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 Don't speak, don't tell me 'cause it hurts

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Phillip Jones
Admin | I'll be forever yours.
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crédits : wiise (sign)
multinicks : le psy déjanté
ɷ statut : Ex-futur marié, le mariage est tombé à l'eau, merci Robert. Depuis, il s'esquive. Ils n'ont toujours pas remis le sujet sur le tapis avec Evie. Ils devraient pourtant, vu qu'elle est enceinte.
✎ métier : Prof de Self-Defense (09/2016), depuis le 12 juillet, il bosse peu; avant il était un flic dans une unité anti-terroriste (2002-2016), et encore avant adjoint du Shérif de Monterey (1995-2001)
✌ age : 44 années de presque sagesse, car oui, tout est dans le "presque"

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post-it sur le frigo: RDV chez le psy à 14h, je prends mon aprèm ensuite. le diner est pour moi ce soir. vélo sorti => suze jalouse.
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MessageSujet: Don't speak, don't tell me 'cause it hurts   Dim 21 Mai - 22:57

You and me
We used to be together
Every day together always
I really feel
That I'm losing my best friend

– Tenue – C’est supposé être une journée ordinaire. Et pourtant, elle ne se terminera pas aussi ordinairement que Phillip le voudrait. Ce matin-là, alors qu’il tente de s’extirper du lit, des bras le retiennent. Evie ne semble pas vouloir le laisser partir. Sans même s’en rendre compte, présage-t-elle la tempête qui va s’infiltrer sous leur toit un peu plus tard ? Il cède, sans grande résistance, il faut bien l’avouer, restant couché quelques minutes de plus, le temps de procurer câlins et baisers à sa compagne. Jusqu’à ce qu’elle finisse par se rendormir, relâchant son emprise et lui permettant enfin de se lever. La suite est tout ce qu’il y a de plus banal. Un café, un détour par la salle de bain, et avant de refermer la porte d’entrée derrière lui, il prend même le temps de remplir la gamelle du chien. Sa vie est ordinaire, tout comme sa journée. Quelques cours de défense donnés à des clients, c’est en fin d’après-midi qu’il prend la direction de Fisherman’s Wharf.

A quel moment son sourire a disparu de son visage ? Certainement pas quand Oscar est entré dans son champ de vision après avoir ouvert la porte d’entrée. Ce n’est pas non plus lorsqu’il trouve le post-it d’Evie collé sur le réfrigérateur. Il dine seul ce soir. C’est d’une tristitude la plus totale. Avant de remplir son ventre, Phillip a une corvée à accomplir. Il attrape la laisse d’Oscar au vol en reprenant la direction de la porte d’entrée. Le chien accourt vers lui. Et ce qui à la base est censé doit être une corvée se transforme en promenade de plus d’une heure. Quand ils arrivent à l’entrée du ponton menant chez eux, la petite boule de poils se traine, épuisé. Il s’affale même quand Phillip s’arrête pour ouvrir la boite aux lettres et en retirer le courrier du jour. De la publicité, deux petites enveloppes, et une grande, sans aucune inscription dessus. Sur le moment, elle l’intrigue vu son épaisseur, pourtant il ne l’ouvre pas, reprenant le chemin de la maison.

Il dépose le courrier sur la table, libère Oscar de sa laisse, alors que son ventre émet un léger grognement. C’est à croire qu’il est attiré par le plat qu’Evie lui a préparé avant de partir travailler. Il le sort et le dépose sur la table, son regard se posant au passage sur la grande enveloppe. Sa curiosité est la plus grande, et oubliant les pâtes, il se saisit de l’emballage et l’ouvre. La première chose qu’il sort est un papier qu’il déplie. Son sang se glace à la lecture de celui-ci. Des lettres non manuscrites, découpées dans un journal. « Vas-tu épouser une… » Les mots se meurent sur ses lèvres avant de prononcer le dernier de la question. Ses doigts relâchent le morceau de papier, le laissant glisser sur la table. Ce n’est qu’un canular. Il se le dit une fois. Puis se le répète une seconde. Au bout de la troisième fois, il reprend l’enveloppe. Un autre objet figure à l’intérieur. Il hésite un instant à le sortir.

Ne le voyant pas immédiatement, au toucher il lui semble que c’est un DVD. Quand il le sort, la jacket est de dos. Il la retourne en ayant l’impression de plonger dans un cauchemar. Il est pourtant bien éveillé. C’est bien évidemment la silhouette d’Evie qui attire son attention en premier. Puis le nom, Liz Bones. Ses prunelles terminent par le titre du film. Cette fois, au lieu de relâcher l’objet, ses doigts se crispent sur ce dernier. Ses yeux vont de la lettre anonyme au DVD. Puis du DVD à la lettre. Plusieurs minutes s’écoulent sans qu’il ne bouge, c’est comme s’il est statufié par ces deux objets. Déglutissant péniblement, il finit par se diriger vers la télévision, le DVD à la main. Appuyant la main légèrement tremblante sur le lecteur, il ouvre ce dernier puis la jacket. L’espace d’un instant, il espère voir une écriture manuscrite sur le disque. Ce n’est pas le cas, le contenu de ce film ne semble donc pas être un montage mais bien une réalité.

Phillip est incapable de s’asseoir quand son doigt presse le bouton lecture. Il commence à faire les cent pas quand l’écran d’accueil apparait sur l’écran de la télévision. Il s’apprête à appuyer sur le bouton lecture mais se ravise. Il réussit à la seconde tentative, lançant le film. Guère de temps s’écoule avant qu’il ne voie Evie sur l’écran. Sa main se resserre sur la télécommande. Le texte cru lui donne envie de vomir. Quand sa fiancée commence à se dévêtir pour et qu’elle se met à genoux pour prendre l’engin de l’acteur dans sa bouche, c’est de trop pour Phillip. La télécommande vole contre un mur. Sous le choc, le couvercle vole ainsi qu’une pile. Oscar qui se tenait près de lui s’écarte, comme s’il pressent un danger.

