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 let my baby stay (gideon)

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MessageSujet: let my baby stay (gideon)   Dim 4 Juin - 0:48

Gauche, droite. Gauche gauche droite. Les sourcils froncés, la sueur au front, Dick tient entre ses paluches sombres les boxing pad, tandis que Evan, le corps tendu, les muscles à vif et une lueur contrôlée dans l'iris, frappe de toutes ses forces, répond à chacun de ses mouvements, recule lorsqu'il avance, danse avec lui dans un rythme que tout deux connaissent par coeur. Il serre un peu des dents lorsqu'un coup, plus fort que les autres, plus net aussi, envoie un éclair certain dans son épaule droite. L'homme sombre reste sans mots, pourtant, et ne perd pas une miette de sa concentration ; l'entrainement n'est pas pour lui, mais pour Evan. Dick a fait son temps, déjà, et le gamin - il a plus de vingt ans, mais reste un gamin à ses yeux - a certainement bien plus de talents que lui. Un combat - officiel, qui plus est - dans quelques semaines, pour combler le tout. Dick tremble d'impatience pour lui, et aux silences plus que long que lui offre Evan, il sait que celui-ci voltige entre la concentration et l'anxiété.
Son premier combat.
Dick se souvient du sien comme si c'était hier, comme de sa défaite.
Il n'a pas hésité à le dire à la racaille, lorsqu'il lui a posé la question.
( - Et votre premier combat, m'sieur Lavon, il était comment ?
- Dégueulasse. J'ai perdu une dent ; j'm'étais entraîné comme un con. C'est pour ça que toi, tu vas bien t’entraîner. )
En bas du ring, Trevor leur fait signe de la main, leur annonçant que les quinze minutes sont passés. Dick baisse les poings, et Evan suit le mouvement quelques secondes plus tard, sortant de sa transe. Il va s'affaisser dans un coin, boit quelques gorgées d'eau, en envoie sur sa tronche tandis que Dick, sourcils toujours froncés, lui donne quelques conseils.
Le regard s'attarde sur les environs, tandis qu'il parle. Il zieute les petites teignes qui zonent sur les bancs, cellulaire à la main, ne portant pas encore leurs vêtements de sport. L'ancienne brute cesse alors sa tirade de conseils, prêt à aboyer sur leur maigre carcasse, avant que l'oeil ne capte une tâche.
Une étrange tâche, presque trop perfide, dans un décor aussi crade. Une tignasse de boucle et une paire de fines lunettes perchées sur un nez plongé dans un carnet. Derrière lui, Evan se redresse, parle avec un autre boxeur qui lui montre quelques jeux de pied. L'étranger lève les yeux, une seconde, les dévisage trop longuement, attentif, avant de replonger son museau dans son carnet, écrivant quelque chose.
La mâchoire se braque, brusquement. L'homme voit noir.
- Hé, ducon ! qu'il aboie fort, assez pour capter les regards de plusieurs racailles qui, on voit dans leur yeux, se demandent s'il leur parle. Mais Dick ne les observe pas. Il dévisage encore l'inconnu qui ne le regarde pas.
Derrière, Evan observe, curieux. Dick n'y prête pas attention. Ses doigts agrippent l'une des cordes qu'il soulève pour se glisser en dessous, sortant du ring. Il retire le boxing pad qu'il porte encore, l'envoie balader au sol ;
- J'peux savoir ce que tu penses faire là, toi ? Il gronde, tandis qu'il avance. HÉ, T'ES SOURD ?
Ses nikes s'écrasent contre le sol et ses doigts s'emparent de l'épaule du pauvre inconnu qui, soudain, lève les yeux vers lui. Il semble sortir d'un autre monde, les yeux grands ouverts, des questions inifnis y flottant. Dick n'y prête pas attention ; il croit faire face à un espion, un petit con envoyé par l'adversaire d'Evan, pour noter ses forces et ses faiblesses.
- C'est Kovalevski qui t'envoie, hein ? Il va m'entendre, celui là ; pour une connerie pareille, il peut se faire suspendre de la league. Et toi, gamin ...
