qui arrivait serait assez arrosée comme ça. Et pourtant, malgré tout, le chirurgien avait bel et bien l'intention de continuer sa lutte contre ses vieux démons, et de vivre les prochaines heures de manière plus ou moins sobre. En quittant son appartement, Hatch se rendit dans une de ces épiceries de luxe qu'on lui avait conseillées, et acheta de beaux morceaux de saumon, thon, daurade et maquereaux, ainsi qu'un bon kilo de crevettes et de calamars. Ce soir, repas sain. Il s'était mis d'accord avec Dick pour acheter le nécessaire afin de préparer des makis et des sushis, et de laisser son colossal ami s'occuper de leur préparer tout ça. Pas qu'il ne sache pas cuisiner, au contraire, mais les spécialités japonaises ne s'inscrivaient pas encore dans son domaine de compétences. Il régla son paiement par carte, et la main tremblante qu'il avança pour récupérer sa carte bancaire et son ticket arracha un regard soucieux à la caissière. Lowell lui adressa un sourire poli. Le manque se faisait ressentir, mais il fallait tenir. Il le fallait. Il ne pouvait pas replonger, pas après avoir passé une journée entière à lutter intérieurement contre ce fléau qu'était l'alcool. En outre, il savait qu'il ne pourrait pas cacher ce petit problème bien longtemps à ses supérieurs, et s'il voulait conserver son poste au sein du SVM Hospital, il avait plutôt intérêt à rentrer dans les rangs, et vite. Il y avait certains moments où le talent ne suffisait plus et où la constance était de prime. La constance du Dr. Lowell Hatch, à l'heure actuelle, était à l'état de néant.

La MGB GT s'était ensuite éloignée en direction de Fisherman's Wharf, et le vent s'était chargé de cet air marin qu'il avait eu l'habitude de respirer dès ses premiers jours. Il avait traversé Monterey en long et en large tout au long de son existence, et connaissait cette ville pour ainsi dire comme sa poche. Sur quel trottoir lui et sa bande de copains ne s'étaient pas esclaffés sur une vanne douteuse ? Lowell, concernant Dick Lavon, s'était surtout beaucoup battu avec celui-ci. Amicalement, bien entendu. De ces bagarres pouvant aller à quelques effusions d'hémoglobine, mais se finissant toujours dans de grands éclats de rire et un concours du plus gros hématome. Si les années pouvaient rendre plus con que de raison, elles pouvaient également assagir, et c'était ce qui était arrivé à Dick. Lowell pouvait sans problème affirmer avoir connu le colosse plus véhément que n'importe quel animal sauvage lorsqu'ils étaient adolescents ; un fauve, qui aujourd'hui avait laissé quelques crocs dans ce combat tumultueux qu'était la vie, mais qui avait conservé sa ténacité et ce malgré les ravages du temps. Hatch gara son véhicule devant la devanture du Lavon's Gym. Ce grand bâtiment en briques rouges faisait quelque peu vieillot et Lowell savait que Harvey criait chaque fois qu'il se trouvait dans les parages, mais pour sa part, il l'aimait bien, ce côté rétro. Ça le ramenait des années en arrière, quand les soucis étaient derrière lui, quand ils étaient encore tous là... Lowell serra le frein à main et émergea de ses pensées en même temps qu'il émergeait de son véhicule. Il attrapa le sac de courses côté passager, puis jeta un regard à la devanture du gymnase. Cela faisait quelques temps qu'il n'était pas venu frapper dans un sac de boxe, et le seul fait de s'en rendre compte lui donna envie de rectifier le tir. Demain, pensa le chirurgien. Peut-être. Il décida de contourner le bâtiment pour accéder à l'arrière-cour, et s'engager dans les marches de l'escalier de secours. Une fois arrivé au sommet, il frappa à la porte plusieurs coups dans un rythme bien précis censé faire comprendre à Lavon à qui il avait affaire. Lorsque la porte s'ouvrit finalement, Lowell sourit largement. « D, mon grand ! Prêt à enfiler le tablier ? » L'entrain pour masquer la tristesse qui durcissait ses traits, l'entrain pour feindre la paix intérieure, l'entrain pour tenter de maquiller tout ce qu'il n'avait fait que provoquer ces derniers jours. Mais l'entrain, véritable, de passer cette soirée avec son ami d'enfance.