C’est de trop pour l’ancien flic. Son cerveau s’arrête alors que la scène pornographique se poursuit. Quand il entend Evie gémir de plaisir à l’écran, il se fige. Brusquement, il se retourne et prend ses clés de moto, n’embarquant ni son casque, ni sa veste. La porte d’entrée de la maison claque brutalement dans son dos. Oscar reste là, comme médusé. Dans les secondes qui suivent, la Suzuki est démarrée. Son propriétaire qui a tendance à partir en douceur en général, démarre en trombe. Il ne sait pas où il va, mais il y va. Les images défilent devant ses yeux. La lettre également. Le visage d’Evelyn. Ses mensonges ? Il accélère un peu plus à travers les rues de la ville. Tant pis s’il se fait arrêter. Il n’est pas en état de penser à cette éventualité. Il veut juste… s’éloigner d’Elle.

Il s’en va, sans avoir pris ses clics et ses claques. Laissant derrière lui une maison non fermée avec pour seul défenseur un mini chien. Si des cambrioleurs ont l’idée de venir, les prouesses de sa fiancée sur l’écran les détourneront peut-être de leur but premier. Il ne sait pas quand il rentrera. Dans une heure, ou dans deux. Peut-être pas de la soirée. Tout dépendra de sa capacité à se calmer et à reprendre le contrôle. Tout dépendra également de sa capacité à réussir à faire face à Evelyn. Phillip sait juste que s’il était resté et qu’elle aurait débarqué à cet instant, les mots auraient dépassé ses pensées et cela aurait été la rupture assurée.

HJ : Félicitations à Margaret pour avoir déposé anonymement dans la boite aux lettres (boite mp) l'enveloppe contenant ces deux objets.  
Spoiler:
 

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Evie Rhodes
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crédits : la signature est de lion's tears, l'avatar est d'#AJL.
multinicks : rhett brown, l'homme loup au cœur d'acier elise owen, l'agneau aux dents de loup.
ɷ statut : amoureusement dévouée à l'homme de sa vie : Phillip Jones. Future maman discrète sur le sujet, elle met tout en oeuvre afin de cacher son petit ventre.
✎ métier : propriétaire et gérante du Rosine's café.
✌ age : 29 années d'insouciance volontaire.

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MessageSujet: Re: Don't speak, don't tell me 'cause it hurts   Lun 22 Mai - 0:06

You're so fucking special, I wish I was special.
But I'm a creep,
I'm a weirdo, what the hell am I doing here ?
I don't belong here.

– Tenue – Un étrange sentiment lui avait collé à la peau toute la journée, il l'avait suivi et la travaillait ajoutez à ça le temps splendide et le soleil qui avait siégé en roi haut dans le ciel bleu de Monterey, les clients avaient été nombreux et les cliquetis des cuissardes à talons que portaient Evie lui raisonnait encore dans les oreilles. Après Margaret, elle avait eu affaire avec un nombre incalculable de clients qu'elle n'avait jamais vus. Et bien qu'elle ait eue cette drôle de sensation, Evelyn n'avait pas perdu son sourire. Elle savait que la journée qui l'attendait allait être longue et mouvementée, elle avait sommé son personnel de rester après les heures de travail afin de l'aider à tout remettre en place, leur ayant préparé un énorme jambalaya, plat typique de la Louisiane, elle n'y avait pas beaucoup mis les pieds, mais elle en était partie avec la recette de ce délicieux met qu'elle se faisait toujours un plaisir de servir. Si elle avait prévenu Phillip qu'elle rentrerait tard, c'était aussi à cause d'une réunion de son personnel, parce qu'un petit malin avait tagué les toilettes des dames et elle en avait reconnu l'écriture. Aussi gracieuse soit-elle, la belle brune a toujours su se faire respecter. Après avoir copieusement dîné et débattu sur les règles qu'elle voulait imposer à son personnel ainsi que les sanctions données à ce petit malin, Evie prépara des doggy bag pour tous et ils se séparèrent. Alors qu'elle fermait la porte de verre du café, elle fut prise d'un frisson, le bruit lointain d'un bolide lui donnant des frissons et le souvenir désagréable de son agression lui revint en tête. Après avoir prit une profonde inspiration elle tournait la clef dans la serrure et montait dans sa petite voiture de barbie, impatiente de retrouver son homme et sa peluche.
Elle arrêta sa voiture devant la maison, mais ne remarqua pas immédiatement l'absence de l'engin de Phillip. Son petit plat en verre qui contenait le reste de Jambalaya dans la main, son sac sous le bras et son trousseau de clefs dans l'autre elle s'avançait gracieusement vers la porte d'entrée, les cliquetis de ses hauts talons raisonnaient dans Fisherman's Wharf qu'Evie trouvait étrangement calme. En passant la porte, elle trouvait Oscar lové sur le sol de l'entrée, ce qu'elle trouva étrange, mais quelque chose d'autre la frappa. La télévision tournait et les sons qui en sortaient lui étaient plus que familiers, elle manqua d'air un instant alors qu'un ballon de basketball semblait prendre place dans sa gorge et que son estomac se nouait. "Phillip ?" demanda t-elle à mi-voix alors que tous ses membres se mirent à trembler. Sa démarche gracieuse et assurée s'envola alors, elle n'était même plus sûre de tenir sur ses hauts talons. Des vertiges. Elle faisait face au salon, son regard semblait perdu quelque part de lointain alors que son visage se décomposait lentement, c'était elle, c'était un de ses films. Sans qu'elle ne puisse rien contrôler, ses bras chargés se délestaient de ce qu'elle portait, le plat de verre qui contenait son repas se brisa au contact du sol en répandant de la sauce absolument partout. Dans un gémissement elle se jetait sur la télévision, à tâtons elle cherchait à éteindre cet engin, le lecteur de dvd, peu importe. Dans un état d'affolement avancé elle ne savait que faire, elle se trouvait perdue et finit par saisir le lecteur laser et l'arracha d'où il se trouvait, la prise finit par l'accompagner. Dans un énorme fracas qui donna envie à Oscar d'aller se cacher dans un coin, elle lâchait l'appareil sur le sol et la télévision n'affichait désormais plus qu'un simple écran bleu. Elle prit une profonde inspiration et fit le tour de la maison à la recherche de son aimé, quelle ne fut pas sa surprise de découvrir sur la table de la cuisine une enveloppe ouverte près de la pochette de son DVD et une lettre non manuscrite, sans signature. "Non !" soufflait-elle en envoyant tout ce qui s'y trouvait, sur le sol d'un geste de rage. Il lui suffit d'un regard pour constater que les clefs de la suze de Phillip avaient disparues, mais ses affaires étaient restées là. Il s'en est allé, sans casque. L'émotion envahit la jolie brune, qui, en se précipitant en direction des toilettes se tordit la cheville. La nausée l'avait emportée, c'était trop pour elle.  Après avoir rendu au grand téléphone blanc le contenu de son estomac elle éclata en sanglots.
Assise sur le sol des toilettes mille et une question venaient tourmenter la pauvre femme, tremblante de rage, de colère, de tristesse. Pourquoi ne lui avait-elle pas dit plus tôt et qui est assez dégueulasse pour faire ce genre de choses ? Après quelques minutes à tenter de retrouver une contenance et ses esprits elle finit par quitte la salle de bain, titubante, une main sur son estomac qui la tourmentait toujours. Elle passait la porte, elle voulait être certaine que sa suze n'était plus là, pourquoi ? Dieu seul le sait. Après être allée vérifier ce qu'elle savait déjà, elle se laissa glisser le long du mur près de la porte d'entrée. Et s'il ne revenait jamais ? Ses larmes lui étaient impossibles à contenir et c'est un océan qui se déversait sur ses joues roses. Elle avait prit son inhalateur qui s'était échappé de son sac lorsque qu'elle avait tout lâché plus tôt et en prenait une bouffée à intervalles réguliers, en plus de sa peine et son estomac, les bronches d'Evelyn lui jouaient des tours.