Les jointures sont blanches, et il finit par lâcher le tissu de son t-shirt, envoie brièvement, mollement, l'épaule de l'autre contre le bedon froid du mur, avant de s'emparer du carnet. Il ne prend même pas la peine d'observer ce qui s'y trouve, se contente de le garder en sa possession.
- Je crois que t'as plus besoin de ça. et que tu peux partir.
Et au son de sa voix, à l'expression de son visage, on devine très bien qu'il ne plaisante pas. Derrière eux, à l'exception de la musique, peu de choses sont audibles.
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MessageSujet: Re: let my baby stay (gideon)   Dim 4 Juin - 2:15

L'oeil de l'artiste est attentif, il ne perd pas une miette du spectacle qui se déroule sous ses yeux. Il est tellement absorbé dans la contemplation de la danse des deux individus sur le ring qu'il ne remarque pas les coup d'oeils de travers qu'on lui jette depuis le banc d'à côté. Sur son calepin, il essaye de retranscrire au mieux la dynamique des mouvements de celui qui semble être l'élève. Il ne sait plus trop depuis combien de temps il est là, il n'a pas de montre et son téléphone est dans son sac avec ses appareils auditifs. Il les a enlevés pour ne pas avoir de distraction et se concentrer uniquement sur l'objet de son travail.
Puis il remarque un geste intéressant, une attitude chez l'élève qui retient son attention, alors il s'atèle à la dessiner plus en détail pour ne pas oublier. Plongé dans ses croquis, appliqué à immortaliser ce qu'il a vu sur le papier, il pince de bout de sa langue entre ses lèvres et n'a aucune idée de ce qui est en train de se produire. On l'a démasqué, mais Gideon ne le sait pas.
Et soudain, son monde tangue dangereusement. Une main agrippe brusquement son épaule, et le palpitant du sourd s'affole, tambourine dans tous les sens dans sa cage thoracique. Il est perdu, le brun, il ne s'attendait pas à être arraché à sa bulle aussi violemment.
Le temps qu'il comprenne que l'homme lui parle, il a déjà loupé le début de la phrase, et son regard accroche désespérément les lèvres de son interlocuteur pour tenter d'y lire le plus de mot possibles. Apparemment, il le prend pour un espion, et Gideon pâlit de plus belle. Dans quoi il s'est fourré, encore? Le coach finit par lui prendre son carnet, et sans pouvoir s'en rendre compte, le  sourd pousse un son étrange qui se rapproche du gémissement quand l'autre homme l'envoie doucement contre le mur. Dans la panique, il oublie qu'il peut parler et se met à signer frénétiquement.
Ne faites pas ça, s'il-vous-plaît!
Sous le regard perplexe de l'autre homme, il déglutit et se met à parler sans s'entendre. S'il n'aime pas parler quand il porte ses implants, c'est encore pire sans, car il ne peut compter que sur les vibrations de ses cordes vocales pour estimer si son niveau sonore est approprié.
« Je suis dessinateur. » explique-t-il, tout en accompagnant inconsciemment ses dires des signes qui leur correspondent. Certains adolescents non loin d'eux lèvent le regard de leur écran de smartphone, interpellés par l'étrange sonorité de la voix du sourd. Gideon espère qu'il n'a pas parlé trop fort. « Je travaille à la réalisation d'un jeu vidéo sur la boxe. Ouvrez-le. »
Il désigne d'un geste du menton son calepin, son principal outil de travail. A l'intérieur, des dessins majoritairement axés sur les gestes, avec des flèches pour indiquer la direction des mouvements, et parfois quelques annotations comme "possible combo?" ou encore "special movement idea". Il espère vraiment pouvoir le récupérer, car en plus d'être la base de son gagne pain, le carnet a une valeur sentimentale aux yeux du jeune homme. On y trouve aussi quelques portraits rapides des élèves et autres jeunes qui fréquentent l'endroit.
Il a choisi de venir ici parce que c'est typiquement le genre de lieu dont les personnages de ce projet de jeu vont être friands. Ca sent la rage et l'envie de vaincre l'adversité là-dedans, parfaitement dans l'idée de l'histoire que les scénaristes cherchent à raconter: un héros qui part de rien et devient le numéro un de sa league. De plus, ce n'est pas si loin du que ça du loft de Gideon, alors pour lui, c'était gagnant gagnant.