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MessageSujet: Re: what hasn't changed us. (dick)   Dim 4 Juin - 4:14

Le corps est lourd, par les derniers jours. Dick essaie de ne pas y prêter attention, de ne pas trop réfléchir. Il se contente de ressentir ; le craquement de ses os, la tension de ses épaules, la rage qui palpite dans ses veines. Il aimerait croire, parfois, que le calme fait parti de sa personne. Qu'il a appris à le dompter et le faire sien, avec les années de thérapie, de travail sur sa personne. Il sait, pourtant ; il reste une bête sauvage, qu'importe si sa violence est plus silencieuse qu'autrefois. Les crocs ont beau ne plus s'enfoncer dans la chair, les échos restent présents dans son être et il les entend, en permanence. Il fait rouler son épaule dans son articulation lentement, le corps abandonné sur le canapé usé. Devant lui, miss météo parle des journées chaudes qui approchent, des risques de tempête ; Dick n'écoute pas. Son autre main reste échoué dans le pelage fin de Chouchoune, posé sur ses cuisses. Le rat - non, le chien - dort la tête appuyée contre son ventre, un fin ronflement quittant ses narines de crevette. Il tremble un peu, le rat, mais quand ne le fait-il pas ? Dick lui adresse un regard, retient un sourire - il nie encore toute affection envers la petite merde qu'il est - tout en continuant de caresser sa carcasse osseuse.
L'instant suivant, quelques coups se font entendre, à la porte. Les oreilles de la bête se redressent et son pauvre corps tremble de plus belle et s'il ouvre la bouche pour aboyer, aucun son ne se fait entendre. Cadeau de l'ancien propriétaire certainement ; le rat a perdu les cordes vocales, autrefois trop bruyant. Triste spectacle assez amusant, tout au moins ; Chouchoune quitte le canapé et court vers la porte, aboyant sans un bruit face à l'arrivant, tandis que Dick le suit sans un bruit.
Il ouvre la porte, et Lowell parle déjà.
Dick lui répond d'un sourire, avant de baisser les yeux.
- Chouchoune, ça suffit , qu'il gronde, essayant de retenir le pauvre chien du revers de son pied, celui-ci aboyant encore - sans bruit, toujours - le regard mauvais posé sur Lowell.
Mais qui aurait peur d'une crevette ? Personne.
Il finit pourtant par se pencher pour ramasser son maigre compagnon, le coinçant dans le creux de son bras, le tenant contre lui, laissant son ami se frayer un chemin dans son minable appartement.
L'oeil se pose sur ses traits, brièvement ; si ce n'est de la fatigue sur ses traits ou encore de cet éclat de mélancolie qui ne le quitte plus depuis quelques semaines, Lowell reste uniquement à Liam. C'en est douloureux.
Certains jours, Dick l'observe et aimerait véritablement voir l'autre, le temps d'une seconde. Les jumeaux ne sont-ils pas supposés partagé la même âme, ou une connerie du genre ? Alors pourquoi Liam n'est pas venu se faire un petit nid au creux de son frère, depuis sa mort ? Assez pour dire coucou, de temps à autre. Assez pour apaiser les pauvres merdes qu'ils sont, avec ses leçons de morales et ses paroles à deux balles. Mais il ne reste que Lowell, à la dérive. Et Dick ne juge pas ; car s'il dérive, le noir a débuté sa vie échoué. À eux deux, ils arriveront forcément à pagayer.
- Allez, donne moi ça et je fais un festin, qu'il dit en tendant les doigts.
Le rat toujours sous le bras - forcément, ce chien aime être un accessoire de beauté - Dick s'empare du sac de provision pour le déposer sur le comptoir. L'instant suivant, il ouvre la porte de son frigo - qui grince, comme presque tout chez lui, mais pas son lit - et en sort deux bières. Il les débouche sans attendre, tend la seconde à Lowell.
- Faudrait pas que tu te déshydrates, Lolo, et il prend une gorgée, longue, lente. Un soupir quitte ses lèvres tandis qu'il déguste son vice. Peut-être ne devrait-il pas boire ; il essaie de ne pas le faire. Mais Dick n'a jamais été droit, et n'a jamais été un homme de promesses, non plus. Il essaie, tout au moins.
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