HJ : Maggie, tu m'a tuée avec tes montages, t'es vraiment la meilleure.  

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MessageSujet: Re: Don't speak, don't tell me 'cause it hurts   Lun 22 Mai - 1:15

– Tenue – Son cerveau n’est constitué que d’un vide immense. C’est un gouffre qui ne connait ni début, ni fin et rien ne semble vouloir l’emplir. Normalement, il prend plaisir à rouler. Il apprécie de faire quelques excès de vitesse, tout en restant dans le raisonnable. Pas ce soir. Lui si sage, si respectueux envers les autres conducteurs, il est dans un état second. Un klaxon retentit quand sa moto passe trop près d’une voiture. Ce n’est qu’à cet instant qu’il se rend compte qu’il roule phares éteints. Il est incapable de dire comment il se sent à l’intérieur. Vide. C’est vraiment la seule sensation qui flotte dans son esprit. Il roule ainsi durant dix minutes, sans but précis, ne quittant pas Monterey mais incapable de retourner dans son quartier. Il ne cherche pas encore d’explication, tout est encore trop frais dans sa tête et il n’a pas encore attaqué la phase de digestion. Si tenté est qu’il arrive à digérer ce qu’il vient de découvrir ce soir. Une nouvelle fois les images repassent dans sa tête, et il a juste envie de vomir.

Plus de vingt minutes se sont écoulés quand Phillip se décide enfin à se garer sur le bas-côté. Il s’arrête à proximité d’un grillage, sans savoir où il se trouve. Il s’approche de celui-ci et les lumières au loin lui donnent des indications sur sa position. L’aéroport de la ville, il est dans le quartier de Pebble Beach. Ce n’est pas le sien, en a-t-il encore un qui l’attend. Il s’approche du grillage et sa main droite vient s’agripper sur les mailles. Son front se plaque également dessus. Il reste ainsi une bonne minute. C’est le temps pour que le vide dans sa tête se transforme, acceptant d’héberger un mot. Pourquoi ? L’interrogation favorite des enfants entrant dans un âge où ils ont soif de découvrir le monde et surtout de le comprendre. Voilà très longtemps qu’il a dépassé cette période, mais l’homme reste un être humain. Quand il va mal, il revient fatalement à cette époque de l’enfance et s’interroge. Pourquoi. « Pourquoi Evie… » Son autre main s’abat sur le grillage, ses doigts l’enserrant. C’est un adversaire inerte, qui ne demande rien et qui protège les habitants, les empêchant de pénétrer dans une enceinte qui pourrait se révéler dangereuse. Ce grillage devient une victime collatérale en quelque sorte. Phillip le frappe une fois, puis une seconde. Ses coups rebondissent sur les mailles. Sûrement qu’il a l’air ridicule et qu’un œil externe pourrait croire qu’il a trop usé de la boisson. Ce n’est pas le cas, et dieu sait qu’être saoul fait moins mal au réveil que cette douleur intérieure qu’il ressent en étant sobre.

« Pourquoi ne m’avoir rien dit… » Au bout du septième coup, il se résigne à arrêter et rend sa paix au vainqueur du soir. Il s’éloigne du grillage, sans pour autant enfourcher sa moto. Au contraire, notre homme se laisse tomber dans l’herbe, se prenant la tête dans sa main. Non, il n’entre pas dans une phase où il va verser toutes les larmes de son corps. Le pourquoi résonne toujours aux quatre coins de sa tête, rebondissant d’un côté, pour repartir sur un autre, répétant sans cesse ce même schéma. Il est là, se tenant la tête dans ses mains. Est-ce qu’il la déteste ? Si seulement. Tout serait plus simple à ses yeux. Peut-il encore lui faire confiance ? Rien n’est moins sûr. Quant au mariage ? C’est le cadet de ses soucis actuellement. Quand il se décide à retirer ses mains pour poser son regard sur le ciel étoilé qui se dresse au-dessus de lui, il le trouve terne. Sa vision est terne alors que la vue n’est pas si moche qu’il ne le croit. Son poing se serre et il le cogne légèrement contre son front. « Va chier. » Qui, quand, comment, pour combien de temps, peu importe. Il envoie promener l’univers, du moins le sien. Puis il se redresse brusquement.