Il plonge la main dans son sac et remet ses appareils auditifs afin d'avoir un peu plus de contrôle sur sa voix.
« Je comprendrais que vous ne vouliez plus me voir, mais s'il-vous-plaît... J'ai besoin de mon carnet pour travailler. Si vous me le redonnez, je vous promet que je ne reviendrai plus. »
De toutes façons, la montagne de muscle lui a fichu une peur bleue, alors là tout de suite, il n'a pas très envie de revenir. Il trouvera un autre endroit d'où puiser de l'inspiration, ce n'est pas grave, même si ça lui fait un peu mal au coeur. Ce club était l'endroit rêvé pour l'histoire qu'il souhaite raconter.
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MessageSujet: Re: let my baby stay (gideon)   Dim 4 Juin - 2:58

Les griffes abysses s'écrasent contre les pages innocentes, le regard gronde d'un éclat colère certainement pas poétique. Dick prend la chose trop à coeur ; ce n'est pas la première fois. Une qualité, un défaut ; la chose tangue entre les deux, comme l'ensemble de son être. Mais le feu brûle trop fort dans ses tripes et les aboiements restent pris à sa gorge, tandis qu'il essaie de garder une part de calme. Le regard, quant à lui, crache tout ce qu'il peut. Un oeil sombre plongé au fond d'un autre aussi creux, aussi vide ; il ne le quitte pas des yeux. Il le dévisage un peu trop, Dick, prêt à le prendre par le collet, s'il le faut, et amorce même un mouvement pour le faire.
Qu'importe le regard des gamins, autour d'eux.
Ils sont plusieurs à avoir lever l'oeil en leur direction, maintenant. Qu'importe ; ils savent déjà. Ils connaissent déjà la bête qu'il est, ainsi que celle qu'il a été, autrefois. Dick ne cache rien, aucune tâche de son passé n'est dissimulé derrière de jolis mensonges. Les cartes sont sur la table, et il reste franc, la vérité au bord des lèvres.
Même si elle est laide.
Il préfère le vrai du beau.
Alors il ne se retient pas ; il gronde, aboie et violente même un peu le pauvre bourge, et s'apprête à le faire de nouveau.
Mais voit ;
voit les mains qui s'agitent et capte au passage un signe, peut-être deux. La brute cligne des yeux, confuse, recule même d'un pas, pour avoir une vue plus entière sur l'étranger.
Et puis, une voix tonne. Une voix grave mais chantante, presque. Elle part dans le creux, pour aller dans le léger. Elle arrondie certains mots,  avale certaines lettres. Dick fronce des sourcils, le regard appuyé contre les mains.
Presque quatre années depuis sa sortie de prison, mais l'esprit se souvient encore des signes, des mots, des expressions. Il comprend assez, sinon plus qu'en écoutant.
Derrière, un des adolescent lâche un commentaire face à la voix. Dick lui adresse un regard sombre, bref, et l'étranger parle de nouveau.
Les lèvres se pincent dans une moue certaine tandis que l'homme le supplie de sa voix sous-marine. Il soupire lourdement tandis que ses griffes s'adoucissent contre la couverture du carnet qu'il finit par lui tendre, simplement. Il ne regarde pas à l'intérieur ; il ne l'a pas fait, tout au moins. Alors, Dick cesse son mouvement à l'instant même où les doigts sont prêts à s'en emparer, ramène le livret vers lui, et l'ouvre pour observer.
Un sourcil se soulève, l'oeil se fait attentif. Il dévisage les divers croquis et s'attarde un peu plus sur ceux qui semblent le représenter, et s'étonne de l'image que l'homme lui a donné.
il gronde mais cette fois-ci, contre lui-même.
- Bon, d'accord ; qu'il maugrée en lui rendant le carnet.
Puis, il se tourne vers la bande de feignants qui suivent d'un peu trop prêt leur interaction.
- Retournez vous entraîner, bande d'idiots,  qu'il aboie, et si certains traînent quelques secondes ou soupirent, ils s'exécutent. Ceux posés sur le banc osent même lever leur fessier pour disparaître dans les vestiaires. Avec de la chance, ils reviendront dans cinq minutes et non dans vingt, après une game de candycrush.