L’instant d’après, la moto est remise en route. Son jean est poussiéreux, des brindilles d’herbe trônent encore dans son dos, sur sa chemise. Cette fois, il n’y a pas de rage quand il se remet en route. Il sait exactement où il va. Pour quelle raison, il est bien incapable de le dire, mais il y va. C’est comme sentir un piège à plein nez et sauter les deux pieds joints dedans. La Suzuki reprend la route de Fisherman’s Wharf, à un rythme beaucoup plus raisonnable qu’elle ne l’a quitté. Quand il arrive à proximité de la maison, la voiture rose pâle se détache dans la pénombre, éclairée par son phare. Le deux-roues s’arrête à proximité. Peut-il rentrer en réussissant à se contrôler. Il n’est pas prêt d’en mettre sa main à couper en pariant dessus. Mais c’est chez lui après tout.

Il avance le long du ponton d’une démarche lente qui ne lui ressemble pas. Quand son regard glisse sur le bois pour finalement se poser sur une silhouette assise contre le mur, à proximité de la porte d’entrée, le peu d’assurance qu’il a réussi à gagner vole en éclats. Son premier réflexe est de courir pour s’assurer qu’elle va bien. Mais il serre le poing, se retenant de le faire. Pourquoi ? Désormais ce terme semble raisonner en concordance avec trahison. Et dire qu’il lui a fait confiance. Qu’il s’est ouvert à elle en parlant de l’unité anti-terroriste pour laquelle il travaillait. Évidemment qu’il n’est pas entré dans les détails, étant tenu au secret sur plein de points, mais il n’a rien caché à Evie de sa vie passée. Quant à elle… Il ne comprend pas. Ils ne doivent pas avoir la même définition du mot amour. Et après on va dire que les hommes ne sont pas les plus romantiques. Dans son cas, c’est lui le plus sincère. Il s’approche d’Evelyn mais se refuse à s’accroupir à ses côtés. Il s’interdit même de croiser son regard. « Je viens chercher quelques affaires. » balance-t-il d’une voix blanche. Ce n’est pas le plan initial mais tant pis. Il improvise car il est en train de se rendre compte qu’il est rentré trop tôt. La regarder, c’est avoir mal. La regarder, c’est se sentir trahi. Et il ne veut pas ressentir tout cela. Alors il passe au-dessus de ses jambes et rentre dans la maison, gardant un poing serré, seul signe du trouble qui l’anime et de la tension réelle qui l’habite.

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MessageSujet: Re: Don't speak, don't tell me 'cause it hurts   Lun 22 Mai - 20:34

Voilà quelques minutes qu'Evelyn était adossée près de la porte, les spasmes qui secouaient son diaphragme avaient enfin commencer à se dissiper et pourtant elle hoquetait encore légèrement. Inconsolable et anéantie, même Oscar avait disparu, lui qui ne se séparait jamais de sa maîtresse semblait s'être volatilisé. Et s'il ne rentrait pas ? Allait-elle passer sa nuit là, à pleurer à chaudes larmes en s'accablant de toutes les peines du monde. Les battements de son cœur étaient si violents qu'on pouvait voir son sternum se soulever distinctement à chaque pulsation. Les jambes tendues droit devant elle Evelyn n'était plus que l'ombre d'elle-même, son esprit semblait vouloir quitter le corps qu'il habitait et se vidait petit à petit d'absolument tout. Le vrombissement d'un moteur et la lumière produite par ses phares tiraient la grande brune de son état végétatif, elle senti son cœur se serrer en se redressant. C'est lui. Ses lèvres charnues semblait avoir disparues, elle les mordillait en regardant droit devant elle.  Sa démarche lente, son pas traînant lui fit tendre l'oreille. Il approche puis s'arrête à sa hauteur, il ne se penche pas et elle, elle ne lève pas les yeux, morte de honte, morte de peur jusqu'à ce qu'il prononce ces quelques mots. La jolie trentenaire senti son sang se glacer, son cœur semblait sur le point se bondir hors de sa poitrine ou pire, il allait imploser. Il l'enjambe. Elle gémit faiblement alors qu'il passe le seuil de la porte et pénètre dans la maison. "Non..." elle gémit de nouveau en se redressant d'une manière hésitante, puis une fois dressée sur ses jambes elle s'élance. Jamais elle n'aurait cru avoir la force et l'agilité de se déplacer de la sorte, tel un félin elle gagne du terrain. "Non..." elle couine s'approchant de lui dangereusement, presque brutalement. Elle répète ce mot dieu seul sait combien de fois avant de l'atteindre - comme-ci tous les autres mots de son lexique s'étaient évaporés et qu'elle n'en connaissait plus qu'un seul, cette négation - avant d'arriver à choper le poignet de Phillip qui semble résolu. "Je t'en prie, Phillip, attends." mais il le reprend sèchement et continue d'avancer, alors elle s'arrête une fraction de seconde en fronçant les sourcils. "Je t'en prie, laisse-moi t'expliquer." le supplie t-elle alors, mais il reste de dos, elle ignore même si elle a réussi à capturer son attention ne serait-ce qu'une seconde, alors elle se remet à courir après lui, le bruit de ses talons rythme la course.
Quand elle parvient à le saisir une nouvelle fois, elle est plus brutale. Sa main se saisit de l'avant bras de ce dernier et fait preuve d'une force qu'elle ne se connait pas, le désespoir. Elle l'attire vers elle et dans l'élan le coince contre le mur, près de la porte de leur chambre. "Regarde-moi." dit-elle haletante, les yeux emplis de larmes, la vision trouble et la voix tremblante. Prise de hoquet elle éclate en sanglots, les mains fermement serrées sur les biceps de ce dernier afin qu'il ne bouge pas d'un pouce. "Je te demande pardon." articule t-elle avec difficulté en balançant légèrement sa tête en arrière, comme-ci elle pourrait contenir plus facilement ses larmes. "Ce n'est pas ce que tu crois, je suis désolée-je..." avec une voix déchirante elle penche sa tête vers l'avant et colle son front contre le thorax de Phillip, lentement son emprise se défait et ses mains viennent couvrir son visage. Ces explications elle les lui doit depuis trop longtemps, mais jamais elle n'avait imaginé être contrainte de les lui annoncer de cette manière, la pire qui soit. Peu lui importe qui, ou comment, tout ce qu'elle veut, c'est qu'il reste. "Je t'en supplie, ne t'en va pas..." de sa vie, la perte d'une seule et unique personne l'avait mise dans un état pareil : sa mère, quand elle les a quittés.

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MessageSujet: Re: Don't speak, don't tell me 'cause it hurts   Lun 22 Mai - 22:03

– Tenue – Un chaos le plus total circule dans ses veines. Et si intérieurement, il a l’impression d’abriter un champ de bataille, ce n’est rien en comparaison de celui qui s’étend dans leur maison. Derrière lui, les couinements d’Evelyn ne sont qu’un fond sonore. Il refuse de se retourner, pourtant il marque une brève hésitation. Ce n’est pas qu’il est en train de faillir. Son regard vient de se baisser et de tomber sur le plat cassé. Ci-git à proximité le sac à main de la jeune femme. L’écran bleu de la télévision éclaire faiblement le salon. Un tressaillement le parcourt lorsque sa main se pose sur son poignet. Il sent ses doigts bouger dans son mouvement son bracelet, identique à celui qu’il lui a offert pour leurs fiançailles.

Elle lui demande d’attendre, ce qu’il ne fait pas. Sèchement, il récupère son poignet. La douceur qui caractérise sa personne a volé en éclats en même temps que son cœur à la vue de ce film. Son poing reste obstinément fermé alors qu’il prend le chemin vers la chambre. Il remarque bien au passage le plat de pâtes qui git également à proximité de la table. Evie lui demande de la laisser s’expliquer. Aussitôt dans sa tête, il songe qu’elle peut toujours courir. Il n’y a rien à expliquer, plus maintenant. Alors il continue sa route, l’ignorant, agissant comme s’il ne l’a pas entendue alors que les mots n’ont pas ricoché sur lui. C’est étrange la réaction de l’être humain. Certains explosent pour évacuer tout ce qu’ils ressentent. Lui, comme d’autres, est une véritable tortue qui se retranche à l’intérieur de sa carapace, non pour fuir un danger mais pour ne pas affronter la réalité. Celle de la trahison.

En continuant ainsi à l’ignorer, elle renoncera peut-être et comprendra que ce n’est pas LE moment pour parler. Que rien de bon ne sortira de cette discussion, car ils sont tous les deux à chaud, et sans aucune prise de recul. S’il comprend très bien qu’il faut opter pour cet instinct de préservation, ce n’est pas le cas d’Evelyn qui revient à la charge, le saisissant plus fermement cette fois pour arrêter sa marche. Elle y parvient alors qu’il est sur le point de rentrer dans leur chambre, et voilà qu’il se retrouve plaqué contre le mur, à proximité de celle-ci. Cette scène est quelque peu familière. Quelques jours auparavant, à peu de choses près, elle a agi de la sorte, l’obligeant à reculer contre un mur. Ils ont vécu un tendre moment ensuite, celui de ce soir n’a rien à voir avec celui-ci. Le corps de Phillip reste immobile, il n’esquisse aucun geste envers elle, que ce soit pour la toucher, ou pour la repousser.

Ses yeux sont fuyants, pourtant quand elle lui demande de la regarder, pour la première fois depuis qu’il a franchi le seuil de la porte, il consent à écouter ce qu’elle dit. Ses prunelles se plongent dans celles d’Evelyn remplies de larmes. Elle a mal, ils sont deux dans le même cas par sa faute. Son regard exprime cette douleur intérieure qui l’anime, cette sensation de trahison qui lui brûle les veines. Elle espère quoi, qu’il lui accorde son pardon, qu’il l’embrasse, puis qu’ils fassent l’amour pour oublier ce qu’il vient de découvrir ? « Tais-toi… » lui souffle-t-il. Mais Evelyn n’écoute pas, sans doute trop prise dans ses sanglots. Elle ose en plus lui dire que ce n’est pas ce qu’il croit. C’est quoi alors, un sosie qu’il a vu sur l’écran plus tôt ? Un imitateur de voix qui a reproduit à l’identique l’intonation de la sienne et ses gémissements ? « On sait que c’est exactement ce que je crois… » Il enfreint sa propre volonté, celle de ne pas lui parler, mais elle est dans un tel état qu’il peut difficilement continuer à jouer au roi du silence tout seul. Il est déjà vainqueur en temps normal face à elle, alors dans une situation critique, sa victoire est assurée avant même le début du jeu.

Ses paupières se ferment quelques secondes alors qu’elle lui demande de rester. « Je ne peux pas… » répond-il avec difficulté. Ses mains se posent de part et d’autre sur les épaules d’Evie pour l’obliger à se décoller de son torse et à reculer. Les larmes continuent de couler sur son visage. Sans qu’il ne s’en rende compte, sa main droite s’approche et du bout du pouce, il essuie une larme sur sa joue. Quand il remarque son geste, il s’arrête et fait retomber son bras le long de son corps. « Je ne souhaite pas parler ce soir, nous ne sommes clairement pas en état. » Est-ce que cela veut dire qu’il accepte de rester, rien n’est moins sûr. Il est blessé par son omission de cette partie de sa vie. Il est même sur le point de le lui dire. Ses lèvres s’entrouvrent mais à la dernière seconde il se ravise. Et il l’abandonne là, entrant dans la chambre et se dirigeant vers la penderie pour récupérer un sac à dos dans lequel il entassera quelques affaires.