De nouveau, il se tourne vers le gamin. Il lui donne le titre, le même que ceux des merdes - qu'il affectionne particulièrement - qui traînent dans son gym crasseux. Un regard silencieux, il le toise. Dick ne s'est pas encore assez éloigné pour lui laisser la chance de se lever et de quitter les lieux. Il est sa prison. Une cage artificielle.
Et personne ne veut être en cage avec une bête, qu'importe si elle est vieille, ou épuisée.
Mais la bête a appris quelques manières, et d'un mouvement de mains, elle signe un désolé qu'elle dit également.
- Désolé, dans un souffle peut-être trop bas, alors que l'oeil observe les froissements qu'il a laissé sur le carnet. Il porte une main à la naissance de sa nuque, soupirant. Il prend encore quelques secondes à réfléchir, avant de tirer sur une vieille chaise, la posant face à lui, attrapant une bouteille d'eau au passage, puis s'assoyant.
Il lui tend la bouteille, la lui met presque entre les mains.
- J'ai rien d'autre que ça, qu'il dit, non sans s'excuser. Les jeunes réclament souvent du gatorade, mais Dick refuse. Il préfère leur faire des shakes avec son foutu kale. Il en a trop planté, de toute manière ; son jardin en est plein. Bon explique, maintenant.
Et à ses mots, il joint les gestes.
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MessageSujet: Re: let my baby stay (gideon)   Dim 4 Juin - 17:01

L'angoisse lui étreint la poitrine tandis qu'il attend une réponse de l'autre. Gideon pourrait tout perdre d'un coup, il suffirait de déchirer le calepin en petit morceaux et le géant semble avoir la force nécessaire pour accomplir un tel acte, ce qui ne rassure aucunement l'artiste. Le regard valse entre son carnet et le visage d'ébène, sans savoir sur quoi se focaliser.
Après ce qui lui semble être une éternité, l'entraîneur va pour lui rendre le fruit de son labeur, mais suspend son geste. Le coeur de Gideon subit un nouveau raté. L'espace d'une seconde, il se retrouve dans la cour de l'école, avec ces brutes qui lui piquaient ses cahiers et faisaient mine de lui rendre avant de les lever en hauteur. C'est stupide de penser à ça maintenant, surtout que le coach ne cherche aucunement à jouer avec ses nerfs. C'est plutôt la curiosité qui l'a poussé à se raviser afin de parcourir les pages d'esquisses. Gideon se rappelle qu'il a sans doute dessiné l'entraîneur quelque part et sent le malaise revenir à la charge. Il sait que beaucoup n'aiment pas qu'on couche leurs traits sur le papier sans demander leur permission. Mais le jeune homme ne peut pas s'en empêcher, dès qu'il voit un visage intéressant, il doit l'immortaliser. Il se tord les mains sous l'angoisse, jauge avec appréhension les expressions de l'homme.
Et finalement, il lui rend le carnet, et Gideon respire à nouveau.
Il regarde l'homme chasser les jeunes qui traînaient dans les parages jusqu'à présent, il voudrait dire que ça ne le dérange pas, mais il ne veut pas s'imposer, après tout, il n'est pas chez lui.
La montagne le toise de toute sa hauteur et Gideon a l'impression de s'enfoncer dans la terre, de rapetisser à n'en plus finir. Puis soudain, des gestes de main, qui lui parlent directement. Un fantôme de sourire étire ses lèvres, un mélange de gène et de soulagement.
« C'est pas grave. » dit-il en signant en retour.
L'homme prend une chaise et le raclement des pieds sur le sol fait légèrement grimacer le brun. Les appareils accentuent le tranchant des bruits désagréables, mais il ne rendent aucun son plus joli. Tout est détérioré, métallique, froid. Autant ne rien entendre du tout.
Il saisit la bouteille qu'il lui tend, il n'a pas l'impression qu'il ait le choix, de toutes façons.
« Pas de problème, merci. »
Il porte le goulot à ses lèvres tandis que son interlocuteur s'assoit en face de lui et lui demande d'expliquer. Il repose la bouteille à côté de lui en avalant laborieusement sa dernière gorgée, afin d'avoir les mains libre pour signer.
Je vais parler comme ça, d'accord? Mais je vais aller doucement.
Il scrute le visage du coach pour voir s'il suit, mais il semble le comprendre assez bien.
Je travaille sur un jeu vidéo dans le milieu de la boxe. Je suis character designer, je m'occupe de la création des personnages, de leur manière de bouger, de se vêtir, de parler, de leur caractère, de leurs manies, et cetera.
Il fait une pause, tapote les esquisses de mouvements sur lesquelles il vient de travailler.
C'est un jeu de boxe avec un peu de scénario derrière quand même. L'histoire du jeu, c'est un jeune homme dans le milieu de la boxe clandestine, qui veut qu'on reconnaisse son talent à sa juste valeur, au lieu d'être une simple bête de foire sur laquelle on lance des paris. Il va donc tenter de gagner la league officielle.
Son regard parcourt l'immense salle avec une pointe d'admiration avant de revenir à l'homme sombre.
Cet endroit colle parfaitement à notre histoire, alors je suis venu ici pour trouver un peu d'inspiration. J'aurais du vous prévenir, je suis désolé.
Trop excité à l'idée de commencer son travail lorsqu'il est arrivé, Gideon en a oublié de parler au responsable de l'établissement avant de s’atteler à la tâche. D'un autre côté, il a peut-être eu peur que les gestes des élèves perdent de leur naturel s'ils avaient été mis au courant. Et s'il y a une chose que Gideon cherche toujours à faire, c'est d'être au plus proche de la réalité.
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MessageSujet: Re: let my baby stay (gideon)   Lun 5 Juin - 0:08

Il observe, Dick, avec une curiosité particulière. Peut-être essaie-t-il de comprendre le personnage qui s'offre à lui, de voir qui il est réellement ; peut-être ne le comprend-t-il pas tout à fait, ou alors essaie-t-il trop de le classer rapidement, avant de se rappeler que les gens n'ont pas forcément de catégorie. Mais il le dévisage, tout au moins, avec une curiosité assez mal dissimulée, et il suit des yeux les gestes de ses mains, capturé, un peu égaré.
Tandis que le plus jeune signe, l’entraîneur se rend compte qu'il ne s'est pas forcément excusé, pour sa brusquerie. Mais l'autre ne semble pas s'en indigné ; il se perd déjà au travers de nombreux signes, les mains folles, l'oeil brillant. Dick sourit, un peu. À peine, mais assez ; la passion des gens fait fleurir un sourire sur ses lippes de l'homme sombre, toujours.
C'en est beau, mine de rien.
Beau à voir.
Il finit par hocher de la tête, tandis que le gamin s'excuse. Passant ses doigts contre son crane, il jette un coup d'oeil autour d'eux, aborde un rictus en voyant les racailles quitter les vestiaires, et Trevor monter sur le ring. Du coin de l'oeil, il le dévisage avec attention, suit ses premiers mouvements, s'assure qu'il se déplace correctement, avant de regarder l'inconnu, de nouveau.
Il ne sait toujours pas son prénom, qu'il réalise.
Alors, il se présente.
- Je suis Dick, qu'il dit, et par habitude, il signe le geste associé au membre masculin accompagné d'un D, et non chaque lettre - 'prénom' offert par son professeur de signe, lors de son incarcération - avant de se rendre compte de sa bêtise.
Il grimace une seconde, embarrassé, avant de signer chaque lettre ; D-I-C-K.
- C'est le diminif de Richard, qu'il ajoute, signant toujours.
Un instant de silence ; il cherche quoi dire, ou plutôt, quelle signe faire. Il cherche ses mots, toujours aussi malhabile qu'autrefois. Il n'a jamais été des plus doués avec les mots ; crier des conneries, certes, il pourrait le faire pendant des heures, encore aujourd'hui, mais parler avec intelligence, il hésite encore, ayant toujours l'impression d'avoir l'air stupide, au bout d'un moment. Face à des gamins facilement impressionnables, il arrive à gérer, c'est plutôt facile ; le fait qu'il mesure près de deux mètres et qu'il soit noir aide aussi, un peu. Mais face à des adultes, des gens ayant faits des études, il reste encore la racaille d'autrefois qui avait besoin de l'aide de son pote, pour garder ou atteindre la moyenne.