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Evie Rhodes
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MessageSujet: Re: Don't speak, don't tell me 'cause it hurts   Lun 22 Mai - 22:56

Les yeux fixés sur ses cuissardes en daim salies par la poussière du sol où elle se trouvait quelques minutes plus tôt elle l'entend qui s'éloigne. Elle craint que l'occasion pour elle se s'expliquer ne se présente jamais plus si elle ne le fait pas ce soir. D'une certaine manière, percer l'abcès maintenant qu'il a été bien triturer lui semble être la meilleure des choses à faire. Les portes de la penderie coulissent et elle l'entend s'affairer à remplir ce qu'elle suppose être son baluchon. En mordant ses lèvres de nouveaux elle sèche ses larmes et prend une profonde inspiration. Elle tâche de rassembler ses espris et de retrouver un semblant de calme, c'est avec difficulté qu'Evie avale sa salive et vient prendre place dans l'encadrement de la porte. "Mon père ne me conduira pas à l'autel parce que j'ai mis un terme à mes études, mais surtout parce que j'ai fait carrière dans le porno." sa voix semble étouffée, sans doute d'avoir trop pleuré. Elle le regarde sans bouger remplir petit à petit son sac. C'est insensé, si quelqu'un doit s'en aller ce n'est pas Phillip, mais bien elle. Il est chez lui ici. "J'ai voulu te le dire, mais j'avais peur !" elle s'exclame et sa voix se casse à la fin de sa phrase, elle fait de son mieux afin de ne pas fondre de nouveau en larmes. Jamais elle n'avait vu l'homme qu'elle aime dans un tel état. Elle ne peut s'en prendre qu'à elle et dieu sait qu'elle s'en veux d'avoir été si lâche. "Quand je n'ai plus eu peur que tu ne t'intéresses à moi pour mes antécédents, j'ai eu peur que tu m'abandonnes à cause de cette période de ma vie." elle continue et lui ne lui adresse pas un regard, elle ignore s'il l'écoute seulement, mais elle lui doit l'entière vérité. Elle est restée silencieuse trop longtemps si bien qu'elle en a mis son couple en péril. "Et quand j'ai compris que tu serais capable de l'entendre..." Elle s'avance dans la chambre et arrive à hauteur du sac qu'il a déposé sur les couvertures, Evelyn dépose sa main sur celle de Phillip et tente de capter son regard. Mais il la reprend et continue son activité comme-ci elle n'était pas là "Arrête !" le supplie t-elle, frustrée, les genoux tremblants de rage et les poings serrés. Qu'il arrête, par pitié, qu'il cesse son activité et qu'il l'écoute. Ils ne sont pas prêts à avoir cette discussion, tout comme Phillip ne l'était pas en visionnant cet horrible gonzo et pourtant. "Je n'ai jamais voulu te blesser." Il ajoute encore des affaires dans sa besace et la jeune femme se demande pour combien de temps compte t-il partir, et va t-il revenir s'il s'en va ? Elle devient folle, perd pieds et dans un accès de rage elle tape des deux poings sur son sac à dos avant de l'envoyer voler contre le mur en hurlant "Arrête, putain ! Arrête !" Puis le silence le plus bruyant auquel Evelyn ait eu à faire face s'installe dans la pièce, seul le souffle haletant de la jeune femme est perceptible, elle tremble de nouveau de tout son corps et fini par lever les yeux vers son amant. "J'étais une gamine à l'époque, tout ça c'est du passé, cela m'a forgée, mais c'est terminé et je ne voulais pas que tu t'imagines d'horribles choses."

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Phillip Jones
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✎ métier : Prof de Self-Defense (09/2016), depuis le 12 juillet, il bosse peu; avant il était un flic dans une unité anti-terroriste (2002-2016), et encore avant adjoint du Shérif de Monterey (1995-2001)
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MessageSujet: Re: Don't speak, don't tell me 'cause it hurts   Mar 23 Mai - 0:19

– Tenue – De toute sa carrière dans l’anti-terrorisme, et même de sa vie, Phillip ne compte plus le nombre de fois qu’il a fait des sacs à dos pour une nuit, voire deux. Il y a même eu une nuit, en étant gosse, où ils ont décidé de partir à l’aventure son frère ainé et lui. Ils ne sont guère allés loin à l’époque, et au retour ils ont eu droit à un savon monumental de la part de leurs parents. Et même de leurs grand-parents. Cette époque semble loin car en cette soirée, il a bien du mal à réfléchir clairement pour savoir ce qu’il va mettre dans son sac à dos. Le premier vêtement qui lui passe sous la main, c’est un tee-shirt. Evelyn l’a rejoint et se tient à proximité. Une nouvelle fois, elle n’écoute pas ce qu’il désire et juge bon de lui parler, expliquant enfin pourquoi son père ne la mènera pas à l’autel. Il l’entend, il n’y a pas de doutes. Par contre, ce n’est pas garanti qu’il écoute. Il est bien trop occupé à plier encore une fois le vêtement pour le mettre dans le sac. Certaines personnes empilent en vrac sous le coup de l’émotion, lui c’est tout l’inverse. Plier l’aide à garder son calme même si cela retarde son heure de départ. Il n’en démord pas sur le sujet, et il est toujours aussi décidé à ne pas rester dans cette maison cette nuit.

Peur ? Il marque un léger temps d’arrêt avant de reprendre sa tâche. Un jean vient rejoindre le précédent vêtement. Elle est encore en train de s’expliquer alors qu’il s’affaire. Chacun sa préoccupation du moment. Quand il juge le sac suffisamment rempli, sans un regard pour sa compagne, il passe devant elle, déposant le sac sur leur lit et partant à la recherche de sous-vêtements. Il s’apprête à retourner dans la penderie, mais se ravise pour gagner la commode dont il ouvre le second tiroir. Cette fois, il les balance davantage qu’il ne les range dans le sac, comprenant enfin qu’il doit en terminer au plus vite. Sauf qu’il s’arrête, juste le temps de jeter un regard à Evie. Elle a foiré si ce n’était pas son intention. Puis il repart à la commode, récupérant deux paires de chaussettes. Elles atterrissent sur les couvertures car le sac à dos vole à l’autre bout de la pièce. Un cri puis un second et le silence. Enfin.

Si c’est ce qu’elle désire, alors soit. Il ne prendra pas de sac à dos et s’en ira ainsi, sans rien récupérer. Il ne cherche pas à reprendre son baluchon. Il se retourne en direction de la porte de la chambre, croisant à cet instant le regard d’Evelyn. L’air qu’il affiche est quelque peu perplexe. Cette femme n’écoute rien, ne respecte rien de sa volonté. Puis surtout, surtout… Elle ne voulait pas qu’il s’imagine des choses. « On dirait bien que tu as tout faux car je suis blessé mais ça tu le sais déjà. » Il doit se taire. Le silence, c’est ce qu’il réclame depuis qu’il est revenu. « Ce passé ne semble pas dater de longtemps de ce que j’ai pu constater. Ça remonte à quoi, cinq ans à tout casser ? Tu pensais vraiment qu’il n’allait pas ressurgir aussi rapidement ? » Et voilà, il parle trop. Mais c’est ce qu’elle désire, qu’il reste pour s’exprimer, non ? Si la volonté de dormir dans leur lit ne lui traverse toujours pas l’esprit, cela ne semble plus être le cas pour ce qui est de la parole. « Tu comptais me le dire quand ? Lors de la naissance de notre premier enfant ? Pendant notre nuit de noce ? Je l’aurais peut-être appris le soir de notre mariage, quand un invité trop bourré aurait jugé bon de m’informer. » Il est un peu comme une cocotte-minute. Trop de pression sans un bouchon adéquat et voilà que la marmite montre trop, amorçant une explosion incontrôlable. Ou difficilement.  « Ce choix, il ne concerne que toi mais… Putain Evie ! A quel moment je t’ai fait croire que je ne m’intéressais qu’à ton cul, que je jugerai ton passé !? » L’apprendre de sa bouche, voilà qui aurait été bien. Certes, il aurait probablement marqué un temps d’arrêt mais le sujet aurait été clos. Au pire, il aurait proposé un jour en plaisantant de regarder un de ses films, non qu’ils l’auraient fait, mais juste pour la taquiner. Sauf que la vérité, ce n’est pas elle qui la lui a apportée mais une tierce personne, anonyme qui plus est. Il ne comprend pas le but de la manœuvre, mais elle a frappé en plein cœur. Il relève les mains, l’air de capituler, ne souhaitant plus se battre nerveusement avec elle. « Tu veux que l’on s’explique ok. Respectons TA volonté et non la mienne. Mais ça ne changera rien, je ne dormirai pas ici cette nuit. » finit-il par dire en croisant les bras sur son torse. Ils ne feront que retarder l’échéance. S’il accepte de céder et de rompre le silence, il est hors de question pour lui de céder sur l’autre point.

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MessageSujet: Re: Don't speak, don't tell me 'cause it hurts   Mar 23 Mai - 1:42

"Quoi ?" question rhétorique, ses oreilles ne sont pas bouchées et elle ne souffre par de surdité, elle a très bien entendu ce qu'il vient de dire, mais n'a pu s'empêcher de l'ouvrir. Mais en 5 ans des choses se passent, elle estime avoir évolué et être passée au travers de tout un tas d'expériences qui l'ont faite mûrir. Elle pousse un court soupire en esquissant un sourire amer, bien sûr qu'elle savait qu'il resurgirait, mais pas de cette manière. Elle se fait littéralement écraser par les paroles de Phillip qui, en plus d'être douloureuses pour lui, le sont pour Evie. Les larmes qu'elle a versées ont laissé des traces sur ses joues encore roses, elle dégluti avec difficulté alors qu'il prend son tour et vomis un torrent de mots. "Non !" elle souffle indignée, bien sûr que non elle ne comptait pas attendre si longtemps pour le lui en faire part, la question sur la personne qui la conduirait jusqu'à l'autel devenait trop récurrente et elle ne pouvait pas garder ça pour elle encore longtemps. Certes, elle ne pensait pas lui en parler ce soir, mais peut-être après être allés chercher les alliances, ou bien pendant les essayages de sa robe. "Il faut que tu me croies, j'allais te le dire..." même le dvd qui avait été envoyé anonymement semblait bien choisit, il était dans doute l'un des plus hard dans lequel Evelyn avait fait la bêtise de jouer. Une grimace déforma le joli visage de la jeune femme, à quel moment a t-elle cru qu'il la jugerait ? Elle s'en voulait déjà d'avoir tant insisté pour qu'il se livre, mais même s'il était douloureux pour elle d'entendre ce que Phillip avait à lui dire, il le fallait, la communication est plus qu'importante et c'est à cause de ça qu'ils se retrouvaient là, ce soir. "MAIS JE N'EN SAIS RIEN !" elle a crié de frustration, la peur paralysante de perdre le seul Être qui compte à ses yeux pour avoir commit des erreurs dans le passé. Elle prend une profonde inspiration, passe sa langue sur ses lèvres. "Je n'ai jamais été très chanceuse avant de te rencontrer, on m'en a fait voir de toutes les couleurs. Je suis tombée sur des fêlés et j'ai vite compris que tu étais l'évidence." alors la question se pose de nouveau ''pourquoi ?'' elle avait gardé ça pour elle tout ce temps, la confiance qu'elle accordait à Phillip était même remise en question, si cela contribuait à sa colère, elle en était certaine. Evelyn ne réfléchissait pas assez, l'impulsivité et la spontanéité lui jouaient des tours, si bien que jamais elle n'avait imaginé avoir cette conversation là avec Phillip, pas de cette manière, pas comme ça. "Mais quelle image tu aurais eue de moi si je t'avais annoncé à notre premier rendez-vous que j'étais une ancienne actrice de films pornographiques ?!" sa voix a gagné quelques décibels et elle tremble d'indignation, la colère qu'elle ressent à sa propre encontre la rend folle, mais elle tâche de se contenir au mieux et plus que difficilement. Elle l'observe avec de grands yeux noirs que jamais il n'avait dû voir. "Salut, désolée d'avoir renversé mon café sur vous, Evelyn Rhodes propriétaire du Rosine's et ancienne reine du bukkake." elle s'était redressée, affichant un affreux sourire forcé en agitant la tête, d'une voix faussement enjouée. Son imitation seule lui donnait envie de se gifler. Il ne mérite pas ça, il ne mérite pas ce que tu lui infliges, tu ne le mérites pas, voilà ce qui raissonnait dans sa tête désormais. "C'est vrai que présenté comme ça, ça donne tout de suite envie de faire connaissance, excuse-moi !" elle s'éloigne de lui en soupirant, levant les mains au ciel. "Jamais tu n'aurais accepté de me revoir, juste parce que dans l'esprit de tous, les actrices de ce genre de films sont des s a l o p e s !" il ne passera pas la nuit ici ? Hors de question, non, avant d'être chez eux, cette maison lui appartenait, elle ne chassera pas Phillip de sous son toit. Elle se racle la gorge en croisant les bras contre sa poitrine pour constater l'envergure de ses conneries, elle a retourné la maison toute entière. De la nourriture est éparpillée sur le sol entre la cuisine et le salon, la télévision ne s'est pas mise en veille et affiche toujours cet écran bleu et sur le tapis, près de la petite table, il y a cet affreux lecteur de DVD qu'elle a explosé contre le sol. Après un court silence et avoir enfin évalué l'ampleur des dégâts elle dit "Je n'arriverais pas à dormir, pas sans toi." sa voix lui semble lointaine, Evelyn est comme absente et doit se faire une raison : elle est incapable de passer la nuit seule dans cette maison où son odeur se trouve partout, incapable de fermer l'œil en fait. "Oscar, viens là." elle passe devant Phillip et saisit la pauvre petite boule de poils perchée sur un des fauteuils du salon, il est resté là à les observer se déchirer sans couiner. "Je passerais demain pour ranger." la gorge serrée et le cœur lourd elle coince son petit animal sous son bras en ramassant son sac à main et y range tout ce qui a pu en être éjecté. Elle lève son nez dans la direction d'un Phillip secoué quand sa boule de poil se met à couiner, elle passe la porte silencieusement et monte dans son bolide rose de princesse, là, vidée elle met le contact et quitte en trombes un Fisherman's Wharf bien silencieux.  