Alors, il ouvre la bouche, une seconde, pour ne parler que quelques secondes plus tard, sourcils froncés.
- Ça a l'air intéressant, ton truc. Projet, qu'il précise, les mains s'agitant encore. Ça va ramener du fric ? On va être citer dans les crédits ?
Et voilà qu'il grimace, mais n'efface pas ses mots. Car mine de rien, s'il peut gagner une petite fortune pour ça, Dick ne dira pas non. Les derniers mois sont difficiles, et s'il peine un peu à acheter des nouveaux accessoires d'entrainement pour le gym, il n'ose même pas penser à l'état de son frigidaire ; vide.
- Faudrait pas qu'on fasse une procédure légale pour ce genre de truc ? Faut l'autorisation, normalement, non, pour utiliser le visage des gens ? Je te dis pas non, ni que tu dois partir, mais si tu comptes rester, va falloir suivre des règles.
Et disant, il croise les bras.
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MessageSujet: Re: let my baby stay (gideon)   Ven 9 Juin - 16:59

L'homme semble comprendre la passion qui anime le dessinateur tandis qu'il explique ce qui l'a amené dans cet endroit. Quelque part c'est rassurant, parce qu'on a encore trop tendance à le regarder comme un extra-terrestre quand il raconte ce qu'il fait de sa vie, mais il ne sait jamais vraiment si c'est parce qu'il passe pour un lunatique ou si c'est parce que sa surdité se fait entendre dans sa voix.
Il suit le regard de son interlocuteur jusqu'au ring et referme la main sur son crayon, tentant de réprimer cette envie irrésistible de noircir un peu plus le papier de son carnet. Il n'a pas très envie de passer d'avantage pour quelqu'un de malpoli.
L'inconnu finit par se présenter, et Gideon plisse les yeux dans une expression perplexe. Est-ce un surnom? Ou alors est-il tellement porté sur la chose que le sourd qui lui a offert le nom n'a pas trouvé d'autre geste à associer à son prénom? Tout s'éclaire lorsqu'il signe chaque lettre de son prénom, et explique que c'est un diminutif. La bouche du sourd forme un "Oh!" silencieux et le brun hoche la tête.
Il se présente à son tour, en signant un G puis en faisant remonter son index et son majeur le long de son arête nasale comme pour remonter une paire de lunettes, signe correspondant au mot "nerd". Un signe offert par l'un des autres élèves de ses premières classes d'ASL après l'accident, à force de le voir lire des comics n'importe quand et n'importe où. Ce nom vend quelque part la mèche sur la nature de sa surdité, elle ne peut pas être de naissance avec un nom pareil, on ne naît pas avec une passion dévorante pour les mondes fictifs. Il l'épèle ensuite: G-I-D-E-O-N. C'était pas un nom facile à porter avant le drame, mais depuis, il l'a adopté, il a l'impression qu'il lui correspond bien.
Dick lui demande s'ils vont être cités dans les crédits, lui dit qu'il va falloir respecter les règles et la loi, et Gideon hoche à nouveau la tête. Il comprend que le quarantenaire a du mal à entretenir l'endroit avec les moyens du bords, peut-être que le jeu pourrait lui donner un coup de pousse.
Oui bien sûr, vous serez cités dans les remerciements, peut-être même un easter egg quelque part. Une affiche dans un décor, quelque chose comme ça.
Gideon sourit, il aime bien ce genre de petits détails dans les jeux qu'il développe, il trouve que c'est ce qui les rend plus vivants.
J'en parlerai aussi sur mes réseaux sociaux si vous voulez. J'ai pas mal d'abonnés.
Autant dire que le gamin est hyper actif sur les réseaux sociaux, avec une petite communauté très interactive.
Je ne vais pas utiliser vos visages, du moins, pas directement. Ces croquis sont plus de l'inspiration, je ne vais peut-être jamais m'en servir, ou juste pour créer des visages complètements originaux. Sauf si l'un de vos élèves, ou même vous, désirez le contraire. Dans ces cas-là, j'ai juste à appeler l'avocat de notre maison d'édition, et tout se fera en toute légalité. On a des contrats tout prêts pour ce genre de situation dans nos bureaux. Je serais venu vous voir à la fin de votre session, je voulais juste dessiner des personnes au naturel, qui n'ont pas conscience d'être des modèles, au moins une fois.