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MessageSujet: Re: Don't speak, don't tell me 'cause it hurts   Lun 29 Mai - 20:14

– Tenue – Cela fait mal, non de vivre sans elle puisque Evelyn est dans la même pièce que lui, mais de déverser des mots qui la touchent autant qu’ils atteignent Phillip. A peine les a-t-il prononcés qu’il s’en veut, il se sait non en état pour avoir cette explication. Il est trop tard pour revenir en arrière. La confiance entre eux s’est effritée à cause de non-dits. Transformer leur maison en champ de bataille ne résout rien, bien au contraire. Il se sent blessé, trahi. Et cet état d’esprit n’est pas le résultat d’imaginer sa fiancée dans plusieurs films pour adultes. Il ne comprend pas pourquoi elle ne lui a pas fait confiance. Peut-être qu’il ne lui montre pas suffisamment qu’il l’aime et qu’elle a des doutes sur l’amour qu’il lui porte. A cette pensée, il se fige, son teint devient blême et ce n’est pas à cause du cri qu’Evelyn vient de lâcher.

Il l’entend mais peine à l’écouter. Les bras croisés, il se donne une contenance qu’il ne ressent pas. Il se fiche de son passé, l’image qu’elle lui prête, il ne songe pas une seconde qu’il l’aurait dessinée dans sa tête. Ce n’est pas ainsi qu’il agit avec les personnes, il tente d’apprendre à les connaître. Il leur laisse le bénéfice du doute. Et il accepte de donner sa confiance par moment, même si c’est s’exposer à la crainte qu’il la trahisse. Les explications d’Evie sont claires et elle lui balance ce qui lui semble être une évidence. Dans les esprits de tous… Et jamais il n’aurait accepté de la revoir. De tous les mots qu’elle a sorti jusque présence, ce sont ces derniers qui l’atteignent le plus. La tête de Phillip se baisse, il ne souhaite plus croiser son regard, ni qu’elle se rende compte à quel point elle vient de lui faire mal.

Alors, c’est ainsi que cela va se terminer entre eux ce soir. A coups de poignards plantés en plein cœur. Apparemment, ils sont en plein milieu de cette arène de douleur. Le silence retombe finalement, lourd et pesant. Phillip se pince légèrement les lèvres, choix de la dernière chance pour garder une apparence neutre, alors que sa compagne opte pour un raclement de gorge. Au bout de quelques secondes, alors qu’il s’entête à rester dans ce monde de silence, Evie annonce qu’elle ne dormira pas sans lui. Cette phrase raisonne comme un semblant de rupture. Non que cela soit ce qu’elle veuille, mais meurtri, il n’esquisse pas un geste pour tenter de la retenir alors qu’elle lui passe devant pour aller chercher le chien. Il avance de quelques pas, la suivant mais ne cherchant toujours pas à croiser son regard. « Si tu veux… » Ce sont les seuls mots qu’il réussit à prononcer. Elle est ici chez elle, tout autant que lui, alors si elle désire revenir le lendemain, il n’ira pas contre sa volonté.

C’est sans un regard l’un pour l’autre qu’ils se quittent. Evie franchit le seuil de la maison. Peut-être a-t-elle tenté de croiser ses prunelles. Il ne le saura jamais, car il a gardé la tête baissée jusqu’à entendre le moteur de la new beetle se mettre en route et s’éloigner dans le lointain. La maison vide, devenu un champ de bataille, Phillip reste planté au milieu du salon une bonne dizaine de minutes, sans aucune réaction. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’il sort de son état second pour commencer à ranger la maison, la nettoyant en pleine nuit. Il ne cherche alors pas à effacer les traces de leur dispute, mais juste à s’occuper pour ne pas craquer. C’est la première fois de sa vie qu’il a aussi mal. Quand les femmes craquent, elles pleurent, les hommes s’interdisent de le faire. Ou plutôt, ils contiennent leurs larmes par fierté mal placée car au final, tout le monde est rangé dans la catégorie de l’être humain. Le lecteur DVD termine sa vie dans un sac poubelle, accompagné du disque objet de leur malheur. La lettre anonyme finit brûlée avec l’aide d’un briquet. Phillip reste là, à l’observer se consumer dans la corbeille en métal durant plusieurs minutes. Puis il se remet au nettoyage. Le lendemain matin, après une nuit blanche, il prend le sac à dos dans lequel il a rassemblé quelques affaires. Avant de quitter la maison, il écrit quelques mots sur un post-it qu’il colle sur le frigo. C’est son dernier message pour Evie avant de partir, et l’amour qu’il lui porte ne transparait pas du tout sur celui-ci. Il a besoin de s’éloigner pour faire le point et relativiser. Alors il s’en va, se demandant combien de temps sa retraite durera. Tout dépendra d’elle en fait, car il attendra qu’elle fasse le premier pas.

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