Birch se gratte la tête, un peu embarrassé, il aurait du mieux s'y prendre, il a fait part d'un manque flagrant de professionnalisme. Mais il ne s'était certainement pas attendu à ce qu'il se heurte à un accueil aussi... sanguin.
C'est vous le propriétaire de cet endroit? qu'il demande, foncièrement curieux. Et encore, ce n'est qu'une question parmi toutes celles qui fleurissent dans sa petite caboche. Il est peut-être discret aux premiers abords, mais dès que quelque chose retient son attention, il devient subitement très bavard, à sa manière.
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MessageSujet: Re: let my baby stay (gideon)   Mer 21 Juin - 1:49

Dick écoute les paroles et hoche de la tête. Il suit les doigts du regard, surtout, captivé par la chose. Elle lui a manqué, étrangement ; il a pris des années à apprendre, pour tout cesser d'un coup. Personne ne veut parler avec un ex-détenu, après tout. Certainement pas une personne sourde ou alors, muette. Car ils sont souvent victimes, et Dick les comprend d'avoir peur.
Il sait qui ils sont et surtout, qui il a été.
Il aurait ri de Gideon, autrefois.
Il l'aurait pousser dans les couloirs de l'école, crier dans ses oreilles, pour voir à quel point il pouvait être sourd.
Il aurait dit des saletés à son sujet et en aurait écrit d'autres au tableau, plusieurs, assez pour que l'autre se rende compte.
Dick était un monstre, autrefois. Il en est encore un, aujourd'hui ; les bonnes manières ont clairement été apprise et un collier à signal électrique s'est vu posé autour de son cou. Voilà tout. Mais la bête reste sauvage et folle et la cage a beau être grande, le reste du monde est immense.
L'homme essaie d'être sage, pourtant.
Il hoche donc de la tête et écoute, observe attentivement.
Il cligne des yeux un peu surpris, Dick, lorsque Gideon lui pose une question directement. Il ne s'y attendait pas ; pas aux mots, ni au regard presque illuminé du garçon. Dick finit par lui sourire, un peu, presque embarrassé, toute en portant une main à sa nuque qu'il masse d'un air absent.
- Hmm, ouais, qu'il gromelle un peu. Après tout, il sait qu'ils sont nombreux à passer de sales commentaires au sujet de son gym. Les gens n'approuvent pas tous et certains rêvent même de voir disparaître son nid pour créer quelque chose d'autre.
Quelque chose de laid.
Dick pince ses lèvres et se remet à signer.
- Le gym est ouvert depuis trois ans, déjà. Ma soeur y travaille aussi. Au départ c'était surtout pour les jeunes en difficulté mais on commence à avoir pas mal de clients réguliers qui veulent des cours. On refuse pas ; ça nous fait un peu d'argents pour payer le matériel et entretenir les lieux.
La bouche fait grimace ; il en dit trop, soudainement, et Dick finit par hausser des épaules sans continuer. Ça lui fait étrange d'être au centre de l'attention, pour une fois. Surtout face à un gamin - l'homme est un adulte depuis plusieurs années certainement mais il ressemble à un gamin, à ses yeux - qui, malgré son âge, connait certainement beaucoup plus de choses que lui.
Dick soupire et regarde derrière lui, observe les mouvements d'Evan, les conneries de Trevor, les mouvements de pieds des deux nouveaux venus et l'heure aussi, sur l'horloge.
Le repas approche et il se souvient de son frigo ; vide.
Les gamins auront peut-être bientôt faims, et les connaissant, certains voudront manger un truc avant de rentrer chez eux. Eux aussi, leur frigo est vide. Dick soupire et pose ses mains contre ses cuisses, pour se redresser.
Il observe Gideon, de nouveau.
- J'dois aller chercher des trucs à bouffer sur le toit pour les kids. Tu veux aider ? Tu pourras faire ton truc comme tu veux, après. En mettant nos conneries dans les crédits et en mettant le nom du gym quelque part, dans le jeu.
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